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mardi, décembre 09, 2025


André du Bouchet

non pas un poète du monde
mais un voyageur du temps arrêté
allant dans l’épaisseur des instants
comme on franchit un ciel trop proche




















Il marche dans les siècles sans les parcourir 

il les fend

comme on fend l’air avec le front

à travers un blanc qui brûle



Son pas ne mesure pas la distance  il mesure la déchirure

par laquelle le réel se laisse entrevoir

à même la pierre

le vent

la page encore froide



Du Bouchet avance dans un temps qui ne déroule rien

mais se ramasse autour de lui

en éclats de lumière

en blocs d’air

en secondes compactes

où tout pèse soudain plus lourd


Voyageur d’un temps sans ligne il n’habite pas l’avant ou l’après 

il habite cette arête 

ce point vif

où le monde apparaît

comme s’il venait d’être créé

où la langue n’a pas encore trouvé

sa propre respiration


Il recueille ce qui va trop vite pour être vu

et ce qui demeure trop lent

pour être pensé



Le poème devient alors le passage où ces vitesses contraires

se rencontrent sans se rejoindre

Du Bouchet marche dans un présent

qui n’existe que par fragments

et chaque fragment

est un monde entier

poussière d’absolu

paupière de lumière

pierre qui garde le souffle



Portrait du poète  un homme debout dans le vent

qui laisse le temps glisser

entre ses doigts ouverts

pour n’en garder qu’un éclat 

assez pour tenir

assez pour brûler


*


poète

SCRIBE DE L’ÉCLAIRCIE 

constructeur d’yeux dans la lumière

il écrit non pas pour raconter mais pour ouvrir

il taille dans le réel des fenêtres instantanées

on lit ses phrases comme on marche dans un rayon de soleil

c’est un architecte du clair



***





peut on dégager un enseignement spirituel dans la poésie 
d'andré du bouchet

oui mais à condition d'entendre le mot spirituel dans un sens très particulier  Chez André du Bouchet il ne s'agit ni d'une spiritualité religieuse ni d'une mystique fondée sur une révélation ou une transcendance Son œuvre propose plutôt une ascèse de l'attention une manière d'habiter le réel jusqu'à son point de plus grande nudité


on peut dégager plusieurs enseignements



le réel précède la pensée

Du Bouchet ne cherche pas à imposer un sens au monde Il laisse le monde parler avant le langage La montagne le vent la pierre la neige le vide ne sont pas des symboles  ils sont des présences Le poème devient l'exercice par lequel la conscience renonce à dominer ce qu'elle rencontre


c'est une véritable discipline intérieure 

voir avant de nommer


le vide est une ouverture

les blancs de la page sont aussi importants que les mots

ils ne signifient pas un manque mais un espace disponible

spirituellement cela rappelle certaines traditions contemplatives 

le silence n'est pas l'absence de parole 

il est la condition de son authenticité

le poème apprend à ne pas remplir immédiatement le monde d'explications




dépouiller le moi

le  je  de Du Bouchet n'est jamais 

un sujet psychologique qui raconte son histoire

il est un point de passage

le vent traverse le poète autant que le paysage.

le sujet cesse d'être le centre 

il devient un lieu où le monde advient


cette attitude évoque autant la phénoménologie que certaines intuitions du zen ou du taoïsme sans que Du Bouchet ne s'y rattache explicitement



l'instant comme éternité concrète

le temps n'est pas une succession d'événements

un souffle une lumière sur une pente une pierre dans l'air 

suffisent à ouvrir une profondeur qui échappe au temps chronologique.

l'éternité n'est pas ailleurs

elle affleure dans l'intensité de l'instant pleinement vécu



marcher comme exercice spirituel

la marche occupe une place essentielle

elle n'est pas déplacement mais transformation

chaque pas engage tout l'être

le paysage devient une pédagogie

l'abrupt le vent la neige enseignent davantage que les concepts

la montagne n'est jamais décorative 

elle oblige à une justesse de présence


une éthique de l'exactitude

chez Du Bouchet, écrire consiste à approcher le mot juste 

sans jamais croire qu'il possédera la chose

cette humilité est profondément spirituelle.

elle suppose que le langage reste fidèle à ce qui le dépasse

le poète ne crée pas le monde 

il s'efforce de ne pas le trahir




une spiritualité sans métaphysique affirmée

contrairement à des poètes comme René Char

qui laisse parfois entrevoir une dimension oraculaire

ou Rainer Maria Rilke qui ouvre sur l'invisible

Du Bouchet demeure fidèle à une immanence radicale

il ne promet rien

il ne révèle aucun arrière-monde

le monde visible suffit

pourvu qu'on le rencontre sans écran



une leçon intérieure


ne pas chercher au-delà du réel 

laisser le silence précéder la parole 

accepter le vide comme condition de la présence 

marcher jusqu'à ce que le paysage pense en nous 

habiter l'instant sans vouloir le posséder 

écrire ou vivre avec une exactitude qui naît de l'humilité




Ainsi, la poésie d'André du Bouchet ne conduit pas vers une vérité cachée derrière les choses Elle invite à une disponibilité si entière que les choses les plus simples  une pierre une rafale une pente une éclaircie deviennent le lieu même où l'être se manifeste Ce n'est pas une spiritualité de l'élévation hors du monde mais une spiritualité de l'exposition  se tenir dans l'air devant le réel  jusqu'à ce que le langage et le silence trouvent leur juste mesure




















dimanche, mars 31, 2024

une étendue de peinture 

une nouvelle étendue de peinture

une étendue de sommeil

un jour de plus 


une épaisseur 
de plus puis de nouveau
le monde englobé s'annule


signe comme accidentel

et le même toujours
trouvant corps 
pour se dissiper de nouveau
dans l'épaisseur décalée


aucun besoin de conserver ce qui se répète

ce qui chaque jour est répété





























un jour de plus

bleu sur la rapidité de son déplacement

comme noir sur bleu


une nuit 

comme le tracé de son parcours 
gagnant la hauteur insensiblement s'aligne à l'horizontale






André du Bouchet a recueilli sous le titre L'incohérence des textes ayant fait l'objet de publications en revue catalogue d'exposition et livre d'artiste 

les plus anciens datent de 1954 et ont été tellement retravaillés qu'ils sont presque méconnaissables

le volume a été édité pour la première fois par Paul Otchakovsky-Laurens chez Hachette en 1979

en 1984 l'ouvrage est entré au catalogue de Fata Morgana

épuisé depuis de nombreuses années il fait l'objet pour le 100e anniversaire de la naissance du poète d'une réédition respectant la mise en page d'origine avec ses espacements typographiques la multiplication des signes de ponctuation et les annotations dans les marges


ici incise




le trait
inscrit où bleu
et bleu se recoupent
réintroduit
dans cette épaisseur
du redoublement
la distance
jusqu'à l'oubli
de ce qu'il aura pu
séparer
en s'inscrivant

jusqu'à l'obscurité



trait qui scinde
comme libre
une fraction de temps
de la figure
qu'il lui échoit
d'envelopper
aussitôt qu'il départage

















 







dimanche, janvier 15, 2023








André du Bouchet et J.-M. Reynard 
Regard de l’indifférencié
 
correspondance 1977-2001 
le Bruit du temps


































C’est au cours de l’hiver 1976 que Jean-Michel Reynard, recommandé par Jacques Dupin, rend visite pour la première fois au poète André du Bouchet, de vingt-six ans son aîné. 

S’ensuit, dès le printemps 1977, une conversation épistolaire intense, de maître à disciple, qui ne prend fin qu’avec la mort de du Bouchet, une vingtaine d’années plus tard. 

C’est Reynard qui en fixe les règles : il veut confier au poète « un écho, comme un acte, aussi, de [leurs] rencontres, une réflexion qui persiste » (27 octobre 1977). 

Cette réflexion, il la mène presque seul jusqu’à son terme, du Bouchet intervenant seulement lorsqu’il pense pouvoir apporter une précision ou développer les impressions qu’on lui prête. 

L’enquête exigeante de Reynard, à mi-chemin de la littérature et de la philosophie, est à la fois d’un lecteur, qui connaît sa puissance de critique, et d’un écrivain à ses débuts, qui cherche douloureusement sa voix à travers une autre ; tout « supplétif » de du Bouchet qu’il se sent, il se fraye néanmoins, peu à peu, un chemin vers une « langue juste ». 

De son côté, le plaisir que le poète manifeste aux échanges aura dépassé le simple fait d’être bien lu. 

Comme l’explique Clément Layet, Reynard vient pallier l’impossibilité d’André du Bouchet de faire retour sur ce qu’il a écrit : « Pour ce qui est d’une difficulté à revenir sur ses traces, je la ressens moi-même comme absolue. » 

D’où le « sérieux coup d’oxygène » quand il découvre les commentaires rétrospectifs de Reynard : « Rien de ce qui n’aura pas été tout à fait dit ne vous échappe, et avec quelle précision vous savez localiser à un degré de conscience qu’il ne m’est jamais donné d’atteindre, ce que je ne cesse d’entrevoir de façon désordonnée ou confuse » (18 décembre 1984) ; 

« Le propre de vos pages splendides, cher Jean-Michel, c’est de me permettre de relire au fil des jours cinq ou dix fois, comme je le fais, la même phrase – en me trouvant, par ce qu’elle apporte et dérobe, toujours placé devant elle pour la première fois. » (2 janvier 1995) 

Ce qui frappe aussi dans ce choix de près de deux cents lettres, c’est qu’à aucun moment l’un des épistoliers ne raconte sa vie quotidienne ni même ne se livre à des confidences susceptibles de remettre en cause le parti-pris esthétique d’André du Bouchet, qui s’est toujours efforcé d’effacer dans ses livres tout repère biographique, au point de vouloir « écrire aussi loin que possible de [lui] ». 

Les rares allusions intimes auxquelles les deux amis s’abandonnent sont vite ravalées ou transposées sur un plan impersonnel, celui des grandes questions sur le langage et les rapports mystérieux qu’un poète entretient avec la peinture. 

En s’écrivant, du Bouchet et Reynard ne quittent jamais le domaine profond, celui d’où naissent les poèmes.































vendredi, décembre 01, 2017




le matin profond et blanc

et cette profusion

                        de draps

glacés

             tordus


prologue à toute clarté



André Du Bouchet

Carnet

83




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ici le jour s'accorde

à son pas

je glisse à la fois

sur la neige

sur le papier

et sur le temps



l'être - dehors

n'a pas nom de femme ou d'homme


être

suffit

tient

lieu

de feu




























mardi, décembre 06, 2016

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la poésie 

est progressivement devenue











une terre

un sol sur lequel tout pourra être

refondé





dans la chaleur vacante



où le soleil

diffuse une lumière nouvelle



comme

une renaissance








L.A.Photographies Beaufort 06.12.16




























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samedi, septembre 24, 2016

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format 
de document
multiplateforme


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le moteur négatif

rien ne désaltère mon pas

dans la chaleur vacante



la syntaxe négative

ce que j'ai face à moi

je 

ne l'ai pas

congère



le moteur négatif

d'André Du Bouchet


Nathalie Brillant

université de Rennes

ici


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jeudi, janvier 14, 2016

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André du Bouchet

AIR

suivi de

DÉFETS 


















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mercredi, janvier 13, 2016

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André du Bouchet












Entretiens 
avec Alain Veinstein par 
Tristan Hordé






Alain Veinstein 

a souvent rencontré André du Bouchet avant de se décider à l’interroger sur sa poésie ; comme il l’écrit dans l’avant-propos, « L’intensité vécue dans mes lectures et nos rencontres, j’ai voulu la partager à la radio ». Les dix entretiens qu’il a réunis, à l’exception de trois pour des journaux, ont été conduits, de 1979 à novembre 2000 (André du Bouchet est mort le 19 avril 2001), pour France Culture.

     André du Bouchet a peu commenté la poésie, surtout celle de Reverdy, lu dès son retour des États-Unis en 1948 (où sa famille juive avait dû s’exiler) et dont la poésie lui semblait représenter un « équilibre parfait ». Il a aussi écrit à propos de Baudelaire : sa lecture, dans l’entretien qui ouvre le livre, apprend beaucoup sur ses propres conceptions et pratiques. Baudelaire se serait appliqué à fixer ce qui échappe « à la possibilité de toute expression », et c’est bien également ce que tente du Bouchet. Il s’efforce en effet d’exprimer ce qui déborde le temps, sans cependant être détaché du réel : c’est qu’il y a dans le langage quelque chose qui n’appartient pas à un moment donné. La poésie n’est pas dans un rapport de dépendance par rapport au réel — le poème est le réel, ce que signifie la métaphore « les mots sont debout » —, pas plus qu’elle n’est jeu comme le voulaient la pratique surréaliste ou, plus récemment, l’Oulipo.
































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samedi, décembre 12, 2015

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GRENIER












Le grain tassé le long de la route.

La tête du buisson dépasse.

Le vent rangé comme un fléau de pierre au coin des vergers

L'air brosse les longues touffes de pierre
le grain des murs
toute la croûte défaite
le pain défoncé

on compte la pierraille
l'ombre
les bagues
les épis de pierre

la barre unique des yeux fermés.


*



ANDRÉ DU BOUCHET


éditions Fissile

ici



























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vendredi, novembre 07, 2014

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Les hommes 
sont les mots de la terre




















Les mots
des grands poètes,
nous les adoptons,
nous nous les incorporons
presque comme des réflexes
physiologiques.




Il y a des poètes pour qui la poésie est un mode d'existence et d'autres pour qui elle est le signe de l'existence qui brûle, déjà presque brûlée.
Hugo n'est pas moi grand que Rimbaud.




Au lieu de me dire
influencé par un tel, 
un tel et un tel,
dis que je suis
influencé par la poésie.





André Du Bouchet
carnet 4, daté du 15 mai 1952

in 
une lampe dans la lumière aride
le bruit du temps






















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dimanche, juin 22, 2014

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Mais quel discours 
est possible lorsqu'il s'agit

de ce qui est
absolument simple ?







Chaque poème est

une écorce arrachée qui met les sens à vif.

Le poème a rompu cette taie,

ce mur,

qui atrophie les sens.

On peut alors saisir un instant la terre,

la réalité.

Puis la plaie vive se cicatrise.

Tout redevient sourd,

aveugle,

muet. 



André du Bouchet, 

Cahier de 1951.





Le Bruit du Temps















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mardi, mars 19, 2013

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à la neige
un instant ce souffle de
                                                                la neige




de son propre poids






et comme un peu plus haut
alors




accroché

















L.A.Photographies février 2013 Beaufort
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lundi, août 27, 2012

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Comme à sa paroi le glacier entre eau

et eau, la gangue du glacier.

















Continuant, de l'autre côté de sa soif, sur une fraction d'eau froide.



Toi, dans la confusion des torrents, toi sans gangue !






André Du Bouchet      Laisses     Fata Morgana










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L.A.Photographie glacier Collon  autour du Cervin août 2012
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lundi, mai 07, 2012

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Je ne me sers que du langage que j'ai emprunté
il n'est pas de moi
                     il n'est que bien ou mal employé
                                       je détourne le langage de tout le monde
ce sont vos mots que vous ne reconnaissez pas,
    - les mêmes
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vendredi, mars 16, 2012

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André Du Bouchet      Carnet        mars 1954


au sol les traits blancs du froid saisi






poésie -  pas à pas la vie refusée
                                       admise entière tout d'un coup
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vendredi, mars 09, 2012

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L.A.Photographie les Saisies mars 2012
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jeudi, février 09, 2012

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Parole

André du Bouchet
Air
Flot




en hiver.


Les étoiles et le froid se tiennent par des crochets
de fer.

















André du Bouchet

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lundi, décembre 19, 2011

Une poésie d'aujourd'hui


                         Et l'auteur avait disparu
                         emportant son secret
         Tous les assistants comprenaient ce qu'il avait voulu dire




Oeuvres complètes
Tome I

Né à Narbonne en 1889, installé en 1910 à Montmartre où il participe à la naissance du cubisme, Pierre Reverdy fonde en 1917 la revue Nord-Sud, en même temps qu'il renouvelle la poésie française aux côtés d'Apollinaire, de Max Jacob, de Blaise Cendras et de quelques autres. Dès la fin des années 1920, il se retire dans le village de Solesmes, où il poursuit son oeuvre exigeante et solitaire jusqu'à sa mort en 1960.

Cette édition en deux volumes de ses oeuvres complètes remet pour la première fois en perspective l'ensemble de son parcours. On y trouvera bien sûr, au fil de la chronologie, ses grands recueils poétiques ( Plupart du temps, Main d'oeuvre...), mais aussi ses étonnants récits ( Le voleur de Talan , La Peau de l'homme, Risques et périls ), ses trois volumes de " notes " et la totalité de ses textes critiques sur la peinture et la poésie.

Outre plusieurs séries de poèmes inédits, le tome I propose en annexe la reproduction en fac-similé des premiers livres de Reverdy ( la Lucarne ovale, Les Ardoises du toit) tels qu'il les avait lui-même conçus et fabriqués.

Mille & une page  Flammarion





André Du Bouchet     Envergure de Reverdy

Comment aborder Reverdy ?  Quel poème détacher de l'oeuvre en friche aussi éclairante que le jour où pour la première fois on l'aura entrevue ?  Elle pourrait, sans que l'essentiel en soit perdu, se trouver comme au hasard ramenée à un poème unique - jamais le même - interdit à la mémoire.


L'oeuvre réalisée roulera entre la dureté où elle se ressaisit, et une dispersion à peine plus tangible que l'air.


L'eau plus limpide sur la tête.





Homère


interstice élargi jusqu'au
dehors
toujours l'interstice


envergure de Reverdy

un jour de dégel et de vent

ordinaire
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lundi, novembre 28, 2011

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MARCHE & PAROLE









La montagne est en effet la langue dans ce qu'elle a d'inaccessible, d'abrupt, et qu'on ne peut appréhender que dans la précarité d'une ascension risquée, dont il reste cependant des " fragments " utilisables au sol, les mots discontinus de Rapides : la maison non jointée où entre l' " air de la montagne. "




 L' Aiguille du Grand-Font.


C'est parce que la montagne est une métaphore de la langue que la marche est une métaphore de la parole ou, plus exactement, qu'il y a équivalence entre l'une et l'autre. Cela est parfois dit expressément :

( cliquez sur l'image !)





L.A.Photographies, avec Théo au Rocher du Vent

source texte, André Du Bouchet ou la parole traversée
 par Jacques Depreux, champ poétique champ Vallon édition,

 ( A.D.B. vocable, Air )
Ne désespérez jamais. Faites infuser davantage.
Henri Michaux , Face aux verrous.

Du "Dao" originel
du commencement du réel
des signes célestes
des formes terrestres
des règles saisonnières
de l'examen des choses obscures
des esprits essentiels
de la chaîne originelle
de l'art du maître
des évaluations fallacieuses
de l'équivalence des moeurs
des résonances du "Dao"
de l'inconstance des choses
des paroles probantes
de l'utilisation des armes
montagne de propos
forêt de propos
du monde des hommes
du devoir de se cultiver
de la synthèse ultime


"ô le plus violent paradis"

Libellés

" " (3x4) * & # 111 12 14 1984 24 33T 3X3 4 5 64 64 fleurs de montagne 8 80fleurs A A; A.a.H A.L. A.L.P A.R7 A.S. A1 A10 A2 A3 A4 A5 A6 A7 A8 A9 AB ABDL Abécédaire Abîme Aboulafia Abréviations Abrüpt Abruzzo absolu ACC Acker acronyme Actis Actualités ADBP Adorno ADR Adrénaline ADUMC Advaita AELT Agamben Agenda AgnèsMartin Agrafe et boite Ainsité Aïon AIR Air du temps akasha Akhmatova AL Alain de Lille Alan Davies Albiach Alchimie Alechinsky Aleph ALF Alferi alien Alina Reyes ALTH AM Amande Ammons Amor fati AN Anagrammes Analogie Anaphore Anaximandre Anders André Breton André du Bouchet André Velter Andy Goldsworthy animal animation Annick Ranvier Annonciations Anthologie ANTI Antin David AP Aphaïa aphorismes Apollonios aporie Appelfeld Approche APUMM APZ APZT Arago Aram Saroyan Arbres Archéopoésie ArgentOr Aristote Arp Arseguel Art sacré ARTHAUD AS ASDMI ASF Ashbery ASLEND Assez Astrologie Asymptote Atlantide attente Aurélien Barrau Aurore Automne Auxméry AVB Avec Avent AW axiologie Axiomes Azam B B.Celerier Babel BABIL Bachmann Baies Baigaitu BAM Banal Bandeaux Barque Barré Barry Lopez Barthes Bashô Basque Basquin Bataille Battala BAZAR BDLE BDLF Beaufortain Beckett Beckford Benedetto Bénézet Benoît Labre Benveniste Bergounioux Bergson Bernstein bête Bhattacharya bibliographie Bibliothèques bientôt Bimot Binet bio biographie BioMobiles Biopsies Bishop BISSES1 Bivouac Blackburn Blaine Blanc Blanchot Blanqui Blaser Blau Duplessis Bleu Bloy Bobin Bochner Bohm boisflotté Bök bord de terre Borges Bouddha Bouthonnier Bouvier Bozier Brautigan Bretagne Bribes Briciole bricoleur Brisset Bronk Broodthaers Bruckner Bryen BSRM Butor Byron C C.C C.D.A C.E.T C.F. C.Olson çacest café calcul Camino Campo Cantor Cantos Capital Capricorne Captures Carl Andre carnet Carson Carte postale Cartes et globes Carver Casas Cavale cavernes Cazier CCB CCEM CDLP CDLRP CDMDCDD CDN CDRSLS CDS ce ce qui est ceci cela Céline Celui Cendras cequej'aime Cerbelaud cercles Cerf Ceux Cézanne CGJ CH5 Chalamov chaleur chaman Champs chant chant1 Chants et Poésies Chappuis Char chartres Chartreuse Chaton Chemins ChenZhen Chladni Choeur Choisir Chômei Chose Christian Dotremont christo Chu-Ta Ciel Ciel profond Cioran Circé citations civilisations CL Claude Favre Claude Simon Clausewitz CLBC CLC Climat Closky Clouscard CMDOT Code Cole collages coller Collines collobert Combines Côme comme comment Compact compostelle conatus conscience constitution contepersan contingence contre conversation Copier Corbeau corpus Cortazar couleur covid CP Cravan Creeley cri crystallography CS.PAP CSB CSMM Cummings cut Cut 1 CV Cyber cycle Cyrano CyT D.SNLS Dada DALA Dans Danse Dao Dasein Dates DCPC DD DDLR de De Vries Decout DEE definition définitions DEGAULLE Deguy Deleuze Delillo délires Démocrite Denis Roche Déplacement Dérive Derrida Des Déserts Désir Détails Détournement DETQC Dextre DFRC DH DI Diable Dialogues Dickinson Dillard Diogène Divers DJLC DLADLS DLNI DMI DMOAM Domerg Donne Dryas DSDLDS Duchamp DUM Dumond Duncan DUNE Duras Durer Duvauroux DVDC Dworkin E E.Baer E.C E.E. E.O E.P. EA EAIO EB écart énigme Echenoz échos Echos L.A. Eckhart Tolle éclipse Eco Ecosse écoute écritures Eddas EDG EDJ EDLCDS EDLF Edmond Jabès EDO EIJS elle ELLEDIT ELLELL Elles Ellul EM Emerson Empédocle EN ENCORE encres et musique Encres et peintures Ennéade ennui EnSof Entre entrelacs environnement Eons EPE épiphanies épistémologie EPLA époché Eranos ère ERRER Escher ESE Eshleman Esnault ESPA Espace Espitallier essais EST ét été Etel Adnan ETLPDMP Etna étoile Etymologie Eucharistie Euler évangile Eventail Exergue F F.A. F.EAA F.O F.Pirates FAA Fable Fadeur faits FAJ Fantasy Faune Fayçal fenêtre Fengliu feu Fiction Films FiniSol Finkielkraut FIVE FL Flore fmr FNAR Foligno Forest Formalisme Foucault Fourcade Fourier FP FQPCC Fractales fragm Fragme Fragments France François Cheng Frappat Frémon Fréquences Froid Fugue Fuji Futur G.C.L. G.Luca G.R.I Gary Snyder Gaza GB GDD GDLMC GDT GEGO généalogie genese Genet Genji Géologie géométrie géophanie Géopoésie Gervais Geulincx GIA Gif Giffard Giovannoni Girard Giraud Giroux Gizzi Gleize Glossaire GMH Gnoséologie Gobenceaux Godard Gödel Godwin Goethe Gombrowicz Gongora Goodman Nelson GOPC GPDB GR54 GR70 GR91 Graal Grâces Gramm gris Grothendieck Guerre Guesdon Guy Debord Guyau Guyotat GVDT GWFH Gygès H H.Corbin H.D. H.P Hadot Haenel haïku Hamant Hamish Fulton Hamon Harms Harrari Hart Crane Hausmann Havet HDT HE Heaney Hécate Hegel Heidegger Hello Henri Michaux Henri Thomas Herbes Herta Müller Hésiode Hesse Heures hexagrammes HFSR HHPC Hikmet Hillesum Hiroshi Yoshida Histoire HM HN HO Hocquard Hofmannsthal Hohl Hölderlin Hominidés homonymies Horace Houellebecq HR. HRC HS HSCDLAE HTH Hubin Hugo Ball Huguenin Hume HV Hymnes orphiques Hypérion hypertexte Hypnos i I remember I.P-B. IA ici idéogrammatique IDLR idole IFE Igitur il Illuminations illuminer illuminisme ILVLA ilya immédiat immédiatement Impensable impératif imperceptible Impresses incertitude Index individu Infini Infinitif initiales inquiétude Insectes installation instant Internet Interrompre invisible Irwin Ishihara Isidore Isis isolato Issa italiques Ivsic J-P Michel J.J.F.W. J.J.U. J.L.P Jaccottet jaime Jakobson Jankélévitch JANUS Jardin Jaspers JAZ JBE JCERDM JDLF JDS JE JE & Jean jean Daive Jean Michel Lou JELRLT Jesuis Jésus jeu JHN Jirgl Joan Mitchell John Cage Jouffroy jour jour17 Journal Jours jours17 Jousse JR Juarroz Jullien JYL K.G K.K Kabîr Kafka Kairos Kaplan Kapoor Kastrup Kathleen Raine Katué Kawara Kay Ryan KDCN KDICK Keats Kenneth White Kerouac Khazar Khlebnikov khôra Kiarostami Kingsley Kircher KK KLTDD koan Koons Koshkonong Kosuth KOUA Kral Kuhn Kundera Kunitz Kybalion Kyoto L.A.S L.D. L.R.des Forêts L.S L'EI La Croix La parole de l'autre La vie de la montagne labyrinthe lac Lacs LADR lafabrique Laforgue Lagopède LALELES Lamantin LAME Lapiaz Laporte Roger Larry Eigner latin Laugier Laurent Margantin LBA LCC LCD LCDI LCDJ LCDP LCI LCR LCS LD LDB LDF LDLH LDM LDMC LDMH LDR LDS LDV Le Clézio Le Livre Le poème LEC LECDF LECLA Lectures LEDA LEDUI LEE Lee Ufan LEF légende légumes Leibniz Leibovici Leili Anvar Lely lensball lepoète Les eaux Les empereurs Les fils Les oiseaux lesoi Lespiau Lessing Lettres Lev Rubinstein Lex1 lex2 lex3 lex5 lex7 lex8 Lexie Lexique LFDH LFDLP LFDP LFDRT LFMR LFQ LGD LGDE LGDFASP LGDLM LGDP LGPDB LGS LGTDLP LGVDLH LHDD LHS LIDT lieux Lieux-source lièvre Ligne7 lignes Lionel André éclats Lionel André éditions Lionel André encres Lionel André photographies Lionel André randonnées LIQV Lisa Cairns list listes littéralité livrelit LJDP LLDLI LLDME LLDO LLDP LLDQ LLL LMDDDLH LMDF LMDLE LMDM LMV LO LOAN LODL LOGOS lois London Lorand Gaspar Lorenzo Menoud Louise Bourgeois Louise Glück LPC LPDLE LPDP LPDS LPI LPM LQDLE LRDD LRDP LRDR LRDT LRED LSDA LSDS LSDV LSMT LSNDLR LTDS LTO LTR LUELADC Lune Lupasco Lus & Mus Lux LV; LVB.TDSDC LVDDP LVDT LVESO LVLTDLO LVMDE Lyn Hejinian Lynn Schwartz M M.Caron M.Craig-Martin M.S.M M.Trinité Ma Macedonio Fernandez Machado Maestri Maggiore Maïakovski Mains maintenant Mais Mallarmé Malrieux Mandalas Mandelstam MANEKINEKO Manganelli Manifeste Manon mantra Manuel Joseph manuscrit Manzoni Map Marchand Marcheurs Marelle Marie Martin Ziegler Marx Masao Yamamoto masque Massera Matinaux Matsui Matta-Clarck Matton Mauguin Mavis Karn maximes MBK MBO MC McCord MCH McLuhan MDA MDC MDLADLE MDLF MDOU MEC Mécanisme Méditations Meillassoux Mélusine mémoire Memories Menus Meraviglia Merci Mercredi Mercure Merton Thomas messages Mesure Métamorphoses Métaphysique Métis Metro MFRC MG Michon micro microcosme mieux Millet Milton Mina Loy Misrahi Miura ori MJNYCR MK monade Mondo Monostiques Monosyllabes Montagnes et Glaciers Montagnes poèmes Montaigne Montale Monteiro Moore Morris mot mots Moving mp3 MPUSPM MSerres MTAS murmure Murphy Murs et Fenêtres Muscle Musil musiq Musique MWLG Mystères MZD N N.M Nabokov Nadja Nagarjuna Nagori Nancy Napoli Narnia Nassim Haramein Nathaniel Tarn Nature Nauman NDBDP NDDP NDLT Néant Négation Neiges Neil Mills Némésis Nerval neuf Nice Niedecker Nietzsche Nirupana NLJNLH NOBUO noeuds Noguez Noir nOmbres Nonnos Norge NOTEPAD Notes-Book Notes-Rapides Notifications NOUS noûs Nouveautés Novae Novalis Novarina NP NPhS NRSNPEM Nuages Nuits O.Pé Oberland objets Objets d'Amérique Oblomov Ockham Octaèdre ODIN ODSI œil OELDT Ogadine Olivier Cadiot OLR OM ON ondes Onfray onthologie Opalka Oph. 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SDM Sel selon SELP Seneca Sénèque Sengaï SGM Shakespeare Shitao Shiva Shônagon SI Sicard signal Signes Signets Sikelianos silenc SILENCE Silesius Silliman Simmel Simon Cutts Sinclair singularité Situation Sivan six SJDC Skalova Ski SLFDM soleil solénoïde Solutré Sommeil Sonnets Sons Sor Juana Sôseki Soto Soufi Soufre Soulages Souligne Sous le Pas SP SPHS SPiced Spicer Spinoza Spira spirale sport SPRCGB SPSLSA Squires SSM Stéfan Stein Steiner steppe Stromboli Structure Suarès SUBHDLH Suchère Suel suite Sun Tzu sur Suso sutras Swensen Sydney Banks Synchronicité synonymes Synopsis T T.A T.C T.R T.S.Eliot Tabarini Takis Tanizaki tantôt TAOPY Tardy Tarkos TC Tchékhov TDQ TDUESDS TEL Temps Temps probable TeneT Tétralemme TEXTES Thalès Thamazein Thé Théorie Tholomé Thoreau timbres TINTIN Tissu Titres TLP TN TNS Tocqueville Todtnauberg tomates TOPOS Torque Toscane Toujours TouT TP TP.BN Traces Tractatus Traduire Trains Transe translucide TRICTRAC Triste époque Tsvetaeva TT TU Tumulte Tunnel Tweets Twillight Typoésie u.p.d.d.v UCCDC UCDD UDP UJAAB UJAJS Ukraine ULDL ULDLLA Ulysse UMO UMP UN UNM unmot UPDS UPSA usura UVD V V.E V.I. 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