Germaine Cousin dite
sainte Germaine de Pibrac
1579–1601
cathédrale
Sainte-Marie d'Auch
elle fut une jeune bergère de Pibrac près de Toulouse morte à environ vingt-deux ans sa vie est associée à la pauvreté à la maladie aux mauvais traitements et surtout à une profonde vie de prière elle fut canonisée en 1867
la sainteté sans puissance
la présence sans possession
le dénuement comme ouverture
la petitesse comme lieu de l'infini
la présence sans possession
le dénuement comme ouverture
la petitesse comme lieu de l'infini
une bergère dans le silence
quelques pas dans l'herbe
presque rien
et ce presque rien
devient présence
Son portrait pourrait être celui d'une mystique du presque rien une existence minuscule en apparence réduite aux tâches de la campagne aux moutons au froid au silence à une place sous l'escalier mais dont toute l'intériorité semble se tourner vers une présence invisible La tradition rapporte qu'elle profitait de la solitude des champs pour prier et qu'elle partageait avec les pauvres le peu qu'elle possédait
elle garde les brebis et garde en elle une lumière
elle marche dans les chemins pauvres de la terre
une main demeure presque immobile
le corps souffre
mais quelque chose en elle ne souffre paselle n'a ni livres ni doctrine
seulement le ciel au-dessus des champs
l'herbe sous ses pieds
le troupeau qui s'éloigne
et cette présence silencieuse
qu'elle appelle Dieuelle ne cherche pas à s'élever au-dessus du monde
elle devient pauvre avec lui
pierre avec les pierres
vent avec le vent
brebis parmi les brebissa mystique n'est pas une fuite
elle est une attention
une manière de demeurer
dans le peu
jusqu'à ce que le peu devienne tout