le retournement de la sphère
une inversion radicale du point de vue sur le réel
extérieur devient intérieur
centre devient périphérie
vide devient principe
invisible devient déterminant
dans une lecture gnostique et cosmopoétique
le monde visible se retourne comme un gant
le plérôme n’est plus au-delà
le retournement de la sphère
c’est comprendre que l’abîme n’est pas devant nous
mais que nous marchons déjà en lui
c’est une expérience
au départ
un monde extérieur des événements des causes des contraintes
Nous sommes
puis vient le retournement
ce n’est pas le monde qui change
c’est le lieu depuis lequel nous le vivons
ce que l’on croyait extérieur
le sens la valeur le poids des choses
se révèle dépendre du regard de l’engagement de la conscience
le monde ne disparaît pas
mais il cesse d’être un décor imposé
Existentiellement
le centre n’est plus dehors
la gravité n’est plus subie mais reconnue
le vide n’est plus une menace mais une condition
Le retournement de la sphère
c’est comprendre que l’angoisse ne vient pas du néant
mais de la fuite devant la liberté qu’il ouvre
à ce stade
mais une manière d’habiter le vide sans le nier
Le sens n’est pas donné
il se tient
Tu n’es pas dans le monde comme une chose parmi les choses
le monde se déploie à partir de ta manière d’y être
après le retournement
la responsabilité apparaît sans drame
vivre n’est plus chercher un centre perdu
mais devenir le lieu où le monde prend forme
ce n’est pas une révélation spectaculaire
c’est un calme
un réalignement silencieux
la sphère est la même
mais elle ne t’emprisonne plus
elle te traverse






