lundi, septembre 21, 2026

the river is within us the sea is all about us

la rivière est en nous
la mer est tout autour de nous




la rivière coule
là où aucun chemin n’est visible

la mer entoure
ce que nous appelons nous-mêmes

l’une s’écoule vers l’intérieur
l’autre n’a pas de frontière

entre les deux
le corps devient une rive















la rive commence à disparaître


l’eau avance
sans avancer

la limite se défait
entre le proche et le lointain
















Maître Hegel enseignait

  

tout ce qui existe n'existe que parce qu'il n'existe pas aussi

c'est-à-dire parce qu'il naît et disparaît



devenir implique l'être et le non-être

tout comme disparaître


ce qui devient n’est déjà plus
ce qu’il était

mais n’est pas encore
ce qu’il sera

entre les deux
quelque chose persiste

un presque-être
un presque-rien

où l’être se défait sans cesser tout à fait d’être



devenir 

se mue en disparition et disparaître 

en devenir




ce qui change
s’efface de sa forme

ce qui s’efface
ouvre une autre forme

rien ne demeure
assez longtemps
pour être seulement soi

la disparition
n’est plus la fin

elle devient la manière secrète
dont quelque chose
continue




ce qui disparaît devient autre chose

et dans ce qui devient

autre chose 

disparaît



il n'y a donc ni tranquillité dans les choses

ni chez ceux qui les observent



même en parlant

vous

le locuteur

vous changez

et ce dont vous parlez 

change également








mais s'il y a aussi quelque chose d'ancien 

dans toute chose nouvelle

nous pouvons néanmoins parler avec éloquence 

des choses nouvelles et anciennes




ceux qui appliquent correctement la Grande Méthode 

ne parlent pas de manière confuse

mais avec clarté


Maître Hegel disait 


les choses sont des occurrences 

les conditions sont des processus

les événements sont des transitions


















le principe de transparence a pour conséquence supplémentaire 

de promouvoir 

une conformité totale

plus aucun écart
plus aucune aspérité

la forme épouse la forme
la surface rejoint la surface

tout coïncide

même le silence
semble avoir trouvé
sa mesure exacte

quelque chose devient étrange 

à force de ne plus différer
de rien

la chose
cesse presque
d’apparaître

l'économie de la transparence vise à éliminer 

toute déviation


la mise en réseau totale  

la communication totale  a déjà 

un effet égalisateur 

en soi





son effet est la conformité  

c'est comme si chacun surveillait tout le monde 

avant même que les services de renseignement ou les services secrets 

n'interviennent pour superviser 

et orienter


des modérateurs invisibles 

fluidifient la communication et l'adaptent 

à ce qui est généralement compris et accepté




ils lissent les aspérités
réduisent les écarts
corrigent les angles
avant même qu’ils n’apparaissent

la phrase devient plus claire
le sens plus docile
le désaccord plus rare

jusqu’à ce qu’il ne reste
d’une parole singulière
qu’une surface parfaitement conforme

cette étrange douceur
où plus rien
ne heurte personne





cette surveillance primaire et intrinsèque 

s'avère beaucoup plus problématique que la surveillance 

secondaire et extrinsèque exercée par les services secrets 

et les agences d'espionnage




psychopolitique 
néolibéralisme et nouvelles technologies du pouvoir .


































 
et me voilà parti dans les montagnes 
c'est là que je me sens libre

Opus Magnum

le grand œuvre


n'est peut-être pas

de transformer

la matière

mais de demeurer

assez longtemps

auprès d'elle

jusqu'à ce qu'elle

révèle

sa propre lumière





le corps humain 
est projeté dans un monde historique

il se retrouve alors plongé dans un milieu étranger, 
cerné de toutes parts par une culture antérieure à sa propre naissance. 

au milieu de cités tentaculaires
de déserts arides et d'océans déchaînés
le corps humain  est invité à naviguer dans  une constellation 
de cultures et de mondes différents
dont la persistance est totalement 
indépendante du corps 
qui la perçoit 

un esprit objectif 
demeure dans les vestiges  et le paysage 

avant la naissance d'un corps humain particulier
l'anonymat du temps 
ainsi que la  matière brute et l'ébauche d'un soi naturel 
continuent de persister dans le vide 
de l'existence prénatale













dissoudre

ce qui résiste


coaguler

ce qui fuit


laisser le noir

traverser le blanc

et le blanc

se souvenir

du noir


jusqu'à cette pierre

qui n'est plus

une pierre

mais le lieu

où quelque chose

en moi

a cessé

de vouloir

être autre chose



je lis presque toute la nuit et l'hiver 

je gagne le sud 



les textes bien écrits sont comme des toiles d'araignée

presque rien

quelques fils

tendus dans l'air

et pourtant

la lumière

s'y arrête


une goutte

y demeure


un insecte

y laisse

son tremblement


le texte

ne retient pas

le monde

il le suspend

un instant

entre ses fils


ce qui semblait invisible

devient soudain

lisible









Le 16 juin 1904 Dublin se réveille et avec elle se met en mouvement une Odyssée sans navire sans rame sans tempête une Odyssée de trottoirs de tramways de vitrines de pubs de portes de maisons de journaux de cercueils de lettres de bière de savon de reins de viande chaude de poussière et de lumière et au milieu de cette immense circulation 

Leopold Bloom se lève

Il est huit heures du matin

La journée commence dans une maison ordinaire au 7 Eccles Street et déjà quelque chose d’homérique est là mais déguisé sous la banalité domestique Bloom prépare le petit déjeuner pense à Molly pense à ce qu’il va manger pense au rein qu’il pourrait acheter pense au chat entend les bruits de la maison regarde le monde avec cette attention légèrement décalée qui sera la sienne toute la journée

Ulysse 

n’est plus sur la mer

Ulysse est dans une cuisine

il n’a pas de casque de bronze ni de glaive ni de navire noir 
il a un chapeau une veste des chaussures 
un corps d’homme mûr et une pensée 
qui ne cesse de bifurquer

La mer de Bloom est Dublin



















chaque rue devient une vague chaque carrefour une île 
chaque boutique une escale chaque visage 
rencontré une apparition chaque 
souvenir une terre ancienne 
qui surgit sous le présent

Et Bloom marche

Il sort dans la ville


il porte avec lui son absence de maison car être dehors c’est déjà être séparé du foyer et son foyer lui-même est devenu incertain Molly est là mais quelque chose les sépare depuis longtemps quelque chose de silencieux quelque chose que Bloom pressent sans pouvoir entièrement le saisir

L’Odyssée commence donc par une absence

il avance dans les rues comme Ulysse avançait parmi les îles mais les monstres de Bloom sont des pensées des souvenirs des embarras des regards des désirs des humiliations des morts des petites inquiétudes qui traversent l’esprit comme des poissons rapides sous la surface


il entre dans les boutiques

il regarde les enseignes

il entend des fragments de conversation


il pense à la publicité à l’argent au corps à la nourriture 

aux femmes aux hommes à la religion aux langues 

aux morts aux vivants


chaque chose en appelle une autre

un mot fait surgir un souvenir

un souvenir fait surgir une image

une image fait apparaître une rue

une rue fait apparaître une personne

une personne fait surgir un désir

le désir lui-même ouvre une autre chambre de la mémoire

ainsi la pensée de Bloom ne marche jamais en ligne droite

elle dérive

elle revient

elle repart

elle fait de chaque objet une porte


le monde extérieur devient peu à peu le paysage intérieur

puis vient le cortège funèbre de Paddy Dignam

Bloom descend vers les morts

voici l’Hadès

mais l’Hadès de Joyce n’est pas une caverne mythologique

c’est un cimetière de Dublin

les chevaux avancent

la voiture roule

les conversations continuent


les vivants parlent des morts et les morts semblent presque 

continuer leur vie dans la mémoire des vivants


Bloom pense à Rudy son fils mort lorsqu’il était encore enfant

et soudain sous le personnage banal de l’employé de publicité 

apparaît une blessure immense


son Odyssée est aussi celle d’un père privé de fils


il ne cherche donc pas seulement une maison

il cherche une forme de filiation


peut-être est-ce pour cela que Stephen Dedalus prendra plus tard 
dans son esprit une place étrange 
et presque paternelle


le père cherche le fils

le fils cherche le père


Télémaque et Ulysse se déplacent dans la même ville 

sans savoir encore qu’ils se cherchent


puis Dublin continue

toujours Dublin


la ville devient une machine gigantesque 

à produire des rencontres


les rues se croisent

les voix se superposent

les journaux parlent

les hommes parlent

les hommes parlent du monde

le monde parle à travers eux


Bloom traverse cette circulation sans jamais 

devenir tout à fait un héros

c’est précisément cela qui fait de lui 

un héros nouveau


son héroïsme n’est pas celui de la force

il est celui de la continuité

continuer

marcher

supporter

observer

penser

revenir

être encore là


il n’affronte pas le Cyclope avec une lance

il rencontre la violence sous la forme d’un homme enfermé 

dans ses certitudes et dans son nationalisme


le monstre n’a plus un seul œil au milieu du front

le monstre est devenu 

une conscience qui ne voit qu’une seule chose


Bloom lui oppose autre chose


la multiplicité

la tolérance

le doute

la capacité de considérer plusieurs vérités à la fois


mais l’Odyssée de Bloom n’est jamais seulement morale

elle est charnelle

elle sent la nourriture

la sueur

le savon

la bière

la mer

la chair

le papier

la pierre

le cheval

la pluie

la poussière


la ville entière entre dans son corps par les sens

il marche et Dublin devient une immense circulation organique

les rues sont des artères

les habitants sont des cellules

les tramways sont des nerfs

les pubs sont des organes

les journaux sont des membranes

la pensée est le courant électrique qui traverse tout cela

et Joyce transforme progressivement la ville en corps humain


puis vient le soir

la lumière baisse

les rues changent de couleur

la ville semble devenir plus liquide

les voix deviennent musique

les mots eux-mêmes commencent à perdre leur stabilité

le langage se met à chanter

Bloom avance encore

toujours séparé

toujours relié

toujours dehors

toujours en direction de quelque chose qui ressemble au retour


puis vient la nuit

et l’Odyssée bascule dans le rêve

la réalité se défait

les identités deviennent instables

les morts reviennent

les objets parlent

les désirs prennent forme

la ville devient théâtre

le théâtre devient cauchemar

le cauchemar devient carnaval


Bloom traverse cet espace 

comme un homme qui traverse son propre inconscient

il n’est plus seulement Leopold Bloom

il est père

mari

fils

étranger

homme désirant

homme désiré

homme humilié

homme puissant

homme impuissant

homme vivant

homme déjà presque mort


toutes les identités qu’un homme peut porter 

passent à travers lui


puis peu à peu tout retombe

le délire se dissipe

il reste deux hommes

Bloom et Stephen

le vieil homme et le jeune homme

le père possible et le fils possible

deux êtres qui n’ont pas grand-chose en commun 

et qui pourtant marchent ensemble dans la nuit


ils parlent

ils s’éloignent

ils avancent

quelque chose de très ancien se joue dans cette marche

Ulysse retrouve Télémaque

mais Joyce ne nous donne pas une reconnaissance éclatante

il n’y a pas de trompettes

pas de révélation

pas de héros qui se découvre soudain dans son identité

il y a seulement deux hommes dans Dublin la nuit

deux consciences qui se rencontrent


puis Bloom rentre

il revient à Eccles Street

Ithaque est une maison ordinaire

le royaume est une chambre

le retour est une porte

l’épopée entière se contracte jusqu’à l’espace domestique

le grand voyage de Bloom se termine non par une victoire 

mais par une présence

il est revenu

c’est tout

et c’est peut-être immense

car après avoir traversé la ville entière il retrouve le lieu 

dont il était séparé depuis le matin


Molly est là

elle dort ou elle pense

et pendant que Bloom rejoint le sommeil 

une autre voix commence


une voix qui ne marche plus dans les rues 

mais qui marche dans la mémoire

la voix de Molly

alors la Pénélope de Joyce n’attend pas 

silencieusement son Ulysse


elle parle

elle pense

elle désire

elle se souvient

elle traverse elle aussi l’espace entier de sa conscience

et la langue devient fleuve

la ponctuation disparaît

les souvenirs se mêlent

le corps

le désir

la jalousie

l’enfance

Gibraltar

les hommes

les fleurs

Bloom

et cette affirmation qui revient comme 

une respiration profonde


oui

oui

oui


ainsi l’Odyssée se referme

mais elle ne se ferme pas vraiment

car Bloom n’a pas vaincu les monstres

il n’a pas conquis de royaume

il n’a pas rapporté de trésor

il a simplement traversé une journée

une seule journée


Joyce a fait de cette journée tout l’univers


le héros moderne n’est plus celui qui accomplit 

des exploits extraordinaires

c’est celui qui habite jusqu’au bout l’infinie 

étrangeté de l’ordinaire


le voyage n’était pas au-delà des mers

il était dans la ville

dans le corps

dans la mémoire

dans le langage

dans le désir

dans le temps même


et 


Dublin devient Ithaque

Ithaque devient Dublin

la mer devient rue

le monstre devient voisin

le Cyclope devient idéologie

l’Hadès devient cimetière

les Sirènes deviennent musique

Circé devient rêve

Télémaque devient Stephen

Pénélope devient Molly

et Ulysse

enfin

devient Leopold Bloom


un homme qui marche

un homme qui pense

un homme qui perd

un homme qui désire

un homme qui revient

un homme parmi les hommes

un homme presque sans gloire

mais dont chaque pas transforme le monde en épopée


peut-être est-ce cela que Joyce découvre

il n’existe pas de petite journée

il n’existe pas de vie ordinaire

il n’existe pas de rue sans Odyssée

il suffit qu’un homme marche

et que le langage le suive

pour que Dublin devienne la mer

pour que le présent devienne l’éternité

et pour qu’un homme quelconque

au milieu d’une journée quelconque

devienne

pendant quelques heures


Ulysse




















vivre 

ne signifie pas simplement être 

biologiquement 

en vie


vivre

est peut-être

la chose la plus rare








non pas durer

non pas respirer

non pas traverser

les jours

mais être là

tout entier

dans la lumière

d'une pierre

dans le froid

d'un matin

sur un chemin

sans chercher

à devenir autre chose

que celui

qui marche








exister

serait demeurer

à la surface

et vivre

descendre

jusqu'à l'endroit

où le monde

nous atteint

avant même

que nous sachions

lui donner

un nom









nous sommes tous allongés dans le caniveau

la boue

le froid

la fatigue

la nuit

nous touchent

de la même manière


mais certains

lèvent les yeux

et voient

les étoiles


vivre

commence là

dans ce geste presque rien

qui consiste

à regarder plus haut

sans quitter

la terre


le ciel

n'est pas

un ailleurs

mais ce qui apparaît

lorsque le regard

cesse

de se refermer
















lire Beckett 

comme une immense expérience littéraire autour de cette phrase biblique tu es poussière et tu retourneras à la poussière  mais en la déplaçant de la théologie vers une métaphysique de la dégradation


chez Beckett l’être humain semble progressivement 
perdre tout ce qui le constituait 

le corps se réduit
la mémoire se défait
la parole s’épuise
les gestes deviennent presque rien

En attendant Godot Fin de partie Malone meurt L’Innommable 
peuvent ainsi être lus comme différentes étapes 
d’une réduction de l’homme 
vers son reste


mais Beckett accomplit un retournement
essentiel 






















la poussière n’est jamais tout à fait 
silencieuse

même lorsque le corps se défait quelque chose 
parle encore



tu redeviendras poussière

oui

mais avant

il faudra encore parler

quelques mots

un souffle

une voix sans corps

puis moins que la voix

puis presque rien

et pourtant ça continue




Beckett pourrait être lu comme une écriture 
de l'après-poussière  

non pas la promesse d'une résurrection mais l'étrange persistance 
d'une parole au moment même où tout ce qui la portait 
retourne à la matière









le corps se réduit
la mémoire se défait
la parole s’épuise
les gestes deviennent presque rien

et pourtant 

quelque chose demeure
qui n’a plus de nom

un souffle à peine
une lumière dans la chambre
le poids d’une main immobile

jusqu’à ce que le presque rien
devienne tout l’espace


***


résonances avec la non-dualité 

cependant Beckett ne propose pas l’Advaita comme système philosophique  
son œuvre met plutôt en crise certaines séparations fondamentales  

corps et esprit sujet et monde voix et silence 

être et néant

néanmoins quelques lignes de force sont 
particulièrement frappantes 

Le sujet se défait 

dans L’Innommable la voix cherche désespérément qui parle le  je  devient moins une identité qu'un phénomène de parole

corps et conscience ne sont plus séparables 

chez Beckett la pensée est constamment ramenée au corps à ses mouvements à son immobilité à sa décomposition

présence et absence s’interpénètrent 

ce qui est absent demeure comme voix mémoire attente ou trace

Être et néant cessent d’être des contraires simples 

l’existence beckettienne se tient dans une zone où  être encore là  signifie presque  ne plus être 

le sujet et son environnement se confondent progressivement : 

la bouche le corps la pierre la boue le paysage deviennent parfois les différents aspects d'une même matière minimale


dans L’Innommable cette dissolution devient particulièrement radicale  qui parle lorsque le  je  ne peut plus se garantir lui-même  la voix semble chercher un sujet derrière elle et ne trouve finalement que la continuation de la parole



on pourrait donc rapprocher Beckett de la non-dualité 
par cette intuition 

il n’y a plus 

d’un côté celui qui parle

et de l’autre 

le monde dont il parle

il y a la voix

le silence

le corps

l’espace

et quelque chose qui ne sait plus 

où finit l’un 

où commence l’autre



 

la différence avec l’Advaita est toutefois essentielle 

 

l’Advaita découvre derrière la séparation 

une unité fondamentale 

de l’être  


Beckett ne garantit aucune unité 

derrière la disparition 

des séparations


chez lui
le résultat peut rester le silence,
l'indétermination ou 
le rien 


c’est précisément 
cette différence qui rend 
leur rapprochement intéressant 

l’Advaita 

dissout le sujet 

dans 

l’unité 


Beckett 

dissout le sujet 

sans nécessairement 

lui donner 

une unité 

où se reposer




***




peut on 
penser 
une équivalence 
entre 
l'unité et le rien

oui mais à condition 
de distinguer 

le rien comme absence du rien comme absence 
de toute distinction

si l’unité est ce qui ne comporte plus de séparation 
alors elle peut sembler rejoindre 
le rien 


l’unité absolue ne serait plus une chose parmi les choses
et le rien absolu ne serait plus 
une chose du tout

on pourrait alors tracer 
ce paradoxe 

le multiple est quelque chose
l’un est presque rien
le rien est sans différence
l’un est sans différence
ainsi l’unité et le rien se touchent


c’est une intuition que l’on peut rapprocher de certaines formes de mystique négative de l’Advaita ou encore de la dialectique de Hegel  mais leurs conceptions ne sont pas identiques

chez Beckett ce rapprochement devient 
particulièrement intéressant 

lorsque le sujet le corps le langage et le monde perdent progressivement leurs séparations il ne reste pas nécessairement une unité retrouvée mais plutôt une zone où l’un et le rien deviennent indiscernables


on pourrait le dire ainsi 

l’unité est le rien auquel aucune différence 
ne peut plus être ajoutée

le rien est l’unité dont aucune différence 
ne peut plus être retirée
























Ne désespérez jamais. Faites infuser davantage.
Henri Michaux , Face aux verrous.

Du "Dao" originel
du commencement du réel
des signes célestes
des formes terrestres
des règles saisonnières
de l'examen des choses obscures
des esprits essentiels
de la chaîne originelle
de l'art du maître
des évaluations fallacieuses
de l'équivalence des moeurs
des résonances du "Dao"
de l'inconstance des choses
des paroles probantes
de l'utilisation des armes
montagne de propos
forêt de propos
du monde des hommes
du devoir de se cultiver
de la synthèse ultime


"ô le plus violent paradis"

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SDM Sel selon SELP Seneca Sénèque Sengaï SGM Shakespeare Shepherd Shitao Shiva Shônagon SI Sicard signal Signes Signets Sikelianos silenc SILENCE Silesius Silliman Simmel Simon Cutts Sinclair singularité Situation Sivan six SJDC Skalova Ski SLFDM société soleil solénoïde Solutré Sommeil Sonnets Sons Sor Juana Sôseki Soto Soufi Soufre Soulages Souligne Sous le Pas SP SPHS SPiced Spicer Spinoza Spira spirale sport SPRCGB SPSLSA Squires SSM Stéfan Stein Steiner steppe Stromboli Structure Suarès SUBHDLH Suchère Suel suite Sun Tzu sur Suso sutras Swensen Sydney Banks Synchronicité synonymes Synopsis T T.A T.C T.R T.S.Eliot Tabarini Takis Tanizaki tantôt TAOPY Tardy Tarkos TC Tchékhov TDQ TDUESDS TEL Temps Temps probable TeneT Tétralemme TEXTES Thalès Thaumazein Thé Théorie Tholomé Thoreau timbres TINTIN Tissu Titres TLP TN TNS Tocqueville Todtnauberg tomates TOPOS Torque Toscane Toujours TouT TP TP.BN Traces Tractatus Traduire Trail Trains Transe translucide TRICTRAC Triste époque Tsvetaeva TT TU Tumulte Tunnel Tweets Twillight Typoésie Tzara u.p.d.d.v UCCDC UCDD UDP UEAN UEAR UJAAB UJAJS Ukraine ULDL ULDLLA Ulysse UMO UMP UN UNM unmot UPDS UPSA usura UVD V V.E V.I. 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