le nomadisme ne pas s'établir
dans ce que l'on croit
savoir
ne pas faire
du lieu
une demeure
du mot
une doctrine
de la pensée
une clôture
partir
non pour fuir
mais pour demeurer
disponible
la route
comme discipline
le déplacement
comme prière
la marche
comme méthode
chaque étape dépouille
chaque départ
désencombre
le nomade ne possède pas le chemin
il s'y abandonne
il apprend
la fidélité
au mouvement
et découvre
qu'une demeure
peut être
un souffle
un ciel
une direction
un corps
en marche
l'esprit
ne demeure vivant
qu'à condition
de ne pas
se prendre
pour une maison
le nomadisme est alors une ascèse du passage
une fidélité
à l'inconnu
une manière de dire oui à ce qui vient
et de laisser
derrière soi
sans rancœur
ce qui fut
fuir
là-bas
fuir
sans savoir
ce que l'on quitte
ni ce que l'on rejoint
fuir
comme l'eau
quitte la pierre
comme le vent
quitte la vallée
comme le regard
quitte
un visage
partir
n'est pas toujours
aller quelque part
parfois
c'est seulement
cesser
d'être retenu
là-bas n'est pas un lieu
c'est une ouverture
une direction
hors de soi
et peut-être que fuir c'est encore trop vouloir
il suffit
de marcher
laisser le corps
trouver
son propre
dehors
fuir
là-bas
fuir
jusqu'à ce que
la fuite
devienne
mouvement
et que le mouvement
devienne
liberté






