là ou ailleurs
la distance
change peu
si le regard
demeure
ouvert
on emporte
plus de lieux
en soi
qu'on n'en traverse
la montagne voyage dans la mémoire
le lac
dans le silence
l'ailleurs
commence parfois
à deux pas
de l'habitude
et le là
devient
sans limites
lorsqu'on cesse
de le comparer
à un autre monde
il n'y a peut-être qu'un seul pays
celui
de la présence
sur le sentier des trois montagnes
le pas
ne choisit plus
un sommet
il apprend
la distance
entre les crêtes
l'air
circule
d'une pierre
à l'autre
comme une eau
invisible
chaque montée
élargit
le ciel
chaque descente
approfondit
la lumière
les trois montagnes ne sont peut-être qu'une seule vue trois fois
par un marcheur qui change à chaque pas et le sentier
plus ancien que nos cartes continue de conduire
non vers un lieu mais vers
l'ouvert