le paradoxe du mouvement immobile est le mystère de la roue
pour que le cercle tourne son centre doit rester
absolument fixe
c'est l'image de la danseuse en plein pivot ou de la Terre
qui file à toute allure alors que nous
nous sentons à l'arrêt
tension entre le flux et la permanence
La Danse du Pivot
Courir assez vite pour s'arrêter
Le torrent file le lit demeure
La flèche vole mais son être stagne
Chaque seconde est un rocher qui coule
L’extase est une vitesse infinie
Tourner si fort qu'on devient statue
Le voyageur est son propre chemin
L’éternité est un moteur qui s'ignore
Même le repos est une vibration
L’arbre grandit sans faire un pas
Le ciel défile l'azur ne bouge pas
Le sang voyage le cœur est fixe
Changer de forme sans changer d'âme
La lumière court mais elle est partout
Être le vent être la pierre
L’immobilité est le sommet de l'élan
Tout passe dans le regard qui reste
La toupie dort dans son propre cri
Le futur arrive sans quitter l'instant
L’Un est le mouvement de tout
ce paradoxe nous ramène souvent à la méditation
rester assis tout en traversant des
galaxies intérieures
la respiration est le mouvement invisible qui lie le dedans au dehors
c'est le rythme premier, le souffle qui anime la mécanique
céleste et le corps de chair
fragments sur ce flux sacré
Le Souffle de l'Entre-Deux
L'air est le pont invisible
Inspirer le monde expirer le moi
Le poumon est une éponge d'ombre
Vivre entre deux vides suspendus
Le vent entre par les pores
Chaque souffle est une naissance brève
Rendre à l'azur ce qu'il prête
La poitrine bat le tambour du temps
Le silence se boit par le nez
L’âme s’étire à chaque inspiration
Être la flûte laisser passer l'air
La vie tient à un fil d'oxygène
Expirer pour ne plus rien posséder
Le rythme efface la peur ancienne
Le monde gonfle sous mes côtes
La pensée suit la trace du souffle
Un échange de lumière et de carbone
Le premier cri, le dernier soupir
La mer monte et descend en nous
Respirer c'est goûter l'espace nu