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mercredi, octobre 07, 2026

je  

le lieu même 
où les emprunts deviennent 
identité


j’ai reçu 
l’Histoire puis je l’ai appelée
 
mémoire 























mémoire des morts des batailles des dates 
que j’ai faites miennes

miennes les paroles des autres répétées jusqu’à 
devenir ma voix

voix de Rimbaud de Dante de Bashō entrée en moi 
sans demander passage

















































passage des livres dans ma tête des phrases 
dans ma bouche

des images 
dans mon regard

regard façonné par des peintres que je n’ai 
jamais connus




connus aussi les slogans qui me parlent avec des mots 
que je crois choisir 

choisir

une marque
une voiture 
une manière de vivre 

choisir ce qui m’a déjà choisi




choisi par les techniques les écrans les machines 
dont j’ai fait des prolongements 
de moi-même 

même mes gestes mes habitudes 
mes façons de voir 

l’invention devient 
évidence 


évidence d’un monde que d’autres ont construit 
et que j’habite comme s’il était 
naturel





naturel 

mon calendrier ma frontière ma monnaie
mes mesures ma propriété 


propriété  

même ce mot appartient à une histoire 
qui me précède 


précède ma naissance 

tout ce que je crois pourtant avoir reçu 
de moi-même 




même mes désirs
dont je découvre parfois qu’ils furent 
appris 

appris
répétés incorporés 
jusqu’à ce que l’emprunt 
disparaisse





paraisse 
enfin ce paradoxe 

je m’approprie le monde en oubliant 
qu’il m’a d’abord 
approprié
























lundi, octobre 05, 2026

 

dessus
dessous

plus de séparation

la pierre
est ciel

le ciel
est pierre

je marche
dans ce qui me porte














je pense
dans ce qui m’entoure

rien dehors
rien dedans

tout est là

tout est sol
tout est ciel


la tête ouverte ne contient plus rien

sinon

la totalité




ce qui demeure
quand le moi
se retire

le ciel
sur la tête

la terre
sous le pas

le vent
dans le souffle

la lumière
dans l’œil

rien à défendre rien à posséder


le moi
s’efface

le monde
prend sa place


non pas ailleurs

mais ici

avec ce qui sur moi l’emporte






séparons-nous

non par la distance mais par le souffle


un corps
une absence

un ciel
une respiration

nous sommes séparés par ce qui nous unit

l’air
entre nous

l’air
en nous

l’air
sans nous


puis le vent

qui efface la séparation

et laisse l’océan



dans cet océan de l'air 

est-il 
proposé 
dans Shakespeare

séparons-nous






je dis
je

et déjà quelque chose m’échappe

un nom
un visage
une mémoire

des contours

mais rien ne tient

le corps change
le souffle change
la lumière change


qui demeure

sinon
l’étrangeté

d’être soi
sans jamais
coïncider avec soi



je suis
ce qui passe

je suis
ce qui demeure


entre les deux

un blanc

une distance

un presque


l’identité une étrangeté qui se nomme




dans la parole un vide entre le mot et la chose
entre la voix et le silence

je parle et quelque chose s’absente
je nomme et déjà cela 
s’éloigne

le mot
ouvre
le vide
demeure
parler
serait peut-être
laisser
assez d’espace
pour que la chose
apparaisse



un mot
un souffle
un blanc

dans le blanc ce qui ne peut se dire
























samedi, octobre 03, 2026


la présence retirée 

être soustrait au regard sans être absent du monde


être caché
c’est disparaître 
comme objet du regard 

ne pas l’être 
c’est continuer à être là
dans le paysage dans la pensée dans la lumière


je me retire du visible
sans quitter le monde

je disparais du regard
mais non de l’être






je suis caché et je ne le suis pas










***








vulgarité des premières places ne comptent 
que les places à part 

occuper une place reconnue ou trouver 
sa place propre

les  premières places  appartiennent à la logique du classement  être devant être vu être reconnu dominer l'ordre établi Leur vulgarité vient précisément de leur évidence  tout le monde sait ce qu'elles valent parce que tout le monde accepte le même jeu de comparaison




la place à part
au contraire échappe au classement

elle n'est ni première ni dernière
elle est hors série



c'est la place du poète peut-être mais aussi celle du marcheur qui quitte le chemin balisé de l'esprit qui refuse les catégories toutes faites de celui qui préfère une solitude féconde à une reconnaissance collective


il ne s'agit pas de vouloir être  différent   ce serait encore 
chercher une distinction

il s'agit plutôt de ne pas mesurer son existence 
avec la règle des autres






première place 
je suis devant vous

place à part 
je ne suis pas dans votre classement


la seconde 
est la plus radicale
elle ne cherche même plus à gagner

elle dit simplement 

je 
préfère 
une place qui 
n'existe pour personne
mais où je puisse enfin être
pleinement 
présent






la montagne offre souvent cette expérience  le sommet est une première place mais il existe des places à part  un replat une pierre au bord du sentier une épaule oubliée un vallon sans nom  où le paysage devient soudain plus vaste que depuis le sommet






ne pas être premier
être ailleurs

faire de cet ailleurs 
une présence























mercredi, septembre 23, 2026

je ne deviens l’observateur
que si le sens passe sous ma fenêtre

avant lui
la fenêtre n’est qu’une ouverture

quelque chose passe
un mouvement presque rien.
une ombre dans la lumière
je regarde.
et le regard se forme
au moment même
où ce qu’il regarde
traverse le monde



l’observateur
n’attend pas derrière la fenêtre

peut-être 
qu’il passe lui aussi



















le bruit de fond est permanent

il ne commence pas
il ne cesse pas
il est là

derrière les choses
dans l’épaisseur 
du silence sous la lumière au fond 
du regard


le fond du monde

un bruissement sans source
qui traverse la matière





le fond noir de l’univers n’est peut-être pas le vide
mais ce qui demeure lorsque tout le reste
a cessé de parler




















Le bruit de fond
est peut-être le fond de l’être

avant la parole,
un murmure
avant la forme,
une vibration

rien ne se montre
pourtant quelque chose
demeure partout
comme une rumeur sans source
sous la surface du monde

nous l’appelons silence
parce que nous ne savons pas
l’entendre





































samedi, septembre 19, 2026

la découverte d’un malentendu intérieur est nécessaire 
à la découverte de la compréhension 
transcendantale de soi comme 
point de départ







cette phrase de Philippe Beck décrit 
un renversement de la connaissance de soi






























le malentendu intérieur  désigne le moment où je découvre que ce que je prenais pour moi-même  mes pensées mes certitudes mes désirs mon histoire même l’image que j’ai de ma conscience  n’est peut-être pas exactement ce que je suis


il faut donc d’abord découvrir l’erreur dans la manière 
dont je me comprends 

non pour remplacer une fausse définition par 
une nouvelle définition 

mais pour mettre en question celui 
qui cherche à se définir

le malentendu devient ainsi une porte 
négative 

quelque chose se défait



je croyais connaître celui qui regarde
je découvre que je connaissais surtout ce que le regardait

je croyais être mes pensées
je découvre que je peux les observer

je croyais être mon histoire
je découvre qu'une conscience précède 
le récit que j'en fais



c'est ici que peut apparaître 
la compréhension transcendantale de soi 

non pas un savoir supplémentaire sur soi mais 
un déplacement du point de vue. 

le soi cesse d'être seulement un objet 
de connaissance et devient 

le lieu depuis lequel toute connaissance 
apparaît


le  point de départ  est alors 
très précis 

je ne commence pas par savoir qui je suis je commence 
par découvrir que je me suis mal compris

la véritable compréhension commence exactement là 
où cesse la prétention de se comprendre




le premier éveil n'est pas
je sais qui je suis
mais

je découvre que celui que je croyais être 
n'était qu'une interprétation

le malentendu n'est donc pas l'obstacle 
à la connaissance de soi

il est la fissure par laquelle la connaissance 
de soi devient possible










vers la Pointe de la Terrasse 
septembre 2026




























vendredi, septembre 18, 2026

Amo ergo sum 

j’aime donc je suis

renversement du cogito cartésien 
ce n’est plus la pensée qui fonde l’existence
mais l’amour comme expérience immédiate de la présence

je pense donc je suis
l’être comme certitude

j’aime donc je suis
l’être comme relation

et 
plus radicalement 
encore


j’aime
donc le monde est là
et je suis dans son apparition




































jeudi, septembre 17, 2026

je viens je ne sais d’où

un peu de pierre
un peu de vent

derrière moi
rien ne commence

devant
rien ne m’attend

je marche

le chemin semble venir avec moi
























je suis je ne sais qui

un nom
posé sur du silence

une forme
dans la lumière

quelque chose demeure
sans savoir quoi

je me cherche
dans ce qui m’efface

lorsque je disparais quelqu’un encore est là









je meurs je ne sais quand

le jour passe
sans me prévenir

une lumière s'efface
sur la pierre

quelque chose tombe
hors du temps

je continue
sans savoir jusqu'où


peut-être
que mourir

c'est seulement ne plus être là
quand le monde
continue





je vais je ne sais où

le chemin s'efface
sous mes pas

devant moi
la distance ne dit rien

je marche
dans une direction
qui n'existe pas encore

le vent passe

quelque part le lieu où je vais me précède








je m’étonne d’être aussi joyeux

sans raison visible

le ciel est là
la pierre aussi

rien n’a changé

et pourtant
quelque chose s’est ouvert

comme une éclaircie
dans une chambre sans fenêtre



je marche

et ma joie ne sait pas d’où elle vient








Pointe de la Terrasse Beaufortain septembre 2026











lundi, août 17, 2026

je serai qui je serai


non ce que

le passé

retient


non ce que

les noms

désignent









je vais

vers un visage

que je ne connais pas

encore


chaque jour

en retire

un voile


l'être

ne s'achève pas

il s'appelle

depuis l'avenir



je serai

qui je serai

comme une source

ignore encore

la mer

et pourtant

marche

vers elle


***





sourions donc

le jour est toujours nouveau


aucune aurore

ne revient


elle invente

sa lumière

sur les mêmes pierres


le vent

ignore

nos lassitudes


l'herbe

recommence

sans mémoire


sourions donc

non parce que

tout est facile

mais parce que

le monde

ne se fatigue jamais

de commencer

et qu'il nous offre

une fois encore

la première heure



***


apprenez à manquer


non de tout

mais à tout

ce qui prétend

vous posséder


le vide

n'est pas

une privation

il est

une ouverture


la source

ne coule

que parce qu'elle

se défait

d'elle-même


apprenez

à laisser

une place

autour de vous

dans vos mains

dans vos jours

dans vos pensées

c'est souvent

ce qui manque

qui respire

le plus

et c'est par cette

absence

que le monde

entre












dimanche, août 16, 2026

un manifeste de légèreté

une déclaration qui refuse les catégories ordinaires 
de la politique pour leur substituer 
une géographie du vivant


je vote

poisson
mouette
écume
huître
palourde
papillon
n'importe

je vote
pour ce qui n'a pas de parti






















pour le vent
qui ne sollicite aucun suffrage

pour l'écume
qui ne conserve aucun pouvoir

pour le poisson
qui ignore les frontières

pour la mouette
qui ne reconnaît d'autre drapeau
que le ciel

pour l'huître
qui travaille dans le silence

pour la palourde
qui habite la patience du sable

pour le papillon
qui fait de la métamorphose
sa seule constitution



et s'il faut encore choisir je vote pour n'importe

dès lors que ce n'importe désigne la liberté du vivant
contre toutes les abstractions
qui oublient 

la mer
le vent
la lumière et les saisons






ou dans une forme encore  plus lapidaire 

je vote vent
je vote écume
je vote oiseau
je vote marée





je vote ce qui ne promet rien
sinon d'être pleinement
ce qu'il est























dimanche, août 02, 2026

mes grands astreignants

ceux

qui ne commandent pas

mais exigent

de moi

davantage

de ciel















la montagne

le vent

la page blanche

le silence

la lumière froide



ils ne donnent

aucun ordre

ils appellent

à une justesse

plus haute


je leur dois moins l'obéissance

que la fidélité
















lundi, juillet 27, 2026

vienne la nuit sonne l'heure
les jours s'en vont je demeure


ces deux vers de Guillaume Apollinaire qui clôturent le poème 
Le Pont Mirabeau comptent parmi les plus célèbres 
de la poésie française

leur force tient à leur extrême simplicité

la nuit vient
l'heure sonne 
les jours s'en vont

tout semble obéir 
au mouvement irréversible du temps

trois propositions constatent ce qui passe 
la lumière décline le temps s'écoule
les jours disparaissent

puis surgit une rupture 

je demeure 






















ce  je  ne prétend pas vaincre le temps

il affirme seulement 

une permanence au cœur même de ce qui s'écoule

le poète oppose la durée intérieure au flux des heures 

ce qui demeure n'est peut-être pas la personne biographique

mais la conscience qui traverse 

les changements

la mémoire

ou encore 

la voix du poème lui-même




le refrain devient ainsi une méditation 
sur le paradoxe de l'existence 
 
tout passe et pourtant quelque chose en nous éprouve 
le passage sans être entièrement 
emporté





j'aime le prolonger dans un esprit voisin 



vienne la neige
souffle le vent
les saisons changent

je demeure



que les rivières descendent vers la mer
que les étoiles poursuivent leur course

il est une présence
qui ne voyage pas



les formes passent
le regard demeure


les heures consument les choses 
elles n'atteignent pas toujours
celui qui les regarde


ou encore
dans une tonalité plus dépouillée 


vienne la nuit
passe le jour

ce qui est profond
ne connaît ni l'un ni l'autre






le centre 

de toutes choses 

dans le monde est votre conscience



























dimanche, juillet 26, 2026









je marche lentement

le monde ne demande pas d'être conquis 
seulement regardé

chaque pas ralentit le tumulte
chaque halte ouvre un espace où les choses recommencent 
à apparaître

je ne poursuis aucun événement

j'attends que le presque rien révèle sa plénitude

je fais confiance aux chemins plus qu'aux destinations

un sentier dans les herbes
une pierre chauffée par le soleil
le bruit d'un ruisseau derrière les arbres
une neige qui tombe sans témoin
une fenêtre éclairée au crépuscule 

il suffit de presque rien 
pour que le réel retrouve son éclat premier





















ce qui est humble possède 
une profondeur que le spectaculaire ignore

je regarde longtemps avant de nommer

les mots arrivent après les choses
avec précaution, comme s'ils demandaient la permission 
d'habiter ce qu'ils désignent

je me méfie des phrases trop rapides

elles recouvrent le monde au lieu de le révéler

j'attends que le silence leur enseigne leur véritable mesure



je marche 
pour apprendre à voir

chaque paysage transforme 
mon regard autant que je le traverse

les montagnes les forêts les villages oubliés
les routes désertes deviennent les pages d'un livre que personne n'a écrit 
et que chacun peut pourtant lire en demeurant 
simplement présent


je ne cherche pas l'extraordinaire

J'entre dans l'ordinaire 
jusqu'à ce qu'il cesse d'être ordinaire

une tasse posée sur une table
le souffle du vent contre une porte
une pluie d'été
une feuille qui tourne dans la lumière 
suffisent à ouvrir un monde



l'infini se cache dans les détails 
qui n'attendent aucune 
admiration

je préfère 
les commencements 
imperceptibles aux révélations éclatantes

une pensée naît comme le jour 
presque invisiblement. 

le réel ne s'impose jamais 
il s'offre à celui à celle qui consent à ralentir



je ne raconte pas le monde

je le laisse apparaître

je ne possède aucune vérité

j'accorde mon regard à ce qui est

peu à peu je découvre que l'écriture n'est pas une manière 
d'ajouter des mots au monde, mais d'en retirer assez
pour que les choses retrouvent 
leur propre voix



la présence 
devient presque visible

le silence 
cesse d'être un vide

il devient la respiration même du paysage et je comprends 
que demeurer là pleinement attentif
est peut-être la plus haute forme 
de fidélité 
au réel



























j'entre dans la langue 
comme on entre dans une forêt sans origine

les mots 
ne m'appartiennent pas 

ils circulent bien avant moi
ils traversent les voix
les écrans
les villes
les archives
les mémoires


je ne fais que les écouter
les recueillir les déplacer avec une infinie lenteur
comme on déplace quelques pierres sur le lit d'une rivière

je ne crois plus à l'inspiration

je crois à l'attention

je crois à cette disponibilité 
qui laisse les choses venir jusqu'à moi sans les contraindre
























chaque phrase oubliée
chaque liste chaque conversation perdue
chaque document administratif chaque bulletin météorologique 
porte une vibration secrète 

rien n'est véritablement insignifiant

le réel écrit déjà son propre poème


je marche parmi 
les bibliothèques invisibles du monde


les serveurs bourdonnent comme des ruches
les données tombent comme une pluie continue
les écrans respirent une lumière froide

j'écoute 
cette rumeur immense



ce n'est pas le bruit qui m'intéresse 
c'est le silence qu'il dissimule


je n'ajoute presque rien

j'enlève 

je rapproche

je décale

je laisse apparaître 
les constellations cachées derrière  l'accumulation des signes





il suffit parfois d'un infime déplacement 
pour que les mots cessent d'être des informations et deviennent 
des présences

je ne cherche pas l'originalité

je cherche 
la justesse d'un geste presque 
invisible

 

copier peut devenir 
une manière de contempler

transcrire peut devenir 
une forme de 
méditation


répéter peut ouvrir une brèche dans l'habitude 
jusqu'à ce que le quotidien révèle soudain 
son étrangeté lumineuse


j'habite une époque 
qui déborde de langage

les phrases 
circulent plus vite que les regards

les paroles s'accumulent 
comme les feuilles mortes d'une forêt immense



je ne veux pas 
ajouter une voix de plus à ce tumulte

Je veux simplement ralentir le courant 
afin que chaque mot retrouve son poids sa respiration
son énigme

je découvre que l'auteur 
n'est peut-être qu'un lieu de passage

les mots me traversent davantage que je ne les invente
 

j'apprends à disparaître derrière eux
à devenir transparent afin qu'ils retrouvent leur autonomie première
leur liberté ancienne


je ne possède rien

je recueille

je ne produis presque rien

j'écoute

dans cette écoute quelque chose bascule doucement

les archives deviennent des paysages

les listes deviennent des litanies

les inventaires deviennent des poèmes

le monde cesse d'être un ensemble de données 

il devient une respiration sans commencement ni fin











l'écriture n'est peut-être rien d'autre  qu'une manière 
très ancienne d'apprendre à entendre 
ce que le réel  murmure 
depuis toujours




















lundi, juillet 13, 2026

j'aime une large marge à ma vie

Henri David Thoreau



J'aime qu'il demeure autour de mes jours 

une bande blanche

semblable à celle qui entoure les pages 

d'un livre ancien


















c'est là que viennent se déposer 

les pensées imprévues

les rencontres

les silences

les longues marches et les heures sans destination



une vie remplie 

jusqu'au bord ne laisse plus de place 

à l'inattendu


une vie qui garde sa marge accueille

le vent

les chemins de traverse

les lectures qui bouleversent

les paysages qui retardent le voyage

les conversations qui n'étaient pas prévues




la marge

n'est pas une perte de temps 

elle est la condition de tout ce qui échappe au calcul


c'est dans cette réserve de liberté que naissent

les plus belles idées

les amitiés durables

les poèmes

les départs et les métamorphoses



j'aime 

une large marge à ma vie

afin que le monde puisse encore y écrire 

de sa propre main


cette image de la  marge  est profondément philosophique  elle désigne un art de vivre où l'on ménage un espace pour l'imprévisible pour la contemplation et pour ce que nul agenda ne peut programmer C'est peut-être dans cette marge que la poésie la philosophie et la liberté trouvent leur demeure



***






je vous ai prié d’indiquer 

des occupations peu absorbantes

parce que la pensée réclame de larges tranches de temps


Arthur Rimbaud à Paul Demeny 28 août 1871














jeudi, juillet 09, 2026

j'ai cessé de me désirer ailleurs

André Breton

cette phrase possède 
une grande simplicité et une véritable densité

elle inverse 
un mouvement très courant 


au lieu de projeter le désir vers un futur
un autre lieu ou un autre soi
elle le ramène dans 
la présence



















j'ai cessé de me désirer ailleurs

je n'attends plus de devenir 

celui 
qui marcherait mieux 

celui 
qui comprendrait davantage 

celui 
qui vivrait enfin

le présent n'est plus une salle d'attente 
mais une demeure

les chemins continuent 
les montagnes demeurent 
les lacs reflètent le ciel 
les pierres gardent leur silence et je ne leur demande plus 
de me conduire hors de moi


je marche 
avec ce qui est

chaque arbre suffit à l'arbre 
chaque nuage au ciel 
chaque souffle au souffle


j'ai cessé de me désirer ailleurs

et depuis ce renoncement
le monde n'est plus une promesse

il est 
une présence

cette phrase 
pourrait presque devenir un aphorisme 


j'ai cessé 
de me désirer ailleurs 
et le présent a cessé de me manquer


























jeudi, mai 14, 2026

je lis
par saccades
et interruptions
quelques
pages
suffisent
à m'emporter


comme si 

la lecture
n’avait pas besoin de continuité
mais d’intensité

un passage bref
une phrase juste

et déjà 
mon esprit dérive

ouvre des chambres nouvelles
s’absente du temps ordinaire











je lis


la lecture avance par saccades
l’interruption survient
le livre reste ouvert


quelques pages sont lues
le mouvement reprend
le sens agit
l’attention bascule
quelques pages suffisent


je suis emporté





à ses yeux s'ouvrait un voyage merveilleusement long rien 
rien ne pourrait plus lui faire faire
demi-tour

















lundi, mai 11, 2026

j’observe l’histoire

des trésors que vous trouvâtes

non les objets
mais leur lumière


ce qui traversa vos regards
au moment de la découverte


chaque trésor
dit moins la richesse
que le désir

moins la possession
que l’instant

où quelque chose
s’est mis à rayonner













j’observe 

les cartes
les détours
les attentes

les mains couvertes de terre
les coffres ouverts dans la pénombre
les fragments sauvés de l’oubli

mais plus encore

j’observe ce qui vous poussait

cette faim étrange
de trouver

comme si chaque trésor
promettait davantage
que lui même

une confirmation secrète

que le monde cache encore
des profondeurs

et qu’il suffit parfois
d’un éclat sous la poussière

pour que l’existence entière

redevienne

mystérieuse





et qu’on ne dise pas
que je n’ai rien dit de nouveau


les mots existaient déjà
les formes aussi
la poussière
la lumière
le silence

rien n’a été inventé

et pourtant

quelque chose change

dans la disposition


la nouveauté n’est peut être pas dans les matières
mais dans leur voisinage

dans la manière
dont une phrase incline l’autre
dont une image déplace une pensée



les mêmes pierres selon leur agencement
deviennent chemin
mur ou temple



ainsi les mots

déjà prononcés mille fois

peuvent encore produire
une secousse inconnue

si leur ordre
ouvre un espace nouveau



écrire alors
ce n’est pas créer à partir du néant

c’est recomposer


faire apparaître dans ce qui était dispersé
une cohérence 

inattendue


comme si le sens attendait depuis toujours

non d’être inventé

mais d’être

disposé autrement

















jeudi, avril 30, 2026


le son du temps sera une vibration sans origine
il passera à travers tout sans jamais se fixer
et dans ce murmure continu il dira
que durer c’est résonner sans fin







J’écoute le son du temps 

non un bruit mais une continuité presque imperceptible

quelque chose passe sans se montrer comme 

une respiration du monde

















les secondes ne s’additionnent pas

elles s’étirent

se dissolvent

dans une même vibration




écouter le temps
c’est sentir
ce qui ne s’arrête jamais
et pourtant
ne presse pas





le temps passe
un son se produit
le son marque le temps
la durée s’entend
le rythme se répète
l’intervalle se distingue
le son revient
le temps continue
le son persiste
le temps s’écoule

















mardi, décembre 09, 2025

 

je remplace le repli par l’élan


l’ombre penchée par une clarté qui avance

le poids du jour par un pas vers le haut

le murmure fatigué par une respiration neuve

le doute par la simple tenue d’être

la chute intérieure par une ligne qui se redresse

le manque par le mouvement

le silence lourd par le silence qui ouvre







la méchanceté par le bien

les plaintes par le devoir

le scepticisme par la foi 

les sophismes par la froideur du calme 

l’orgueil par la modestie










je remplace 
la mélancolie par le courage
et le monde change un peu autour de moi

comme si 

je 
bougeais 
sa lumière en bougeant 
la mienne


















samedi, novembre 22, 2025


je cherche le dissemblable 

je cherche ce qui ne se laisse pas saisir 

par les catégories communes ce qui échappe aux répétitions et aux habitudes 

je cherche le détail 

qui déplace le sens le contour qui fait vaciller l'idée reçue le moment où le familier devient étrange et où l'œil cesse de se contenter de ce qu'il croit voir 

je cherche ce qui différencie 
ce qui tisse la singularité dans le flux du monde 

je poursuis le trait insolite 
la note discordante l'ombre inattendue le souffle qui ne se répète pas 

je cherche le dissemblable 

dans le murmure des formes dans la respiration des mots dans le geste imperceptible de l'être









 

il naît 
dans cette recherche 
une attention vive 
un regard 
qui ne se fixe pas sur la norme mais qui 
accueille la variation la divergence 
la vie qui toujours se faufile 
entre les apparences et ne se laisse 
jamais enfermer



























Ne désespérez jamais. Faites infuser davantage.
Henri Michaux , Face aux verrous.

Du "Dao" originel
du commencement du réel
des signes célestes
des formes terrestres
des règles saisonnières
de l'examen des choses obscures
des esprits essentiels
de la chaîne originelle
de l'art du maître
des évaluations fallacieuses
de l'équivalence des moeurs
des résonances du "Dao"
de l'inconstance des choses
des paroles probantes
de l'utilisation des armes
montagne de propos
forêt de propos
du monde des hommes
du devoir de se cultiver
de la synthèse ultime


"ô le plus violent paradis"

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A1 A10 A2 A3 A4 A5 A6 A7 A8 A9 AB ABDL Abécédaire Abîme Aboulafia Abréviations Abrüpt Abruzzo absolu ACC Acker acronyme Actis Actualités ADBP Adorno ADR Adrénaline ADUMC Advaita AELT Agamben Agenda AgnèsMartin Agrafe et boite Ainsité Aïon AIR Air du temps akasha Akhmatova AL Alain de Lille Alan Davies Albiach Alchimie Alechinsky Aleph ALF Alferi alien Alina Reyes ALTH AM Amande Ammons Amor fati Anagrammes Analogie Anaphore Anaximandre Anders André Breton André du Bouchet André Velter Andy Goldsworthy animal animation Annick Ranvier Annonciations Anthologie ANTI Antin David AP Apatheia Aphaïa aphorismes Apollonios aporie Appelfeld Approche APUMM APZ APZT Arago Aram Saroyan Arbres Archéopoésie ArgentOr Aristote Arp Arseguel Art sacré ARTHAUD AS ASDMI ASF Ashbery ASLEND Assez Astrologie Asymptote Atlantide attente Aurélien Barrau Aurore Automne Auxméry AVB Avec Avent AW axiologie Axiomes Azam B B.Celerier Babel BABIL Bach Bachmann Baies Baigaitu BAM Banal Bandeaux Barque Barré Barry Lopez Barthes Bashô Basque Basquin Bataille Battala BAZAR BDLE BDLF Beaufortain Beckett Beckford Benedetto Bénézet Benoît Labre Benveniste Bergounioux Bergson Bernstein bête Bhattacharya bibliographie Bibliothèques bientôt Bimot Binet bio biographie BioMobiles Biopsies Bishop BISSES1 Bivouac Blackburn Blaine Blanc Blanchot Blanqui Blaser Blau Duplessis Bleu Bloy Bobin Bochner Bohm boisflotté Bök Bonheur bord de terre Borges Bouddha Bouthonnier Bouvier Bozier Brautigan Bretagne Bribes Briciole bricoleur Brisset Bronk Broodthaers Bruckner Bryen BSRM Butor Byron C C.C C.D.A C.E.T C.F. C.Olson çacest café calcul Camino Campo Cantor Cantos Capital Capricorne Captures Carl Andre carnet Carson Carte postale Cartes et globes Carver Casas Cavale cavernes Cazier CCB CCEM CDLP CDLRP CDMDCDD CDN CDRSLS CDS ce ce qui est ceci cela Céline Celui Cendras cequej'aime Cerbelaud cercles Cerf Ceux Cézanne CGJ CH5 Chalamov chaleur chaman Champs chant chant1 Chants et Poésies Chappuis chaque Char chartres Chartreuse Chaton Chemins Chen Fou ChenZhen Chladni Choeur Choisir Chômei Chose Christian Dotremont christo Chu-Ta Ciel Ciel profond Cioran Circé citations civilisations CL Claude Favre Claude Simon Clausewitz CLBC CLC Climat Closky Clouscard CMDOT Code Cole collages coller Collines collobert Combines Côme comme comment Compact compostelle conatus conscience constitution contepersan contingence contre conversation Copier Corbeau corpus Cortazar couleur covid CP Cravan Creeley cri crystallography CS.PAP CSB CSMM Cummings cut Cut 1 CV Cyber cycle Cyrano CyT D.SNLS Dada DALA Dans Danse Dao Dasein Dates DCPC DD DDLR de De Vries Decout DEE definition définitions DEGAULLE Deguy Deleuze Delillo délires Démocrite Denis Roche Déplacement Dérive Derrida Des Déserts Désir Détails Détournement DETQC Dextre DFRC DH DI Diable Dialogues Dickinson Dillard Diogène Divers DJLC DLADLS DLNI DMI DMOAM Domerg Donne Dryas DSDLDS Duchamp DUM Dumond Duncan DUNE Duras Durer Duvauroux DVDC Dworkin E E.Baer E.C E.E. E.O E.P. EA EAIO EB écart énigme Echenoz échos Echos L.A. Eckhart Tolle éclipse Eco Ecosse écoute écritures ED Eddas EDG EDJ EDLCDS EDLF Edmond Jabès EDO EIJS elle ELLEDIT ELLELL Elles Ellul EM Emerson Empédocle EN ENCORE encres et musique Encres et peintures Ennéade ennui EnSof Entre entrelacs environnement Eons EPE épiphanies épistémologie EPLA époché Eranos ère ERRER Escher ESE Eshleman Esnault ESPA Espace Espitallier essais EST ét été Etel Adnan ETLPDMP Etna étoile Etymologie Eucharistie Euler évangile éveil Eventail Exergue F F.A. F.EAA F.O F.Pirates FAA Fable Fadeur faits FAJ Fantasy Faune Fayçal fenêtre Fengliu feu Fiction Films FiniSol Finkielkraut FIVE FL Flore fmr FNAR Foligno Forest Formalisme Foucault Fourcade Fourier FP FQPCC Fractales fragm Fragme Fragments France François Cheng Frappat Frémon Fréquences Froid Fugue Fuji Futur G.C.L. G.Luca G.R.I Gary Snyder Gaza GB GDD GDLMC GDT GEGO Gelassenheit généalogie genese Genet Genji Géologie géométrie géophanie Géopoésie Germaneta Gervais Geulincx GIA Gif Giffard Giovannoni Girard Giraud Giroux Gîta Gizzi Gleize Glossaire GMH Gnoséologie Gobenceaux Godard Gödel Godwin Goethe Gombrowicz Gongora Goodman Nelson GOPC GPDB GR54 GR70 GR91 Graal Grâces Graeber Gramm gris Grothendieck Guerre Guesdon Guy Debord Guyau Guyotat GVDT GWFH Gygès H H.Corbin H.D. H.P Habitus Hadot Haenel haïku Hamant Hamish Fulton Hamon Harms Harrari Hart Crane Hausmann Havet HDT HE Heaney Hécate Hegel Heidegger Hello Henri Michaux Henri Thomas Herbes Herta Müller Hésiode Hesse Heures hexagrammes HFSR HHPC Hikmet Hillesum Hiroshi Yoshida Histoire HM HN HO Hocquard Hofmannsthal Hohl Hölderlin Hominidés homonymies Horace Houellebecq HR. HRC HS HSCDLAE HTH Hubin Hugo Ball Huguenin Hume HV Hymnes orphiques Hypérion hypertexte Hypnos i I remember I.P-B. IA ici idéogrammatique IDLR idole IFE Igitur il Illuminations illuminer illuminisme ILVLA ilya immédiat immédiatement Impensable impératif imperceptible Impresses incertitude Index individu Infini Infinitif initiales inquiétude Insectes installation instant Internet Interrompre invisible Irwin Ishihara Isidore Isis isolato Issa italiques Ivsic J-P Michel J.J.F.W. J.J.U. J.L.P Jaccottet jaime Jakobson Jankélévitch JANUS Jardin Jaspers JAZ JBE JCERDM JDLF JDS JE JE & Jean jean Daive Jean Michel Lou JELRLT Jesuis Jésus jeu JHN Jirgl Joan Mitchell John Cage Jouffroy jour jour17 Journal Jours jours17 Jousse JR Juarroz Jullien JYL K.G K.K Kabîr Kafka Kairos Kaplan Kapoor Kastrup Kathleen Raine Katué Kawara Kay Ryan KDCN KDICK Keats Kenneth White Kerouac Khazar Khlebnikov khôra Kiarostami Kingsley Kircher KK KLTDD koan Koons Koshkonong Kosuth KOUA Kral Kuhn Kundera Kunitz Kybalion Kyoto L.A.S L.D. L.R.des Forêts L.S L'EI là La Croix La parole de l'autre La vie de la montagne labyrinthe lac Lacs LADR lafabrique Laforgue Lagopède LALELES Lamantin LAME Lapiaz Laporte Roger Larry Eigner latin Laugier Laurent Margantin LBA LCC LCD LCDE LCDI LCDJ LCDP LCI LCR LCS LD LDB LDF LDLH LDM LDMC LDMH LDR LDS LDV Le Clézio Le Livre Le poème LEC LECDF LECLA Lectures LEDA LEDUI LEE Lee Ufan LEF légende légumes Leibniz Leibovici Leili Anvar Lely lensball lepoète Les eaux Les empereurs Les fils Les oiseaux lesoi Lespiau Lessing Lettres Lev Rubinstein Lex1 lex2 lex3 lex5 lex7 lex8 Lexie Lexique LFDH LFDLP LFDP LFDRT LFMR LFQ LGD LGDE LGDFASP LGDLM LGDP LGPDB LGS LGTDLP LGVDLH LHDD LHS LIDT lieux Lieux-source lièvre Ligne7 lignes Lionel André éclats Lionel André éditions Lionel André encres Lionel André photographies Lionel André randonnées LIQV Lisa Cairns list listes littéralité livrelit LJDP LLDLI LLDME LLDO LLDP LLDQ LLL LMDDDLH LMDF LMDLE LMDM LMV LO LOAN LODL LOGOS lois London Lorand Gaspar Lorenzo Menoud Louise Bourgeois Louise Glück LPC LPDLE LPDP LPDS LPI LPM LQDLE LRDD LRDP LRDR LRDT LRED LSDA LSDS LSDV LSMT LSNDLR LTDS LTO LTR LUELADC Lune Lupasco Lus & Mus Lux LV; LVB.TDSDC LVDDP LVDT LVESO LVLTDLO LVMDE Lyn Hejinian Lynn Schwartz M M.Caron M.Craig-Martin M.S.M M.Trinité Ma Macedonio Fernandez Machado Maestri Maggiore Maïakovski Mains maintenant Mais Mallarmé Malrieux Mandalas Mandelstam MANEKINEKO Manganelli Manifeste Manon mantra Manuel Joseph manuscrit Manzoni Map Marchand Marcheurs Marelle Marie Martin Ziegler Marx Masao Yamamoto masque Massera Matinaux Matsui Matta-Clarck Matton Mauguin Mavis Karn maximes MBK MBO MC McCord MCH McLuhan MDA MDC MDLADLE MDLF MDOU MEC Mécanisme Méditations Meillassoux Mélusine mémoire Memories Menus Meraviglia Merci Mercredi Mercure Merton Thomas messages Mesure Métamorphoses Métaphysique Métis Metro MFRC MG Michon micro microcosme mieux Millet Milton Mina Loy Misrahi Miura ori MJNYCR MK monade Mondo Monostiques Monosyllabes Montagnes et Glaciers Montagnes poèmes Montaigne Montale Monteiro Moore Morris mot mots Moving mp3 MPUSPM MSerres MTAS Mû murmure Murphy Murs et Fenêtres Muscle Musil musiq Musique MWLG Mystères MZD N N.M Nabokov Nadja Nagarjuna Nagori Nancy Napoli Narnia Nassim Haramein Nathaniel Tarn Nature Nauman NDBDP NDDP NDLT Néant Négation Neiges Neil Mills Némésis Nerval neuf Neutre Nice Niedecker Nietzsche Nihilisme Nirupana NLJNLH NOBUO noeuds Noguez Noir nOmbres Nonnos Norge NOTEPAD Notes-Book Notes-Rapides Notifications NOUS noûs Nouveautés Novae Novalis Novarina NP NPhS NRSNPEM Nuages Nuits O.Pé Oberland objets Objets d'Amérique Oblomov Ockham Octaèdre ODIN ODSI œil OELDT Ogadine Olivier Cadiot OLR OM ON ondes Onfray onthologie Opalka Oph. 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R.M.I R.M.T. Rachi Rae Armantrout Raison ram Ramanujan Range Raphoz Raven RBDBB RBLPDT RCETTM RCLSDF RD RDLB Recettes récits A Reclus Refuges et cabanes règles Renaud Camus René Daumal REPA Répétition résumé Rêve Revenir Reverdy Révillon Rexroth Rey Reznikoff Richard Long rien Rilke rimb Rimbaud RIP Ristat Rivières RL RL.P&J RLP RM.ACDLE Robert Barry Robert Filliou Robert Hainard Robert Lax Rocamadour rocher Rochery Roger Ackling Roman Rome Rose Ausländer Roses Rosset Rothenberg Rothko Roubaud Roud Routes Rouzier Royet-Journoud RPW RR RSG Rubâï Rueff Rûmî Rumney Runes Ruscha Russes Ruyer RVALP Ryner Ryoko Sekiguchi s S.Tesson sa vie sable Sade sagesse Saigyo Sakaki Saliens SALXI Sam Francis Samivel Sangral sans Sans Titre Santoka Sappho Sator Saturne Savelli Savitzkaya SBL1 SBLI Sbrissa Schlechter Schopenhauer Schurmann SCOT Sculptures Sculptures Photographies L.A. SDM Sel selon SELP Seneca Sénèque Sengaï SGM Shakespeare Shepherd Shitao Shiva Shônagon SI Sicard signal Signes Signets Sikelianos silenc SILENCE Silesius Silliman Simmel Simon Cutts Sinclair singularité Situation Sivan six SJDC Skalova Ski SLFDM société soleil solénoïde Solutré Sommeil Sonnets Sons Sor Juana Sôseki Soto Soufi Soufre Soulages Souligne Sous le Pas SP SPHS SPiced Spicer Spinoza Spira spirale sport SPRCGB SPSLSA Squires SSM Stéfan Stein Steiner steppe Stromboli Structure Suarès SUBHDLH Suchère Suel suite Sun Tzu sur Suso sutras Swensen Sydney Banks Synchronicité synonymes Synopsis T T.A T.C T.R T.S.Eliot Tabarini Takis Tanizaki tantôt TAOPY Tardy Tarkos TC Tchékhov TDQ TDUESDS TEL Temps Temps probable TeneT Tétralemme TEXTES Thalès Thaumazein Thé Théorie Tholomé Thoreau timbres TINTIN Tissu Titres TLP TN TNS Tocqueville Todtnauberg tomates TOPOS Torque Toscane Toujours TouT TP TP.BN Traces Tractatus Traduire Trail Trains Transe translucide TRICTRAC Triste époque Tsvetaeva TT TU Tumulte Tunnel Tweets Twillight Typoésie Tzara u.p.d.d.v UCCDC UCDD UDP UEAN UEAR UJAAB UJAJS Ukraine ULDL ULDLLA Ulysse UMO UMP UN UNM unmot UPDS UPSA usura UVD V V.E V.I. 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