ni le jour ni l’heure
l’expression vient originellement du texte
biblique
plus précisément de l’Évangile selon
Matthieu
24:36
quant à ce jour et à cette heure
nul ne les connaît
ni les anges des cieux
ni le Fils
mais le Père seul
elle désigne donc l’imprévisibilité absolue de la fin des temps ou plus généralement d’un événement décisif la mort la révélation le jugement le basculement de l’être
la limite de la connaissance
philosophiquement dire ni le jour ni l’heure revient à reconnaître
que la conscience humaine
est finie
nous ne connaissons pas le moment de la rupture
ou de la fin
il existe une zone du réel hors de notre maîtrise
rationnelle
c’est une manière de poser les limites de la raison face à l’inconnaissable un peu comme Kant le fait lorsqu’il distingue le phénomène ce que nous pouvons connaître du noumène ce qui échappe à toute expérience
ainsi
ni le jour ni l’heure exprime
la frontière métaphysique entre le savoir humain
et l’absolu.
la temporalité de l’être
sur le plan existentiel
cette expression nous confronte à la temporalité
de notre existence
l’être humain vit dans le temps mais ne possède pas le temps
le moment décisif
la mort l’éveil l’amour la perte
advient sans prévenir
Heidegger dirait que cela renvoie à notre condition de Dasein être jeté dans le monde toujours en direction de la mort sans savoir quand celle-ci se produira
ne pas connaître le jour ni l’heure signifie
vivre dans la conscience de l’incertitude
et peut-être dans l’ouverture
à ce qui advient
l’éternité dans le temps
sur un plan plus métaphysique on peut voir dans cette expression
la tension entre le temps chronos et
l’éternité kairos
le jour et l’heure appartiennent au temps mesurable
au monde des horloges
ce qui échappe au jour et à l’heure appartient à l’ordre de l’éternel
de l’absolu du non-temporel
ni le jour ni l’heure
indique le point de contact entre le fini et l’infini
entre ce qui passe et ce qui est
c’est l’instant où le temps s’ouvre à l’éternité
sans qu’on puisse le prévoir
ni le saisir
ni le jour ni l’heure exprime la conscience humaine de l’imprévisible la limite du savoir la fragilité de la temporalité et la présence mystérieuse de l’éternel dans le temps
c’est une formule à la fois
mystique philosophique et existentielle
elle nous rappelle que la vie la mort et la révélation adviennent toujours dans un moment que nous ne maîtrisons pas et que notre tâche n’est pas de prévoir
mais
d’être prêt à accueillir