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mercredi, novembre 12, 2025


E blanc 

respiration du silence 

souffle nu du monde avant la parole 

vibration sans contour dans le cœur du visible 

c’est la couleur qui n’a pas besoin d’être vue 

l’aube pure avant tout lever 

le centre de la page avant le mot 

le son avant la bouche 

le regard avant l’œil 












E blanc 

c’est le souffle du poème avant le poème 

la blancheur de l’être qui se reconnaît 

sans dire je ni tu ni rien 

il ne brille pas il ne s’efface pas 

il est entre les deux 

il est la substance du passage 

la lumière qui a renoncé à dominer le froid 

qui n’est plus absence mais calme vivant 



E blanc 

le monde respire sans forme 

la neige du sens se dépose dans la conscience 

 rien ne bouge 

tout est lumière en attente de lumière 


E blanc 

l’immaculé du verbe 

la lenteur du souffle 

qui se souvient de n’avoir jamais eu de fin





DIMENSIONS


spirituelle

pureté révélation aube intérieure

AUBE VOYELLES 


mystique

effacement du moi fusion avec la lumière

JE EST UN AUTRE ILLUMINATIONS


sensorielle

éblouissement froid silence

E BLANC CANDEUR DES VAPEURS


poétique

vide fertile page blanche du verbe

ALCHIMIE DU VERBE LETTRE DU VOYANT















lundi, novembre 03, 2025

 




Rimbaud 

fugueur cosmique à identité variable











il change de forme au milieu de la phrase 

un instant adolescent fulgurant

l’instant suivant vieil alchimiste épuisé

il quitte toujours 

mais ce qu’il laisse derrière 

lui brûle davantage que ce qu’il emporte





il y a 

bien 
des moments 
où le poème fonctionne 
comme 















une monade poétique 

une unité 
close 
lumineuse 
qui contient le tout du monde dans 
une image ou
une vision



Rimbaud 
ne parle pas de monade au sens philosophique 
mais 

il écrit comme un Leibniz illuminé 
cherchant à condenser l’univers dans un éclat de langage

chaque vers devient 

un centre de perception
un miroir du tout
un microcosme d’énergie


les Illuminations

l’ensemble du recueil peut être lu comme une constellation de monades chaque texte est autonome sans lien narratif mais reflète la totalité de l’expérience humaine et cosmique Rimbaud écrit des blocs de vision des instantanés où la conscience absorbe le monde


Aube 

 


J’ai embrassé l’aube d’été

 


ici le sujet fusionne avec la lumière  le moment de l’aube devient absolu sans avant ni après
tout le cosmos est dans cette ligne  le réveil la naissance la connaissance le souffle du monde une monade d’aurore

 

Barbare 

 


des drapeaux de feu des rafales de givre  des bêtes d’azur…

 


chaque image est un univers clos autosuffisant sans syntaxe continue la poésie devient pure présence éclat discontinu d’un tout

 

Génie 

 


il est l’affection et le présent

 

puisqu’il a fait la maison ouverte à l’hiver clair et

 

au bruit de l’été

 


ici Rimbaud décrit une figure qui contient tout  le temps la lumière la vie la pensée le  Génie est littéralement une monade spirituelle une entité qui reflète le monde entier en un seul être


une saison en enfer

le poète y parle de sa propre conscience comme d’un miroir du monde un espace intérieur où toutes les contradictions se rencontrent 


Je est un autre 


cette formule est elle-même monadique  elle condense en quatre mots toute une cosmologie du dédoublement de l’être et de la perception

chaque instant de La Saison contient la totalité de la chute et de la révélation

c’est une monade d’expérience intérieure 
un univers fermé et infini


caractéristiques monadiques chez Rimbaud


  • autonomie  

    chaque poème chaque image se suffit à elle-même

  • densité  

    pas de développement mais une condensation explosive du sens

  • correspondance universelle  

    le visible et l’invisible se rejoignent dans une seule figure

  • éclat de conscience  

    la parole devient un acte d’unité une illumination intérieure




Rimbaud

 

la poésie monade 

 

le poème qui contient tout le monde en un instant

 

c’est l’éclat d’un univers vu depuis

 

un point d’âme absolu

 

un cristal de lumière

 

un bloc d’expérience

 

un centre sans périphérie

 




RIMBAUD 

fugueur cosmique à identité variable

il change de forme au milieu de la phrase

un instant adolescent fulgurant 

l’instant suivant vieil alchimiste épuisé. 

il quitte toujours

mais ce qu’il laisse derrière lui brûle davantage que ce qu’il emporte















mardi, octobre 14, 2025

la brièveté des vers 
la succession de mots concrets 

coup
doigt
tambour
sons

la coupe abrupte 

un rythme martial et incantatoire

un poème qui agit plus qu’il ne décrit 

 

une parole magique


le point d’explosion du langage

un acte de création immédiat

un geste qui bouleverse le monde



un coup de ton doigt sur le tambour 

un geste minuscule et enfantin
qui déclenche un 
bouleversement 
cosmique

le tambour  la guerre le rythme du monde 

et 

l’instrument du poète


décharge tous les sons 

une libération totale

une explosion de la matière sonore et poétique.

on passe du silence à la déflagration 

le verbe devient énergie


et commence la nouvelle harmonie 

un ordre neuf 

une renaissance poétique

le poète devient créateur d’un monde nouveau 

un  voyant 

comme Rimbaud l’écrit dans sa fameuse Lettre du voyant




ces vers condensent la révolution rimbaldienne 

du langage

le poète n’est plus celui qui décrit mais celui 

qui fait advenir

un simple coup de doigt suffit à renverser l’ancien monde

à inaugurer un ordre neuf sonore poétique

spirituel


c’est une métaphore 

de la puissance créatrice de l’esprit


le doigt  est l’inspiration

le tambour est le monde ou la parole

la nouvelle harmonie est l’avenir 

l’art nouveau 

la transformation totale.


c’est 

une poétique de la fulgurance

le réel est transfiguré par 

un geste un mot 

une vibration


                            |

ce fragment est un manifeste condensé


d’un simple geste 

Rimbaud fait exploser les formes anciennes pour engendrer 

un nouvel ordre du monde 

une harmonie nouvelle


















lundi, octobre 13, 2025

 les inventions d’inconnus réclament des formes nouvelles   Rimbaud



un manifeste
pour la création 
et la liberté de l’esprit


les inventions d’inconnus  

le surgissement du nouveau


chez Rimbaud 

les inconnus sont ces forces créatrices encore 

sans nom sans visage

















ceux qui inventent 

en dehors des institutions des gloires des titres

ce sont les voyants 

les révoltés les éclaireurs de l’ombre


le poète veut dire que le véritable renouveau 

vient toujours de ceux qui n’ont pas encore de place

de ceux qui avancent hors des sentiers

de ceux dont la langue n’a pas encore trouvé sa grammaire

réclament des formes nouvelles

la nécessité du langage neuf


chaque époque

chaque âme

chaque invention intérieure

exige 

une forme qui lui soit propre


l’ancien langage 

celui de la raison du pouvoir de la tradition 

ne suffit plus à dire ce que le cœur et l’esprit pressentent


ainsi pour Rimbaud

le poète doit inventer une langue capable d’exprimer

l’inconnu

l’invisible

le jamais-dit

c’est tout le sens de sa quête du  

dérèglement de tous les sens 

briser la syntaxe du monde pour en libérer la lumière


vision philosophique


cette phrase est une loi du devenir

chaque fois que naît une conscience nouvelle

elle doit inventer sa propre forme 

de dire 

de voir 

de sentir


l’histoire de l’esprit humain est une suite de métamorphoses 

les inconnus d’hier 

les poètes, les penseurs, les fous —

deviennent les fondateurs de demain.


mais chaque révélation nouvelle réclame son alphabet inédit

sinon le langage s’éteint 

dans la répétition



les inventions d’inconnus

ce sont les battements secrets de l’avenir


les formes nouvelles

ce sont les voies

par lesquelles l’esprit se réinvente à chaque époque




manifeste des inconnus


les inventions d’inconnus
brisent les formes usées
elles réclament un souffle neuf
une langue sans maître
un feu sans nom

ceux qui créent dans l’ombre
écrivent déjà le jour qui vient.
















un monologue intérieur 
où le poète mêle douleur lucidité et révélation 


j'ai reçu au cœur le coup de la grâce 


j’ai senti la lame entrer sans bruit
comme un secret qu’on m’aurait confié trop tard

elle a trouvé le cœur 
non pas pour le détruire mais pour l’éveiller

j’ai voulu crier
mais le cri s’est fait lumière puis silence

Ah je ne l’avais pas prévu 

















je croyais pouvoir marcher dans le monde sans être blessé 
aimer sans être traversé
rêver sans tomber

mais il fallait cela — 
ce coup 
ce feu
cette grâce  
pour que je découvre enfin 

le battement nu de mon âme


tout s’est arrêté un instant
 
comme suspendu entre deux souffles 

celui de la vie qui s’échappe et 

celui de l’éternité qui entre

dans ce bref éclat

j’ai compris que la douleur n’était pas l’ennemie

mais la clef

qu’il faut mourir un peu pour naître

à la beauté

qu’un cœur n’est vrai qu’à partir du moment 

où il saigne


alors j’ai laissé faire

j’ai offert ma blessure au vent à la nuit au silence

et dans la brûlure, 

j’ai entendu quelque chose de pur 

un mot sans nom 

une vérité sans forme 

que la grâce toujours frappe au moment 

où l’on croit être à l’abri




coup de grâce version nominale


Le feu dans le sang

L’éclair au cœur

La grâce soudaine impitoyable

Le monde en éclats de lumière

La chute magnifique

L’âme nue

Silence

Et puis rien

Que la beauté





























samedi, octobre 11, 2025

Rimbaud

liberté libre 

Le Bateau ivre  Une saison en enfer

une puissance  vertigineuse


elle ne se contente pas de dire la liberté  
elle la dépouille la rend nue
sans cause sans but 
sans morale



l’intensité pure de l’être

















liberté libre 

c’est la liberté débarrassée de tout adjectif
de toute finalité politique 
ou religieuse

ce n’est pas la liberté
pour ou contre quelque chose
 
c’est la liberté 
comme feu intérieur
comme élan d’existence sans justification

une liberté 
qui n’a d’autre raison 
que son propre
éclat


liberté libre

la liberté à l’état incandescent 

celle 

du vent de la mer

du cri


la révolte du vivant


la liberté libre a aussi 

une valeur de rupture

elle refuse 

les cadres les lois les conventions les certitudes 

de la raison ou de la foi


c’est la liberté sauvage
celle de celui qui 
veut vivre

hors du langage
hors de la morale
hors du monde établi


une liberté qui brûle
même si elle consume celui qui la porte


une liberté métaphysique


mais au-delà du cri adolescent
liberté libre  touche quelque chose de mystique

le désir d’être entièrement ouvert
sans limite

de coïncider avec le tout
de ne plus être séparé de rien

c’est la liberté du poète voyant 
celle de la dissolution dans l’absolu




 Liberté Libre 

l’être se défait de ses chaînes visibles et invisibles

jusqu’à n’être plus qu’un souffle sans origine 

l’éclair d’un monde qui se découvre infini








je veux la liberté qui ne demande rien
celle qui naît avant le mot avant le monde
pas la liberté promise réglée écrite sur les murs 
mais celle qui souffle nue dans la gorge du vent
je veux être l’eau la cendre la route 
ne plus obéir qu’à l’élan qui m’invente
qu’importe la rive  vivre c’est franchir
et dans le tumulte rire encore
ivre d’un feu qui ne veut ni trône ni repos
















lundi, janvier 24, 2022


l’erreur commune 

serait-elle d’aller chercher très loin ce 

Graal 

ce Paradis qui se trouve en réalité

à l’intérieur de nous

mais la plupart l’ignorent…


*


















exactement

le Temps
retrouvé découvert par Proust 
se trouve dans cet état de triomphe intérieur 
où l’on a retrouvé l’éternité
comme l’a dit 
Rimbaud


plus Graal que Rimbaud 
je ne vois pas

elle est retrouvée 

quoi 

l’éternité

c’est la mer mêlée au soleil



ces vers sont ceux que je me dis tous les matins dans l’autobus 
qui m’entraîne dans une civilisation en train 
de disparaître ...

Philippe sollers



















mardi, mars 30, 2021

 

30032021 = 9

Merlin l'enchanteur

water violet  violette d'eau


*

délires I

écoutons 
la confession 
d'

un compagnon...























s’évader de la réalité 

jamais homme n’eut pareil vœu

je reconnaissais

sans craindre pour lui

qu’il pouvait être 

un sérieux danger dans la société


il a 

peut-être 

des secrets 

pour changer la vie 


?


non

il ne fait qu’en chercher

me répliquais-je



*


vibration dense 
lenteur tristesse mélancolie

vibration subtile 
sagesse prudence cheminement solitude



*

UN MOT SUFFIT AU SAGE...


le soir venu
on lui présenta
beaucoup de démoniaques

et 

il 
chassa les esprits 
d'

un mot

et 

guérit 
tous les malades





d'
un mot
mais lequel

?

























dimanche, mars 21, 2021



ma vie est usée
 
allons ! 
feignons 

fainéantons

flânons
paressons
traînons
flemmardons
musardons
musons































 

ô pitié ! 
et nous existerons en nous amusant 
en rêvant 
amours monstres et univers fantastiques 
en nous plaignant 
et en querellant les apparences du monde
saltimbanque 
mendiant
artiste 
bandit

prêtre ! 


































vendredi, mars 12, 2021

j'expliquai 

mes sophismes magiques 

avec 

l'hallucination des mots !


note-rapide

sophisme

c'est 

un raisonnement éblouissant 

dont on sent bien qu'il est faux sans pouvoir le démontrer  Rimbaud explique ses sophismes magiques ceux-là voulus par 

une langue d'hallucinations  

Il dit plus loin maîtriser tous les sophismes de la folie ceux-là supportés  Il se dit donc virtuose dans ces raisonnements faux  nés de ses visions et de la folie et qui permettent de croire encore au bonheur





















lundi, août 10, 2020



La monumentale biographie 

de Jean-Jacques Lefrère sur Arthur Rimbaud





parue 

en 2001 chez Fayard 

est rééditée chez Laffont 

dans la collection Bouquins avec

une préface 

de Frédéric Martel





Arthur Rimbaud a écrit toute son œuvre, l’une des plus belles de notre langue, entre seize et vingt ans. 

Pour des générations de lecteurs, l’œuvre et la vie forment 

un mythe : 

le jeune poète qui fugue et dort à la belle étoile  

le rejet de la contrainte morale et familiale  

la détestation de la province 

les poèmes envoyés par la poste 

dans des lettres insuffisamment affranchies 

la bohème 

le voleur de feu et le voleur de livres 

le voyage qui permet de transbahuter la vie 

l’amour fou pour Verlaine 

bientôt le  Départ  et le commerce du café

de la gomme

du musc au bord de la mer Rouge et 

les caravanes à soixante chameaux dans le désert


L’ouvrage de Jean-Jacques Lefrère s’est imposé comme la biographie de référence, la plus sûre et, de loin, la meilleure, parce qu’elle contient l’ensemble des informations disponibles, en tout cas les plus plausibles, et parce qu’elle dit même ce qu’on ne sait pas. 

En creux, on y lit aussi la meilleure biographie de Verlaine.

Médecin lettré et scientifique positiviste, Jean-Jacques Lefrère réalise ici ce qu’il faut bien appeler une autopsie, une dissection de la vie de Rimbaud. 

Sa méthode : le culte du document et l’ampleur de la documentation. 

Son ambition : dire les faits. 

Son sentiment : la passion pour l’œuvre. 

Si les biographies de Rimbaud sont nombreuses, celle-ci, qui n’a d’autre objectif que le « vrai », est unique.

Dans une longue préface sur Rimbaud et son influence, il m’a semblé important d’expliquer pourquoi, longtemps après la mort du poète, nous sommes toujours « rimbaldiens ».


Frédéric Martel


pileface


















lundi, mai 07, 2012

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Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles,
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.

J'étais insoucieux de tous les équipages,
Porteur de blés flamands ou de cotons anglais.
Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages,
Les Fleuves m'ont laissé descendre où je voulais.

Dans les clapotements furieux des marées,
Moi, l'autre hiver, plus sourd que les cerveaux d'enfants,
Je courus ! Et les Péninsules démarrées
N'ont pas subi tohu-bohus plus triomphants.

La tempête a béni mes éveils maritimes.
Plus léger qu'un bouchon j'ai dansé sur les flots
Qu'on appelle rouleurs éternels de victimes,
Dix nuits, sans regretter l'oeil niais des falots !

Plus douce qu'aux enfants la chair des pommes sures,
L'eau verte pénétra ma coque de sapin
Et des taches de vins bleus et des vomissures
Me lava, dispersant gouvernail et grappin.
Et dès lors, je me suis baigné dans le Poème
De la Mer, infusé d'astres, et lactescent,
Dévorant les azurs verts ; où, flottaison blême
Et ravie, un noyé pensif parfois descend ;

Où, teignant tout à coup les bleuités, délires
Et rythmes lents sous les rutilements du jour,
Plus fortes que l'alcool, plus vastes que nos lyres,
Fermentent les rousseurs amères de l'amour !

Je sais les cieux crevant en éclairs, et les trombes
Et les ressacs et les courants : je sais le soir,
L'Aube exaltée ainsi qu'un peuple de colombes,
Et j'ai vu quelquefois ce que l'homme a cru voir !

J'ai vu le soleil bas, taché d'horreurs mystiques,
Illuminant de longs figements violets,
Pareils à des acteurs de drames très antiques
Les flots roulant au loin leurs frissons de volets !

J'ai rêvé la nuit verte aux neiges éblouies,
Baiser montant aux yeux des mers avec lenteurs,
La circulation des sèves inouïes,
Et l'éveil jaune et bleu des phosphores chanteurs !
J'ai suivi, des mois pleins, pareille aux vacheries
Hystériques, la houle à l'assaut des récifs,
Sans songer que les pieds lumineux des Maries
Pussent forcer le mufle aux Océans poussifs !

J'ai heurté, savez-vous, d'incroyables Florides
Mêlant aux fleurs des yeux de panthères à peaux
D'hommes ! Des arcs-en-ciel tendus comme des brides
Sous l'horizon des mers, à de glauques troupeaux !

J'ai vu fermenter les marais énormes, nasses
Où pourrit dans les joncs tout un Léviathan !
Des écroulements d'eaux au milieu des bonaces,
Et des lointains vers les gouffres cataractant !

Glaciers, soleils d'argent, flots nacreux, cieux de braises !
Echouages hideux au fond des golfes bruns
Où les serpents géants dévorés des punaises
Choient, des arbres tordus, avec de noirs parfums !
J'aurais voulu montrer aux enfants ces dorades
Du flot bleu, ces poissons d'or, ces poissons chantants.
- Des écumes de fleurs ont bercé mes dérades
Et d'ineffables vents m'ont ailé par instants.

Parfois, martyr lassé des pôles et des zones,
La mer dont le sanglot faisait mon roulis doux
Montait vers moi ses fleurs d'ombre aux ventouses jaunes
Et je restais, ainsi qu'une femme à genoux...

Presque île, ballottant sur mes bords les querelles
Et les fientes d'oiseaux clabaudeurs aux yeux blonds.
Et je voguais, lorsqu'à travers mes liens frêles
Des noyés descendaient dormir, à reculons !

Or moi, bateau perdu sous les cheveux des anses,
Jeté par l'ouragan dans l'éther sans oiseau,
Moi dont les Monitors et les voiliers des Hanses
N'auraient pas repêché la carcasse ivre d'eau ;
Libre, fumant, monté de brumes violettes,
Moi qui trouais le ciel rougeoyant comme un mur
Qui porte, confiture exquise aux bons poètes,
Des lichens de soleil et des morves d'azur ;

Qui courais, taché de lunules électriques,
Planche folle, escorté des hippocampes noirs,
Quand les juillets faisaient crouler à coups de triques
Les cieux ultramarins aux ardents entonnoirs ;

Moi qui tremblais, sentant geindre à cinquante lieues
Le rut des Béhémots et les Maelstroms épais,
Fileur éternel des immobilités bleues,
Je regrette l'Europe aux anciens parapets !

J'ai vu des archipels sidéraux ! et des îles
Dont les cieux délirants sont ouverts au vogueur :
- Est-ce en ces nuits sans fonds que tu dors et t'exiles,
Million d'oiseaux d'or, ô future Vigueur ?

Mais, vrai, j'ai trop pleuré ! Les Aubes sont navrantes.
Toute lune est atroce et tout soleil amer :
L'âcre amour m'a gonflé de torpeurs enivrantes.
O que ma quille éclate ! O que j'aille à la mer !
Si je désire une eau d'Europe, c'est la flache
Noire et froide où vers le crépuscule embaumé
Un enfant accroupi plein de tristesse, lâche
Un bateau frêle comme un papillon de mai.

Je ne puis plus, baigné de vos langueurs, ô lames,
Enlever leur sillage aux porteurs de cotons,
Ni traverser l'orgueil des drapeaux et des flammes,
Ni nager sous les yeux horribles des pontons.

 

ARTHUR RIMBAUD
LE BATEAU IVRE

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Ne désespérez jamais. Faites infuser davantage.
Henri Michaux , Face aux verrous.

Du "Dao" originel
du commencement du réel
des signes célestes
des formes terrestres
des règles saisonnières
de l'examen des choses obscures
des esprits essentiels
de la chaîne originelle
de l'art du maître
des évaluations fallacieuses
de l'équivalence des moeurs
des résonances du "Dao"
de l'inconstance des choses
des paroles probantes
de l'utilisation des armes
montagne de propos
forêt de propos
du monde des hommes
du devoir de se cultiver
de la synthèse ultime


"ô le plus violent paradis"

Libellés

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E.O E.P. EA EAIO EB écart énigme Echenoz échos Echos L.A. Eckhart Tolle éclipse Eco Ecosse écoute écritures ED Eddas EDG EDJ EDLCDS EDLF Edmond Jabès EDO EIJS elle ELLEDIT ELLELL Elles Ellul EM Emerson Empédocle EN ENCORE encres et musique Encres et peintures Ennéade ennui EnSof Entre entrelacs environnement Eons EPE épiphanies épistémologie EPLA époché Eranos ère ERRER Escher ESE Eshleman Esnault ESPA Espace Espitallier essais EST ét été Etel Adnan ETLPDMP Etna étoile Etymologie Eucharistie Euler évangile éveil Eventail Exergue F F.A. F.EAA F.O F.Pirates FAA Fable Fadeur faits FAJ Fantasy Faune Fayçal fenêtre Fengliu feu Fiction Films FiniSol Finkielkraut FIVE FL Flore fmr FNAR Foligno Forest Formalisme Foucault Fourcade Fourier FP FQPCC Fractales fragm Fragme Fragments France François Cheng Frappat Frémon Fréquences Froid Fugue Fuji Futur G.C.L. G.Luca G.R.I Gary Snyder Gaza GB GDD GDLMC GDT GEGO Gelassenheit généalogie genese Genet Genji Géologie géométrie géophanie Géopoésie Gervais Geulincx GIA Gif Giffard Giovannoni Girard Giraud Giroux Gizzi Gleize Glossaire GMH Gnoséologie Gobenceaux Godard Gödel Godwin Goethe Gombrowicz Gongora Goodman Nelson GOPC GPDB GR54 GR70 GR91 Graal Grâces Gramm gris Grothendieck Guerre Guesdon Guy Debord Guyau Guyotat GVDT GWFH Gygès H H.Corbin H.D. H.P Habitus Hadot Haenel haïku Hamant Hamish Fulton Hamon Harms Harrari Hart Crane Hausmann Havet HDT HE Heaney Hécate Hegel Heidegger Hello Henri Michaux Henri Thomas Herbes Herta Müller Hésiode Hesse Heures hexagrammes HFSR HHPC Hikmet Hillesum Hiroshi Yoshida Histoire HM HN HO Hocquard Hofmannsthal Hohl Hölderlin Hominidés homonymies Horace Houellebecq HR. HRC HS HSCDLAE HTH Hubin Hugo Ball Huguenin Hume HV Hymnes orphiques Hypérion hypertexte Hypnos i I remember I.P-B. IA ici idéogrammatique IDLR idole IFE Igitur il Illuminations illuminer illuminisme ILVLA ilya immédiat immédiatement Impensable impératif imperceptible Impresses incertitude Index individu Infini Infinitif initiales inquiétude Insectes installation instant Internet Interrompre invisible Irwin Ishihara Isidore Isis isolato Issa italiques Ivsic J-P Michel J.J.F.W. J.J.U. J.L.P Jaccottet jaime Jakobson Jankélévitch JANUS Jardin Jaspers JAZ JBE JCERDM JDLF JDS JE JE & Jean jean Daive Jean Michel Lou JELRLT Jesuis Jésus jeu JHN Jirgl Joan Mitchell John Cage Jouffroy jour jour17 Journal Jours jours17 Jousse JR Juarroz Jullien JYL K.G K.K Kabîr Kafka Kairos Kaplan Kapoor Kastrup Kathleen Raine Katué Kawara Kay Ryan KDCN KDICK Keats Kenneth White Kerouac Khazar Khlebnikov khôra Kiarostami Kingsley Kircher KK KLTDD koan Koons Koshkonong Kosuth KOUA Kral Kuhn Kundera Kunitz Kybalion Kyoto L.A.S L.D. L.R.des Forêts L.S L'EI La Croix La parole de l'autre La vie de la montagne labyrinthe lac Lacs LADR lafabrique Laforgue Lagopède LALELES Lamantin LAME Lapiaz Laporte Roger Larry Eigner latin Laugier Laurent Margantin LBA LCC LCD LCDE LCDI LCDJ LCDP LCI LCR LCS LD LDB LDF LDLH LDM LDMC LDMH LDR LDS LDV Le Clézio Le Livre Le poème LEC LECDF LECLA Lectures LEDA LEDUI LEE Lee Ufan LEF légende légumes Leibniz Leibovici Leili Anvar Lely lensball lepoète Les eaux Les empereurs Les fils Les oiseaux lesoi Lespiau Lessing Lettres Lev Rubinstein Lex1 lex2 lex3 lex5 lex7 lex8 Lexie Lexique LFDH LFDLP LFDP LFDRT LFMR LFQ LGD LGDE LGDFASP LGDLM LGDP LGPDB LGS LGTDLP LGVDLH LHDD LHS LIDT lieux Lieux-source lièvre Ligne7 lignes Lionel André éclats Lionel André éditions Lionel André encres Lionel André photographies Lionel André randonnées LIQV Lisa Cairns list listes littéralité livrelit LJDP LLDLI LLDME LLDO LLDP LLDQ LLL LMDDDLH LMDF LMDLE LMDM LMV LO LOAN LODL LOGOS lois London Lorand Gaspar Lorenzo Menoud Louise Bourgeois Louise Glück LPC LPDLE LPDP LPDS LPI LPM LQDLE LRDD LRDP LRDR LRDT LRED LSDA LSDS LSDV LSMT LSNDLR LTDS LTO LTR LUELADC Lune Lupasco Lus & Mus Lux LV; LVB.TDSDC LVDDP LVDT LVESO LVLTDLO LVMDE Lyn Hejinian Lynn Schwartz M M.Caron M.Craig-Martin M.S.M M.Trinité Ma Macedonio Fernandez Machado Maestri Maggiore Maïakovski Mains maintenant Mais Mallarmé Malrieux Mandalas Mandelstam MANEKINEKO Manganelli Manifeste Manon mantra Manuel Joseph manuscrit Manzoni Map Marchand Marcheurs Marelle Marie Martin Ziegler Marx Masao Yamamoto masque Massera Matinaux Matsui Matta-Clarck Matton Mauguin Mavis Karn maximes MBK MBO MC McCord MCH McLuhan MDA MDC MDLADLE MDLF MDOU MEC Mécanisme Méditations Meillassoux Mélusine mémoire Memories Menus Meraviglia Merci Mercredi Mercure Merton Thomas messages Mesure Métamorphoses Métaphysique Métis Metro MFRC MG Michon micro microcosme mieux Millet Milton Mina Loy Misrahi Miura ori MJNYCR MK monade Mondo Monostiques Monosyllabes Montagnes et Glaciers Montagnes poèmes Montaigne Montale Monteiro Moore Morris mot mots Moving mp3 MPUSPM MSerres MTAS murmure Murphy Murs et Fenêtres Muscle Musil musiq Musique MWLG Mystères MZD N N.M Nabokov Nadja Nagarjuna Nagori Nancy Napoli Narnia Nassim Haramein Nathaniel Tarn Nature Nauman NDBDP NDDP NDLT Néant Négation Neiges Neil Mills Némésis Nerval neuf Neutre Nice Niedecker Nietzsche Nihilisme Nirupana NLJNLH NOBUO noeuds Noguez Noir nOmbres Nonnos Norge NOTEPAD Notes-Book Notes-Rapides Notifications NOUS noûs Nouveautés Novae Novalis Novarina NP NPhS NRSNPEM Nuages Nuits O.Pé Oberland objets Objets d'Amérique Oblomov Ockham Octaèdre ODIN ODSI œil OELDT Ogadine Olivier Cadiot OLR OM ON ondes Onfray onthologie Opalka Oph. 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SDM Sel selon SELP Seneca Sénèque Sengaï SGM Shakespeare Shitao Shiva Shônagon SI Sicard signal Signes Signets Sikelianos silenc SILENCE Silesius Silliman Simmel Simon Cutts Sinclair singularité Situation Sivan six SJDC Skalova Ski SLFDM société soleil solénoïde Solutré Sommeil Sonnets Sons Sor Juana Sôseki Soto Soufi Soufre Soulages Souligne Sous le Pas SP SPHS SPiced Spicer Spinoza Spira spirale sport SPRCGB SPSLSA Squires SSM Stéfan Stein Steiner steppe Stromboli Structure Suarès SUBHDLH Suchère Suel suite Sun Tzu sur Suso sutras Swensen Sydney Banks Synchronicité synonymes Synopsis T T.A T.C T.R T.S.Eliot Tabarini Takis Tanizaki tantôt TAOPY Tardy Tarkos TC Tchékhov TDQ TDUESDS TEL Temps Temps probable TeneT Tétralemme TEXTES Thalès Thamazein Thé Théorie Tholomé Thoreau timbres TINTIN Tissu Titres TLP TN TNS Tocqueville Todtnauberg tomates TOPOS Torque Toscane Toujours TouT TP TP.BN Traces Tractatus Traduire Trail Trains Transe translucide TRICTRAC Triste époque Tsvetaeva TT TU Tumulte Tunnel Tweets Twillight Typoésie u.p.d.d.v UCCDC UCDD UDP UEAN UEAR UJAAB UJAJS Ukraine ULDL ULDLLA Ulysse UMO UMP UN UNM unmot UPDS UPSA usura UVD V V.E V.I. 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