le jour s’est déjà ouvert
et pourtant le matin demeure encore
dans la clarté
Kristall
la matière y devient géométrie
Kristall
la lumière
qui a trouvé
une forme
un brin de lavande et soudain le temps
a une odeur
odeur du temps brin de lavande
Lionel André / promenades / randonnées / arts / littératures / air du temps
Kristall
odeur du temps brin de lavande
l’amer et l’amande
le goût
de l’épreuve
et dans le même mot
presque
la promesse d’un
noyau
Andromède est une princesse
de la mythologie grecque fille de Céphée et Cassiopée condamnée à être sacrifiée à un monstre marin avant d’être sauvée par Persée elle devient ensuite une constellation associée à l’idée de beauté de destin et de délivrance
le moteur du temps est le changement
rien
ne pousse le temps
derrière lui
c'est le monde
qui se transforme
la pierre
s'érode
la lumière
se déplace
le corps
respire
la mémoire
se compose
et se défait
le futur
n'est pas
devant
comme une chose
qui attend
il naît
de la transformation
du présent
le temps
n'avance pas
il advient
chaque instant
est
une différence
une perte
une ouverture
un passage
peut-être
que son moteur
est là
dans cette impossibilité
du monde
à rester
le même
l'entropie
donne une flèche
le devenir
donne un mouvement
et
la conscience nomme ce passage
temps
le temps est un feu qui me dévore
mais
je suis le feu
qui ne brûle rien mais transforme
une lumière dans la matière
je suis ce feu
qui n’a pas besoin de flamme
pour éclairer
vélomaritime Bretagne 2026
triangle temporel
passé
présent
futur
trois pointes
d'un même
triangle
le passé
retient
le futur
appelle
le présent
respire
au centre
rien ne demeure séparé
la mémoire
entre dans
l'attente
l'attente
entre dans
la mémoire
et le présent les fait communiquer
un triangle
qui n'est pas
une figure
mais un mouvement
trois temps
une seule
respiration
hier
ici
demain
et dans cet instant où ils se touchent
le temps
cesse presque
d'être une ligne
il devient
espace
un mot revient
indétermination
il revient
sans revenir
comme une vague
qui ne retrouve jamais
exactement
la même rive
ne pas savoir
n'est pas
être perdu
c'est laisser
le possible
ouvert
une forme
se défait
une autre
n'est pas encore
née
entre les deux
un espace
de liberté
indétermination
non absence
de forme
mais excès
de formes possibles
le monde n'est pas achevé et nous non plus
marcher
c'est consentir
à ne pas savoir
où le prochain pas
nous conduira
le mot revient et avec lui le mouvement
le temps n'a peut-être pas une seule mesure
les horloges en donnent une
les corps une autre
la mémoire une troisième
la conscience une infinité d'autres encore
il existe des lieux où le temps cesse d'être une quantité
pour redevenir une qualité
Les hauts plateaux du Vercors sont de ceux-là
sous l'influence du maître Zen Dōgen et de son Sansui Kyō
Le Sūtra des montagnes et des eaux
Gary Snyder
brise la dualité entre l'inerte et le mobile
la vision de Snyder est celle du shan-shui montagne-eau
une réponse élémentaire à l'oubli
des éléments
Dōgen affirme
les montagnes vertes
sont toujours en train de marcher
pour comprendre cela
Snyder introduit le concept de Uji le temps-être
les montagnes ne sont pas des objets statiques dans le temps
elles sont le temps
à l'échelle géologique
la roche coule
se soulève et s'érode
avec la même fluidité que l'eau
en percevant ce dynamisme
nous cessons de voir la Terre comme un décor pour la percevoir
comme un processus éveillé
sachez pour fait que les montagnes
sont chères aux sages
et aux saints. ...
les montagnes sont le corps éveillé
du Bouddha
Dōgen