Philip Roth
1933–2018
fut l’un des grands romanciers américains du XXᵉ siècle Né à Newark dans une famille juive américaine il fit de cette origine de l’identité du désir de la vieillesse de la mémoire et de la mort une matière littéraire d’une intensité souvent féroce
chez Roth le roman devient une chambre d’écho où le moi se contredit sans cesse Ses personnages veulent être libres mais sont prisonniers de leurs obsessions ils cherchent la vérité mais découvrent qu’ils sont eux-mêmes capables de la fabriquer
Avec Portnoy et son complexe il explose les conventions Avec Pastorale américaine J’ai épousé un communiste La Tache ou Le Théâtre de Sabbath il élargit progressivement son territoire l’individu devient le lieu de collision entre le désir et la morale la liberté et l’histoire le corps et le temps
Roth ne croit guère à l’homme transparent à lui-même
il écrit contre les explications définitives
l’existence chez lui est une lutte entre ce que nous sommes
ce que nous croyons être et ce que les autres racontent de nous
sa grande obsession est peut-être celle-ci
comment vivre lorsque le temps commence à détruire
toutes les versions de soi que l’on avait construites
chez Roth la vieillesse n'est pas seulement une diminution
elle est la révélation brutale du caractère provisoire de toute identité
il y a chez lui quelque chose de tragique
mais aussi de profondément comique
l’homme veut être maître de son récit alors que le réel
ne cesse de lui retirer la plume des mains
et peut-être pourrait-on résumer son œuvre ainsi
nous passons notre vie à inventer celui que nous sommes
puis le réel vient démentir notre invention
Roth est le romancier de cette contradiction
le désir de vivre absolument dans un monde où tout finit
