cette phrase de Xavier de Maistre tirée de Expédition nocturne
autour de ma chambre est une magnifique méditation
sur l'infini
après la dernière étoile j'en imagine encore une autre
qui ne saurait non plus être
la dernière
la pensée accomplit ici
un geste que la raison ne peut achever
le regard croit atteindre une limite la dernière étoile
mais l'imagination refuse cette clôture
dès qu'une frontière apparaît elle ouvre un nouvel horizon
l'infini ne se démontre pas
il s'éprouve dans l'impossibilité même de penser
une dernière limite
le paradoxe est simple
si une étoile était réellement la dernière
il faudrait encore demander
qu'y a-t-il après elle
cette seule question
détruit l'idée d'une fin absolue de l'espace
mais Xavier de Maistre ne parle pas seulement du cosmos
il décrit le mouvement propre de la conscience
la pensée humaine ne se satisfait jamais d'un dernier mot
elle dépasse spontanément chaque borne qu'elle rencontre
elle est un pouvoir de franchissement
ainsi
l'infini n'est pas seulement dans le ciel
il est dans l'acte même de penser
chaque réponse
devient une nouvelle question
chaque sommet
révèle une autre chaîne de montagnes
chaque silence
laisse pressentir un silence plus vaste
cette intuition rejoint les méditations de
Blaise Pascal
devant
les espaces infinis
mais elle possède une douceur particulière
chez Xavier de Maistre
l'infini n'est pas vertige il est invitation à poursuivre
le voyage intérieur
j'aime prolonger sa pensée
après la dernière montagne
j'imagine encore
une montagne invisible
le dernier horizon
est toujours
l'avant-dernier
l'infini commence
là où l'imagination
refuse d'obéir aux frontières
toute limite
est une invitation
à regarder plus loin
la pensée n'habite pas les bornes
elle habite
ce qui les dépasse
il n'existe peut-être pas de dernière étoile
parce que le regard est lui-même
une constellation
en marche
et peut-être cette pointe qui résume
l'esprit du passage
l'infini n'est pas le nombre des étoiles il est l'impossibilité
pour l'esprit d'accepter qu'il y en ait
une dernière