même invisible encore même sans forme
arrêtée
une durée si dense
laisse toujours un dépôt
une lente architecture intérieure
un commencement silencieux que le temps prépare à mon insu
Lionel André / promenades / randonnées / arts / littératures / air du temps
nuit est le nom que nous donnons à l’ombre de la Terre
comme si l’obscur n’était pas absence
mais simple retrait de la lumière
un passage de la clarté derrière nous
qui révèle par contraste
l’immensité toujours
là
elle nous apprend à voir autrement
dans ce qui ne s’éclaire pas
toutes les nuances des ténèbres au-delà de la
couleur noire occupaient l’espace
la nuit a continué
se répétant
il faut du vide pour que s’aimante la nuit
qu’un espace libre accueille sa gravité douce
où les formes se délient et se taisent
et où l’obscur loin de combler
attire et ordonne en secret
ce qui cherche encore
sa place
le difficile est de savoir exactement ce qu’on veut
non dans l’abstrait où tout se dit
mais dans la précision nue où l’on s’engage
là où le désir cesse d’être multiple
et se resserre en une ligne exigeante
vouloir vraiment
n’est pas accumuler des possibles
mais consentir à une forme
qui nous limite autant qu’elle nous révèle
la nuit
parfois
tandis que
vous êtes
endormi
votre destin
murmure
il vous demande
de ne pas
compliquer
l'inévitable
Habiter la nuit c'est accepter de marcher sur un chemin qui ne mène à rien de tangible pour enfin rencontrer l'immensité de son propre esprit
c'est le sanctuaire de l'attention pure là où la prière n'a plus besoin de mots car l'obscurité est elle-même une forme de recueillement
de très loin venue et maintenant à jamais tendue
l’aile de l’envol rencontre la nuit du secret
une plume
de feu
dans l’hiver sidéral
un battement
UN
dans le cosmos muet
nous avons trouvé
là
notre port
idéal
l’envol souverain
sous un ciel qui se tait
*
Aile
la force du dépassement
l'énergie de la naissance et du jaillissement
Nuit
la profondeur du vide
le reposoir du silence et de la mort
La mer et la nuit
longues herbes de l’éclair
dressées comme des flammes vertes dans la nuit
un brin
vibre d’une énergie invisible
porteuse de lumière
et de frisson
le vent s’y glisse
comme un courant électrique
la terre entière semble frémir sous ce vert incandescent
dans cette tension
tout s’illumine et tout respire
un instant
la foudre devient murmure
la vie éclat
tout ce que tu vois autour de toi
bientôt la nuit lui parut plus sombre plus terrible que n'importe quelle nuit comme si elle était réellement sortie d'une blessure de la pensée qui ne se pensait plus de la pensée prise ironiquement comme objet par autre chose que la pensée
c'était la nuit même
la nuit
est douce
comme un arbre
la solitude incite à l’errance
elle se dit
mais je connais ce lieu
et même sans avoir jamais été en forêt
même sans avoir pénétré dans une grotte
tout cela vous évoque quelque chose de précis
et ce quelque chose
c'est l'enfance
vous pensez que l'enfance est restée cachée
pour chacun de nous
dans une forêt ou dans une grotte
je crois qu'on peut la débusquer
dans n'importe quelle forêt
dans n'importe quelle grotte
dans la nuit
les ombres des silhouettes se projettent sur
une rangée d’arbres aux troncs fins
à l’écorce noueuse
brûlure mentale
tout le reste est paisible
qu'il ne soit question de rien
jamais pour
personne
une pensée
ouvre la vue
la densité du lieu grandit
un air de neige
recouvrir
ses ongles avec
des pétales
de fleurs
la nuit
souffle gaiement des bulles rondes
au sein de la lumière
éclipse les couleurs spectrales
donnant à la lumière son état incolore qui présente
la lumière d'éclipse
la nuit ne peut se déplacer
120 FDH
le mouvement
de la lumière au sein
de la nuit présente le mouvement
de la clarté sur l'immobile
de la relativité révélée
donnée ici
dans l'ordre vivant
la Rose
d'ombre qui se balance se balance
dans l'immobile puisque l'ombre est corps
de nuit et l'ombre
de la rose qui se balance voyage
dans la nuit immobile
ceci met la nuit partout même en pleine lumière
la nuit
se nomme dans sa
Réalité intrinsèque qui la présente comme
une éclipse de couleurs nommant son état invisible
récemment mis au jour
la nuit est gouvernée
parmi
des brouillons
délaissés
que la dormeuse fasse son sel en silence
je suis au sud
je regarde au nord
droite
rose léger
le soir
gauche
couchant rouge
nuit d’ardoise
écrire
directement là-dessus
à la craie