samedi, septembre 19, 2026

 

Ingurgiter 

avaler ou absorber avec avidité

souvent en grande 

quantité


ingurgiter le monde

avaler les mots

absorber les images

faire entrer le dehors

jusqu’à ne plus savoir

où finit le corps




















ingur JT 

ingurgiter.... le Journal Télévisé

une expression volontairement corporelle et critique  

elle transforme l’information télévisée 

en une 


nourriture mentale que l’on avale 

sans véritablement 

la mâcher



le verbe ingurgiter suggère l’excès


la passivité 

la saturation 


ingurgiter le JT


avaler les nouvelles

avaler les images

avaler les catastrophes

avaler les commentaires


puis 

rester plein de choses

qui ne sont pas 

arrivées

dans 

notre propre vie


















 


la réduction théosophique 

une manière symbolique de ramener un nombre 
à un nombre fondamental généralement 
en additionnant ses chiffres 
jusqu’à obtenir 
un chiffre 
de 1 à 
9.


2026 → 2 + 0 + 2 + 6 = 10 → 1 + 0 = 1


dans la tradition ésotérique cette réduction cherche moins 
une opération mathématique qu’une 
signification symbolique  

le nombre complexe est reconduit vers une unité 
supposée contenir son principe











on peut alors la lire poétiquement comme 

un mouvement de dépouillement 


le nombre se défait

de ses chiffres


chiffre après chiffre

il revient

vers son noyau


le multiple

cherche l’un

et l’un

demeure

sous tous les nombres


















quelqu'un est venu tôt parmi les tournesols 
laissant dans un panier des citrons 
et du pain






















l'eau qui affleure entre les saules invente un abîme d'étoiles
l'espace à y rêver je le déploie et il m'obsède 





buée du désir

l’œuvre se tient dans une zone singulière entre poésie 

méditation biblique et recherche 

spirituelle

















sa poésie avance avec une grande simplicité apparente 

elle ne cherche ni l'éclat ni l'ornement  

elle s'attache au paysage

à la marche

au silence

aux gestes élémentaires

à cette lumière ordinaire  dans laquelle quelque chose 

d'invisible semble parfois 

se manifester


les prés remontent à des bois qui montent

le chemin descend le long des peupliers



la Bible occupe une place centrale dans son œuvre

notamment à travers ses traductions 

et ses réécritures


mais il ne s'agit pas seulement pour elle 

de restituer un texte religieux  

elle cherche à retrouver une parole première

une parole qui précède les constructions théologiques 

et qui puisse encore toucher directement 

l'expérience humaine



le sacré n'est pas nécessairement séparé du monde 

il peut surgir dans 

une pierre 

un chemin 

un arbre

un visage

une lumière sur la montagne


le spirituel demeure proche du sensible


paroles et brises se font de plus en plus impalpables


sa poésie possède ainsi quelque chose de la marche 

elle avance sans précipitation

attentive aux apparitions minuscules


elle ne cherche pas à expliquer le mystère 

mais à lui laisser suffisamment d'espace pour respirer



elle écrit 

comme on marche vers une source 

dont on ne sait pas encore si elle est devant soi 

ou déjà en soi


le paysage devient alors 

une forme de révélation silencieuse 


la terre parle sans discours

le ciel répond sans voix


la femme marche entre les deux

portant en elle une question 

qui ne demande peut-être aucune réponse


l'esprit est le terme terrible et je ne le savais pas









poésie seule poésie

de tout ce que la science ignore


le silence

entre deux mesures


la lumière

avant qu'elle ne devienne

un nombre


la pierre

dans son sommeil


le souffle

qui ne sait pas

encore

qu'il respire


une pensée

avant son apparition


le mouvement

intérieur

de l'immobile


cette chose

sans nom

qui demeure

lorsque tout

a été décrit


la poésie

commence 

là

où le monde

cesse de répondre

à la question

et devient

à nouveau

énigme


poésie seule poésie respectueuse du mystère















dans la langue elle retrouve la sève première

avant le sens

avant le nom

avant même

la séparation

des choses

un courant

très ancien

remonte

dans le mot

comme si parler

était encore

une façon

de toucher

la source













sous la parole quelque chose continue de pousser

silencieusement

vers la lumière



je vais rendre le récit invisible

non pas l'effacer

mais le soustraire

à la lumière

des causes


laisser les signes

sans origine


les gestes

sans explication


les voix

sans personnage


jusqu'à ce que

ce qui arrive

ne raconte plus rien

et pourtant

demeure

comme une trace

dont personne

ne pourrait dire

si elle fut laissée

ou seulement

aperçue



















la voix s'efface dans le bruit

indécis

et insistant


elle ne disparaît pas

elle se déplace

à peine

comme une trace

sous l'eau













le bruit

la recouvre

sans parvenir

à l'abolir



dans cette confusion

quelque chose

continue de parler

mais sans voix


peut-être

ce qui demeure

quand le langage

a cessé

de se reconnaître










illisible la marque des géométries pulsionnelles

quelque chose

se trace

avant la forme


un mouvement

sans figure


une ligne qui désire sans savoir où elle va


le corps

inscrit

dans l'espace

des angles

incompréhensibles

des courbes

sans centre


peut-être

que l'illisible

n'est pas l'absence

de sens

mais le lieu

où le sens

n'a pas encore

pris forme



l'élan vital pour résoudre l'énigme

avance

sans solution


il cherche

en marchant

la question

plutôt que la réponse

comme si

vivre

était déjà

une manière

de déchiffrer

ce qui demeure

illisible

et que l'énigme

ne se résolve

qu'en devenant

le mouvement

qui la traverse
















une indétermination s’allonge en geste

la main ne sait pas encore
ce qu’elle va toucher

quelque chose commence
avant le mouvement



















une hésitation prend forme
traverse l’espace
devient presque direction

le geste avance

mais à son extrémité
l’indétermination demeure

comme si la main
n’avait fait qu’allonger
l’inconnu













la tactilité s’articule

entre la peau
et la pierre

quelque chose approche
sans arriver












la distance se resserre
autour d’un contact
qui n’a peut-être jamais eu lieu

la pierre garde son froid
la main garde sa chaleur

entre les deux
une sensation sans lieu
semble toucher les deux

puis rien




seulement cette étrange certitude
d’avoir été touché
par ce qui n’a pas touché











le visible se soustrait

la pierre demeure
mais son contour recule

la lumière touche
ce qu’elle ne montre plus

un bord disparaît
dans l’évidence

le regard insiste.

quelque chose manque
à l’endroit même
où tout paraît visible



plus le monde apparaît
plus une part de lui
semble se retirer







l’éclaircie glisse

à peine ouverte
dans la masse des nuages















elle touche la pente
une pierre
un morceau d’herbe

puis elle se retire

rien n’a changé

sauf peut-être
la lumière
qui a laissé quelque chose
derrière elle








le souffle passe
sans toucher la peau

rien ne le signale

pourtant les herbes
se penchent

une branche tremble
dans l’espace vide

quelque chose traverse
ce qui ne bouge pas

le souffle continue
sans origine



lorsque tout redevient immobile
on ne sait plus
s’il est passé

ou s’il vient seulement
de commencer













une sécrétion palpébrale

presque rien.

une fine trace au bord de l’œil
un peu de nuit devenue matière

le regard s’ouvre
et la chose demeure

ce qui trouble la vue
vient de l’œil lui-même

une infime opacité
entre le monde
et sa présence










la paupière se lève
sur un monde qui ne commence pas

l’œil reçoit la lumière
comme s’il se souvenait
d’une obscurité plus ancienne

puis il cligne

ce qui a été vu
ne sait plus
s’il appartenait au dehors
ou à l’œil















l’écart ouvre l’énigme

entre le mur
et le regard

quelque chose manque

ce manque
n’est pas vide

il tient là
dans l’infime distance
où la chose cesse
d’être reconnaissable

plus on s’approche,
plus l’écart demeure

comme si l’énigme était précisément ce qui sépare
sans jamais éloigner














l’écart sépare
ce qu’il rapproche

entre le mur
et le regard

il y a presque rien

pourtant ce presque rien s’élargit à mesure qu’on s’approche

la chose devient plus proche
moins saisissable

l’écart ne se comble pas

il devient
la seule manière
d’être près

















 la longueur reproduit son ivoire 

une matière qui se répète elle-même 

dans son propre 

déploiement


la longueur 

n’est plus une simple mesure 

elle devient une façon de faire apparaître l’ivoire 

sa blancheur sa dureté

son grain

sa mémoire animale  et minérale



















la longueur

s’étire

et dans son étirement

l’ivoire revient


même blancheur

même silence


la matière

reproduit sa matière

comme si le temps

en avançant

ne faisait

que répéter

l’os secret de la forme








l'os secret de la forme est ce qui demeure
quand la forme se défait

sous la peau du visible
une armature silencieuse

quelque chose tient.

la pierre se brise
la branche se courbe
le corps disparaît

dans chaque disparition une ligne persiste

un dessin sans figure
une ossature enfouie
qui continue
de porter l’invisible


















 un défaut de présence l’interruption s’arrondit 

une absence qui ne reste pas 

une coupure nette

 

le manque de présence devient

une forme

et l’interruption

au lieu de casser le mouvement 

s’arrondit jusqu’à devenir 

seuil

silence

continuité autrement












un défaut de présence

quelque chose manque

alors la ligne se brise

mais la brisure

ne reste pas brisure

elle s’arrondit

devient creux

devient silence


dans ce silence

la présence

revient autrement



la mémoire ouverte

faible

comme une cassure


elle laisse entrer

le temps

et lorsque la voix

veut parler

elle rencontre

cette fente


quelque chose se resserre

la parole s’étrangle

non parce qu’elle n’a rien à dire



mais parce que
le souvenir
est encore trop proche




 
















c’est un livre sans centre imposé 

il ne reçoit pas son unité d’un titre qui commanderait les textes 
mais de leurs rapprochements écarts 
reprises et résonances


le sens ne précède plus le livre comme 
un projet unique 

il se forme 
en le parcourant














un livre
sans titre pour le tenir

des fragments
des voix
des reprises
des écarts

rien ne commande
rien ne rassemble absolument

et pourtant
quelque chose insiste

le sens n’est pas 
au-dessus du livre

il circule
entre les pages

le livre 
devient son propre titre




***


il y a ici une poétique 

de l’écart 

la voix ne parle plus pour obtenir 

une réponse 


elle s’avance dans un espace où répondre devient 

impossible ou secondaire


la distance n’est plus séparation mais 

instrument d’exploration 


elle donne au regard à la voix et au sens 

l’espace nécessaire pour 

apparaître






sentir la voix
se risquer

libre
dangereusement libre

hors de la réponse

parler
sans savoir
qui répondra

puis laisser
entre la voix et le monde

assez de distance

pour que l’espace
commence
à penser

















 












Energy Gel

une petite poche
de sucre et de lumière

quelques grammes
pour traverser la pente

le corps prend
ce qu’il lui faut

le reste disparaît

un instant de force
entre deux respirations

puis le chemin
reprend tout













une conception généalogique et presque organique du texte  
un texte ne demeure jamais intact

il circule se déplace se transforme au contact 
d’autres textes d’autres lecteurs 
d’autres époques

plagié il change de propriétaire
déplacé il change de contexte
déformé il change de forme
dégradé il perd quelque chose
décontextualisé il gagne parfois un autre sens
complété il devient autre chose


et lorsqu’il est reformulé il cesse d’être exactement celui 
qu’il était tout en continuant à vivre

les textes
ne meurent pas

ils passent de main en main

se copient
se froissent
se déplacent
s'altèrent

une phrase quitte son auteur
entre dans une autre phrase

puis dans une autre mémoire

et soudain
elle ne sait plus
d'où elle vient

 

ainsi 
vivent 
les 
TEXTES

par leurs métamorphoses





Energy Gel

une poche de sucre
contre la pente

le corps brûle
ce que la poche promet

le sucre entre
et la montagne demeure

quelques grammes de douceur
dans une longue dépense

la bouche reçoit le miel
les jambes reçoivent la pierre

un éclair de sucre

puis l’effort reprend
plus vaste que le corps


















 

la poésie et la philosophie

la philosophie cherche à comprendre 
ce qui est

la poésie cherche à faire apparaître 
ce qui est

l’une avance par concepts
l’autre par images

mais toutes deux cherchent la même fissure
celle par laquelle le réel cesse 
d’être évident



























la philosophie nomme
définit
distingue

la poésie déplace
condense
ouvre


l’une construit 
une pensée

l’autre découvre parfois 
que la pensée était 
déjà 

dans la chose
dans la pierre
dans le silence
dans un peu de lumière sur le sol


la philosophie demande 
pourquoi

la poésie demande parfois seulement 
qu’est-ce qui est là



entre les deux
il n’y a pas opposition
mais une tension


la philosophie veut atteindre le réel par la pensée
la poésie veut atteindre la pensée 
par le réel




leur point commun le plus secret 
est celui-ci 


penser 
jusqu’au silence

écrire jusqu’à ce que 
le silence commence à penser





























le rocher et l'éternel retour 

peuvent former une image très puissante 
de la pensée de Nietzsche

à condition de ne pas prendre le rocher comme symbole 
d'une immobilité absolue
























le rocher semble être ce qui demeure 
il résiste au temps au vent à la neige à l'érosion

il donne au regard l'impression 
de l'éternité

mais Nietzsche nous apprendrait à nous méfier 
de cette apparence


le rocher n'est pas immobile

il se fissure
il s'effrite
il devient caillou

le caillou devient sable
le sable retourne à la mer
la mer devient nuage
le nuage devient pluie
la pluie retrouve la montagne





le rocher n'est donc pas l'éternité comme 
permanence d'une forme

il peut devenir l'image de l'éternel retour comme retour 
incessant des transformations

le rocher demeure
parce qu'il ne cesse de devenir autre


du nuage au caillou
du caillou au nuage

le retour n'est pas nécessairement le retour identique 
d'une chose exactement semblable

chez Nietzsche, l'éternel retour est surtout 
une pensée vertigineuse : 

pouvoir vouloir que l'existence entière
avec chacun de ses instants
soit vécue encore 
et encore


le rocher devient alors 
une sorte d'épreuve

il ne demande pas 
combien de temps vais-je durer

il semble demander 
peux-tu dire oui à tout ce qui te constitue 
y compris à ce qui se brise 


le rocher contient ainsi simultanément 
l'éternité et la destruction

sa masse paraît éternelle.
son devenir est éphémère

sa permanence est faite d'érosion
c'est peut-être là une très belle image du nietzschéisme 


ne pas chercher l'éternel dans ce qui 
ne change pas

mais dans la capacité de dire oui au 
changement lui-même

le rocher ne revient pas comme 
rocher

il revient autrement 

pierre
caillou
sable
poussière
nuage
pluie
pierre



la matière change de figure
mais le cycle continue

l'homme lui aussi
est pris dans cette circulation

il voudrait être un rocher  
stable identique à lui-même protégé du devenir

mais il est plutôt une forme provisoire 
du devenir




l'éternel retour pourrait murmurer 
au marcheur 

ne demande pas à la montagne 
de te promettre 
l'éternité

regarde-la se 
défaire

elle t'enseigne une éternité qui 
ne conserve rien

le sommet tombe
le caillou roule
le sable voyage
le nuage revient

rien ne demeure identique
et pourtant rien 
n'est perdu






le rocher serait ainsi moins l'image de l'éternel 
que son paradoxe minéral 

ce qui semble immobile est déjà 
en train de revenir













les Dolomites septembre 2026











la découverte d’un malentendu intérieur est nécessaire 
à la découverte de la compréhension 
transcendantale de soi comme 
point de départ







cette phrase de Philippe Beck décrit 
un renversement de la connaissance de soi






























le malentendu intérieur  désigne le moment où je découvre que ce que je prenais pour moi-même  mes pensées mes certitudes mes désirs mon histoire même l’image que j’ai de ma conscience  n’est peut-être pas exactement ce que je suis


il faut donc d’abord découvrir l’erreur dans la manière 
dont je me comprends 

non pour remplacer une fausse définition par 
une nouvelle définition 

mais pour mettre en question celui 
qui cherche à se définir

le malentendu devient ainsi une porte 
négative 

quelque chose se défait



je croyais connaître celui qui regarde
je découvre que je connaissais surtout ce que le regardait

je croyais être mes pensées
je découvre que je peux les observer

je croyais être mon histoire
je découvre qu'une conscience précède 
le récit que j'en fais



c'est ici que peut apparaître 
la compréhension transcendantale de soi 

non pas un savoir supplémentaire sur soi mais 
un déplacement du point de vue. 

le soi cesse d'être seulement un objet 
de connaissance et devient 

le lieu depuis lequel toute connaissance 
apparaît


le  point de départ  est alors 
très précis 

je ne commence pas par savoir qui je suis je commence 
par découvrir que je me suis mal compris

la véritable compréhension commence exactement là 
où cesse la prétention de se comprendre




le premier éveil n'est pas
je sais qui je suis
mais

je découvre que celui que je croyais être 
n'était qu'une interprétation

le malentendu n'est donc pas l'obstacle 
à la connaissance de soi

il est la fissure par laquelle la connaissance 
de soi devient possible










vers la Pointe de la Terrasse 
septembre 2026




























Nadja 









le récit d'une rencontre qui devient peu à peu 
une expérience de dérèglement 
du réel



























elle apparaît  comme une présence presque irréelle 
imprévisible traversée de signes
et de coïncidences

elle ne semble pas simplement habiter le monde 
elle le décale

une fenêtre une phrase un regard deviennent soudain 
les fragments d'une constellation secrète

à travers elle
la frontière entre hasard et nécessité se brouille






le poète 
ne cherche pas seulement à raconter 
une femme  

il cherche ce point où la vie quotidienne cesse d'être quotidienne où l'événement le plus insignifiant devient chargé d'une puissance énigmatique

Nadja est ainsi moins un personnage qu'une figure 
du hasard objectif 

de la rencontre de la disponibilité 
au merveilleux




elle marche sur le monde
comme si le monde marchait en elle

elle ne possède 
pas les clés du mystère
 
elle est la porte





lorsque 
la rencontre se défait
demeure une question plus profonde 



qu'est-ce qui dans le réel nous regarde 
lorsque nous croyons simplement 
regarder le monde 























cette formule de Christian Bernard 
est très belle parce qu’elle joue sur survivre 

vivre au-dessus après dans la simple 
prolongation de la vie

dire 

j’appelle poésie 
ce qui fait sauter le préfixe de survivre 

ce serait dire que la poésie ne cherche pas à survivre mais à vivre 
à retrouver la vie avant qu’elle ne soit réduite 
à sa conservation


elle 
retire 

le sur 
survivre → vivre































le poème 
ne vient donc pas après 
la vie

il est une manière de rendre la vie présente
immédiate
intense








la poésie
fait tomber le sur
survivre
devient
vivre
et vivre
n'est plus durer
mais être là
dans le souffle
dans la pierre
dans la lumière
maintenant



























le bois mort 
n’est pas simplement ce qui a cessé de vivre

il est la vie devenue trace
la matière après la forme la durée rendue visible







l’arbre vivant monte vers le ciel 
le bois mort retourne lentement à la terre

























entre ces deux mouvements il devient un seuil métaphysique 
il montre que la mort n’est peut-être pas l’opposé 
de la vie mais l’un de ses modes 
de transformation



ses anneaux demeurent lorsque les feuilles ont disparu
la croissance est devenue mémoire

la sève est devenue silence
le temps qui travaillait de l’intérieur apparaît 
maintenant à la surface


bois mort
mais encore plein de forêt
la sève s'est tue
le temps demeure
chaque cercle
une année retirée au visible
chaque fissure
une écriture du froid
il ne pousse plus
et pourtant
il continue de devenir

lentement
il retourne à la terre
qui l'avait fait naître
le bois mort
est peut-être
la forme que prend la vie
lorsqu'elle cesse
de vouloir demeurer








Tourbière des Saisies septembre 2026






















Ne désespérez jamais. Faites infuser davantage.
Henri Michaux , Face aux verrous.

Du "Dao" originel
du commencement du réel
des signes célestes
des formes terrestres
des règles saisonnières
de l'examen des choses obscures
des esprits essentiels
de la chaîne originelle
de l'art du maître
des évaluations fallacieuses
de l'équivalence des moeurs
des résonances du "Dao"
de l'inconstance des choses
des paroles probantes
de l'utilisation des armes
montagne de propos
forêt de propos
du monde des hommes
du devoir de se cultiver
de la synthèse ultime


"ô le plus violent paradis"

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E.O E.P. EA EAIO EB écart énigme Echenoz échos Echos L.A. Eckhart Tolle éclipse Eco Ecosse écoute écritures ED Eddas EDG EDJ EDLCDS EDLF Edmond Jabès EDO EIJS elle ELLEDIT ELLELL Elles Ellul EM Emerson Empédocle EN ENCORE encres et musique Encres et peintures Ennéade ennui EnSof Entre entrelacs environnement Eons EPE épiphanies épistémologie EPLA époché Eranos ère ERRER Escher ESE Eshleman Esnault ESPA Espace Espitallier essais EST ét été Etel Adnan ETLPDMP Etna étoile Etymologie Eucharistie Euler évangile éveil Eventail Exergue F F.A. F.EAA F.O F.Pirates FAA Fable Fadeur faits FAJ Fantasy Faune Fayçal fenêtre Fengliu feu Fiction Films FiniSol Finkielkraut FIVE FL Flore fmr FNAR Foligno Forest Formalisme Foucault Fourcade Fourier FP FQPCC Fractales fragm Fragme Fragments France François Cheng Frappat Frémon Fréquences Froid Fugue Fuji Futur G.C.L. G.Luca G.R.I Gary Snyder Gaza GB GDD GDLMC GDT GEGO Gelassenheit généalogie genese Genet Genji Géologie géométrie géophanie Géopoésie Germaneta Gervais Geulincx GIA Gif Giffard Giovannoni Girard Giraud Giroux Gîta Gizzi Gleize Glossaire GMH Gnoséologie Gobenceaux Godard Gödel Godwin Goethe Gombrowicz Gongora Goodman Nelson GOPC GPDB GR54 GR70 GR91 Graal Grâces Graeber Gramm gris Grothendieck Guerre Guesdon Guy Debord Guyau Guyotat GVDT GWFH Gygès H H.Corbin H.D. H.P Habitus Hadot Haenel haïku Hamant Hamish Fulton Hamon Harms Harrari Hart Crane Hausmann Havet HDT HE Heaney Hécate Hegel Heidegger Hello Henri Michaux Henri Thomas Herbes Herta Müller Hésiode Hesse Heures hexagrammes HFSR HHPC Hikmet Hillesum Hiroshi Yoshida Histoire HM HN HO Hocquard Hofmannsthal Hohl Hölderlin Hominidés homonymies Horace Houellebecq HR. HRC HS HSCDLAE HTH Hubin Hugo Ball Huguenin Hume HV Hymnes orphiques Hypérion hypertexte Hypnos i I remember I.P-B. IA ici idéogrammatique IDLR idole IFE Igitur il Illuminations illuminer illuminisme ILVLA ilya immédiat immédiatement Impensable impératif imperceptible Impresses incertitude Index individu Infini Infinitif initiales inquiétude Insectes installation instant Internet Interrompre invisible Irwin Ishihara Isidore Isis isolato Issa italiques Ivsic J-P Michel J.J.F.W. J.J.U. J.L.P Jaccottet jaime Jakobson Jankélévitch JANUS Jardin Jaspers JAZ JBE JCERDM JDLF JDS JE JE & Jean jean Daive Jean Michel Lou JELRLT Jesuis Jésus jeu JHN Jirgl Joan Mitchell John Cage Jouffroy jour jour17 Journal Jours jours17 Jousse JR Juarroz Jullien JYL K.G K.K Kabîr Kafka Kairos Kaplan Kapoor Kastrup Kathleen Raine Katué Kawara Kay Ryan KDCN KDICK Keats Kenneth White Kerouac Khazar Khlebnikov khôra Kiarostami Kingsley Kircher KK KLTDD koan Koons Koshkonong Kosuth KOUA Kral Kuhn Kundera Kunitz Kybalion Kyoto L.A.S L.D. L.R.des Forêts L.S L'EI là La Croix La parole de l'autre La vie de la montagne labyrinthe lac Lacs LADR lafabrique Laforgue Lagopède LALELES Lamantin LAME Lapiaz Laporte Roger Larry Eigner latin Laugier Laurent Margantin LBA LCC LCD LCDE LCDI LCDJ LCDP LCI LCR LCS LD LDB LDF LDLH LDM LDMC LDMH LDR LDS LDV Le Clézio Le Livre Le poème LEC LECDF LECLA Lectures LEDA LEDUI LEE Lee Ufan LEF légende légumes Leibniz Leibovici Leili Anvar Lely lensball lepoète Les eaux Les empereurs Les fils Les oiseaux lesoi Lespiau Lessing Lettres Lev Rubinstein Lex1 lex2 lex3 lex5 lex7 lex8 Lexie Lexique LFDH LFDLP LFDP LFDRT LFMR LFQ LGD LGDE LGDFASP LGDLM LGDP LGPDB LGS LGTDLP LGVDLH LHDD LHS LIDT lieux Lieux-source lièvre Ligne7 lignes Lionel André éclats Lionel André éditions Lionel André encres Lionel André photographies Lionel André randonnées LIQV Lisa Cairns list listes littéralité livrelit LJDP LLDLI LLDME LLDO LLDP LLDQ LLL LMDDDLH LMDF LMDLE LMDM LMV LO LOAN LODL LOGOS lois London Lorand Gaspar Lorenzo Menoud Louise Bourgeois Louise Glück LPC LPDLE LPDP LPDS LPI LPM LQDLE LRDD LRDP LRDR LRDT LRED LSDA LSDS LSDV LSMT LSNDLR LTDS LTO LTR LUELADC Lune Lupasco Lus & Mus Lux LV; LVB.TDSDC LVDDP LVDT LVESO LVLTDLO LVMDE Lyn Hejinian Lynn Schwartz M M.Caron M.Craig-Martin M.S.M M.Trinité Ma Macedonio Fernandez Machado Maestri Maggiore Maïakovski Mains maintenant Mais Mallarmé Malrieux Mandalas Mandelstam MANEKINEKO Manganelli Manifeste Manon mantra Manuel Joseph manuscrit Manzoni Map Marchand Marcheurs Marelle Marie Martin Ziegler Marx Masao Yamamoto masque Massera Matinaux Matsui Matta-Clarck Matton Mauguin Mavis Karn maximes MBK MBO MC McCord MCH McLuhan MDA MDC MDLADLE MDLF MDOU MEC Mécanisme Méditations Meillassoux Mélusine mémoire Memories Menus Meraviglia Merci Mercredi Mercure Merton Thomas messages Mesure Métamorphoses Métaphysique Métis Metro MFRC MG Michon micro microcosme mieux Millet Milton Mina Loy Misrahi Miura ori MJNYCR MK monade Mondo Monostiques Monosyllabes Montagnes et Glaciers Montagnes poèmes Montaigne Montale Monteiro Moore Morris mot mots Moving mp3 MPUSPM MSerres MTAS Mû murmure Murphy Murs et Fenêtres Muscle Musil musiq Musique MWLG Mystères MZD N N.M Nabokov Nadja Nagarjuna Nagori Nancy Napoli Narnia Nassim Haramein Nathaniel Tarn Nature Nauman NDBDP NDDP NDLT Néant Négation Neiges Neil Mills Némésis Nerval neuf Neutre Nice Niedecker Nietzsche Nihilisme Nirupana NLJNLH NOBUO noeuds Noguez Noir nOmbres Nonnos Norge NOTEPAD Notes-Book Notes-Rapides Notifications NOUS noûs Nouveautés Novae Novalis Novarina NP NPhS NRSNPEM Nuages Nuits O.Pé Oberland objets Objets d'Amérique Oblomov Ockham Octaèdre ODIN ODSI œil OELDT Ogadine Olivier Cadiot OLR OM ON ondes Onfray onthologie Opalka Oph. 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SDM Sel selon SELP Seneca Sénèque Sengaï SGM Shakespeare Shepherd Shitao Shiva Shônagon SI Sicard signal Signes Signets Sikelianos silenc SILENCE Silesius Silliman Simmel Simon Cutts Sinclair singularité Situation Sivan six SJDC Skalova Ski SLFDM société soleil solénoïde Solutré Sommeil Sonnets Sons Sor Juana Sôseki Soto Soufi Soufre Soulages Souligne Sous le Pas SP SPHS SPiced Spicer Spinoza Spira spirale sport SPRCGB SPSLSA Squires SSM Stéfan Stein Steiner steppe Stromboli Structure Suarès SUBHDLH Suchère Suel suite Sun Tzu sur Suso sutras Swensen Sydney Banks Synchronicité synonymes Synopsis T T.A T.C T.R T.S.Eliot Tabarini Takis Tanizaki tantôt TAOPY Tardy Tarkos TC Tchékhov TDQ TDUESDS TEL Temps Temps probable TeneT Tétralemme TEXTES Thalès Thaumazein Thé Théorie Tholomé Thoreau timbres TINTIN Tissu Titres TLP TN TNS Tocqueville Todtnauberg tomates TOPOS Torque Toscane Toujours TouT TP TP.BN Traces Tractatus Traduire Trail Trains Transe translucide TRICTRAC Triste époque Tsvetaeva TT TU Tumulte Tunnel Tweets Twillight Typoésie Tzara u.p.d.d.v UCCDC UCDD UDP UEAN UEAR UJAAB UJAJS Ukraine ULDL ULDLLA Ulysse UMO UMP UN UNM unmot UPDS UPSA usura UVD V V.E V.I. 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