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mardi, septembre 22, 2026

Rauschen 


bruissement

murmure

frémissement

grondement sourd

ronronnement  bourdonnement

vacarme selon l’intensité


un bruit continu diffus et indistinct

comme le vent dans les arbres

l’eau qui coule ou le bruit de fond d’un paysage

















bruissement  

est probablement le plus juste 

le bruissement du monde avant qu’il ne devienne parole




mot du dehors 
et qui du dehors même 
de la langue à laquelle il appartient


















embrasure 

ouverture pratiquée dans un mur ou une paroi pour recevoir 
une fenêtre une porte ou une meurtrière

un seuil une ouverture dans l’opacité par laquelle 
entrent la lumière le regard l’air 
ou le monde

moins 
une ouverture totale qu’une ouverture 
cadrée

un espace 
entre dedans et dehors
entre retrait et apparition
entre voilement et dévoilement

l’embrasure est le lieu précis où le caché commence à paraître






















sur une interruption qui chaque fois aura produit l'abrupt 
cette embrasure ... tout d'un coup 
étendue à soi



























mercredi, septembre 16, 2026

plus sec 
plus stratifié avec 
davantage 
de pierre, 
de faille et 
de matière


le mouvement des mots
contient une solidité

















sous la phrase
une dalle

sous la dalle
la faille

les mots se déplacent
comme des pierres dans l'éboulis

ce qui demeure
n'est pas le sens

mais son poids









un mot tombe

le silence
le reçoit
comme une roche














samedi, septembre 05, 2026

une parole reçue indirectement 
une rumeur une voix 
venue d’ailleurs

sentii dire


j’ai entendu dire
et la parole
déjà


s’éloignait



une couleur du crépuscule où le rouge semble retenir 
la dernière lumière du jour avant 
son effacement

rosso serale


le 
rouge 
du 
soir


la lumière
au bord de disparaître





l’éclair 
une lumière brève et intense 
qui surgit dans 
l’obscurité

fulgore


j’éclate de lumière
un instant


le monde apparaît





un mot 
qui abolit momentanément 
la séparation 

insieme


deux présences
un même mouvement
un même souffle





un départ 
une orientation 
vers un lieu encore éloigné

alla volta dell’isola



vers l’île
le regard devant soi









et 

la mer 

comme chemin











limit-hero

une figure qui pousse l’existence jusqu’à son bord 


celui 

qui traverse les frontières 

du possible du connu ou de lui-même 


l’épreuve devient 

une expérience de transformation












un homme avance sur un étroit sentier de terre
la montagne calcaire monte devant lui en une vaste paroi striée

l’herbe accroche le versant
le chemin dessine une ligne brune dans le vert

le corps marche 
entre la matière ancienne de la roche et 
le mouvement du présent

la projection du temps dehors

c’est ici le corps minuscule
contre l’immensité stratifiée

la marche inscrivant dans la montagne
une durée humaine













eroe-limite

le héros-limite 
est celui qui marche 
jusqu’au point où le chemin 
cesse et où commence l’inconnu





une irruption brutale 
qui atteint le corps sans passer par la chaleur 
de la maladie 

une perturbation invisible 
où le nerveux devient le lieu d’une alerte 
silencieuse et mystérieuse





le temps quitte l’intériorité pour se déposer 
dans le monde visible 

comme une ombre une lumière 
un paysage ou 
une trace


le dehors 
devient la surface 
où la durée se manifeste
























jeudi, septembre 03, 2026

di soglia in soglia 

l’existence 
n’est peut-être pas un chemin vers 
un lieu final

mais 

une succession de passages

de seuil en seuil
ce n’est pas l’arrivée qui demeure
mais le passage

























l'Arche du Trou de la Mouche
septembre 2026
























l’ospite 


l’hôte

avec cette ambiguïté magnifique du mot 
celui qui accueille et celui qui 
est accueilli



celui qui entre
et celui chez qui l’on entre

une présence
à la frontière
du dedans et du dehors










Bene 

un mot très simple qui peut devenir 
une approbation entière 

bene

ainsi
c’est bien
le monde suffit





Molto prima di sera 

le soir est déjà annoncé 

mais 

il reste 

encore loin




bien avant le soir
la lumière 

demeure

le jour 
semble ne jamais 
finir














 
midi arrivé avant 
l’heure 

comme 

une lumière 
qui aurait devancé 
le temps

le jour s’est déjà ouvert
et pourtant le matin demeure encore
dans la clarté

Midi Précoce

























Kristall 

un mot 
de transparence et de structure 

la matière y devient géométrie 
la lumière y révèle 
ses arêtes


Kristall
la lumière
qui a trouvé
une forme





du temps brin 
de lavande
 
une mémoire presque 
tactile 

le temps ne revient pas comme 
une histoire

mais comme une odeur retenue dans 
une plante minuscule


un brin de lavande et soudain le temps
a une odeur


odeur du temps brin de lavande















pavot et mémoire

une alliance étrange entre la fleur du sommeil 
et la persistance du souvenir

le pavot endort 
ce que la mémoire réveille

dans sa corolle fragile le passé semble dormir
sans jamais tout à fait disparaître















le sable des urnes 
une mémoire réduite à l’infime

la cendre devenue sable
le disparu devenu matière presque sans poids

l’urne ne contient plus seulement 
des restes 

elle contient 
la trace d’une présence

le sable
en s’écoulant
fait du temps lui-même 
une poussière









rends-moi amer 
compte-moi parmi les amandes

parole 
de dénuement 
et de métamorphose 



 
rends-moi amer 

comme 
si 

l’expérience 
devait perdre  toute douceur


compte-moi 
parmi les amandes 

comme 
si 

l’être pouvait malgré tout être recueilli
compté conservé parmi 
les formes 
vivantes



l’amer et l’amande  

le goût 

de l’épreuve 

et dans le même mot  

presque

la promesse d’un 

noyau





la lumière 
vient de face
derrière ce qui regarde 
transforme les formes en silhouettes


conte-jour
c’est voir par l’effacement 

la lumière ne révèle plus les contours elle les retire
laissant apparaître une présence 
sous forme d’absence





Halme der Nacht 

les brins d’herbe de la nuit ou les chaumes 
de la nuit


la nuit devient une matière végétale fine et dressée
que le regard traverse à tâtons


les épis de la nuit dressés 
dans le noir

chaque épis
comme 
une trace de lumière
absente





une parole qui ne cherche plus à mesurer le temps 
mais à le laisser advenir

le temps enfin délivré de l’attente
le présent devenant 
présence

il est temps qu'il soit le temps
il est temps























erfahren 

faire l’expérience de
éprouver
vivre quelque chose directement

le mot porte aussi 
l’idée 

d’un savoir acquis 
en traversant l’expérience  

on ne sait pas seulement quelque chose
on l’a éprouvé

erfahren
traverser
éprouver

et savoir parce qu’on est passé par là









la Montagne d' Anterne 
vers le refuge Alfred Wills








eundo assequi 

latin  

atteindre en marchant 

parvenir en allant 

le but ne précède pas nécessairement 
le chemin 

c’est le mouvement lui-même qui fait 
advenir l’atteinte

l’atteinte 
ce qui est rejoint
mais aussi le geste même par lequel on rejoint


le chemin ne mène plus à l’atteinte
le chemin est l’atteinte



marcher et atteindre
en marchant


avancer et découvrir
que l’arrivée

était déjà 
dans 

le pas
















samedi, août 29, 2026

le mot et le nombre 

le mot est singularité 




il désigne évoque résonne

il porte une histoire une image une ambiguïté

un mot ne se contente pas de mesurer le monde 

il le fait apparaître sous un certain angle

il est qualitatif 

sensible

ouvert



























le nombre lui est abstraction et mesure

il dénombre ordonne compare

il réduit la multiplicité à une structure intelligible

là où le mot suggère le nombre détermine 

là où le mot ouvre un champ de significations

le nombre impose une relation précise


entre le mot et le nombre se joue une tension 

entre qualité et quantité

signification et mesure

poésie et structure


le mot dit   cela signifie

le nombre dit   cela mesure



mais le nombre peut devenir langage 

et le langage possède lui-même une architecture 

presque mathématique




le poème compte ses syllabes

la musique compte ses temps

la marche compte ses pas






ainsi

le mot donne un nom à l’inconnu 

le nombre lui donne une proportion

le mot imagine le monde

le nombre le mesure

entre les deux 

la forme
























lundi, août 24, 2026

une sorcière qui tient sa charbonnée dans un vase d’argile 
ne voudra jamais nous raconter ce qu’elle sait 
et que nous ignorons



oracle ne répond pas


il ouvre

une fente

dans le savoir

une parole

à demi


une lumière

dans la brume









il ne dit pas ce qui sera


il déplace le regard

vers ce qui

pourrait être

écouter

sans demander

une certitude



le signe

n'est pas

une réponse

il est

une bifurcation



oracle parle dans l'indéterminé

et nous apprend

à marcher

sans savoir



***


prémonition


quelque chose 

vient avant que quelque chose

arrive



un frisson

dans l'air


une lumière

qui change

sans raison


le corps

sait

avant le mot


une forme

encore invisible

traverse

le présent

et le futur



semble

déjà là

à peine


un pressentiment pas une certitude

une ouverture

dans le temps



la prémonition n'annonce pas

elle trouble

elle déplace

elle laisse

dans le présent

la mince mémoire

de ce qui

n'est pas encore



















triangle temporel



passé

présent

futur

trois pointes

d'un même

triangle















le passé

retient


le futur

appelle


le présent

respire

au centre


rien ne demeure séparé


la mémoire

entre dans

l'attente


l'attente

entre dans

la mémoire


et le présent les fait communiquer


un triangle

qui n'est pas

une figure

mais un mouvement


trois temps

une seule

respiration


hier

ici

demain


et dans cet instant où ils se touchent

le temps

cesse presque

d'être une ligne


il devient

espace







un mot revient

indétermination


il revient

sans revenir

comme une vague

qui ne retrouve jamais

exactement

la même rive


ne pas savoir

n'est pas

être perdu


c'est laisser

le possible

ouvert


une forme

se défait

une autre

n'est pas encore

née


entre les deux

un espace

de liberté


indétermination

non absence

de forme

mais excès

de formes possibles


le monde n'est pas achevé et nous non plus


marcher

c'est consentir

à ne pas savoir

où le prochain pas

nous conduira


le mot revient et avec lui le mouvement










hypnagogique


entre veille et sommeil

le monde

perd ses contours


une forme

apparaît

puis disparaît


un visage

sans visage















une voix

sans bouche


le corps

descend

la pensée

flotte


et quelque chose s'ouvre dans l'entre-deux


ni rêve

ni veille

mais le seuil

où les images

se forment

avant d'être

nommées


demeurer là sans saisir

laisser venir

laisser passer

comme des nuages

dans une conscience

qui commence

à rêver

avant de dormir


c'est le repos éclairé 

ni fièvre ni langueur sur le lit ou sur le pré




passivité lucide du dormeur 
dont l'esprit fixe les formes naissantes 
du rêve avant le basculement complet dans la nuit


***







le sang
les fleurs 
le feu 
les bijoux



la fusion entre la recherche scientifique/intellectuelle 
et le ravissement poétique






l'extase harmonique

quand rien

ne domine

plus rien



quand les contraires cessent de se combattre

et commencent

à résonner


le corps

n'est plus

un poids


la pensée

n'est plus

une charge


le souffle trouve sa mesure

une note

répond

à une autre


la lumière répond à la pierre

le pas

répond

au chemin

et quelque chose

dans cette

correspondance

s'ouvre

sans effort



l'extase n'est pas sortir de soi

mais découvrir

que le soi

était déjà

une vibration

parmi les autres


une harmonie

sans centre

où tout

se répond

et rien

ne possède

le dernier mot



une image d'accord parfait

O la face cendrée l'écusson de crin les bras de cristal ! 
le canon sur lequel je dois me jeter à travers 
la mêlée d'arbres et de l'air léger ! 







le mot aime ôter      le mot est instable

cette formule touche à quelque chose de très profond 
dans la nature du langage  

un mot ne se contente pas de désigner 
il découpe le réel  et toute découpe est une soustraction


le mot aime ôter

nommer c'est sélectionner

dire  arbre  c'est déjà soustraire l'arbre singulier 
à son infinie richesse 

son odeur son âge la température de son écorce 
la lumière qui le traverse le bruit 
de ses feuilles sa place 
exacte dans 
la forêt

le mot simplifie pour rendre communicable
il gagne en netteté ce qu'il perd en totalité

























nommer c'est perdre quelque chose pour pouvoir 
montrer quelque chose

le mot  arbre  ôte l'arbre réel mais cette soustraction rend 
possible son apparition dans la pensée

il y a donc 
une étrange dialectique 

le mot retire le monde
et en le retirant le fait apparaître autrement

le mot est instable
parce qu'un mot n'a jamais un sens absolument fixe

il change avec 
celui qui le prononce
celui qui l'entend

la phrase où il apparaît
le rythme
le silence qui l'entoure
l'époque
l'expérience




le mot  amour  n'est pas le même dans une lettre
un traité de philosophie un poème ou 
une conversation intime

le mot est donc une sorte de particule sémantique 
il possède des états différents selon le champ 
de relations dans lequel il entre



se tromper sur le tempo d'une phrase 
c'est se tromper 
sur son 
sens


le mot n'est pas une chose immobile
il est événement



oter et instabilité

les deux propositions sont en réalité liées
le mot est instable parce qu'il ôte

à chaque fois qu'il nomme
il crée un manque

il ne peut jamais 
tout dire 

il laisse 
quelque chose hors de lui

mais ce reste absent revient 
hanter le mot



c'est peut-être pourquoi un grand poème paraît souvent 
plus riche qu'une définition

il permet au mot de conserver une partie 
de ce qu'il n'a pas réussi à dire

le mot ne ferme donc pas nécessairement le sens
il peut l'ouvrir


une petite phénoménologie 
du mot

on pourrait alors suivre quatre 
mouvements 

le mot montre
le mot cache
le mot retire
le mot rappelle ce qu'il a retiré

le langage devient ainsi une économie 
de présence et d'absence



chaque mot est une petite porte 

il ouvre quelque chose
et ferme autre chose

c'est pourquoi la poésie cherche souvent à rendre 
le mot instable 

déplacement syntaxique répétition silence rupture
voisinage inattendu

elle empêche le mot de se figer dans 
son sens lexical

elle le remet en mouvement






et 
peut-être 
la formule peut-elle 
finalement se condenser ainsi 


le mot aime ôter
parce qu'il ne peut montrer qu'en retirant

le mot est instable
parce que ce qu'il retire
continue de vibrer autour de lui

ou plus radicalement 

un mot n'est jamais seulement ce qu'il dit 
il est aussi ce qu'il a dû taire 
pour pouvoir 
le dire





***



une lecture est particulièrement féconde si on prend le langage des oiseaux  au sens de jeu phonétique et de décomposition des mots où l'on écoute le mot avant de chercher à le définir



dans :

M     aime 

O T  ôter

le mot aime ôter

il y a une véritable petite mécanique sonore

M aime O T peut être entendu comme 

M aime O T → M aime ôté → même aimé 

le mot se décompose et se recompose à l'oreille

les lettres deviennent des sons 

les sons deviennent des mots,

et le sens apparaît par glissement


surtout

aime  et  ôter 

se rencontrent dans une étrange opposition 


aimer =    rapprocher accueillir garder

ôter    =    retirer séparer soustraire

Et pourtant ton jeu dit :

M aime O T  M aime ôter

autrement dit

le  aime  contient déjà le geste d'ôter

on pourrait pousser le jeu 

M aime O T


→ M aime ôter
→ le mot aime ôter
→ le mot aime retirer
→ le mot aime soustraire


le langage devient alors une opération presque alchimique  

il retire des lettres au mot pour en faire 

apparaître un autre


et c'est précisément là que le  langage des oiseaux  devient intéressant philosophiquement  il ne cherche pas nécessairement une signification cachée derrière le mot  il écoute les possibilités contenues dans sa matière sonore

le mot devient instable.

il peut être :

lu
entendu
découpé
réassemblé
déplacé


ainsi dans la formule  

ôter 

ne signifie plus seulement enlever

quelque chose 

au réel


le mot lui-même s'ôte une partie de lui-même 

pour faire apparaître 

autre chose



on pourrait presque écrire 

M aime O T

M aime ôter

le mot s'ôte

et 

dans ce qu'il retire un autre mot apparaît

 

c'est une très belle définition du langage poétique 

le mot devient créateur 

lorsqu'il accepte de perdre sa stabilité



et peut-être que  

le mot aime ôter  

signifie finalement 



le langage 

ne cesse de se soustraire à lui-même 

pour produire du sens


le sens n'est donc pas toujours 

ce qui est ajouté 

au mot


il peut être 

ce qui apparaît lorsque quelque chose

en est retiré






















mercredi, août 19, 2026

physiologie

le corps

pense

avant la pensée


le sang

sait

avant le savoir



le souffle

ouvre

une voie

















le pied

comprend

le chemin


la peau

reçoit

le vent


et quelque chose en nous dit oui sans paroles


vivre

c'est sentir

que la pensée

a une chair

et que la chair

est déjà

une pensée

en mouvement

















lundi, août 17, 2026

l'unité imaginaire

rassemble

trop vite


elle ferme

ce qu'elle prétend

unir














elle dessine

une figure

puis oublie

le vivant

qui déborde

ses contours


la véritable unité

n'efface pas

les différences

elle les laisse

respirer

dans un même

souffle


l'unité

imaginaire

est une image


l'unité

vivante

est un passage

où chaque chose

demeure

elle-même

sans cesser

d'appartenir

à la totalité




le calcul continu

le monde

ne cesse

de compter

sans nombre


la rivière

additionne

les gouttes


le vent

les feuilles


la montagne

les siècles


chaque instant

prolonge

une équation

que nul

n'a écrite


le calcul

n'est pas

dans les chiffres

il est

dans l'accord

des choses

où rien

ne manque

où rien

n'est de trop


penser

c'est parfois

entendre

ce calcul

silencieux

qui traverse

l'univers

sans jamais

avoir besoin

d'être énoncé




Kaprekar

regardait

les nombres

comme d'autres

regardent

les montagnes


il savait

qu'une suite

de chiffres

cache parfois

une source


les nombres

jouaient

entre eux

à notre insu


une loi

naissait

du hasard

apparent


6174

n'est pas

un miracle

c'est un sentier

dans la forêt

des nombres


Kaprekar

n'inventait rien

il écoutait

le calcul

continu

du monde



la tension asymptote

approcher

sans atteindre

tel est

son mouvement


elle ne manque pas

son but

elle l'habite

dans la distance


la ligne

demeure

fidèle

à ce qui

l'appelle

sans jamais

le rejoindre


ainsi

le désir

la pensée

la prière

la poésie

vivent

de cette proximité

qui ne se résout pas


l'infini

n'est peut-être

rien d'autre

que cette tension

où chaque pas

réduit

l'écart

sans l'abolir


et c'est peut-être

dans cet intervalle

que demeure

la véritable

présence














le mot légende 

une profondeur 
qui dépasse le récit merveilleux

il vient du latin legenda
les choses qui doivent être lues 
participe futur passif du verbe legere lire  mais aussi 
recueillir  choisir  rassembler  

à l'origine une legenda était un texte destiné à être lu 
publiquement notamment la vie d'un saint

peu à peu le mot a désigné un récit 
où l'histoire et l'imaginaire 
se mêlent


la légende

ne raconte pas

ce qui fut











elle éclaire

ce qui demeure


un nom

une montagne

une source

un feu

suffisent

pour qu'un monde

commence



la vérité

de la légende

n'est pas

dans les faits

mais dans la lumière

qu'elle laisse

sur les choses


chaque lieu

attend

sa légende

comme chaque pierre

attend

le regard

qui saura

la lire



le mot médium 

vient du latin medium qui signifie 
le milieu le centre
ce qui est 
entre

un médium n'est donc pas d'abord quelqu'un 
qui communique avec les morts.

au sens le plus profond c'est ce qui rend 
possible  un passage

le langage est un médium
l'air est un médium du son
l'eau est un médium de la lumière
le silence peut être le médium de la parole



le médium

n'est pas

ce qui parle


il est

ce qui laisse

passer


l'air

est le médium

du chant


l'eau

de la lumière


le silence

du mot


le vide

de la rencontre


le médium

ne possède rien


il ouvre

un entre

où les choses

peuvent enfin

se rejoindre


tout ce qui vit

traverse

un médium

plus ancien

que lui-même




mouvement 


le mouvement

ne quitte jamais

le repos

il en est

la respiration


la rivière

emporte

la montagne

grain

après grain


le vent

déplace

la lumière

sans la toucher


un arbre

immobile

grandit

dans le silence


la pierre

elle-même

chemine

vers le sable


tout passe

sans cesser

de demeurer


le mouvement

n'est pas

l'opposé

de l'être


il est

sa manière

de paraître


et peut-être

que le monde

n'est rien d'autre

qu'une immobilité

en train

de fleurir







Ne désespérez jamais. Faites infuser davantage.
Henri Michaux , Face aux verrous.

Du "Dao" originel
du commencement du réel
des signes célestes
des formes terrestres
des règles saisonnières
de l'examen des choses obscures
des esprits essentiels
de la chaîne originelle
de l'art du maître
des évaluations fallacieuses
de l'équivalence des moeurs
des résonances du "Dao"
de l'inconstance des choses
des paroles probantes
de l'utilisation des armes
montagne de propos
forêt de propos
du monde des hommes
du devoir de se cultiver
de la synthèse ultime


"ô le plus violent paradis"

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C.Olson çacest café calcul Camino Campo Cantor Cantos Capital Capricorne Captures Carl Andre carnet Carson Carte postale Cartes et globes Carver Casas Cavale cavernes Cazier CCB CCEM CDLP CDLRP CDMDCDD CDN CDRSLS CDS ce ce qui est ceci cela Céline Celui Cendras cequej'aime Cerbelaud cercles Cerf Ceux Cézanne CGJ CH5 Chalamov chaleur chaman Champs chant chant1 Chants et Poésies Chappuis chaque Char chartres Chartreuse Chaton Chemins Chen Fou ChenZhen Chladni Choeur Choisir Chômei Chose Christian Dotremont christo Chu-Ta Ciel Ciel profond Cioran Circé citations civilisations CL Claude Favre Claude Simon Clausewitz CLBC CLC Climat Closky Clouscard CMDOT Code Cole collages coller Collines collobert Combines Côme comme comment Compact compostelle conatus conscience constitution contepersan contingence contre conversation Copier Corbeau corpus Cortazar couleur covid CP Cravan Creeley cri crystallography CS.PAP CSB CSMM Cummings cut Cut 1 CV Cyber cycle Cyrano CyT D.SNLS Dada DALA Dans Danse Dao Dasein Dates DCPC DD DDLR de De Vries Decout DEE definition définitions DEGAULLE Deguy Deleuze Delillo délires Démocrite Denis Roche Déplacement Dérive Derrida Des Déserts Désir Détails Détournement DETQC Dextre DFRC DH DI Diable Dialogues Dickinson Dillard Diogène Divers DJLC DLADLS DLNI DMI DMOAM Domerg Donne Dryas DSDLDS Duchamp DUM Dumond Duncan DUNE Duras Durer Duvauroux DVDC Dworkin E E.Baer E.C E.E. E.O E.P. EA EAIO EB écart énigme Echenoz échos Echos L.A. Eckhart Tolle éclipse Eco Ecosse écoute écritures ED Eddas EDG EDJ EDLCDS EDLF Edmond Jabès EDO EIJS elle ELLEDIT ELLELL Elles Ellul EM Emerson Empédocle EN ENCORE encres et musique Encres et peintures Ennéade ennui EnSof Entre entrelacs environnement Eons EPE épiphanies épistémologie EPLA époché Eranos ère ERRER Escher ESE Eshleman Esnault ESPA Espace Espitallier essais EST ét été Etel Adnan ETLPDMP Etna étoile Etymologie Eucharistie Euler évangile éveil Eventail Exergue F F.A. F.EAA F.O F.Pirates FAA Fable Fadeur faits FAJ Fantasy Faune Fayçal fenêtre Fengliu feu Fiction Films FiniSol Finkielkraut FIVE FL Flore fmr FNAR Foligno Forest Formalisme Foucault Fourcade Fourier FP FQPCC Fractales fragm Fragme Fragments France François Cheng Frappat Frémon Fréquences Froid Fugue Fuji Futur G.C.L. G.Luca G.R.I Gary Snyder Gaza GB GDD GDLMC GDT GEGO Gelassenheit généalogie genese Genet Genji Géologie géométrie géophanie Géopoésie Germaneta Gervais Geulincx GIA Gif Giffard Giovannoni Girard Giraud Giroux Gîta Gizzi Gleize Glossaire GMH Gnoséologie Gobenceaux Godard Gödel Godwin Goethe Gombrowicz Gongora Goodman Nelson GOPC GPDB GR54 GR70 GR91 Graal Grâces Graeber Gramm gris Grothendieck Guerre Guesdon Guy Debord Guyau Guyotat GVDT GWFH Gygès H H.Corbin H.D. H.P Habitus Hadot Haenel haïku Hamant Hamish Fulton Hamon Harms Harrari Hart Crane Hausmann Havet HDT HE Heaney Hécate Hegel Heidegger Hello Henri Michaux Henri Thomas Herbes Herta Müller Hésiode Hesse Heures hexagrammes HFSR HHPC Hikmet Hillesum Hiroshi Yoshida Histoire HM HN HO Hocquard Hofmannsthal Hohl Hölderlin Hominidés homonymies Horace Houellebecq HR. HRC HS HSCDLAE HTH Hubin Hugo Ball Huguenin Hume HV Hymnes orphiques Hypérion hypertexte Hypnos i I remember I.P-B. IA ici idéogrammatique IDLR idole IFE Igitur il Illuminations illuminer illuminisme ILVLA ilya immédiat immédiatement Impensable impératif imperceptible Impresses incertitude Index individu Infini Infinitif initiales inquiétude Insectes installation instant Internet Interrompre invisible Irwin Ishihara Isidore Isis isolato Issa italiques Ivsic J-P Michel J.J.F.W. J.J.U. J.L.P Jaccottet jaime Jakobson Jankélévitch JANUS Jardin Jaspers JAZ JBE JCERDM JDLF JDS JE JE & Jean jean Daive Jean Michel Lou JELRLT Jesuis Jésus jeu JHN Jirgl Joan Mitchell John Cage Jouffroy jour jour17 Journal Jours jours17 Jousse JR Juarroz Jullien JYL K.G K.K Kabîr Kafka Kairos Kaplan Kapoor Kastrup Kathleen Raine Katué Kawara Kay Ryan KDCN KDICK Keats Kenneth White Kerouac Khazar Khlebnikov khôra Kiarostami Kingsley Kircher KK KLTDD koan Koons Koshkonong Kosuth KOUA Kral Kuhn Kundera Kunitz Kybalion Kyoto L.A.S L.D. L.R.des Forêts L.S L'EI là La Croix La parole de l'autre La vie de la montagne labyrinthe lac Lacs LADR lafabrique Laforgue Lagopède LALELES Lamantin LAME Lapiaz Laporte Roger Larry Eigner latin Laugier Laurent Margantin LBA LCC LCD LCDE LCDI LCDJ LCDP LCI LCR LCS LD LDB LDF LDLH LDM LDMC LDMH LDR LDS LDV Le Clézio Le Livre Le poème LEC LECDF LECLA Lectures LEDA LEDUI LEE Lee Ufan LEF légende légumes Leibniz Leibovici Leili Anvar Lely lensball lepoète Les eaux Les empereurs Les fils Les oiseaux lesoi Lespiau Lessing Lettres Lev Rubinstein Lex1 lex2 lex3 lex5 lex7 lex8 Lexie Lexique LFDH LFDLP LFDP LFDRT LFMR LFQ LGD LGDE LGDFASP LGDLM LGDP LGPDB LGS LGTDLP LGVDLH LHDD LHS LIDT lieux Lieux-source lièvre Ligne7 lignes Lionel André éclats Lionel André éditions Lionel André encres Lionel André photographies Lionel André randonnées LIQV Lisa Cairns list listes littéralité livrelit LJDP LLDLI LLDME LLDO LLDP LLDQ LLL LMDDDLH LMDF LMDLE LMDM LMV LO LOAN LODL LOGOS lois London Lorand Gaspar Lorenzo Menoud Louise Bourgeois Louise Glück LPC LPDLE LPDP LPDS LPI LPM LQDLE LRDD LRDP LRDR LRDT LRED LSDA LSDS LSDV LSMT LSNDLR LTDS LTO LTR LUELADC Lune Lupasco Lus & Mus Lux LV; LVB.TDSDC LVDDP LVDT LVESO LVLTDLO LVMDE Lyn Hejinian Lynn Schwartz M M.Caron M.Craig-Martin M.S.M M.Trinité Ma Macedonio Fernandez Machado Maestri Maggiore Maïakovski Mains maintenant Mais Mallarmé Malrieux Mandalas Mandelstam MANEKINEKO Manganelli Manifeste Manon mantra Manuel Joseph manuscrit Manzoni Map Marchand Marcheurs Marelle Marie Martin Ziegler Marx Masao Yamamoto masque Massera Matinaux Matsui Matta-Clarck Matton Mauguin Mavis Karn maximes MBK MBO MC McCord MCH McLuhan MDA MDC MDLADLE MDLF MDOU MEC Mécanisme Méditations Meillassoux Mélusine mémoire Memories Menus Meraviglia Merci Mercredi Mercure Merton Thomas messages Mesure Métamorphoses Métaphysique Métis Metro MFRC MG Michon micro microcosme mieux Millet Milton Mina Loy Misrahi Miura ori MJNYCR MK monade Mondo Monostiques Monosyllabes Montagnes et Glaciers Montagnes poèmes Montaigne Montale Monteiro Moore Morris mot mots Moving mp3 MPUSPM MSerres MTAS Mû murmure Murphy Murs et Fenêtres Muscle Musil musiq Musique MWLG Mystères MZD N N.M Nabokov Nadja Nagarjuna Nagori Nancy Napoli Narnia Nassim Haramein Nathaniel Tarn Nature Nauman NDBDP NDDP NDLT Néant Négation Neiges Neil Mills Némésis Nerval neuf Neutre Nice Niedecker Nietzsche Nihilisme Nirupana NLJNLH NOBUO noeuds Noguez Noir nOmbres Nonnos Norge NOTEPAD Notes-Book Notes-Rapides Notifications NOUS noûs Nouveautés Novae Novalis Novarina NP NPhS NRSNPEM Nuages Nuits O.Pé Oberland objets Objets d'Amérique Oblomov Ockham Octaèdre ODIN ODSI œil OELDT Ogadine Olivier Cadiot OLR OM ON ondes Onfray onthologie Opalka Oph. 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SDM Sel selon SELP Seneca Sénèque Sengaï SGM Shakespeare Shepherd Shitao Shiva Shônagon SI Sicard signal Signes Signets Sikelianos silenc SILENCE Silesius Silliman Simmel Simon Cutts Sinclair singularité Situation Sivan six SJDC Skalova Ski SLFDM société soleil solénoïde Solutré Sommeil Sonnets Sons Sor Juana Sôseki Soto Soufi Soufre Soulages Souligne Sous le Pas SP SPHS SPiced Spicer Spinoza Spira spirale sport SPRCGB SPSLSA Squires SSM Stéfan Stein Steiner steppe Stromboli Structure Suarès SUBHDLH Suchère Suel suite Sun Tzu sur Suso sutras Swensen Sydney Banks Synchronicité synonymes Synopsis T T.A T.C T.R T.S.Eliot Tabarini Takis Tanizaki tantôt TAOPY Tardy Tarkos TC Tchékhov TDQ TDUESDS TEL Temps Temps probable TeneT Tétralemme TEXTES Thalès Thaumazein Thé Théorie Tholomé Thoreau timbres TINTIN Tissu Titres TLP TN TNS Tocqueville Todtnauberg tomates TOPOS Torque Toscane Toujours TouT TP TP.BN Traces Tractatus Traduire Trail Trains Transe translucide TRICTRAC Triste époque Tsvetaeva TT TU Tumulte Tunnel Tweets Twillight Typoésie Tzara u.p.d.d.v UCCDC UCDD UDP UEAN UEAR UJAAB UJAJS Ukraine ULDL ULDLLA Ulysse UMO UMP UN UNM unmot UPDS UPSA usura UVD V V.E V.I. 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