La Pierre aux Pieds
Haute Maurienne
MOI
par l’imagination la raison ou le cœur
je prends la forme de ce que je traverse
rêve mystère éclat ou silence
l’instant où la pensée se fait passage
Lionel André / promenades / randonnées / arts / littératures / air du temps
La Pierre aux Pieds
Haute Maurienne
MOI
par l’imagination la raison ou le cœur
je prends la forme de ce que je traverse
rêve mystère éclat ou silence
l’instant où la pensée se fait passage
le temps qu’on nous inflige
n’est pas celui que je vis
le leur est mesure et contrainte
horloge et échéance
il découpe le jour en parts égales
le mien est souffle
dilatation du présent respiration sans bord
je vis un temps qui s’ouvre
comme une clairière dans la durée
où rien ne presse
où tout advient à sa juste lenteur
choses à faire aujourd'hui
respirer plus lentement que le monde
écouter une pierre jusqu’à ce qu’elle parle
laisser le vent corriger une phrase
marcher sans but jusqu’à trouver le silence
regarder la lumière changer de ton sur un mur
oublier son nom pour mieux habiter le jour
rêver sans projet
attendre sans impatience
et ne rien faire
comme si tout était déjà fait
amen
mot de clôture et d’ouverture
non pas la fin mais le souffle qui s’accorde
le oui silencieux au réel
la paix qui suit la parole
et laisse place à l’infini
la présence de tissu dans le paysage
prévient que des gens sont là
pas loin
une rencontre continuée
le mot est frais
végétal
sensuel
poésie fondamentale
sereine et bien enracinée
langue poussée dans
ses retranchements
ses limites
sans devenir obscure ou illisible
un exemple expérimental clair
23042024
montagne froide
printemps
j'attends
dans le silence l'amour surgira ou ne naîtra jamais
aspiré dans son passé
pas aisé de se désensorceler
je marche sous la neige
des visages passent ...
je te touche et et te nomme
repasse dans ma mémoire les jours de soleil
rochers
le chant
le roi
l’arbre longtemps bercé
astres longtemps liés à mon premier visage
singulier soleil de calme couronné
que dites-vous
pourquoi
l'amour n'est-il pas aussi grand qu'il devrait l'être
je suis
un voyage
dans la nuit de la parole
mangeur à ciel ouvert
elle centre l’animal
mais
dédoublé inverse
dessin
symétrique
parfait
il se transfère
sur le fil
de l’eau plastiquée
toute méthode spéculaire mise
de côté une mine graphique et
du charbon frotté
dessinent
le grand calme longtemps attendu sur la rive
le lynx
est
droit
la poésie
trouve sa juste place
dans ces étendues vastes et généreuses qui
du point
de vue
de l’humain
d’ici
s’apparentent à
un désert
le soleil dur donne tout toute la saison
une lumière aride
mine
son calme
le calme pèse
sur les yeux
le sommeil
de trop
de lumière
on voit
des fantômes les sordides et somnolents figuiers
de barbarie
même pas attentifs
à leurs pauvres fleurs
les couleurs scintillantes
les joies atténuées
nos affaires étalées
sont pour les trains bruyants
qui arrivent
de loin
regardent anxieux
et repartent
devinant quelque alchimie
un hasard malicieux
rapproche
nos fêlures
effleurement
où surgit
le sens qui nous lie
dans notre étrangeté
décalque pur au regard fixe ne voit rien qu’un cône infini
de lumière ses pupilles rétractées y répondent
deux billes
l'univers entier se joue dans
une unique cellule de mon corps subtil
la conscience graine
ce qui est vu avec mes yeux clos est le bleu nuit de
l'absolu
de mon cœur absolu
qu'est-ce que c'est
voyons
oui
des nuages
formation des nuages
rideau soufre
horizon glissant
c'est lent
et long et large et groupé
noir
liquide
je suis dedans maintenant
pas de doute
je repars dans le sommeil
les voix me portent ...
si quelqu'un est sans forme
où se logerait la fierté d'
une action
la couverture qu'est mon corps
n'est pas ce que je suis
je suis la conscience lumineuse en lui
La Divine Comédie de Dante
Il y a de fortes raisons à cela Certes Dante écrit des vers rimés groupés par strophes de trois la terzina mais son immense poème en trois volumes proprement descend des lignes et des lignes continûment
l’écriture y dévale pentes et ascensions, convoquant et traversant une abondance de matériaux divers historiques théologiques politiques linguistiques
l’écriture dévale opérant une réévaluation ponctuelle occasionnelle vectorisée vers le Point sublime
il s’agit d’une écriture poétique qui dans sa vitesse taille
et par sa dynamique de pensée de sensations par sa morale monte en descendant
*
MOI AUSSI
ENFANT
J’ai descendu dans mon jardin…
j’ai
descendu
dans mon jardin
Assez !
voici la punition
En marche !
Farce continuelle !
Mon innocence me ferait pleurer
La vie est la farce à mener par tous
*
On me parle de mots...
il ne s’agit pas de mots...
il s’agit de la durée de l’esprit...
cette écorce de mots...
à côté de l’esprit ...
il y a la vie...
il y a l’être humain...
dans le cercle ...
cet esprit tourne...
relié avec lui par ...
une multitude de fils…
*
Claude Minière
Dans son canoë tel un enfant au berceau
je peux dire des gros mots flotte foutu poutre cul et butte
salauds (d’humains) --- qui ne sont pas humains.
Tous les efforts ne servent à rien
si l’on n’a pas la bonne orientation
le sens dans lequel vont les choses et leurs noms
Puis la rivière s’élargit
j’en étais là
c’est l’estuaire céleste
C’était la fin le début du jour l’air marin
si
je dis
bonjour
un jour
*