La Soif du Dehors
exister est
nous sommes des passagers d'un navire sans quai
mais qui rend aussi notre repos si rare
Lionel André / promenades / randonnées / arts / littératures / air du temps
La Soif du Dehors
Lève la pierre et tu me trouveras
l'illumination au cœur du plus humble fragment du monde
voici la réponse
de la Parole au Secret sous la garde de la Nuit
Quelle que soit la pierre que tu lèves
c'est le visage de l'UN qui t'apparaît
sous le poids du granit au-delà de tes rêves
dort le même feu qui jamais ne se tait
Il n'est plus besoin de cabane ou de cimes
ni de chercher l'aile dans l'immensité
le cosmos entier habite les abîmes
d'un caillou désert au bord
de l'été
le froid de la roche est une épreuve douce
une leçon de fixe et d'éternité
la naissance palpite au milieu de la mousse et la mort n'est
qu'un pli de la réalité
Lève le monde
et vois
sous chaque matière l'illumination
attend ton regard
tout est désormais pleine lumière
quel que soit le mot que tu dis
tu rends grâce
à perte et
périr
l’orchestre invisible
dans sa pâte de lumière
et d’obscurité
un roulement
une rumeur un peu marine
un peu comme si le sang du corps
remuait vers dehors
et se mêlait à l’air
dans
Cécile A. Holdban
Le Rêve de Dostoïevski,
Arfuyen
2025
un roulement
une rumeur un peu marine
un peu comme si ...
un cœur se serre
et fait vœu d’une rose aux pétales mobiles
dont le centre serait
notre feu absent
Le Rêve de Dostoïevski
ciel gris mer grise
ciel noir mer noire
ciel bleu mer bleue
seul séparateur l'horizon
un filet sombre
une fine fente nacrée qui irise air et eau
une absence
un vide
le ciel élève l’esprit
il est liberté aspiration et horizon
lever les yeux vers lui
c’est lever l’âme chercher un sens au-delà du tangible
il nous relie à quelque chose de plus grand
une lumière ou une idée qui dépasse le monde
nous montre que contempler
c’est déjà toucher le divin
nous ne connaissons même pas
l’horizon
à partir duquel nous devrions saisir et fixer
le sens
cette compréhension
moyenne et vague de l’être
est
un fait
cette compréhension de l’être a beau être
flottante
confuse
toute proche d’
une simple connaissance verbale
cette indétermination de la compréhension
toujours déjà disponible de l’être
n’en est pas moins
elle-même
un phénomène positif
qui requiert
un éclaircissement
le plus bel exemple de la Dualité aboutie
elle écrit bien au-delà de ses mots
elle se réveille au bord du siècle
elle ne s’habite plus
elle peux mieux faire
elle peux s’améliorer…
elle est
un cerf
un sentier
un archétypes de lac
neige
éternelle
tenir
un instant
ici
l’irréversibilité
revenir
maintenant
deux gongs décalés
deux églises
le fleuve
au bout de
la longue branche
rythme cosmique
toute poésie tend à devenir anonyme
la transparence n’existe que dans l’air
interroger
les chemins désertés
le soleil s'était caché
278
une matière irréductible
à la moindre formule définitive
système nerveux plus liquide que solide
peut-être
une cartographie
de filins et d'ondes entortillées
infiniment mouvants infiniment orgastiques
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un paon avec une traîne de feu
une étoile filante lâchant des grêlons
un nuage ceint de lierre
un miroir d'Orient
un parc varié et ombragé
un vieux chêne ramper ventre à terre
une fourmi en train d’avaler une baleine
une mer saumâtre écumant de bière
un verre de Venise profond de vingt pieds
un puits débordant de larmes
une maison plus haut dans le ciel que la lune
une épouvante mesurée à l'endroit de la mort
...
j’ai vu
le soleil briller à minuit
j’ai vu
l’homme qui a contemplé toutes ces merveilles
des yeux d’hommes en feu
immédiatement
le poème se doit à sa date
comme à sa chose ou à sa signature la plus propre
la réalité ne cesse de se dérober...
le mirage des reflets et des illusions...
la facticité des représentations...
interroger
cette singularité d’instants arrachés à la réalité
au rêve
au souvenir
capter
le réel
par de multiples procédés
comme
la juxtaposition cinétique d’images cocasses
cristallisations poétiques de points de vue
captations d’images
conjugaisons de visible et d’invisible
odeurs et sons
chercher
une délivrance
une esthétique de la fragmentation
entre l’empreinte et la trace le monde extérieur et son relief intérieur se devine et se dessine la circularité enivrante de tout ce qui dans la sphère des images de l’amour reste toujours à apprendre
lorsqu’il y a sincérité les formes apparaissent concomitamment aux combinaisons verbales et juste avant s’il y a continuité une figure musicale achevée une structure une mélodie ou une forme
l’écriture a alors lieu
elle consiste dans le fait de voir en détail non d’avoir un mirage de penser en détail avec les choses telles qu’elles existent et de les diriger au long d’une ligne de mélodie
Louis Zukofsky
le chemin
le centre...
une mosaïque d'éclats
il faut
rêver longtemps
pour agir avec grandeur
le rêve se cultive dans les ténèbres
*
faites ce qu'il vous plaira
*
il n'est pas d'autre origine à la beauté que la blessure singulière différente pour chacun cachée ou visible que tout homme garde en soi qu'il préserve où il se retire quand il veut quitter le monde pour une solitude temporaire mais profonde
AAJG
chaque corps est
un lieu
de recueillement
une allumette craquée dans le noir
une trace
une empreinte préservée du passage du temps
tentative fragile
de fixer
une preuve dans l’épreuve
la cartographie secrète
des espaces
de ce qui reste après la perte
les contours de la disparition
les chaises vides
la beauté est trop violente
comme la douleur
je ne la regarde pas
ou si
je la regarde
j'oublie ce que je vois
je garde seulement les ombres et la lumière avec ce qui fuit et que
je ne reconnais plus
je garde le vent qui m'enveloppe mais que
je ne vois pas
je ne sens que ce frôlement et ce léger désespoir
qui me guette toujours
le présent est une perpétuelle catastrophe
une lettre tracée sur le bleu puis effacée
un trait
un lieu
une allumette une trace une empreinte
une preuve une lettre
un trait