Thurisaz
elle-même la porte avance
le vent
qui depuis toujours
habite
le seuil
***
feu pour brûler uniquement
donner
flamme fendue
le feu n'a pas de réserve
il ne garde rien
il se consume
dans l'acte même de donner
la flamme est pauvre
de tout ce qu'elle offre
elle ne possède
que son propre abandon
flamme fendue
comme si la lumière
s'ouvrait en deux
pour laisser passer
une clarté plus ancienne
une part monte
une part demeure
le feu ne cherche pas
à survivre
il accomplit sa générosité
le feu ne connaît qu'un seul verbe
donner
la flamme est une blessure verticale
dans la nuit
ce qui brûle véritablement n'accumule
jamais
la flamme fendue laisse voir l'intérieur
de la lumière
donner c'est brûler sans diminuer
l'origine
le feu consume le bois
la lumière consume l'obscurité
l'amour consume la séparation




