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mardi, octobre 06, 2026

une poésie de la netteté aux aguets de l’immobile 

une poésie qui refuse à la fois 

le flou et l’agitation


la netteté 

n’est pas ici la sécheresse 

elle est une qualité 

de regard 


voir exactement 

sans ajouter sans expliquer trop vite





























une forme d’attention presque silencieuse

capable de saisir la moindre variation 

dans ce qui paraît 

immobile


aux aguets  une tension

attendre 

sans savoir ce qui va apparaître
 

ne pas forcer l’événement 

être disponible à son surgissement



l’immobile  n’est  pas l'absence de mouvement

c'est le lieu où le mouvement est si discret 

qu'il échappe à l'habitude 



une feuille qui tremble à peine

une lumière qui se déplace sur un mur

une pierre qui garde la chaleur du jour

un oiseau silencieux dans les branches

la neige avant sa première chute


la poésie devient alors une veille

elle ne cherche pas le spectaculaire

elle attend le presque rien jusqu'à ce que le presque rien 

devienne 



la netteté regarde l’immobile écoute

et soudain

quelque chose bouge


une poésie très proche de la marche en montagne  

avancer sans précipitation

garder le regard ouvert

apprendre à distinguer dans un paysage apparemment fixe 

les signes minuscules du devenir





une poésie sans brouillard pleine de silence
qui ne poursuit pas l'événement

une poésie
prête à le recevoir











samedi, octobre 03, 2026

Poésie 

paroles vraies 
trouvées dans la communion des inquiétudes

une origine inattendue  
non pas la certitude mais l'inquiétude partagée

la poésie ne serait pas la parole 
de celui qui sait

elle naîtrait plutôt lorsque plusieurs consciences 
reconnaissent dans leurs inquiétudes 
différentes

une même profondeur d'inconnu


























nous ne sommes pas réunis parce que nous possédons 
une réponse commune mais parce que 
nous éprouvons une question 
commune



la communion  
est alors essentielle
 

elle ne signifie pas que nous 
pensons pareil

elle signifie que nos solitudes peuvent 
se reconnaître



les  paroles vraies  ne sont pas  nécessairement des paroles 
qui énoncent une vérité 
définitive 

ce sont des paroles qui ne trichent pas 
avec l'expérience 

elles acceptent 
le doute
la fragilité 
l'inachevé



l'inquiétude ouvre
la parole cherche

la poésie recueille

le poème est cet endroit où l'on découvre 

je croyais être seul à ne pas comprendre
et voici que mon inquiétude
était déjà une manière 
d'être ensemble



la poésie ne supprime donc pas l'inquiétude
elle lui donne une forme partageable

elle transforme le vertige privé 
en présence commune







une parole vraie
n'est pas celle qui possède la réponse
mais celle qui ose demeurer fidèle
à la question















mercredi, septembre 30, 2026

si par  mystères du langage  on entend ce qui dans le langage excède la simple communication  son pouvoir de produire du sens de faire apparaître de transformer notre rapport au monde  alors la poésie n’est qu’une des voies d’accès



on pourrait 
en distinguer plusieurs






la philosophie

elle cherche à atteindre le langage en le mettant en question  
que signifie être dire nommer penser 

chez Wittgenstein Heidegger ou Derrida le langage 
devient lui-même l’objet de la pensée

la philosophie demande  que peut le langage 
lorsqu’il tente de dire ce qui 
le dépasse 































la mystique

elle rencontre le langage à sa limite  Apophase silence
parole sacrée  

il s’agit moins de produire davantage de discours que de conduire 
la parole jusqu'au point où elle doit se taire

Maître Eckhart Jean de la Croix Angelus Silesius ou les traditions 
zen explorent ainsi une parole qui désigne 
l'indicible




la musique

elle libère le langage de sa fonction référentielle le son le rythme
la répétition la respiration subsistent lorsque 
le sens lexical disparaît

la musique montre que 
le langage commence peut-être avant le mot




l'étymologie

revenir à l'histoire d'un mot c'est découvrir sous son usage actuel 
des couches anciennes de pensée 

le mot devient une sorte 
de fossile vivant

L'étymologie permet de faire apparaître ce que 
l'habitude avait recouvert



le silence

c'est peut-être la voie 
la plus radicale

le silence ne serait pas l'absence du langage 
mais son envers : 

ce qui permet à la parole 
de surgir

entre deux mots existe parfois davantage de sens 
que dans les mots eux-mêmes




le rêve

le rêve révèle un langage qui n'obéit pas entièrement 
à la logique propositionnelle 

condensation déplacement images homophonies 
métamorphoses

Freud et Jung ont chacun exploré 
cette dimension



le jeu avec la langue

calembour anagramme lapsus homophonie bégaiement
néologisme déformation 

ici, on cesse de considérer le langage comme 
un instrument parfaitement 
maîtrisé

le mot se met à parler contre 
celui qui le parle




la traduction

elle est une expérience particulièrement profonde 
du mystère du langage. 

traduire révèle que le sens n'est ni complètement 
dans le mot ni complètement 
indépendant de lui. 

il circule entre les langues avec des pertes
des gains des déplacements



l'enfant et l'apprentissage de la langue

l'enfant découvre quelque chose que l'adulte oublie 
qu'un mot n'est pas naturellement attaché 
à une chose. 

il faut apprendre que  arbre  signifie 
arbre

l'étrangeté originaire du signe 
réapparaît



la linguistique elle-même

Saussure Jakobson Benveniste Chomsky et d'autres ont montré 
différentes dimensions de la structure du langage

la linguistique permet notamment de découvrir que ce que 
nous croyons être une parole spontanée repose 
sur une architecture extrêmement 
complexe



la folie le lapsus le bégaiement

non pas parce qu'ils seraient des accès privilégiés 
à une vérité cachée

mais parce qu'ils peuvent rendre visibles les mécanismes 
ordinaires du langage en les faisant dérailler

le fonctionnement normal apparaît parfois 
mieux lorsqu'il se fissure



la marche

mon intérêt pour la marche rejoint 
directement cette question 

marcher longtemps produit une étrange modification 
du langage intérieur : 

les phrases se défont les associations deviennent plus libres
les mots se détachent de leur 
fonction utilitaire


le paysage devient 
une syntaxe sans grammaire







poésie 
intensification du langage

philosophie 
interrogation du langage

mystique 
dépassement du langage

musique 
langage sans signification conceptuelle

silence  
suspension du langage

étymologie  
archéologie du langage

rêve 
langage de l'image

jeu 
déstabilisation du langage

traduction 
passage entre les langues

marche 
désautomatisation du langage







le point 
commun de toutes ces voies 
est celui-ci 



il ne 
s'agit plus 
de se servir du langage 
mais de laisser le langage 
nous montrer 
ce qu'il est





c'est alors que le  mystère du langage  
devient proche  du mystère 
de l'être  

nous croyons parler une langue mais à un certain 
degré de profondeur c'est la langue 
qui nous parle





























mardi, septembre 29, 2026

chaque levée de brume fait dévier la pensée


elle croyait suivre

une ligne

mais la montagne

déplace ses contours


un peu de blanc

se retire

et déjà

le chemin

n'est plus le même

















ainsi la pensée

avance

non vers la clarté

mais dans ses écarts

comme la lumière

qui découvre

sans les expliquer

les choses

qu'elle touche





l’ambiguïté s’incruste

dans le bois

dans la pierre

dans le mot


elle ne demande pas

à être résolue


elle demeure

comme une écharde

entre deux sens

et plus on regarde

plus quelque chose

se déplace

derrière ce que l’on voit

jusqu’à ce que

l’incertain

devienne

la seule forme

encore habitable




le poème ne cesse jamais


ce qui est là

sur la page

bondit

hors de ce qui semblait

être le dernier mot



il quitte

la ligne

le blanc

la marge

et vient se loger

dans le cerveau

où il fait son nid


sans bruit il travaille à l'intérieur


il déplace

une image

une mémoire

un fragment de lumière

puis il irradie

bien après

que le livre

soit refermé

comme si

le dernier mot

n'était jamais

qu'une porte

et que le poème

commençait

au moment précis

où nous cessons

de le lire



il s'agit de dissoudre le monde

non pour le faire disparaître

mais pour défaire

les contours

qui le tiennent

dans leur évidence


disséminer le sens

le laisser passer

d'un mot à l'autre

sans demeure

sans maître


changer enfin

les conditions

du rapport

à la langue

à la pensée

au monde


ne plus parler

comme on obéit


ne plus penser

comme on possède


laisser les mots

retrouver leur errance

et le monde

son étrangeté


alors la langue cesse d'être un instrument

elle devient

un espace ouvert

où quelque chose

peut encore

se lever

sans avoir

à demander

la permission
















jeudi, septembre 24, 2026

look—the river tide has already risen to the banks

regarde la rivière est déjà montée jusqu’aux berges


sur toutes les crêtes

la paix


sur tous les faîtes

à peine

un souffle


plus bas

la forêt

retient son murmure














les oiseaux

ont cessé

de se répondre


le soir

ne demande rien

il descend

lentement

sur les arbres

sur les pierres

sur le chemin


attends donc


bientôt

toi aussi

tu te tairas

non comme disparaît

une voix

mais comme la montagne

entre dans la nuit

sans cesser

d'être là





la nuit

toutes les forêts

sont grises


le chemin

s'allonge

long comme un jour

sans forêts



sous chaque arbre

une autre route

commence


toutes les forêts

mènent à Rome

mais Rome

n'est peut-être

qu'un nom

posé au loin

pour que l'on continue

de marcher

dans le gris

jusqu'à ce que

le chemin

cesse d'avoir

une destination




les Alpes du Nord sont vertes

tes yeux débordent de larmes

mes yeux débordent de larmes

the Northern Alps are green 























mardi, septembre 22, 2026

paroi et soif

la pierre monte
la gorge se resserre

plus la paroi s’élève
plus l’eau devient pensée



une fissure claire dans le calcaire

on grimpe
avec la bouche sèche

quelque part au-dessus
hors de portée

la source continue
de couler dans la pierre















à la paroi de la source 

paroi et soif  

soif inscrite






scintillation d’une chose de l’autre côté de l’air

rien ne bouge


un éclat sans surface
une présence sans distance

l’air devient presque opaque
à force de transparence


la chose scintille encore mais toujours de l’autre côté

de ce qui la rend visible





















dimanche, septembre 20, 2026

tire 

les rideaux à franges qui recouvrent tes yeux 

et dis-moi ce que tu vois là


peut-être

rien d'abord


seulement

une lumière

qui hésite

entre entrer

et disparaître























puis derrière

le tissu

un espace

sans contours

où les choses

ne sont pas encore

séparées


je vois

ce qui regarde

avant le regard

et dans cette ouverture

un monde

qui ne demande

aucun nom







venez 

sur ce sable blond et tournez en rond

saluez-vous 

et baisez la mer apaisée

dansez 

d'un pied joyeux un refrain heureux
























samedi, septembre 19, 2026

l'eau qui affleure entre les saules invente un abîme d'étoiles
l'espace à y rêver je le déploie et il m'obsède 





buée du désir

l’œuvre se tient dans une zone singulière entre poésie 

méditation biblique et recherche 

spirituelle

















sa poésie avance avec une grande simplicité apparente 

elle ne cherche ni l'éclat ni l'ornement  

elle s'attache au paysage

à la marche

au silence

aux gestes élémentaires

à cette lumière ordinaire  dans laquelle quelque chose 

d'invisible semble parfois 

se manifester


les prés remontent à des bois qui montent

le chemin descend le long des peupliers



la Bible occupe une place centrale dans son œuvre

notamment à travers ses traductions 

et ses réécritures


mais il ne s'agit pas seulement pour elle 

de restituer un texte religieux  

elle cherche à retrouver une parole première

une parole qui précède les constructions théologiques 

et qui puisse encore toucher directement 

l'expérience humaine



le sacré n'est pas nécessairement séparé du monde 

il peut surgir dans 

une pierre 

un chemin 

un arbre

un visage

une lumière sur la montagne


le spirituel demeure proche du sensible


paroles et brises se font de plus en plus impalpables


sa poésie possède ainsi quelque chose de la marche 

elle avance sans précipitation

attentive aux apparitions minuscules


elle ne cherche pas à expliquer le mystère 

mais à lui laisser suffisamment d'espace pour respirer



elle écrit 

comme on marche vers une source 

dont on ne sait pas encore si elle est devant soi 

ou déjà en soi


le paysage devient alors 

une forme de révélation silencieuse 


la terre parle sans discours

le ciel répond sans voix


la femme marche entre les deux

portant en elle une question 

qui ne demande peut-être aucune réponse


l'esprit est le terme terrible et je ne le savais pas









poésie seule poésie

de tout ce que la science ignore


le silence

entre deux mesures


la lumière

avant qu'elle ne devienne

un nombre


la pierre

dans son sommeil


le souffle

qui ne sait pas

encore

qu'il respire


une pensée

avant son apparition


le mouvement

intérieur

de l'immobile


cette chose

sans nom

qui demeure

lorsque tout

a été décrit


la poésie

commence 

là

où le monde

cesse de répondre

à la question

et devient

à nouveau

énigme


poésie seule poésie respectueuse du mystère















 

la poésie et la philosophie

la philosophie cherche à comprendre 
ce qui est

la poésie cherche à faire apparaître 
ce qui est

l’une avance par concepts
l’autre par images

mais toutes deux cherchent la même fissure
celle par laquelle le réel cesse 
d’être évident



























la philosophie nomme
définit
distingue

la poésie déplace
condense
ouvre


l’une construit 
une pensée

l’autre découvre parfois 
que la pensée était 
déjà 

dans la chose
dans la pierre
dans le silence
dans un peu de lumière sur le sol


la philosophie demande 
pourquoi

la poésie demande parfois seulement 
qu’est-ce qui est là



entre les deux
il n’y a pas opposition
mais une tension


la philosophie veut atteindre le réel par la pensée
la poésie veut atteindre la pensée 
par le réel




leur point commun le plus secret 
est celui-ci 


penser 
jusqu’au silence

écrire jusqu’à ce que 
le silence commence à penser





























cette formule de Christian Bernard 
est très belle parce qu’elle joue sur survivre 

vivre au-dessus après dans la simple 
prolongation de la vie

dire 

j’appelle poésie 
ce qui fait sauter le préfixe de survivre 

ce serait dire que la poésie ne cherche pas à survivre mais à vivre 
à retrouver la vie avant qu’elle ne soit réduite 
à sa conservation


elle 
retire 

le sur 
survivre → vivre































le poème 
ne vient donc pas après 
la vie

il est une manière de rendre la vie présente
immédiate
intense








la poésie
fait tomber le sur
survivre
devient
vivre
et vivre
n'est plus durer
mais être là
dans le souffle
dans la pierre
dans la lumière
maintenant


























dimanche, septembre 06, 2026


cette formule vient d’Aristote dans la Poétique il oppose ici la poésie à l’histoire  l’histoire raconte ce qui a eu lieu tandis que la poésie explore ce qui pourrait avoir lieu selon le vraisemblable ou le nécessaire


la poésie est quelque chose de plus philosophique 
et possède un caractère plus élevé 
que l'histoire


la poésie est donc plus philosophique parce qu’elle 
ne s’attache pas seulement au particulier 
et au fait singulier 

elle cherche l’universel dans le particulier
ce qui pourrait concerner 
tout homme























l’histoire dit ce qui fut
la poésie cherche ce qui peut être

dans ce possible
elle touche à l’universel
























le poète peut cesser visiblement d’écrire

mais il demeure secrètement en présence 

de tous les mots qui n’ont jamais été écrits



chaque silence devient mesure
chaque mot absent devient 

possibilité


l’écriture continue
dans cet espace invisible
où le poème demeure avant même d’advenir











travaille sans cesse 
et ne crains pas de paraître oisif 

une injonction paradoxale où le véritable travail échappe 
à ce qui se voit produire 

penser marcher lire regarder attendre 
laisser mûrir une forme




travailler dans le silence
jusqu’à ce que l’oisiveté apparente
devienne la forme secrète du travail









si quelque chose a un sens la poésie a sens de tout

la poésie ne se contente pas de donner un sens aux choses 
elle les recueille dans la totalité du sensible 
du visible et de l’invisible 

elle fait du fragment 
une ouverture vers le monde entier



si quelque chose a un sens
la poésie a le sens de tout

même ce qui n’en a pas encore
trouve dans le poème la possibilité de résonner










samedi, septembre 05, 2026

proème  

terme forgé à partir de prose et poème

qui suggère une forme située 

entre les deux

il peut désigner une écriture où la prose conserve la continuité 
du discours tout en acquérant la densité les ruptures 
les images et les résonances 
du poème

le proème
ni prose
ni poème
mais le mouvement
de l’un vers l’autre














le ruisseau qui sort de la forêt
tout à côté de Bond Street
à 1 mille de la Cité
coulait alors près du verger de John
Parsons ...

Charles Olson les Poèmes de Maximus


















la métaphore du char à voile permet de penser une poésie qui ne progresse pas par force propre mais par attention au vent  elle avance grâce à ce qui la traverse aux accidents aux silences aux écarts du langage





























la poésie comme char à voile

elle n'a pas de moteur

elle ne pousse pas le monde devant elle

elle attend le vent


écrire est-il d'abord cela 

savoir attendre ce qui ne dépend pas de nous


le char est posé sur le sable

immobile

puis une rafale arrive

la voile se tend

quelque chose prend

le mouvement commence

le poème aussi


un mot rencontre un autre mot

une image dévie

une phrase s'allonge

le sens quitte sa trajectoire

il faut alors laisser faire le vent

ne pas vouloir tout diriger

ne pas tirer trop fort sur la barre


le poème avance dans une tension entre maîtrise et abandon.

le pilote conduit

mais ce n'est pas lui qui produit le vent

il ne commande pas la force qui le porte

il apprend à composer avec elle

la poésie ressemble à cette intelligence-là

elle ne fabrique pas toujours son énergie

elle la capte


une voix entendue dans la rue

une phrase ancienne

une lumière

une fatigue

une colère

une montagne

un souvenir

un silence

tout peut devenir vent

le poète n'est pas celui qui possède le vent

il est celui qui sait reconnaître sa direction

et parfois le vent tombe

la voile se détend

le char s'immobilise

il n'y a plus rien à faire

il faut attendre


c'est  aussi cela l'écriture

savoir que le silence fait partie du mouvement


puis une rafale revient

la voile se gonfle

le sable recommence à défiler

le poème repart

pas nécessairement vers une destination.

le char à voile ne traverse pas le paysage pour parvenir à un lieu

il éprouve une direction

il avance dans l'espace ouvert

la poésie aussi avance sans carte définitive

elle suit des lignes invisibles

elle ricoche

elle bifurque

elle accélère

elle ralentit

elle s'arrête

elle repart.

le paradoxe est là

 

plus le poète cherche à contrôler le vent

moins il avance  plus il sait l'écouter plus il peut aller loin


la poésie n'est donc pas une force qui s'impose au monde

elle est une force qui sait recevoir

elle transforme une poussée invisible en mouvement

elle transforme l'air en trajectoire

le silence en vitesse

le hasard en direction

l'expérience en langage


le poème véritable est celui qui nous laisse après sa lecture 
avec la sensation étrange d'avoir été déplacés 
sans savoir exactement 
par quoi

comme 

un char à voile 

après le passage du vent 

le sable porte encore la trace du mouvement

la voile retombe

quelque chose continue d'avancer
















 

un passage presque imperceptible 
entre le silence et le langage 

une rose devenue signe 
puis chose écrite 

comme si 

le poème retenait 
un instant le monde sur sa feuille

une pause une rose une chose sur du papier















une image du hasard 
dépouillé de son signe favorable

comme si 

la chance elle-même avait renoncé 
à promettre

le hasard apparaît enfin nu
sans talisman sans 
garantie

libre 

de toute superstition

la chance s’est débarrassée de son trèfle 





j’affirme 
que la vie est 
pleine de hasards heureux 

une phrase qui transforme le hasard 
en puissance affirmative 

la rencontre imprévue devient une ouverture et l’accident du réel 
une manière secrète par laquelle la vie nous surprend 
et nous conduit ailleurs






le discours religieux 

une rumeur indistincte venue du fond 
de l’humain 

un appel qui cherche une réponse 
mais dont le sens 
demeure 

partiellement 
enfoui

un vague mugissement 

une parole 
antérieure au langage articulé 

quelque chose qui monte de l’obscurité 
comme une plainte 
un désir 

une nostalgie de l’absolu







Ma vie 

le territoire intime 
où le temps devient expérience 

où les rencontres 
les pertes les hasards et les éveils 
laissent leurs traces

Ma vie

non comme une histoire achevée
mais comme un chemin
qui se découvre
en marchant


























jeudi, septembre 03, 2026

di soglia in soglia 

l’existence 
n’est peut-être pas un chemin vers 
un lieu final

mais 

une succession de passages

de seuil en seuil
ce n’est pas l’arrivée qui demeure
mais le passage

























l'Arche du Trou de la Mouche
septembre 2026
























 
midi arrivé avant 
l’heure 

comme 

une lumière 
qui aurait devancé 
le temps

le jour s’est déjà ouvert
et pourtant le matin demeure encore
dans la clarté

Midi Précoce

























Kristall 

un mot 
de transparence et de structure 

la matière y devient géométrie 
la lumière y révèle 
ses arêtes


Kristall
la lumière
qui a trouvé
une forme





du temps brin 
de lavande
 
une mémoire presque 
tactile 

le temps ne revient pas comme 
une histoire

mais comme une odeur retenue dans 
une plante minuscule


un brin de lavande et soudain le temps
a une odeur


odeur du temps brin de lavande















pavot et mémoire

une alliance étrange entre la fleur du sommeil 
et la persistance du souvenir

le pavot endort 
ce que la mémoire réveille

dans sa corolle fragile le passé semble dormir
sans jamais tout à fait disparaître















le sable des urnes 
une mémoire réduite à l’infime

la cendre devenue sable
le disparu devenu matière presque sans poids

l’urne ne contient plus seulement 
des restes 

elle contient 
la trace d’une présence

le sable
en s’écoulant
fait du temps lui-même 
une poussière









rends-moi amer 
compte-moi parmi les amandes

parole 
de dénuement 
et de métamorphose 



 
rends-moi amer 

comme 
si 

l’expérience 
devait perdre  toute douceur


compte-moi 
parmi les amandes 

comme 
si 

l’être pouvait malgré tout être recueilli
compté conservé parmi 
les formes 
vivantes



l’amer et l’amande  

le goût 

de l’épreuve 

et dans le même mot  

presque

la promesse d’un 

noyau





la lumière 
vient de face
derrière ce qui regarde 
transforme les formes en silhouettes


conte-jour
c’est voir par l’effacement 

la lumière ne révèle plus les contours elle les retire
laissant apparaître une présence 
sous forme d’absence





Halme der Nacht 

les brins d’herbe de la nuit ou les chaumes 
de la nuit


la nuit devient une matière végétale fine et dressée
que le regard traverse à tâtons


les épis de la nuit dressés 
dans le noir

chaque épis
comme 
une trace de lumière
absente





une parole qui ne cherche plus à mesurer le temps 
mais à le laisser advenir

le temps enfin délivré de l’attente
le présent devenant 
présence

il est temps qu'il soit le temps
il est temps























Ne désespérez jamais. Faites infuser davantage.
Henri Michaux , Face aux verrous.

Du "Dao" originel
du commencement du réel
des signes célestes
des formes terrestres
des règles saisonnières
de l'examen des choses obscures
des esprits essentiels
de la chaîne originelle
de l'art du maître
des évaluations fallacieuses
de l'équivalence des moeurs
des résonances du "Dao"
de l'inconstance des choses
des paroles probantes
de l'utilisation des armes
montagne de propos
forêt de propos
du monde des hommes
du devoir de se cultiver
de la synthèse ultime


"ô le plus violent paradis"

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A1 A10 A2 A3 A4 A5 A6 A7 A8 A9 AB ABDL Abécédaire Abîme Aboulafia Abréviations Abrüpt Abruzzo absolu ACC Acker acronyme Actis Actualités ADBP Adorno ADR Adrénaline ADUMC Advaita AELT Agamben Agenda AgnèsMartin Agrafe et boite Ainsité Aïon AIR Air du temps akasha Akhmatova AL Alain de Lille Alan Davies Albiach Alchimie Alechinsky Aleph ALF Alferi alien Alina Reyes ALTH AM Amande Ammons Amor fati Anagrammes Analogie Anaphore Anaximandre Anders André Breton André du Bouchet André Velter Andy Goldsworthy animal animation Annick Ranvier Annonciations Anthologie ANTI Antin David AP Apatheia Aphaïa aphorismes Apollonios aporie Appelfeld Approche APUMM APZ APZT Arago Aram Saroyan Arbres Archéopoésie ArgentOr Aristote Arp Arseguel Art sacré ARTHAUD AS ASDMI ASF Ashbery ASLEND Assez Astrologie Asymptote Atlantide attente Aurélien Barrau Aurore Automne Auxméry AVB Avec Avent AW axiologie Axiomes Azam B B.Celerier Babel BABIL Bach Bachmann Baies Baigaitu BAM Banal Bandeaux Barque Barré Barry Lopez Barthes Bashô Basque Basquin Bataille Battala BAZAR BDLE BDLF Beaufortain Beckett Beckford Benedetto Bénézet Benoît Labre Benveniste Bergounioux Bergson Bernstein bête Bhattacharya bibliographie Bibliothèques bientôt Bimot Binet bio biographie BioMobiles Biopsies Bishop BISSES1 Bivouac Blackburn Blaine Blanc Blanchot Blanqui Blaser Blau Duplessis Bleu Bloy Bobin Bochner Bohm boisflotté Bök Bonheur bord de terre Borges Bouddha Bouthonnier Bouvier Bozier Brautigan Bretagne Bribes Briciole bricoleur Brisset Bronk Broodthaers Bruckner Bryen BSRM Butor Byron C C.C C.D.A C.E.T C.F. 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E.O E.P. EA EAIO EB écart énigme Echenoz échos Echos L.A. Eckhart Tolle éclipse Eco Ecosse écoute écritures ED Eddas EDG EDJ EDLCDS EDLF Edmond Jabès EDO EIJS elle ELLEDIT ELLELL Elles Ellul EM Emerson Empédocle EN ENCORE encres et musique Encres et peintures Ennéade ennui EnSof Entre entrelacs environnement Eons EPE épiphanies épistémologie EPLA époché Eranos ère ERRER Escher ESE Eshleman Esnault ESPA Espace Espitallier essais EST ét été Etel Adnan ETLPDMP Etna étoile Etymologie Eucharistie Euler évangile éveil Eventail Exergue F F.A. F.EAA F.O F.Pirates FAA Fable Fadeur faits FAJ Fantasy Faune Fayçal fenêtre Fengliu feu Fiction Films FiniSol Finkielkraut FIVE FL Flore fmr FNAR Foligno Forest Formalisme Foucault Fourcade Fourier FP FQPCC Fractales fragm Fragme Fragments France François Cheng Frappat Frémon Fréquences Froid Fugue Fuji Futur G.C.L. G.Luca G.R.I Gary Snyder Gaza GB GDD GDLMC GDT GEGO Gelassenheit généalogie genese Genet Genji Géologie géométrie géophanie Géopoésie Germaneta Gervais Geulincx GIA Gif Giffard Giovannoni Girard Giraud Giroux Gîta Gizzi Gleize Glossaire GMH Gnoséologie Gobenceaux Godard Gödel Godwin Goethe Gombrowicz Gongora Goodman Nelson GOPC GPDB GR54 GR70 GR91 Graal Grâces Graeber Gramm gris Grothendieck Guerre Guesdon Guy Debord Guyau Guyotat GVDT GWFH Gygès H H.Corbin H.D. H.P Habitus Hadot Haenel haïku Hamant Hamish Fulton Hamon Harms Harrari Hart Crane Hausmann Havet HDT HE Heaney Hécate Hegel Heidegger Hello Henri Michaux Henri Thomas Herbes Herta Müller Hésiode Hesse Heures hexagrammes HFSR HHPC Hikmet Hillesum Hiroshi Yoshida Histoire HM HN HO Hocquard Hofmannsthal Hohl Hölderlin Hominidés homonymies Horace Houellebecq HR. HRC HS HSCDLAE HTH Hubin Hugo Ball Huguenin Hume HV Hymnes orphiques Hypérion hypertexte Hypnos i I remember I.P-B. IA ici idéogrammatique IDLR idole IFE Igitur il Illuminations illuminer illuminisme ILVLA ilya immédiat immédiatement Impensable impératif imperceptible Impresses incertitude Index individu Infini Infinitif initiales inquiétude Insectes installation instant Internet Interrompre invisible Irwin Ishihara Isidore Isis isolato Issa italiques Ivsic J-P Michel J.J.F.W. J.J.U. J.L.P Jaccottet jaime Jakobson Jankélévitch JANUS Jardin Jaspers JAZ JBE JCERDM JDLF JDS JE JE & Jean jean Daive Jean Michel Lou JELRLT Jesuis Jésus jeu JHN Jirgl Joan Mitchell John Cage Jouffroy jour jour17 Journal Jours jours17 Jousse JR Juarroz Jullien JYL K.G K.K Kabîr Kafka Kairos Kaplan Kapoor Kastrup Kathleen Raine Katué Kawara Kay Ryan KDCN KDICK Keats Kenneth White Kerouac Khazar Khlebnikov khôra Kiarostami Kingsley Kircher KK KLTDD koan Koons Koshkonong Kosuth KOUA Kral Kuhn Kundera Kunitz Kybalion Kyoto L.A.S L.D. L.R.des Forêts L.S L'EI là La Croix La parole de l'autre La vie de la montagne labyrinthe lac Lacs LADR lafabrique Laforgue Lagopède LALELES Lamantin LAME Lapiaz Laporte Roger Larry Eigner latin Laugier Laurent Margantin LBA LCC LCD LCDE LCDI LCDJ LCDP LCI LCR LCS LD LDB LDF LDLH LDM LDMC LDMH LDR LDS LDV Le Clézio Le Livre Le poème LEC LECDF LECLA Lectures LEDA LEDUI LEE Lee Ufan LEF légende légumes Leibniz Leibovici Leili Anvar Lely lensball lepoète Les eaux Les empereurs Les fils Les oiseaux lesoi Lespiau Lessing Lettres Lev Rubinstein Lex1 lex2 lex3 lex5 lex7 lex8 Lexie Lexique LFDH LFDLP LFDP LFDRT LFMR LFQ LGD LGDE LGDFASP LGDLM LGDP LGPDB LGS LGTDLP LGVDLH LHDD LHS LIDT lieux Lieux-source lièvre Ligne7 lignes Lionel André éclats Lionel André éditions Lionel André encres Lionel André photographies Lionel André randonnées LIQV Lisa Cairns list listes littéralité livrelit LJDP LLDLI LLDME LLDO LLDP LLDQ LLL LMDDDLH LMDF LMDLE LMDM LMV LO LOAN LODL LOGOS lois London Lorand Gaspar Lorenzo Menoud Louise Bourgeois Louise Glück LPC LPDLE LPDP LPDS LPI LPM LQDLE LRDD LRDP LRDR LRDT LRED LSDA LSDS LSDV LSMT LSNDLR LTDS LTO LTR LUELADC Lune Lupasco Lus & Mus Lux LV; LVB.TDSDC LVDDP LVDT LVESO LVLTDLO LVMDE Lyn Hejinian Lynn Schwartz M M.Caron M.Craig-Martin M.S.M M.Trinité Ma Macedonio Fernandez Machado Maestri Maggiore Maïakovski Mains maintenant Mais Mallarmé Malrieux Mandalas Mandelstam MANEKINEKO Manganelli Manifeste Manon mantra Manuel Joseph manuscrit Manzoni Map Marchand Marcheurs Marelle Marie Martin Ziegler Marx Masao Yamamoto masque Massera Matinaux Matsui Matta-Clarck Matton Mauguin Mavis Karn maximes MBK MBO MC McCord MCH McLuhan MDA MDC MDLADLE MDLF MDOU MEC Mécanisme Méditations Meillassoux Mélusine mémoire Memories Menus Meraviglia Merci Mercredi Mercure Merton Thomas messages Mesure Métamorphoses Métaphysique Métis Metro MFRC MG Michon micro microcosme mieux Millet Milton Mina Loy Misrahi Miura ori MJNYCR MK monade Mondo Monostiques Monosyllabes Montagnes et Glaciers Montagnes poèmes Montaigne Montale Monteiro Moore Morris mot mots Moving mp3 MPUSPM MSerres MTAS Mû murmure Murphy Murs et Fenêtres Muscle Musil musiq Musique MWLG Mystères MZD N N.M Nabokov Nadja Nagarjuna Nagori Nancy Napoli Narnia Nassim Haramein Nathaniel Tarn Nature Nauman NDBDP NDDP NDLT Néant Négation Neiges Neil Mills Némésis Nerval neuf Neutre Nice Niedecker Nietzsche Nihilisme Nirupana NLJNLH NOBUO noeuds Noguez Noir nOmbres Nonnos Norge NOTEPAD Notes-Book Notes-Rapides Notifications NOUS noûs Nouveautés Novae Novalis Novarina NP NPhS NRSNPEM Nuages Nuits O.Pé Oberland objets Objets d'Amérique Oblomov Ockham Octaèdre ODIN ODSI œil OELDT Ogadine Olivier Cadiot OLR OM ON ondes Onfray onthologie Opalka Oph. 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P48 Paddle Padirac Pages PalestineIsraël palimpseste Palmer Paolo Icaro papier PAR Para Paracelse Paradis Parant parapoésie parenthèse parfum Parian Paris Parlant Parménide Paroles particules Pascal pasolini Passages Paul Celan Paul Valéry Paysages PB PC PCJDA PDJVS PDLBELM PDLC PDLE PDM PDUM Pêche peck peintures numériques L.A. peirce Pennequin Penone PEPDLE Perec performance permaculture Pessoa Peuchmard peut-être PGDR Ph.Beck pharmakon Phi Philip Roth Philippe Grand Philippe Sollers philologie Photographes PHPN Phrases phusis Pi Pierres Pierrette Bloch Pieuvre Pin Pise Pivot Pizarnik Plagiat Planck planètes Platon Pléonectique Pleynet plongeur Plotin Pluie Plus PM PNQ PNSLTS PO POCP Podiensis poésie Poignant Poindron pointes Points Politikos polygraphe pommes Ponge Pour ppt PPTEI praxis prénoms prépositions presque Prière Principe Printemps Prokosch Promenade Properce propositions Proust PRYNNE Psaumes PSDUP PTI ptyx PUB puiser puissance Pyramides Pyrrhon PYS qi Qualia quand quantique Quatrebarbes quelqu'un QuelqueChose quelquefois quelquepart question Questions Qui Quignard Quiz quoi Quotidien R.G.Lecomte R.M. R.M.I R.M.T. Rachi Rae Armantrout Raison ram Ramanujan Range Raphoz Raven RBDBB RBLPDT RCETTM RCLSDF RD RDLB Recettes récits A Reclus Refuges et cabanes règles Renaud Camus René Daumal REPA Répétition résumé Rêve Revenir Reverdy Révillon Rexroth Rey Reznikoff Richard Long rien Rilke rimb Rimbaud RIP Ristat Rivières RL RL.P&J RLP RM.ACDLE Robert Barry Robert Filliou Robert Hainard Robert Lax Rocamadour rocher Rochery Roger Ackling Roman Rome Rose Ausländer Roses Rosset Rothenberg Rothko Roubaud Roud Routes Rouzier Royet-Journoud RPW RR RSG Rubâï Rueff Rûmî Rumney Runes Ruscha Russes Ruyer RVALP Ryner Ryoko Sekiguchi s S.Tesson sa vie sable Sade sagesse Saigyo Sakaki Saliens SALXI Sam Francis Samivel Sangral sans Sans Titre Santoka Sappho Sator Saturne Savelli Savitzkaya SBL1 SBLI Sbrissa Schlechter Schopenhauer Schurmann SCOT Sculptures Sculptures Photographies L.A. SDM Sel selon SELP Seneca Sénèque Sengaï SGM Shakespeare Shepherd Shitao Shiva Shônagon SI Sicard signal Signes Signets Sikelianos silenc SILENCE Silesius Silliman Simmel Simon Cutts Sinclair singularité Situation Sivan six SJDC Skalova Ski SLFDM société soleil solénoïde Solutré Sommeil Sonnets Sons Sor Juana Sôseki Soto Soufi Soufre Soulages Souligne Sous le Pas SP SPHS SPiced Spicer Spinoza Spira spirale sport SPRCGB SPSLSA Squires SSM Stéfan Stein Steiner steppe Stromboli Structure Suarès SUBHDLH Suchère Suel suite Sun Tzu sur Suso sutras Swensen Sydney Banks Synchronicité synonymes Synopsis T T.A T.C T.R T.S.Eliot Tabarini Takis Tanizaki tantôt TAOPY Tardy Tarkos TC Tchékhov TDQ TDUESDS TEL Temps Temps probable TeneT Tétralemme TEXTES Thalès Thaumazein Thé Théorie Tholomé Thoreau timbres TINTIN Tissu Titres TLP TN TNS Tocqueville Todtnauberg tomates TOPOS Torque Toscane Toujours TouT TP TP.BN Traces Tractatus Traduire Trail Trains Transe translucide TRICTRAC Triste époque Tsvetaeva TT TU Tumulte Tunnel Tweets Twillight Typoésie Tzara u.p.d.d.v UCCDC UCDD UDP UEAN UEAR UJAAB UJAJS Ukraine ULDL ULDLLA Ulysse UMO UMP UN UNM unmot UPDS UPSA usura UVD V V.E V.I. 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