samedi, septembre 05, 2026

celui qui marche 
avec sa maison sur la tête est le ciel 

renverse l’image ordinaire 
du monde 

ce n’est plus
l’homme qui habite sous le ciel 


mais le ciel qui devient lui-même un marcheur 
portant son propre espace 
comme une demeure


la formule fait du ciel une maison nomade 
et de la marche une manière 
d’habiter l’infini












Nout est dans le monde 

image qui inverse la représentation traditionnelle 
de la déesse égyptienne du ciel Nout 
qui arque son corps au-dessus 
de la terre




elle n’est plus seulement le ciel qui enveloppe le monde 
mais une présence cosmique inscrite 
dans le monde lui-même




le ciel 
dans la pierre
la nuit dans le corps

Nout partout
comme si le monde portait
sa propre voûte céleste






















proème  

terme forgé à partir de prose et poème

qui suggère une forme située 

entre les deux

il peut désigner une écriture où la prose conserve la continuité 
du discours tout en acquérant la densité les ruptures 
les images et les résonances 
du poème

le proème
ni prose
ni poème
mais le mouvement
de l’un vers l’autre














le ruisseau qui sort de la forêt
tout à côté de Bond Street
à 1 mille de la Cité
coulait alors près du verger de John
Parsons ...

Charles Olson les Poèmes de Maximus


















la métaphore du char à voile permet de penser une poésie qui ne progresse pas par force propre mais par attention au vent  elle avance grâce à ce qui la traverse aux accidents aux silences aux écarts du langage





























la poésie comme char à voile

elle n'a pas de moteur

elle ne pousse pas le monde devant elle

elle attend le vent


écrire est-il d'abord cela 

savoir attendre ce qui ne dépend pas de nous


le char est posé sur le sable

immobile

puis une rafale arrive

la voile se tend

quelque chose prend

le mouvement commence

le poème aussi


un mot rencontre un autre mot

une image dévie

une phrase s'allonge

le sens quitte sa trajectoire

il faut alors laisser faire le vent

ne pas vouloir tout diriger

ne pas tirer trop fort sur la barre


le poème avance dans une tension entre maîtrise et abandon.

le pilote conduit

mais ce n'est pas lui qui produit le vent

il ne commande pas la force qui le porte

il apprend à composer avec elle

la poésie ressemble à cette intelligence-là

elle ne fabrique pas toujours son énergie

elle la capte


une voix entendue dans la rue

une phrase ancienne

une lumière

une fatigue

une colère

une montagne

un souvenir

un silence

tout peut devenir vent

le poète n'est pas celui qui possède le vent

il est celui qui sait reconnaître sa direction

et parfois le vent tombe

la voile se détend

le char s'immobilise

il n'y a plus rien à faire

il faut attendre


c'est  aussi cela l'écriture

savoir que le silence fait partie du mouvement


puis une rafale revient

la voile se gonfle

le sable recommence à défiler

le poème repart

pas nécessairement vers une destination.

le char à voile ne traverse pas le paysage pour parvenir à un lieu

il éprouve une direction

il avance dans l'espace ouvert

la poésie aussi avance sans carte définitive

elle suit des lignes invisibles

elle ricoche

elle bifurque

elle accélère

elle ralentit

elle s'arrête

elle repart.

le paradoxe est là

 

plus le poète cherche à contrôler le vent

moins il avance  plus il sait l'écouter plus il peut aller loin


la poésie n'est donc pas une force qui s'impose au monde

elle est une force qui sait recevoir

elle transforme une poussée invisible en mouvement

elle transforme l'air en trajectoire

le silence en vitesse

le hasard en direction

l'expérience en langage


le poème véritable est celui qui nous laisse après sa lecture 
avec la sensation étrange d'avoir été déplacés 
sans savoir exactement 
par quoi

comme 

un char à voile 

après le passage du vent 

le sable porte encore la trace du mouvement

la voile retombe

quelque chose continue d'avancer
















sans phosphore

il n'y a pas

de pensée


la lumière

a besoin

de matière


le cerveau pense dans le secret des échanges
















une étincelle

passe

d'une cellule

à l'autre

comme le vent

entre les herbes



penser n'est peut-être qu'une forme

plus lente

du feu



le phosphore demeure dans la chair

comme une braise

ancienne


chaque idée

qui s'allume

porte encore

la mémoire

d'un élément

qui brûle

sans flamme



sans phosphore il n'y a pas de pensée

ou peut-être

est-ce la pensée

qui l'invente

pour expliquer

sa propre lumière


un peu de matière

un peu de nuit

et quelque chose

qui insiste

entre les deux


le phosphore demeure au bord du mot

ni substance

ni symbole

mais cette lueur

que la main

ne peut saisir



penser

serait-ce

une manière

de brûler

sans feu

ou de laisser

le feu

nous penser

dans l'obscurité



sans phosphore peut-être rien ne pense

mais qui sait

ce qui

dans la pensée

brille encore




une pensée qui n’a pas encore trouvé sa forme 
demeure inscrite à l’état latent 
dans le corps avant même 
de devenir conscience


le front devient 
un paysage de pensée inachevée

un pli où quelque chose 
de l’inconnu attend son apparition




une idée inconnue 
est encore dans le pli et le souci 
de mon front





la rencontre 
du vivant et de la structure 

les cellules comme unités sensibles 
les circuits comme réseaux de transmission 

une matière organique 
qui devient circulation mémoire et pensée

cellules-circuits






une pensée 

qui ne cherche pas l’unité pure 

mais la composition 


la coexistence des fragments des matières 
des voix et des formes 

où le sens naît moins d’un élément isolé 
que de leur rapprochement

une pensée qui se plaît dans l'agrégat








une écriture qui ne construit pas son sens 
de manière linéaire  mais par 
rapprochements 
successifs 

les mots s’agrègent  les images glissent 
les unes vers les autres 

certaines idées rebondissent ailleurs pour faire surgir 
des correspondances inattendues

elle avance ainsi par constellation plutôt 
que par démonstration 


le sens n’est pas posé d’avance 
il apparaît dans le mouvement même de l’écriture


l’écriture procède  par 
agglutinations  

par glissements ainsi que par
ricochets 

















un simple passager de l’éternel 
retour du salut 

mais oui du 
salut 

une présence humble 
dans le mouvement infini de l’existence 

celui qui ne cherche plus à conquérir le salut 
mais le reconnaît dans le retour même 
du monde 

comme si 
chaque recommencement 
chaque lumière chaque passage disait 
encore oui à la vie et peut-être 
oui au salut

























bien entendre le mot salut comme le mot santé

cela 
donne à la phrase 
une tout autre profondeur


salut doit ici être entendu dans son double sens 
le salut comme délivrance mais aussi 
la santé 

le fait d’être 
sauf vivant entier


un simple passager de l’éternel retour du salut devient alors celui qui traverse les recommencements du monde en accueillant à chaque fois une possibilité de santé de vitalité de guérison


le 
mais oui 
nietzschéen devient 
essentiel 





un simple passager de l’éternel 

retour

du salut


mais oui

du salut comme santé

du retour comme guérison

de la vie qui revient


et qui dit 

encore 

oui




la poésie comme chemin vers l’autre
le poème ne doit pas fuir le réel mais le traverser 
pour rejoindre un tu 
dans la rencontre et la responsabilité

une ligne imaginaire 
qui relie deux points séparés et fait de la poésie 
une expérience de rencontre au cœur 
du temps et de l’histoire

le méridien


l'amande ou l'épreuve 

de la prophétie au bord de l'eau








une parole reçue indirectement 
une rumeur une voix 
venue d’ailleurs

sentii dire


j’ai entendu dire
et la parole
déjà


s’éloignait



une couleur du crépuscule où le rouge semble retenir 
la dernière lumière du jour avant 
son effacement

rosso serale


le 
rouge 
du 
soir


la lumière
au bord de disparaître





l’éclair 
une lumière brève et intense 
qui surgit dans 
l’obscurité

fulgore


j’éclate de lumière
un instant


le monde apparaît





un mot 
qui abolit momentanément 
la séparation 

insieme


deux présences
un même mouvement
un même souffle





un départ 
une orientation 
vers un lieu encore éloigné

alla volta dell’isola



vers l’île
le regard devant soi









et 

la mer 

comme chemin











une portée plus anthropologique  

le milieu professionnel comme théâtre du désir de reconnaissance
où la compétition des égos se dissimule derrière 
les valeurs affichées


























un milieu professionnel qu'il soit politique littéraire artistique ou même sportif est souvent un lieu impitoyable un panier de crabes où s'affrontent les égos sous le masque des idées du talent du mérite ou de l'ambition


on y parle de création
mais chacun mesure sa place

on parle de littérature
mais chacun surveille son nom

on parle d'art 
mais chacun regarde qui est regardé

on parle de politique
mais chacun calcule son influence

on parle de sport
mais chacun veut être celui qui gagne
celui que l'on remarque celui dont le nom restera



la compétition 
n'est jamais seulement une compétition

elle porte sur quelque chose de plus secret  
être reconnu comme quelqu'un

l'œuvre devient parfois le moyen 
de parvenir à soi-même à travers le regard des autres

le talent ne suffit plus
il faut être visible
il faut être situé

il faut appartenir à un réseau
à une école à une génération à une chapelle

il faut être cité 
invité publié sélectionné récompensé

le monde professionnel fabrique ainsi une étrange économie du prestige où chacun donne l'impression de défendre une cause alors qu'il défend aussi souvent sa propre existence symbolique

le plus cruel est peut-être que personne n'est entièrement 
innocent de cette mécanique

même celui qui prétend mépriser la reconnaissance 
peut souffrir de ne pas être reconnu

même celui qui affirme travailler pour l'œuvre 
peut attendre secrètement  qu'un regard 
vienne confirmer la valeur 
de son travail


l'ego n'est pas 
nécessairement vanité

il est parfois cette demande élémentaire 
Dis-moi que j'existe

c'est pourquoi la concurrence 
devient si féroce

ce qui semble être en jeu 
une place un prix une publication un poste une sélection 
représente symboliquement 
beaucoup plus 

une confirmation de soi

une victoire 
de l'identité contre l'effacement

le panier de crabes 
n'est pas seulement peuplé d'ambitieux

il est peuplé d'êtres vulnérables qui cherchent 
dans la hiérarchie extérieure une réponse 
à une inquiétude intérieure


le paradoxe est là 

plus on dépend du regard des autres 
pour savoir qui l'on est 

plus leur réussite devient 
une menace

la réussite de l'autre semble 
diminuer la nôtre

sa reconnaissance semble nous retirer 
quelque chose

son ascension devient notre 
déclassement

ainsi naissent 

les rivalités minuscules les alliances provisoires
les jalousies silencieuses

les compliments empoisonnés
les fidélités intéressées les exclusions discrètes

le panier de crabes est peut-être simplement 
une métaphore  de cette lutte 
pour la visibilité



et pourtant au milieu de cette agitation 
une autre possibilité 
existe



Faire
Écrire
Peindre
Courir
Penser

non pas pour disparaître du regard des autres  
ce serait encore une forme de dépendance 

mais pour déplacer le centre 
de gravité

ne plus demander sans cesse 
quelle place ai-je 

mais 

qu'est-ce qui 
mérite d'être fait 

quelque chose 
alors se détache de la compétition

l'œuvre redevient œuvre
le geste redevient geste
la course redevient course
la pensée redevient pensée

on découvre peut-être 
que la véritable liberté professionnelle 
n'est pas de gagner dans le panier 
de crabes

c'est de cesser 
d'en faire son monde


























 

un passage presque imperceptible 
entre le silence et le langage 

une rose devenue signe 
puis chose écrite 

comme si 

le poème retenait 
un instant le monde sur sa feuille

une pause une rose une chose sur du papier















une image du hasard 
dépouillé de son signe favorable

comme si 

la chance elle-même avait renoncé 
à promettre

le hasard apparaît enfin nu
sans talisman sans 
garantie

libre 

de toute superstition

la chance s’est débarrassée de son trèfle 





j’affirme 
que la vie est 
pleine de hasards heureux 

une phrase qui transforme le hasard 
en puissance affirmative 

la rencontre imprévue devient une ouverture et l’accident du réel 
une manière secrète par laquelle la vie nous surprend 
et nous conduit ailleurs






le discours religieux 

une rumeur indistincte venue du fond 
de l’humain 

un appel qui cherche une réponse 
mais dont le sens 
demeure 

partiellement 
enfoui

un vague mugissement 

une parole 
antérieure au langage articulé 

quelque chose qui monte de l’obscurité 
comme une plainte 
un désir 

une nostalgie de l’absolu







Ma vie 

le territoire intime 
où le temps devient expérience 

où les rencontres 
les pertes les hasards et les éveils 
laissent leurs traces

Ma vie

non comme une histoire achevée
mais comme un chemin
qui se découvre
en marchant


























limit-hero

une figure qui pousse l’existence jusqu’à son bord 


celui 

qui traverse les frontières 

du possible du connu ou de lui-même 


l’épreuve devient 

une expérience de transformation












un homme avance sur un étroit sentier de terre
la montagne calcaire monte devant lui en une vaste paroi striée

l’herbe accroche le versant
le chemin dessine une ligne brune dans le vert

le corps marche 
entre la matière ancienne de la roche et 
le mouvement du présent

la projection du temps dehors

c’est ici le corps minuscule
contre l’immensité stratifiée

la marche inscrivant dans la montagne
une durée humaine













eroe-limite

le héros-limite 
est celui qui marche 
jusqu’au point où le chemin 
cesse et où commence l’inconnu





une irruption brutale 
qui atteint le corps sans passer par la chaleur 
de la maladie 

une perturbation invisible 
où le nerveux devient le lieu d’une alerte 
silencieuse et mystérieuse





le temps quitte l’intériorité pour se déposer 
dans le monde visible 

comme une ombre une lumière 
un paysage ou 
une trace


le dehors 
devient la surface 
où la durée se manifeste
























l'aria del tempo

l’esprit particulier  d’une époque 

ses idées 

ses sensibilités 

ses goûts et ses façons de percevoir le monde


poésie

le climat invisible d’un présent 

ce qui circule entre les êtres sans toujours être nommé















le présent devient plus vaste

la montagne

ne retient rien


elle laisse passer

la lumière

le vent

la pluie

la neige

les années

et moi

dans ce passage


le temps n'est peut-être qu'un mouvement de l'air

autour de moi


puis le vent

se tait

et quelque chose

continue

de monter

dans la pierre










Combe du Grand-Crêt les Confins 

septembre 2026











montagne 
le lieu 
où 

la reconnaissance 

se défait et où la présence réapparaît 















je ne vois plus vraiment une montagne

je reconnais une montagne

je reconnais 

sa forme
sa hauteur 
son profil
sa place dans le paysage

je sais ce qu'elle est avant même 
de la regarder


MONT-BLANC

le nom est arrivé avant la vision












la poésie 
peut suspendre 
cette reconnaissance

elle peut interrompre 
un instant le savoir qui recouvre 
la chose

alors 

une montagne redevient une présence

une masse

une pente

une paroi.

une lumière qui change sur la roche

une distance

une ombre


une immensité silencieuse 

devant laquelle 

le mot  montagne devient soudain trop petit


la montagne n'a pourtant pas changé

c'est mon regard qui s'est déplacé

je ne cherche plus à reconnaître

je regarde


dans ce regard sans appropriation 

quelque chose de plus ancien que le concept revient 

l'étonnement



la montagne redevient ce qu'elle était avant 

que je sache qu'elle était 

une montagne


elle redevient événement

elle redevient monde


elle redevient cette chose qui est là

sans avoir besoin de moi

pour être nommée


la poésie 

ne nous apprend pas à voir davantage

elle nous apprend parfois à 

désapprendre ce que nous croyions déjà voir



le mot cesse d'être une clôture

il devient 

un seuil 

et derrière le seuil

la montagne
















l’habitus devient progressivement mémoire 
corps regard geste puis possibilité 
de transformation


l'habitus est peut-être ce que le passé fait au présent lorsqu'il cesse d'être un souvenir lorsqu'il descend dans le corps lorsqu'il ne se raconte plus mais se tient dans la manière de marcher de regarder de parler de choisir dans cette inclinaison presque imperceptible par laquelle nous allons spontanément vers certaines choses et nous détournons de certaines autres car nous croyons souvent que nous voyons le monde tel qu'il est alors que nous le voyons à travers une histoire devenue silencieuse une histoire qui n'a plus besoin de se dire parce qu'elle est devenue geste réflexe préférence évidence seconde nature


























nous disons  j'aime je n'aime pas je préfère je ne pourrais jamais vivre ainsi cette musique me parle ce livre m'ennuie cette maison me plaît cette manière de parler me dérange et nous appelons cela notre goût notre caractère notre personnalité comme si ces inclinations étaient nées avec nous, alors qu'elles sont souvent des dépôts du temps des apprentissages si profondément incorporés qu'ils ont perdu leur apparence d'apprentissage et c'est peut-être cela le pouvoir le plus discret de l'habitus  

faire passer l'histoire pour la nature



le passé ne reste donc pas derrière nous
il demeure dans nos gestes

il continue 
à agir sans apparaître

l'enfant qui a appris à parler ne pense plus à la grammaire  le musicien ne compte plus chacun de ses doigts  le marcheur pose son pied avant même d'avoir décidé comment le poser  la main reconnaît l'objet avant que l'intelligence ne l'ait nommé  le corps sait ce que la conscience a oublié qu'elle avait appris

ainsi le savoir peut devenir chair

une connaissance peut disparaître comme connaissance 
et rester comme disposition

nous ne savons plus que nous savons
nous faisons
nous nous tenons
nous regardons
nous avançons

ce qui était autrefois apprentissage 
est devenu évidence

l'habitus est cette mémoire 
qui ne se souvient pas

il ne dit pas  je me rappelle 
il dit silencieusement   je fais ainsi 

c'est pourquoi il est si difficile 
à voir

ce qui est devenu habituel 
cesse d'apparaître



la porte que nous ouvrons chaque matin 
disparaît dans son usage 

nous ne voyons plus la porte seulement 
la possibilité d'entrer



le chemin familier disparaît sous nos pas
la parole devient transparente
le visage aimé devient familier
le paysage quotidien perd son étrangeté


nous ne cessons pas de voir 
parce que nos yeux seraient fermés 

nous cessons de voir 
parce que nous avons appris trop vite à reconnaître

reconnaître 
peut être l'ennemi de percevoir

peut-être 
est-ce ici que la poésie intervient

la poésie ne change pas nécessairement les choses
elle change la distance qui nous sépare d'elles

elle suspend 
un instant l'automatisme du regard

elle rend 
à la feuille sa feuille
au vent son vent
à la pierre son poids
à la lumière son tremblement

elle défait le mot de son usage immédiat afin que la chose 
puisse recommencer à apparaître

un arbre 
cesse d'être simplement 
un arbre 

il devient verticalité
silence écorce mouvement durée

non pas parce que le poème lui ajoute quelque chose 
mais parce qu'il retire quelque chose 
à notre habitude de le regarder



la poésie serait alors 
une interruption de l'habitus perceptif

elle déshabitue
elle défait légèrement les coutures 
par lesquelles le monde était devenu trop familier


philosopher consiste 
à accomplir une opération semblable

s'étonner de ce que nous ne voyons plus
demander pourquoi il y a quelque chose plutôt que rien

demander 
ce que signifie être

demander 
pourquoi cette évidence, 
précisément parce qu'elle est évidente
demeure la plus mystérieuse



la pensée commence souvent 
lorsqu'une habitude 
se fissure

quelque chose que nous faisions sans y penser 
devient soudain étrange

nous découvrons alors que notre manière d'être au monde 
n'est pas seulement une propriété individuelle : 

elle est traversée 
par des gestes appris 
des manières de parler des manières de juger
des valeurs héritées des attentes 
incorporées



le social est devenu corps
l'histoire est devenue 
posture

le monde extérieur 
a traversé la peau et s'est transformé 
en manière d'être




mais si l'habitus nous constitue
sommes-nous encore 
libres 


la question demeure

si ce que je pense être mon choix est déjà préparé 
par mille dispositions invisibles 
où commence 
ma liberté 


peut-être précisément dans l'instant où je commence à voir 
ce qui jusque-là agissait à ma place

la liberté ne serait pas l'absence 
d'habitus

elle serait une certaine capacité 
à interrompre l'habitus

à sentir le moment où la réponse automatique arrive
à suspendre le geste
à regarder avant de juger
à écouter avant de répondre
à marcher autrement sur le même chemin



l'habitus n'est pas une prison immobile
il est une structure vivante

une disposition 
peut être transformée par une autre expérience

un geste nouveau 
peut devenir une nouvelle habitude

une rencontre 
peut déplacer une évidence

une lecture 
peut modifier le regard

une marche 
peut changer le rapport au temps

une œuvre peut introduire dans notre perception 
une possibilité que nous n'avions 
jamais aperçue



nous sommes donc faits de répétitions 
mais nous pouvons aussi 
répéter autrement

il y a dans toute répétition une possibilité 
de variation

dans toute variation une possibilité 
de devenir

c'est pourquoi 
le geste est si important

couper du bois
porter de l'eau
marcher
écrire
lire
respirer

les mêmes gestes 
peuvent être mécaniques ou présents

avant l'éveil couper du bois
après l'éveil,couper du bois

la hache monte
elle retombe
le bois s'ouvre
la main se baisse
le morceau est ramassé

le geste est identique.
mais quelque chose s'est déplacé

avant le geste était absorbé dans l'habitude
après il apparaît

il y a le bois
il y a la hache
il y a la main
il y a le souffle

il n'y a plus besoin d'ajouter 
une signification au geste pour qu'il ait lieu

l'éveil n'est pas la disparition de l'habitude mais le moment 
où l'habitude cesse de nous posséder 
entièrement

le geste redevient geste
le regard redevient regard
le présent redevient présent

l'habitus qui semblait être seulement le poids du passé
révèle une autre possibilité  

il peut devenir 
matière à transformation



ce qui a été incorporé peut être désincorporé
ce qui a été appris peut être réappris
ce qui semblait naturel peut redevenir visible

et ce qui devient 
visible peut commencer à changer

l'habitus est à la fois mémoire et devenir
sédimentation et mouvement contrainte et possibilité

il est le passé 
qui continue en nous, 
mais aussi le lieu où le passé peut rencontrer 
quelque chose de nouveau

nous ne sommes pas simplement 
ce que nous avons été

nous sommes aussi la manière dont nous pouvons 
transformer ce que nous avons été

vivre consiste moins à se débarrasser de toute habitude 
qu'à apprendre lesquelles nous habitent

lesquelles nous ferment
lesquelles nous ouvrent
lesquelles rendent le monde plus étroit
lesquelles lui rendent sa profondeur


la question de l'habitus rejoint celle de l'être

qu'est-ce qui 
en moi est véritablement mien 

qu'est-ce qui 
a été déposé en moi par le temps 

qu'est-ce que 
je répète parce que je l'ai choisi 

qu'est-ce que 
je choisis parce que je l'ai répété 


lorsque 
tout cela se tait un instant

lorsque 
le geste cesse d'être automatique

lorsque 
le regard se défait de ses certitudes

lorsque 
le familier redevient étrange 

quelque chose apparaît qui n'était pas nouveau 
mais qui était devenu invisible


l'être n'avait pas disparu
il était recouvert

il fallait seulement suspendre assez longtemps 
le mouvement pour le laisser apparaître

la retraite n'est plus fuite
la poésie n'est plus ornement
la philosophie n'est plus accumulation de concepts

l'éveil n'est plus acquisition 
d'un état supérieur

tous deviennent des formes différentes d'une même 
opération silencieuse 



retirer ce qui recouvre

sous les habitudes
sous les gestes
sous les mots
sous les rôles
sous les évidences

demeure cette chose presque impossible à saisir 

le fait d'être là

la main touche le bois
le pied touche le sol
le souffle entre
le souffle sort
le monde est là





pour un instant
le geste n'est plus une habitude
il est une présence





***


Les conditionnements associés à une classe particulière de conditions d’existence produisent des habitus, systèmes de dispositions durables et transposables, structures structurées prédisposées à fonctionner comme structures structurantes, c'est-à-dire en tant que principes générateurs et organisateurs de pratiques et de représentations qui peuvent être objectivement adaptées à leur but sans supposer la visée consciente des fins et la maîtrise expresse des opérations nécessaires pour les atteindre, objectivement « réglées » et « régulières » sans être en rien le produit de l’obéissance à des règles, et, étant tout cela, collectivement orchestrées sans être le produit de l’action organisatrice d’un chef d’orchestre.  Pierre Bourdieu Le Sens pratique Paris les éditions de minuit

























Ne désespérez jamais. Faites infuser davantage.
Henri Michaux , Face aux verrous.

Du "Dao" originel
du commencement du réel
des signes célestes
des formes terrestres
des règles saisonnières
de l'examen des choses obscures
des esprits essentiels
de la chaîne originelle
de l'art du maître
des évaluations fallacieuses
de l'équivalence des moeurs
des résonances du "Dao"
de l'inconstance des choses
des paroles probantes
de l'utilisation des armes
montagne de propos
forêt de propos
du monde des hommes
du devoir de se cultiver
de la synthèse ultime


"ô le plus violent paradis"

Libellés

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A1 A10 A2 A3 A4 A5 A6 A7 A8 A9 AB ABDL Abécédaire Abîme Aboulafia Abréviations Abrüpt Abruzzo absolu ACC Acker acronyme Actis Actualités ADBP Adorno ADR Adrénaline ADUMC Advaita AELT Agamben Agenda AgnèsMartin Agrafe et boite Ainsité Aïon AIR Air du temps akasha Akhmatova AL Alain de Lille Alan Davies Albiach Alchimie Alechinsky Aleph ALF Alferi alien Alina Reyes ALTH AM Amande Ammons Amor fati Anagrammes Analogie Anaphore Anaximandre Anders André Breton André du Bouchet André Velter Andy Goldsworthy animal animation Annick Ranvier Annonciations Anthologie ANTI Antin David AP Apatheia Aphaïa aphorismes Apollonios aporie Appelfeld Approche APUMM APZ APZT Arago Aram Saroyan Arbres Archéopoésie ArgentOr Aristote Arp Arseguel Art sacré ARTHAUD AS ASDMI ASF Ashbery ASLEND Assez Astrologie Asymptote Atlantide attente Aurélien Barrau Aurore Automne Auxméry AVB Avec Avent AW axiologie Axiomes Azam B B.Celerier Babel BABIL Bach Bachmann Baies Baigaitu BAM Banal Bandeaux Barque Barré Barry Lopez Barthes Bashô Basque Basquin Bataille Battala BAZAR BDLE BDLF Beaufortain Beckett Beckford Benedetto Bénézet Benoît Labre Benveniste Bergounioux Bergson Bernstein bête Bhattacharya bibliographie Bibliothèques bientôt Bimot Binet bio biographie BioMobiles Biopsies Bishop BISSES1 Bivouac Blackburn Blaine Blanc Blanchot Blanqui Blaser Blau Duplessis Bleu Bloy Bobin Bochner Bohm boisflotté Bök Bonheur bord de terre Borges Bouddha Bouthonnier Bouvier Bozier Brautigan Bretagne Bribes Briciole bricoleur Brisset Bronk Broodthaers Bruckner Bryen BSRM Butor Byron C C.C C.D.A C.E.T C.F. C.Olson çacest café calcul Camino Campo Cantor Cantos Capital Capricorne Captures Carl Andre carnet Carson Carte postale Cartes et globes Carver Casas Cavale cavernes Cazier CCB CCEM CDLP CDLRP CDMDCDD CDN CDRSLS CDS ce ce qui est ceci cela Céline Celui Cendras cequej'aime Cerbelaud cercles Cerf Ceux Cézanne CGJ CH5 Chalamov chaleur chaman Champs chant chant1 Chants et Poésies Chappuis chaque Char chartres Chartreuse Chaton Chemins ChenZhen Chladni Choeur Choisir Chômei Chose Christian Dotremont christo Chu-Ta Ciel Ciel profond Cioran Circé citations civilisations CL Claude Favre Claude Simon Clausewitz CLBC CLC Climat Closky Clouscard CMDOT Code Cole collages coller Collines collobert Combines Côme comme comment Compact compostelle conatus conscience constitution contepersan contingence contre conversation Copier Corbeau corpus Cortazar couleur covid CP Cravan Creeley cri crystallography CS.PAP CSB CSMM Cummings cut Cut 1 CV Cyber cycle Cyrano CyT D.SNLS Dada DALA Dans Danse Dao Dasein Dates DCPC DD DDLR de De Vries Decout DEE definition définitions DEGAULLE Deguy Deleuze Delillo délires Démocrite Denis Roche Déplacement Dérive Derrida Des Déserts Désir Détails Détournement DETQC Dextre DFRC DH DI Diable Dialogues Dickinson Dillard Diogène Divers DJLC DLADLS DLNI DMI DMOAM Domerg Donne Dryas DSDLDS Duchamp DUM Dumond Duncan DUNE Duras Durer Duvauroux DVDC Dworkin E E.Baer E.C E.E. E.O E.P. EA EAIO EB écart énigme Echenoz échos Echos L.A. Eckhart Tolle éclipse Eco Ecosse écoute écritures ED Eddas EDG EDJ EDLCDS EDLF Edmond Jabès EDO EIJS elle ELLEDIT ELLELL Elles Ellul EM Emerson Empédocle EN ENCORE encres et musique Encres et peintures Ennéade ennui EnSof Entre entrelacs environnement Eons EPE épiphanies épistémologie EPLA époché Eranos ère ERRER Escher ESE Eshleman Esnault ESPA Espace Espitallier essais EST ét été Etel Adnan ETLPDMP Etna étoile Etymologie Eucharistie Euler évangile éveil Eventail Exergue F F.A. F.EAA F.O F.Pirates FAA Fable Fadeur faits FAJ Fantasy Faune Fayçal fenêtre Fengliu feu Fiction Films FiniSol Finkielkraut FIVE FL Flore fmr FNAR Foligno Forest Formalisme Foucault Fourcade Fourier FP FQPCC Fractales fragm Fragme Fragments France François Cheng Frappat Frémon Fréquences Froid Fugue Fuji Futur G.C.L. G.Luca G.R.I Gary Snyder Gaza GB GDD GDLMC GDT GEGO Gelassenheit généalogie genese Genet Genji Géologie géométrie géophanie Géopoésie Germaneta Gervais Geulincx GIA Gif Giffard Giovannoni Girard Giraud Giroux Gizzi Gleize Glossaire GMH Gnoséologie Gobenceaux Godard Gödel Godwin Goethe Gombrowicz Gongora Goodman Nelson GOPC GPDB GR54 GR70 GR91 Graal Grâces Gramm gris Grothendieck Guerre Guesdon Guy Debord Guyau Guyotat GVDT GWFH Gygès H H.Corbin H.D. H.P Habitus Hadot Haenel haïku Hamant Hamish Fulton Hamon Harms Harrari Hart Crane Hausmann Havet HDT HE Heaney Hécate Hegel Heidegger Hello Henri Michaux Henri Thomas Herbes Herta Müller Hésiode Hesse Heures hexagrammes HFSR HHPC Hikmet Hillesum Hiroshi Yoshida Histoire HM HN HO Hocquard Hofmannsthal Hohl Hölderlin Hominidés homonymies Horace Houellebecq HR. HRC HS HSCDLAE HTH Hubin Hugo Ball Huguenin Hume HV Hymnes orphiques Hypérion hypertexte Hypnos i I remember I.P-B. IA ici idéogrammatique IDLR idole IFE Igitur il Illuminations illuminer illuminisme ILVLA ilya immédiat immédiatement Impensable impératif imperceptible Impresses incertitude Index individu Infini Infinitif initiales inquiétude Insectes installation instant Internet Interrompre invisible Irwin Ishihara Isidore Isis isolato Issa italiques Ivsic J-P Michel J.J.F.W. J.J.U. J.L.P Jaccottet jaime Jakobson Jankélévitch JANUS Jardin Jaspers JAZ JBE JCERDM JDLF JDS JE JE & Jean jean Daive Jean Michel Lou JELRLT Jesuis Jésus jeu JHN Jirgl Joan Mitchell John Cage Jouffroy jour jour17 Journal Jours jours17 Jousse JR Juarroz Jullien JYL K.G K.K Kabîr Kafka Kairos Kaplan Kapoor Kastrup Kathleen Raine Katué Kawara Kay Ryan KDCN KDICK Keats Kenneth White Kerouac Khazar Khlebnikov khôra Kiarostami Kingsley Kircher KK KLTDD koan Koons Koshkonong Kosuth KOUA Kral Kuhn Kundera Kunitz Kybalion Kyoto L.A.S L.D. L.R.des Forêts L.S L'EI là La Croix La parole de l'autre La vie de la montagne labyrinthe lac Lacs LADR lafabrique Laforgue Lagopède LALELES Lamantin LAME Lapiaz Laporte Roger Larry Eigner latin Laugier Laurent Margantin LBA LCC LCD LCDE LCDI LCDJ LCDP LCI LCR LCS LD LDB LDF LDLH LDM LDMC LDMH LDR LDS LDV Le Clézio Le Livre Le poème LEC LECDF LECLA Lectures LEDA LEDUI LEE Lee Ufan LEF légende légumes Leibniz Leibovici Leili Anvar Lely lensball lepoète Les eaux Les empereurs Les fils Les oiseaux lesoi Lespiau Lessing Lettres Lev Rubinstein Lex1 lex2 lex3 lex5 lex7 lex8 Lexie Lexique LFDH LFDLP LFDP LFDRT LFMR LFQ LGD LGDE LGDFASP LGDLM LGDP LGPDB LGS LGTDLP LGVDLH LHDD LHS LIDT lieux Lieux-source lièvre Ligne7 lignes Lionel André éclats Lionel André éditions Lionel André encres Lionel André photographies Lionel André randonnées LIQV Lisa Cairns list listes littéralité livrelit LJDP LLDLI LLDME LLDO LLDP LLDQ LLL LMDDDLH LMDF LMDLE LMDM LMV LO LOAN LODL LOGOS lois London Lorand Gaspar Lorenzo Menoud Louise Bourgeois Louise Glück LPC LPDLE LPDP LPDS LPI LPM LQDLE LRDD LRDP LRDR LRDT LRED LSDA LSDS LSDV LSMT LSNDLR LTDS LTO LTR LUELADC Lune Lupasco Lus & Mus Lux LV; LVB.TDSDC LVDDP LVDT LVESO LVLTDLO LVMDE Lyn Hejinian Lynn Schwartz M M.Caron M.Craig-Martin M.S.M M.Trinité Ma Macedonio Fernandez Machado Maestri Maggiore Maïakovski Mains maintenant Mais Mallarmé Malrieux Mandalas Mandelstam MANEKINEKO Manganelli Manifeste Manon mantra Manuel Joseph manuscrit Manzoni Map Marchand Marcheurs Marelle Marie Martin Ziegler Marx Masao Yamamoto masque Massera Matinaux Matsui Matta-Clarck Matton Mauguin Mavis Karn maximes MBK MBO MC McCord MCH McLuhan MDA MDC MDLADLE MDLF MDOU MEC Mécanisme Méditations Meillassoux Mélusine mémoire Memories Menus Meraviglia Merci Mercredi Mercure Merton Thomas messages Mesure Métamorphoses Métaphysique Métis Metro MFRC MG Michon micro microcosme mieux Millet Milton Mina Loy Misrahi Miura ori MJNYCR MK monade Mondo Monostiques Monosyllabes Montagnes et Glaciers Montagnes poèmes Montaigne Montale Monteiro Moore Morris mot mots Moving mp3 MPUSPM MSerres MTAS Mû murmure Murphy Murs et Fenêtres Muscle Musil musiq Musique MWLG Mystères MZD N N.M Nabokov Nadja Nagarjuna Nagori Nancy Napoli Narnia Nassim Haramein Nathaniel Tarn Nature Nauman NDBDP NDDP NDLT Néant Négation Neiges Neil Mills Némésis Nerval neuf Neutre Nice Niedecker Nietzsche Nihilisme Nirupana NLJNLH NOBUO noeuds Noguez Noir nOmbres Nonnos Norge NOTEPAD Notes-Book Notes-Rapides Notifications NOUS noûs Nouveautés Novae Novalis Novarina NP NPhS NRSNPEM Nuages Nuits O.Pé Oberland objets Objets d'Amérique Oblomov Ockham Octaèdre ODIN ODSI œil OELDT Ogadine Olivier Cadiot OLR OM ON ondes Onfray onthologie Opalka Oph. Oppen OR Oraison Orcia Orphée Orwell Oscar Oscarine Bosquet OSMH où oui ours Ovide P.A P.B.Shelley P.L. P.observatoire P.P. P48 Paddle Padirac Pages PalestineIsraël palimpseste Palmer Paolo Icaro papier PAR Para Paracelse Paradis Parant parapoésie parenthèse parfum Parian Paris Parlant Parménide Paroles particules Pascal pasolini Passages Paul Celan Paul Valéry Paysages PB PC PCJDA PDJVS PDLBELM PDLC PDLE PDM PDUM Pêche peck peintures numériques L.A. peirce Pennequin Penone PEPDLE Perec performance permaculture Pessoa Peuchmard peut-être PGDR Ph.Beck pharmakon Phi Philippe Grand Philippe Sollers philologie Photographes PHPN Phrases phusis Pi Pierres Pierrette Bloch Pieuvre Pin Pise Pivot Pizarnik Plagiat Planck planètes Platon Pléonectique Pleynet plongeur Plotin Pluie Plus PM PNQ PNSLTS PO POCP Podiensis poésie Poignant Poindron pointes Points Politikos polygraphe pommes Ponge Pour ppt PPTEI praxis prénoms prépositions presque Prière Principe Printemps Prokosch Promenade Properce propositions Proust PRYNNE Psaumes PSDUP PTI ptyx PUB puiser puissance Pyramides Pyrrhon PYS qi Qualia quand quantique Quatrebarbes quelqu'un QuelqueChose quelquefois quelquepart question Questions Qui Quignard Quiz quoi Quotidien R.G.Lecomte R.M. R.M.I R.M.T. Rachi Rae Armantrout Raison ram Ramanujan Range Raphoz Raven RBDBB RBLPDT RCETTM RCLSDF RD RDLB Recettes récits A Reclus Refuges et cabanes règles Renaud Camus René Daumal REPA Répétition résumé Rêve Revenir Reverdy Révillon Rexroth Rey Reznikoff Richard Long rien Rilke rimb Rimbaud RIP Ristat Rivières RL RL.P&J RLP RM.ACDLE Robert Barry Robert Filliou Robert Hainard Robert Lax Rocamadour rocher Rochery Roger Ackling Roman Rome Rose Ausländer Roses Rosset Rothenberg Rothko Roubaud Roud Routes Rouzier Royet-Journoud RPW RR RSG Rubâï Rueff Rûmî Rumney Runes Ruscha Russes Ruyer RVALP Ryner Ryoko Sekiguchi s S.Tesson sa vie sable Sade sagesse Saigyo Sakaki Saliens SALXI Sam Francis Samivel Sangral sans Sans Titre Santoka Sappho Sator Saturne Savelli Savitzkaya SBL1 SBLI Sbrissa Schlechter Schopenhauer Schurmann SCOT Sculptures Sculptures Photographies L.A. SDM Sel selon SELP Seneca Sénèque Sengaï SGM Shakespeare Shitao Shiva Shônagon SI Sicard signal Signes Signets Sikelianos silenc SILENCE Silesius Silliman Simmel Simon Cutts Sinclair singularité Situation Sivan six SJDC Skalova Ski SLFDM société soleil solénoïde Solutré Sommeil Sonnets Sons Sor Juana Sôseki Soto Soufi Soufre Soulages Souligne Sous le Pas SP SPHS SPiced Spicer Spinoza Spira spirale sport SPRCGB SPSLSA Squires SSM Stéfan Stein Steiner steppe Stromboli Structure Suarès SUBHDLH Suchère Suel suite Sun Tzu sur Suso sutras Swensen Sydney Banks Synchronicité synonymes Synopsis T T.A T.C T.R T.S.Eliot Tabarini Takis Tanizaki tantôt TAOPY Tardy Tarkos TC Tchékhov TDQ TDUESDS TEL Temps Temps probable TeneT Tétralemme TEXTES Thalès Thamazein Thé Théorie Tholomé Thoreau timbres TINTIN Tissu Titres TLP TN TNS Tocqueville Todtnauberg tomates TOPOS Torque Toscane Toujours TouT TP TP.BN Traces Tractatus Traduire Trail Trains Transe translucide TRICTRAC Triste époque Tsvetaeva TT TU Tumulte Tunnel Tweets Twillight Typoésie Tzara u.p.d.d.v UCCDC UCDD UDP UEAN UEAR UJAAB UJAJS Ukraine ULDL ULDLLA Ulysse UMO UMP UN UNM unmot UPDS UPSA usura UVD V V.E V.I. V.Kh V.P. VALC Valet Vaneigem vazquez VD VDSJ VE Véda Vegan vélo VEMDIL Venet Venise Vents VERBES Vercors vérité Verlaine Verne verre Vert vertical Vésuve Vézelay VGE Vico Victoria Hanna vide Vidéo Vilgrain Vioulac Virgile Virgule visage VitaNova Viton vitraux VJ VO voici Voies voilà voix volcan Voluspa Volut Von Aesch Vous Voyelles Vulcano W W.Benjamin W.I.P. W.S Wable Wagô Wajcman Waldman Waldrop Wallace Stevens Walser WB WBY wcw webasso Webcams Wermer Lambersy Werth WGJ Whitehead WilliamBlake Windows Wittig Wolfgang Laib Wolfson wolman Woolf wuwei ww. WWFDH www Xardel Xénophon Xu Xiake xxx Y.B Yanka YDM YISANG YOGA Zagdanski ZANZOTTO Zeit Zéno Bianu Zéro Zététique Zinoviega zodiaque Zoom Zukofsky Zürn

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