mardi, juillet 28, 2026

la géographie mentale est sans limites

elle ne connaît

ni frontière

ni carte définitive


elle fleurit

sans cesse

au présent


chaque pensée ouvre un territoire

chaque souvenir déplace l'horizon















une montagne

peut naître

dans un mot


une mer

dans un silence


les distances

n'y sont pas

des mesures

mais des intensités


on y voyage

sans quitter

sa place


l'inconnu

n'est jamais

au loin

il affleure

à même

l'instant



la géographie mentale n'accumule pas des paysages

elle les engendre

dans le mouvement

du regard


chaque éveil

redessine

le monde

comme si la terre

la plus vaste

avait toujours été

celle

qui s'ouvre

derrière les yeux





l'insolence comme art de vivre

l'insolence n'est pas

l'arrogance



elle n'humilie pas

elle se tient

debout

devant ce qui prétend

avoir le dernier mot


elle refuse

les évidences trop dociles


les habitudes

qui pensent

à notre place


être insolent

c'est parfois

garder son regard

quand tous

ont baissé le leur


c'est répondre par une liberté tranquille

aux injonctions

de la conformité


l'insolence véritable

ne cherche pas

le scandale

elle cherche

la justesse


elle n'élève pas la voix

elle retire

au pouvoir

son évidence


elle ouvre

une brèche

où peut entrer

un autre possible



elle ne détruit pas

elle désencombre


elle rend à chacun

la responsabilité

de penser

de voir

de vivre

selon sa propre lumière



peut-être est-ce là la plus haute insolence

demeurer fidèle

à ce que l'on reconnaît

comme vrai


sans haine

sans fracas

mais sans jamais céder
















 

Le Temps-Être Les montagnes qui marchent


sous l'influence du maître Zen Dōgen et de son  Sansui Kyō  

Le Sūtra des montagnes et des eaux 


Gary Snyder 

brise la dualité entre l'inerte et le mobile


la vision de Snyder est celle du  shan-shui  montagne-eau

une réponse élémentaire à l'oubli 

des éléments


Dōgen affirme


les montagnes vertes 

sont toujours en train de marcher



















pour comprendre cela

Snyder introduit le concept de  Uji  le temps-être


les montagnes ne sont pas des objets statiques dans le temps

elles  sont  le temps



à l'échelle géologique


la roche coule

se soulève et s'érode 

avec la même fluidité que l'eau


en percevant ce dynamisme

nous cessons de voir la Terre comme un décor pour la percevoir 

comme un processus éveillé






sachez pour fait que les montagnes 

sont chères aux sages 

et aux saints. ... 


les montagnes sont le corps éveillé 

du Bouddha


Dōgen









Le Temps-Être 
ne sera ni le temps ni l’être
mais leur même ouverture
l’instant n’y passera plus 
il adviendra comme une présence entière
l’être n’y demeurera plus 
il se donnera dans chaque maintenant
dans cette coïncidence sans durée
le Temps-Être dira
que chaque chose est le temps qu’elle est
et que le temps lui-même
est la manière dont l’être se laisse rencontrer



























l'étonnement philosophique


il ne vient pas

d'une réponse mais d'un arrêt




le monde

soudain

n'est plus

évident










une pierre

un arbre

la lumière

tout est là

et rien

ne va plus de soi



l'étonnement ne cherche pas

il ouvre

une brèche

dans l'habitude

où le regard

recommence

à voir



penser

naît peut-être

de cette suspension

où la première question

n'attend pas encore

de réponse

mais seulement

que le monde

demeure

assez longtemps

devant nous



le pouvoir de l'instant présent


l'instant

ne possède rien

et pourtant

tout passe

par lui


il ne retient pas

il ouvre


avant le souvenir

avant l'attente

il y a

cette présence

sans réserve

où le monde

advient



le pouvoir de l'instant

n'est pas

de suspendre le temps

mais de le rendre

entièrement vivant



une pierre

un souffle

la lumière

sur une herbe

suffisent

lorsque rien

n'est distrait

de ce qui est là



l'instant

ne promet pas

il donne

sans lendemain

sans hier

une plénitude

qui ne dure pas

mais qui ne manque

de rien




les stoïciens disent

celui qui désire

ce qui ne dépend pas de lui

est déjà

enchaîné

car il remet

sa paix

entre des mains étrangères


la faveur

la renommée

la richesse

l'avenir

le regard des autres

le hasard

tout cela

vient

et s'en va


qui attache son bonheur

à ce qui fuit

fuit avec lui



la liberté

commence peut-être

où le désir

revient

vers ce qui dépend

de nous


notre jugement

notre parole

notre courage

notre manière

d'accueillir le jour



les stoïciens

ne demandent pas

de posséder moins

mais d'attendre moins

du monde

afin de recevoir davantage

de soi-même



alors

les événements

cessent d'être

des maîtres

ils deviennent

des circonstances

et l'homme

sans cesser d'être exposé

cesse enfin

d'être

esclave



la vraie liberté

n'est peut-être pas de pouvoir tout choisir

mais de reconnaître

au plus profond

ce qui ne peut être autrement


la nécessité

non comme une contrainte

mais comme la respiration

de la substance


ce qui est

est


non par hasard

mais par une fidélité

à son propre être


la liberté

cesse alors

d'être opposition


elle devient accord


non résignation

mais consentement lucide

à l'ordre profond

du réel



comme chez Baruch Spinoza la liberté n'est pas le contraire de la nécessité Elle est l'intelligence de la nécessité Plus nous comprenons la nature de la réalité moins nous sommes esclaves de nos passions de nos illusions et des causes extérieures


être libre

ce n'est plus vouloir

que le monde obéisse

à notre désir

c'est laisser

notre désir

retrouver

la nécessité

qui soutient

toute chose



alors

la substance

ne paraît plus

comme une force

qui nous détermine

mais comme

la profondeur même

de notre être





la liberté devient la joie silencieuse de participer

sans résistance à ce qui est

depuis toujours












la crudité de l'air


l'air

n'a rien adouci

il est venu

droit

sans détour



la lumière avait le tranchant d'une pierre froide















le souffle

se dépouillait

dans cette netteté

jusqu'à l'os



rien

à quoi se tenir

sinon

cette transparence

qui coupait

plus sûrement

que le vent





d'un coup de vent et sans partage l'ouvert


le vent

n'a rien emporté

il a ôté

ce qui fermait



l'espace

est venu

d'un seul tenant

sans bord

sans recours



la lumière

n'avait plus

où s'arrêter

le regard

non plus



un seul souffle

avait suffi

pour que le monde

cesse

d'avoir

une limite



matin sur la lèvre plus épaisse


la nuit

n'a pas tout quitté

elle demeure

au bord

du souffle



la lumière

monte

avec peine


dans la chair

un mot

encore retenu

élargit

le silence



le jour

vient

par cette épaisseur

où la parole

avant de naître

garde encore

le goût

de l'ombre



montagne une fois encore

sans appel


la pierre plus ancienne que le pas


l'air

remis

à nu


le vent

n'a rien gardé


j'avance

dans ce qui

me précède


la crête ouvre ce qu'elle retire


un sommet

puis

le même

autrement



la montagne

ne revient pas

c'est moi

qui recommence



tâche du jour


à peine

un peu de lumière

à porter

jusqu'au soir




le vent

fera le reste


la pierre

n'attend pas


le pas

non plus


le jour

demande

si peu


tenir

dans l'ouvert

sans quitter

la lumière



soi-même air

sans contour


à peine

une respiration

où tenir


je passe

dans ce qui

me traverse


nul visage

à défendre


le vent me prête sa clarté


je demeure

dans cet air

plus léger

que moi-même



dehors venant du nord


l'air

n'a rien demandé

il est entré

droit

dans la lumière




la pierre

s'est éclaircie

du froid



le souffle plus court tenait davantage



un ciel

sans reprise

ouvrait

jusqu'à l'os


le nord

n'était plus

une direction

mais l'ouvert















un vide aura fait la soudure

non la matière

mais l'intervalle


le manque

a tenu

ce que le plein

séparait


une absence

plus résistante

que le métal



le blanc

rejoint

les deux bords

sans les toucher


ce qui était rompu

demeure

par ce qui n'était pas






matière sans destination

matière

qui ne va nulle part



elle demeure

dans son propre poids

sans promesse

sans issue


une avancée

immobile





matière insoutenable

non parce qu'elle écrase

mais parce qu'elle ne consent

à aucun ailleurs



elle est là

entière

comme une pierre

que rien

ne soulève



c'est peut-être

cette immobilité

qui finit

par porter

le regard




un pas et la route ira où j'ai été

elle ne me précède plus

elle se souvient

de la plante

du pied



la poussière

garde

un peu

de souffle



le chemin

ne conduit pas

il reprend

l'empreinte

déjà perdue



j'avance

dans ce qui

m'a quitté

et derrière moi

la route

commence







frein aussi a été le vent

non l'obstacle

mais la mesure


chaque rafale

reprenait

un peu

de l'élan



le pas

apprit

contre lui

sa justesse



le souffle

n'avançait plus

il tenait



et le vent 

qui semblait refuser la route l'ouvrait par sa résistance















je continue d'écrire

par rafales

ou par saccades


le vent

ne corrige pas

sa venue


la phrase

rompt

puis reprend













plus loin

un blanc

porte

davantage

qu'un lien


chaque arrêt

relance

la pierre

jetée

devant

la voix


j'avance

par ce qui

cède


le souffle

retrouve

sa coupe


l'écriture

n'a jamais marché

d'un seul pas










il lui sembla qu'aujourd'hui 

les voix avaient cessé de se répondre


elles entraient

l'une dans l'autre

sans bruit

comme des eaux

à leur confluent


une seule voix

désormais

mais plus vaste


faite

de toutes les autres

et d'un silence

qui les portait
















lundi, juillet 27, 2026

 Image

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Le Gangkhar Puensum 

montagne absente
au cœur des montagnes






son sommet n'a jamais reçu
le poids d'un pas humain

elle demeure dans sa propre altitude
gardienne d'une neige que personne n'a nommée
depuis son point le plus haut


le vent seul connaît l'arrête sommitale
les nuages
s'y reposent un instant
comme des animaux blancs

le Gangkhar Puensum
n'est pas seulement un sommet 
il est une limite consentie
une hauteur
laissée à elle-même

il rappelle
que tout n'a pas vocation
à être conquis

il existe encore
des lieux
qui appartiennent davantage
à leur silence
qu'à notre histoire

montagne invisible
dans l'imaginaire du monde
présence verticale
où l'altitude devient
une forme de pudeur

le regard s'y élève
sans désir de victoire

on comprend alors
qu'il est des sommets
dont la plus haute ascension
est de demeurer
infranchis

et le Gangkhar Puensum
dans la lumière bleue des grands froids
continue d'écrire
avec le vent
la neige
et les étoiles
un livre
que personne
ne refermera






Image

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Image

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le pas découvre
le sol apparaît

le vide éclaire
l’espace s’ouvre

la lumière traverse le vide
le regard avance avec le pas
le chemin se laisse voir
le vide demeure lumineux
le pas continue
la clarté demeure
















le pas découvre
le vide éclaire


chaque avancée retire un peu de certitude
chaque absence ouvre une lumière plus vaste


ce qui manque devient passage
ce qui s'efface devient horizon

dans cette marche sans garantie
le monde dira


la clarté naît parfois au bord de l'abîme





étant là comme le vent

sans possession sans demeure
passant parmi les pierres les arbres et les herbes
sans rien réclamer

il ne laisse qu'un frémissement
une fraîcheur sur le visage
une branche qui hésite

dans cette présence sans poids
il dira




le plus libre 
est peut-être ce qui 
ne cherche jamais à demeurer

















car symphonique je suis

la raison inracinée

je suis la raison radicative

je suis la raison alme et philotrophe

la raison remise en l’être d’homme 

je suis le logos qui parle du Logos dont il est

et je ne suis rien sinon la transparence ductile à Celui qui est


Maxence Caron

















ce texte appartient à une tradition très ancienne où la parole 
ne cherche pas seulement à décrire le réel mais à devenir 

le lieu où le réel se dit lui-même

il mêle une inspiration biblique Je suis  grecque Logos médiévale 
la raison comme participation à l'être et mystique 
la transparence à Celui qui est

il ne s'agit donc pas d'un éloge de l'ego mais au contraire 
de son effacement



la formule inaugurale 
car symphonique je suis   

annonce d'emblée cette orientation Être  symphonique 
ce n'est pas être multiple ou confus  
c'est être accordé

comme dans une symphonie où chaque voix trouve sa place dans une harmonie plus vaste le sujet humain affirme qu'il n'existe vraiment qu'en résonance avec un ordre qui le dépasse 

le  je  devient 
une chambre d'écho du monde



vient ensuite 
la raison enracinée  

la raison n'est pas ici l'intellect abstrait détaché de la vie elle plonge ses racines dans l'être même cette image s'oppose à la raison moderne conçue comme simple instrument de calcul la raison véritable est organique  elle croît comme un arbre nourrie par une profondeur invisible


l'expression  
raison radicative  

prolonge cette idée le mot  radicatif  renvoie à la racine radix la pensée authentique est celle qui retourne sans cesse à son origine elle ne flotte pas au-dessus des choses  elle s'enfonce dans leur source on retrouve ici une intuition commune à Heidegger Simone Weil ou encore André du Bouchet 

penser
c'est revenir 
à ce qui fait naître la présence




la raison alme et philotrophe 

introduit deux qualificatifs rares Alme du latin almus signifie nourricière féconde bienfaisante Philotrophe signifie littéralement  qui aime nourrir  ou  qui croît par amour  

la raison cesse donc d'être froide  elle devient puissance de croissance et de soin elle nourrit l'être au lieu de le dominer elle est une intelligence hospitalière





lorsque le texte affirme 
la raison remise en l'être d'homme

il suggère que la véritable rationalité ne consiste pas à sortir de l'humain mais à le réconcilier avec sa vocation profonde la raison retrouve sa demeure naturelle 

non pas le système mais l'existence



le sommet du texte est atteint avec 
je suis le Logos qui parle du Logos dont il est

le terme grec Logos possède une richesse exceptionnelle  il signifie à la fois parole raison mesure sens principe organisateur

chez Héraclite le Logos est la loi cachée du cosmos  chez les Stoïciens il est la raison universelle  dans l'Évangile selon Jean il devient le Verbe créateur



dire 
je suis le Logos qui parle du Logos 

ce n'est pas prétendre être Dieu c'est dire que la parole humaine participe à une Parole plus originaire le langage n'invente pas la vérité  il la reçoit

le poète devient l'organe 
d'une voix plus vaste que lui




la dernière phrase éclaire tout le passage 

et 
je ne suis rien 
sinon 
la transparence 
ductile à Celui qui est

cette formule renverse toute tentation de grandeur personnelle le  je  n'a de réalité qu'en tant que transparence il n'est pas une substance close mais un passage

le mot ductile est remarquable  
il évoque une matière capable de se laisser façonner sans se briser

l'homme est appelé à devenir 
suffisamment souple pour laisser passer la lumière de l'Être



enfin
celui qui est 

renvoie clairement au nom divin révélé à Moïse  Je suis celui qui suis  Exode 3,14
l'être humain ne possède donc pas l'être 
il en est le reflet vivant

ainsi philosophiquement ce texte affirme une conception participative de la raison  la pensée humaine ne produit pas le sens elle y participe

elle est enracinée dans l'Être nourrie par lui et orientée vers lui cette perspective rejoint à la fois Héraclite le Prologue de Jean Maître Eckhart Nicolas de Cues ou encore certaines intuitions de Heidegger sur le langage comme  maison de l'être 

poétiquement le texte repose sur une montée d'images végétales et musicales la raison est d'abord racine puis sève puis arbre invisible  elle devient ensuite voix chant Logos jusqu'à s'effacer dans la transparence 

le mouvement est celui d'une ascèse  le  je  s'élève précisément parce qu'il consent à disparaître comme centre autonome 

à la fin il ne reste plus un individu qui parle mais 
une parole traversée par l'Être lui-même




le poème 
devient alors 
une clairière où 
le langage cesse d'être 
possession pour devenir lumière





























la pente décide
l’ombre tient

l’une donne le sens de la chute
l’autre la profondeur de la lumière

entre les deux le marcheur apprend
que le paysage pense avant lui

dans cette entente silencieuse
la montagne dira




le monde est fait de forces qui ne parlent pas

nous appelons silence
ce qui nous précède


















le monde est fait de forces qui ne parlent pas 

la pierre le vent
la lumière

c’est nous
qui ajoutons la voix


le monde est fait de forces qui ne parlent pas

leur langue
est le poids


l’éclair
le froid



le monde est fait de forces qui ne parlent pas

elles déplacent les montagnes
ouvrent le ciel


ne demandent
aucun mot




le monde est fait de forces qui ne parlent pas

leur évidence est plus ancienne
que toute parole




le monde est fait de forces qui ne parlent pas

la phrase arrive après
comme une poussière sur le vent






la parole n'explique pas le monde  elle vient après lui 
comme un dépôt fragile sur une réalité
antérieure au langage


























pointes brèves objectives et ouvertes 

la neige insiste
le jour recule

l'air se dresse
la pierre répond

rien ne ferme
le ciel se retire

la pente décide
l'ombre tient

le froid avance
le silence porte

le pas découvre
le vide éclaire





















la terre respire
une herbe suffit

le vent revient
la lumière rompt

l'espace résiste
le roc demeure

le souffle passe
l'aube dénoue

l'écart grandit
le dehors veille

la montagne ouvre
la neige écoute

l'horizon cède
la poussière monte

la source paraît
le chemin manque

le blanc approche
la falaise attend

l'instant tient
la pluie rejoint la pierre

le gel écrit
la distance devient proche

l'air n'a pas fini
le feu laisse la cendre parler

l'eau retrouve son poids
la lumière n'ajoute rien

le monde recommence sans bruit
l'abrupt ne cède pas

le souffle change la montagne
le ciel est plus nu

le passage demeure ouvert
la neige défait les traces

l'attente devient le lieu
une pierre suffit au versant

le vide prend l'épaisseur du jour
l'arbre garde le vent

le silence gagne du terrain
rien ne manque au dehors







ces phrases cherchent moins la chute spirituelle 
de l'aphorisme que l'événement 
de perception  


elles nomment une modification presque imperceptible du monde 
laissant au lecteur le soin d'en éprouver 
toute la portée




chez André du Bouchet  le vent augmente





















il est grand temps de rallumer les étoiles

le guetteur mélancolique 

Appolinaire


cette phrase 
est devenue un aphorisme autonome

sa force vient de ce qu'elle ne parle pas d'astronomie
mais d'une nécessité intérieure

rallumer les étoiles
ce n'est pas remettre de la lumière dans le ciel

les étoiles 
n'ont jamais cessé de brûler

c'est retrouver 
en nous la capacité de les voir






















les étoiles sont ici 
les grandes orientations 

l'émerveillement la patience le désir de connaître
la beauté la confiance dans ce qui dépasse l'immédiat

elles ne disparaissent pas 

elles sont 
seulement recouvertes par 

le bruit
la hâte
les lumières artificielles

il est grand temps 
signifie alors qu'une époque 
peut perdre ses constellations sans que le ciel change

ce qui demande à être rallumé 
n'est pas le monde
mais le regard








j'aime poursuivre ainsi 


il est grand temps
de rallumer les étoiles
non dans le ciel mais dans les yeux


les étoiles ne s'éteignent pas 
c'est notre attention qui baisse d'intensité


une seule étoile retrouvée
suffit à réorienter 
la nuit

rallumer les étoiles
c'est rendre à l'invisible son pouvoir de direction

il est grand temps
de rendre au silence sa lumière

les constellations attendent
moins des astronomes que des voyageurs

celui qui retrouve une étoile
retrouve déjà 
un chemin


les étoiles sont des montagnes vues de très loin 
les montagnes sont des étoiles
posées sur la terre



rallumer les étoiles
c'est recommencer à habiter l'infini
sans quitter le présent




























vienne la nuit sonne l'heure
les jours s'en vont je demeure


ces deux vers de Guillaume Apollinaire qui clôturent le poème 
Le Pont Mirabeau comptent parmi les plus célèbres 
de la poésie française

leur force tient à leur extrême simplicité

la nuit vient
l'heure sonne 
les jours s'en vont

tout semble obéir 
au mouvement irréversible du temps

trois propositions constatent ce qui passe 
la lumière décline le temps s'écoule
les jours disparaissent

puis surgit une rupture 

je demeure 






















ce  je  ne prétend pas vaincre le temps

il affirme seulement 

une permanence au cœur même de ce qui s'écoule

le poète oppose la durée intérieure au flux des heures 

ce qui demeure n'est peut-être pas la personne biographique

mais la conscience qui traverse 

les changements

la mémoire

ou encore 

la voix du poème lui-même




le refrain devient ainsi une méditation 
sur le paradoxe de l'existence 
 
tout passe et pourtant quelque chose en nous éprouve 
le passage sans être entièrement 
emporté





j'aime le prolonger dans un esprit voisin 



vienne la neige
souffle le vent
les saisons changent

je demeure



que les rivières descendent vers la mer
que les étoiles poursuivent leur course

il est une présence
qui ne voyage pas



les formes passent
le regard demeure


les heures consument les choses 
elles n'atteignent pas toujours
celui qui les regarde


ou encore
dans une tonalité plus dépouillée 


vienne la nuit
passe le jour

ce qui est profond
ne connaît ni l'un ni l'autre






le centre 

de toutes choses 

dans le monde est votre conscience



























Ne désespérez jamais. Faites infuser davantage.
Henri Michaux , Face aux verrous.

Du "Dao" originel
du commencement du réel
des signes célestes
des formes terrestres
des règles saisonnières
de l'examen des choses obscures
des esprits essentiels
de la chaîne originelle
de l'art du maître
des évaluations fallacieuses
de l'équivalence des moeurs
des résonances du "Dao"
de l'inconstance des choses
des paroles probantes
de l'utilisation des armes
montagne de propos
forêt de propos
du monde des hommes
du devoir de se cultiver
de la synthèse ultime


"ô le plus violent paradis"

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E.O E.P. EA EAIO EB écart énigme Echenoz échos Echos L.A. Eckhart Tolle Eco Ecosse écoute écritures Eddas EDG EDJ EDLCDS EDLF Edmond Jabès EDO EIJS elle ELLEDIT ELLELL Elles Ellul EM Emerson Empédocle EN ENCORE encres et musique Encres et peintures Ennéade ennui EnSof Entre entrelacs environnement Eons EPE épiphanies épistémologie EPLA époché Eranos ère ERRER Escher ESE Eshleman Esnault ESPA Espace Espitallier essais EST ét été Etel Adnan ETLPDMP Etna étoile Etymologie Eucharistie Euler évangile Eventail Exergue F F.A. F.EAA F.O F.Pirates FAA Fable Fadeur faits FAJ Fantasy Faune Fayçal fenêtre Fengliu feu Fiction Films FiniSol Finkielkraut FIVE FL Flore fmr FNAR Foligno Forest Formalisme Foucault Fourcade Fourier FP FQPCC Fractales fragm Fragme Fragments France François Cheng Frappat Frémon Fréquences Froid Fugue Fuji Futur G.C.L. 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IA ici idéogrammatique IDLR idole IFE Igitur il Illuminations illuminer illuminisme ILVLA ilya immédiat immédiatement Impensable impératif imperceptible Impresses incertitude Index individu Infini Infinitif initiales inquiétude Insectes installation instant Internet Interrompre invisible Irwin Ishihara Isidore Isis isolato Issa italiques Ivsic J-P Michel J.J.F.W. J.J.U. J.L.P Jaccottet jaime Jakobson Jankélévitch JANUS Jardin JAZ JBE JCERDM JDLF JDS JE JE & Jean jean Daive Jean Michel Lou JELRLT Jesuis Jésus jeu JHN Jirgl Joan Mitchell John Cage Jouffroy jour jour17 Journal Jours jours17 Jousse JR Juarroz Jullien JYL K.G K.K Kabîr Kafka Kairos Kaplan Kapoor Kastrup Kathleen Raine Katué Kawara Kay Ryan KDCN KDICK Keats Kenneth White Kerouac Khazar Khlebnikov khôra Kiarostami Kingsley Kircher KK KLTDD koan Koons Koshkonong Kosuth KOUA Kral Kuhn Kundera Kunitz Kybalion Kyoto L.A.S L.D. L.R.des Forêts L.S L'EI La Croix La parole de l'autre La vie de la montagne labyrinthe lac Lacs LADR lafabrique Laforgue Lagopède LALELES Lamantin LAME Lapiaz Laporte Roger Larry Eigner latin Laugier Laurent Margantin LBA LCC LCD LCDI LCDJ LCDP LCI LCR LCS LD LDB LDF LDLH LDM LDMC LDMH LDR LDS LDV Le Clézio Le Livre Le poème LEC LECDF LECLA Lectures LEDUI LEE Lee Ufan LEF légende légumes Leibniz Leibovici Leili Anvar Lely lensball lepoète Les eaux Les empereurs Les fils Les oiseaux lesoi Lespiau Lessing Lettres Lev Rubinstein Lex1 lex2 lex3 lex5 lex7 lex8 Lexie Lexique LFDH LFDLP LFDP LFDRT LFMR LFQ LGD LGDE LGDFASP LGDLM LGDP LGPDB LGS LGTDLP LGVDLH LHDD LHS LIDT lieux Lieux-source lièvre Ligne7 lignes Lionel André éclats Lionel André éditions Lionel André encres Lionel André photographies Lionel André randonnées LIQV Lisa Cairns list listes littéralité livrelit LJDP LLDLI LLDME LLDO LLDP LLDQ LLL LMDDDLH LMDF LMDLE LMDM LMV LO LOAN LODL LOGOS lois London Lorand Gaspar Lorenzo Menoud Louise Bourgeois Louise Glück LPC LPDLE LPDP LPDS LPI LPM LQDLE LRDD LRDP LRDR LRDT LRED LSDA LSDS LSDV LSMT LSNDLR LTDS LTO LTR LUELADC Lune Lupasco Lus & Mus Lux LV; LVB.TDSDC LVDDP LVDT LVESO LVLTDLO LVMDE Lyn Hejinian Lynn Schwartz M M.Caron M.Craig-Martin M.S.M M.Trinité Ma Macedonio Fernandez Machado Maestri Maggiore Maïakovski Mains maintenant Mais Mallarmé Malrieux Mandalas Mandelstam MANEKINEKO Manganelli Manifeste Manon mantra Manuel Joseph manuscrit Manzoni Map Marchand Marcheurs Marelle Marie Martin Ziegler Marx Masao Yamamoto masque Massera Matinaux Matsui Matta-Clarck Matton Mauguin Mavis Karn maximes MBK MBO MC McCord MCH McLuhan MDA MDC MDLADLE MDLF MDOU MEC Mécanisme Méditations Meillassoux Mélusine mémoire Memories Menus Meraviglia Merci Mercredi Mercure Merton Thomas messages Mesure Métamorphoses Métaphysique Métis Metro MFRC MG Michon micro microcosme mieux Millet Milton Mina Loy Misrahi Miura ori MJNYCR MK monade Mondo Monostiques Monosyllabes Montagnes et Glaciers Montagnes poèmes Montaigne Montale Monteiro Moore Morris mot mots Moving mp3 MPUSPM MSerres MTAS murmure Murphy Murs et Fenêtres Muscle Musil musiq Musique MWLG Mystères MZD N N.M Nabokov Nadja Nagarjuna Nagori Nancy Napoli Narnia Nassim Haramein Nathaniel Tarn Nature Nauman NDBDP NDDP NDLT Néant Négation Neiges Neil Mills Némésis Nerval neuf Nice Niedecker Nietzsche Nirupana NLJNLH NOBUO noeuds Noguez Noir nOmbres Nonnos Norge NOTEPAD Notes-Book Notes-Rapides Notifications NOUS noûs Nouveautés Novae Novalis Novarina NP NPhS NRSNPEM Nuages Nuits O.Pé Oberland objets Objets d'Amérique Oblomov Ockham Octaèdre ODIN ODSI œil OELDT Ogadine Olivier Cadiot OLR OM ON ondes Onfray onthologie Opalka Oph. 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SDM Sel selon SELP Seneca Sénèque Sengaï SGM Shakespeare Shitao Shiva Shônagon SI Sicard signal Signes Signets Sikelianos silenc SILENCE Silesius Silliman Simmel Simon Cutts Sinclair singularité Situation Sivan six SJDC Skalova Ski SLFDM soleil solénoïde Solutré Sommeil Sonnets Sons Sor Juana Sôseki Soto Soufi Soufre Soulages Souligne Sous le Pas SP SPHS SPiced Spicer Spinoza Spira spirale sport SPRCGB SPSLSA Squires SSM Stéfan Stein Steiner steppe Stromboli Structure Suarès SUBHDLH Suchère Suel suite Sun Tzu sur Suso sutras Swensen Sydney Banks Synchronicité synonymes Synopsis T T.A T.C T.R T.S.Eliot Tabarini Takis Tanizaki tantôt TAOPY Tardy Tarkos TC Tchékhov TDQ TDUESDS TEL Temps Temps probable TeneT Tétralemme TEXTES Thalès Thé Théorie Tholomé Thoreau timbres TINTIN Tissu Titres TLP TN TNS Tocqueville Todtnauberg tomates TOPOS Torque Toscane Toujours TouT TP TP.BN Traces Tractatus Traduire Trains Transe translucide TRICTRAC Triste époque Tsvetaeva TT TU Tumulte Tunnel Tweets Twillight Typoésie u.p.d.d.v UCCDC UCDD UDP UJAAB UJAJS Ukraine ULDL ULDLLA Ulysse UMO UMP UN UNM unmot UPDS UPSA usura UVD V V.E V.I. 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