Etymologiarum libri viginti
communément appelée
Etymologiae ou Origines est
une encyclopédie qu'Isidore de Séville
560-636 a rédigée vers la fin de sa vie
l'ouvrage compte 20 livres et 448 chapitres
soit environ 100 000 mots
extrêmement populaire durant tout le Moyen Âge avec plus de 1 000 manuscrits conservés il sera encore réédité à la Renaissance où l'on compte plus de dix éditions entre 1470 et 1580
Même si Isidore était évêque le plan qu'il suit n'est en rien influencé par la religion
Les sources consultées évaluées à 154 sont exclusivement latines mais puisent aussi bien chez les auteurs païens Aristote Virgile Cicéron Caton Varron Horace Catulle Juvénal Martial Ovide Suétone Salluste etc que chez les chrétiens Jérôme Cyrille d'Alexandrie Eusèbe de Césarée Théophile d'Alexandrie Hippolyte de Rome
L’étymologie est au cœur de la pensée pré-scientifique d’Isidore
En cela ce dernier ne fait que s'inscrire dans une tradition très ancienne en vertu de laquelle l'étymologie livrerait le vrai sens d'un mot et révèlerait le caractère intrinsèque de ce qu'un mot désigne
Au IIe siècle av. J.-C. Apollodore d'Athènes et Apollodore d'Ixion ont écrit des traités sur la question
À Rome le savoir étymologique s'est développé en même temps que la compilation d'encyclopédies
Varron en plus de ses travaux encyclopédiques a consacré plusieurs chapitres de son livre De lingua latina aux étymologies mais ceux-ci sont perdus et il est douteux qu'Isidore y ait eu accès
À l'exception de la médecine, on note, après le Ier siècle un déclin de la recherche originale à Rome et les ouvrages encyclopédiques s'intéressent davantage à définir les termes plutôt qu'à décrire les fondements théoriques des sciences ou le fonctionnement des techniques
S'appuyant sur des ouvrages antérieurs Isidore a ainsi accès surtout indirectement à des travaux qui peuvent remonter jusqu'à 800 ans avant lui