samedi, mai 16, 2026


le vert des feuilles après la pluie semble penser

plus lentement que nous


dans certains jardins le vert n’est pas une couleur 

mais 

une respiration



le premier vert du printemps contient davantage d’avenir

qu’un discours entier














je regardais une mousse sur une pierre 

soudain

la patience du monde

devenait visible



le vert des algues au bord de la mer donne au soleil

une profondeur liquide




entre deux immeubles

un arbre persistait 

petite victoire végétale contre l’abstraction




il existe des verts silencieux qui guérissent 

sans parler


le vert très sombre des cyprès ressemble à 

une méditation 

verticale



certaines collines au loin ont la douceur

d’une pensée qui ne veut convaincre 

personne




dans la forêt le regard cesse peu à peu

de se séparer des choses


le vert du lierre sur les murs abandonnés est 

une manière calme de reprendre 

le temps




un simple brin d’herbe dans une fissure de béton

suffit parfois à rétablir le monde



le vert olive au soleil du soir porte une fatigue heureuse

de fin d’été




je compris devant un champ immense

que le vert

est peut-être la couleur

de ce qui recommence




le vert n’éclaire pas 

il enveloppe


certains matins la lumière verte des arbres fait du silence

une matière habitable
















vendredi, mai 15, 2026


le vent traverse les ruelles de Tautavel

comme s’il cherchait encore la voix des premiers hommes


entre les pierres blanches et la lumière sèche 

le temps paraît moins passé

qu’immobile




À Tautavel

les collines ressemblent à des pensées très anciennes

restées dehors












le silence du village n’est jamais vide 

il contient des milliers 

d’années

de souffle humain






une porte entrouverte 
une odeur de figuier

et soudain

la préhistoire devient 
intime





ici
les falaises 
semblent se souvenir
avant 
nous



le soleil sur les vignes a la lenteur des civilisations enfouies



dans le lit 

presque sec du Verdouble

le ciel et les pierres parlent la même langue minérale



Tautavel 

donne parfois l’impression que l’humanité entière

a commencé par un éclat de lumière

sur un rocher





le village au crépuscule 


quelques voix

un chien lointain

et derrière cela

l’immense patience du temps








les murs chauffés par l’été gardent une mémoire plus ancienne

que nos histoires



devant la grotte d’Caune de l'Arago

on comprend soudain

que le passé n’est pas mort 

il regarde encore


à Tautavel

la pierre n’est pas un décor    c’est une archive 

du vivant




le soir 
descend 
sur les Corbières
et l’on croit 
entendre
le froissement 
invisible
des âges superposés







ici
même 
la lumière 
semble fossile


















Arago 21 

un visage revenu du fond des âges
dans l’ombre des pierres de Caune de l'Arago
il portera encore la trace d’une humanité naissante


dans son silence fossile il dira
que le temps n’efface pas entièrement 

la présence des vivants



















respire 

une injonction 
douce adressée au vivant
l’air entrera comme une lumière invisible

dans ce va-et-vient silencieux cela dira
que continuer tient parfois à presque rien





loin  

une distance 
habitée par le désir
cela reculera à mesure qu’on avance

dans cet éloignement sans fin cela dira
que certains horizons existent pour appeler










Arago 21

le nom est posé



le lieu est nommé
la couche est présente
les traces demeurent dans la pierre
le temps profond apparaît
les corps ont disparu
les signes restent
la fouille révèle
le passé affleure


Arago 21 

demeure




























Arago 21 

appartient 
à ce qu’on appelle 
communément 

l’Homme de Tautavel


le fossile est daté d’environ 450 000 ans 
et représente probablement 

un jeune homme 
d’une vingtaine d’années



cette découverte fut capitale pour la préhistoire européenne
car Arago 21 constitue l’un des plus anciens 
visages humains fossilisés retrouvés 
en Europe

















ce que révèle 
Arago 21

le crâne montre un être humain très différent 
de l’homme moderne 

front bas et fuyant 

fortes arcades sourcilières 

mâchoire robuste 

musculature puissante 

capacité crânienne importante 

mais encore inférieure à celle d’Homo sapiens


les chercheurs le rattachent aujourd’hui le plus souvent à 
Homo heidelbergensis

une humanité archaïque considérée comme proche 
des ancêtres des Néandertaliens


la grotte de l’Arago est un site majeur 
du Paléolithique inférieur 

on y a retrouvé 


des outils de pierre 

des ossements d’animaux chassés ou dépecés 

plus de 150 restes humains fossiles. 

le site montre des groupes humains vivant dans un environnement rude 
sans maîtrise régulière du feu à cette époque. 

ils pratiquaient la chasse opportuniste et probablement 
aussi le charognage. 

Arago 21 est ainsi devenu une figure emblématique des premières 
présences humaines en Europe occidentale : 

un visage venu du Pléistocène surgissant 
d’un temps presque 
inimaginable




























la limite 
de l’illimité est 
le bord de l’esprit


ce point extrême où la pensée
voulant tout embrasser rencontre sa propre forme

comme si l’infini
n’apparaissait jamais seul
mais toujours à travers une conscience
qui le pressent sans pouvoir le contenir


le vertige   
est la preuve 
de cette rencontre impossible






























jeudi, mai 14, 2026

grave lake

un lac lourd de silence
où l’eau semble retenir plus que des reflets


comme si 

des mémoires profondes
avaient coulé jusqu’au fond sans remonter

le mot grave lui-même hésite 
tombe gravité sérieux 

profondeur 
ouvrant autour du lac

une obscurité calme et magnétique où le paysage paraît penser
plus lentement que le monde











gloomy lake

eau sombre sous un ciel sans décision
surface immobile où la lumière hésite à demeurer

les arbres du rivage
y plongent des silhouettes défaites

chaque ride du lac
semble porter une pensée ralentie





le lieu entier
retenait une mélancolie ancienne
non dramatique,
mais diffuse et persistante
comme une saison intérieure

















l’individu a toujours dû lutter 
pour ne pas être subjugué par la tribu


la tribu rassure
elle donne 

un nom
une appartenance
une chaleur commune

mais elle demande souvent en échange
une part de silence intérieur

penser comme elle 
craindre comme elle
désirer comme elle
et peu à peu

la voix singulière risque de se perdre
dans le grand bruit du nous



















la tribu n’est pas seulement un groupe
elle est une force gravitationnelle

elle attire vers le centre commun
vers l’opinion partagée
vers le réflexe collectif

celui qui s’en écarte éprouve vite la solitude
parfois le rejet

voilà pourquoi l’individu doit lutter
non contre les autres

mais contre cette tentation profonde
de renoncer à sa propre vision pour retrouver 

le confort de l’accord




chez 
Friedrich Nietzsche
comme chez Ralph Waldo Emerson
la pensée véritable exige cette capacité
à demeurer seul intérieurement

non isolé
mais libre


capable de traverser les croyances communes
sans immédiatement 
s’y dissoudre

la tribu aime les certitudes simples

l’individu authentique habite souvent l’ambiguïté
la nuance
la recherche inachevée


il ne s’agit pas de mépriser la communauté

sans elle
l’homme se perd aussi

tout l’enjeu est peut être là

rester parmi les hommes sans abandonner ce centre intérieur
où une conscience peut 
encore dire






je vois autrement 

même doucement

même seul

contre le courant 

des évidences collectives


























des heures
des jours 
entiers
ne peuvent 
que fonder
quelque
chose



même invisible encore  même sans forme 

arrêtée


une durée si dense
laisse toujours un dépôt
une lente architecture intérieure


un commencement silencieux que le temps prépare à mon insu 















dans 
les plis 
de la nuit 
mon esprit se déplie 

















une verticale sans centre  elle traversera le vide comme une direction impossible
dans cette tension sans appui elle dira que même l’absence cherche 
une forme de gravité





l’axe du néant



ligne invisible autour de laquelle
semblent tourner les pensées les plus extrêmes

comme un centre absent
qui pourtant organise le vertige

un vide si profond
qu’il devient principe d’orientation




















on avance alors non vers une certitude mais autour 
d’une absence


dont la gravité silencieuse continue 
d’attirer le sens






l’axe est posé


le néant est nommé
la ligne traverse le vide
aucune matière ne l’occupe
le centre demeure absent
l’orientation persiste malgré le vide
le point se retire
l’espace reste ouvert
l’axe se maintient


le néant demeure
















méandres et néant 


les méandres sont détours 

sinuosités lenteur du cheminement 


ils refusent la ligne droite multiplient les courbes 

prolongent le parcours


le méandre est la forme du devenir lorsqu’il hésite

explore

revient sur lui-même


il est complexité vivante pensée en mouvement


le néant  est absence radicale 















non pas un vide parmi les choses mais ce qui retire toute chose


il n’a ni forme ni direction

le néant ne serpente pas 

il ouvre 

un abîme sans contours













entre les méandres et le néant se tend 

une opposition profonde  


prolifération des chemins et disparition de tout chemin   


les méandres 

appartiennent encore au monde  


le néant 

en marque la possible dissolution



les méandres peuvent être une manière de résister au néant  

différer la chute 

inventer des formes 

prolonger le mouvement   

là où le néant annule 

le méandre retarde

nuance

maintient une circulation du sens



























je lis
par saccades
et interruptions
quelques
pages
suffisent
à m'emporter


comme si 

la lecture
n’avait pas besoin de continuité
mais d’intensité

un passage bref
une phrase juste

et déjà 
mon esprit dérive

ouvre des chambres nouvelles
s’absente du temps ordinaire











je lis


la lecture avance par saccades
l’interruption survient
le livre reste ouvert


quelques pages sont lues
le mouvement reprend
le sens agit
l’attention bascule
quelques pages suffisent


je suis emporté





à ses yeux s'ouvrait un voyage merveilleusement long rien 
rien ne pourrait plus lui faire faire
demi-tour

















le hasard  

une porte sans intention


elle fera surgir 
l’inattendu au cœur de l’ordre

dans son apparition imprévisible elle dira

que le monde déborde toujours 
ce qu’on prévoit




le hasard est-il apparu par hasard

ou bien est-ce notre nom
pour ce qui échappe encore aux formes visibles 

de la nécessité 

















question qui se replie sur elle-même
comme un miroir face à un autre miroir
où la pensée tourne se poursuit s’interroge sans fin

si le hasard a une origine,
alors quelque chose le précède


s’il n’en a pas
il devient peut-être la condition même
à partir de laquelle toute apparition peut advenir

















comment prendre le temps de prendre le temps

quand vorace le temps prend 

jusqu’au souffle


peut être justement en cessant un instant
de vouloir le prendre

car plus on poursuit le temps
plus il se retire


il devient manque pression
fuite continue



alors les jours se referment comme des mâchoires invisibles
et l’on vit non dans le présent
mais dans l’urgence 
du suivant




















prendre le temps
ce n’est  pas ajouter des heures
c’est modifier la densité d’un instant
retrouver dans quelques secondes pleinement habitées
plus de présence que dans des journées traversées sans regard



le temps vorace dévore surtout
ce qui est dispersé

ce qui se laisse fragmenter
par mille sollicitations


mille attentes
mille projections



mais parfois
un simple arrêt suffit

respirer près d’une fenêtre marcher sans destination
laisser une phrase résonner

regarder 
la lumière changer sur un mur

soudain
le temps cesse 
d’être seulement ce qui manque

il redevient espace
intérieur

non quelque chose qui fuit
mais quelque chose qui s’ouvre








peut être alors que prendre le temps de prendre le temps revient moins à posséder des heures qu’à sortir
même brièvement de cette mécanique intérieure qui transforme chaque minute en dette et retrouver sous la vitesse du monde une durée plus lente toujours là mais oubliée comme une source silencieuse sous le tumulte des jours









le mouvement ralentit
l’action cesse un instant
le regard demeure
la durée s’ouvre
le souffle continue
l’instant est laissé intact
la présence se maintient
le temps continue de passer



















la mer est présente le soleil est présent la lumière tombe sur l’eau
la surface réfléchit le mouvement des vagues continue
l’éclat se disperse

le bleu et l’or se mêlent l’air porte la chaleur
la mer demeure sous le soleil
le mélange persiste



la mer mêlée au soleil 


la mer est mouvement
profondeur matière changeante

elle absorbe les ombres 
reflète les ciels  emporte les formes


le soleil lui est rayonnement
source intensité 
verticale





















il éclaire chauffe
 révèle


quand la mer se mêle au soleil
l’étendue devient lumière mouvante

























les frontières se dissolvent 
l’eau prend feu sans brûler la lumière devient liquide 

ce n’est plus seulement un paysage
mais une fusion des éléments 

profondeur et éclat
flux et rayonnement

entre la mer et le soleil se joue 
une alchimie du visible  

la mer disperse la lumière
le soleil donne à la mer sa vibration

l’une reçoit
l’autre traverse

ensemble
ils composent un monde 
où la matière semble devenir pure apparition






la mer mêlée au soleil sera une lumière en mouvement
l’eau y portera le feu sans le consumer
et dans cette alliance éclatante,elle dira
que les contraires savent parfois se reconnaître





























mercredi, mai 13, 2026


l’épiphanie sera une apparition dans l’ordinaire elle traversera l’instant sans prévenir
et dans cette clarté soudaine elle dira que le monde attend parfois 
un regard pour se révéler





le tintement d’une cuillère contre une assiette

fit revenir tout un été

et soudain

le passé n’était plus derrière moi

mais autour














une odeur de linge ancien

ouvrit une chambre disparue

le temps attendait là

sans impatience












je compris que les jours perdus

ne sont jamais perdus 

ils dorment

dans les choses ordinaires



le pavé inégal sous mon pas

rendit à mon corps

une ancienne manière d’être heureux


ce n’est pas la mémoire

qui retrouve le temps

mais un éclair

entre le monde et nous



dans une seconde très pure

les années cessèrent de s’additionner 

elles coexistèrent

comme les pièces d’une même maison


le passé ne revient pas 

il insiste

à travers une saveur

une lumière

un rythme


je crus reconnaître un visage 

c’était seulement

une expression du soir

autrefois vécue


le vrai calendrier

est caché dans les sensations

une serviette pliée

contenait davantage de temps

qu’une bibliothèque d’histoire



l’épiphanie ne révèle pas un souvenir 

elle révèle

que nous avons été multiples



tout ce qui semblait détruit

attendait silencieusement

dans la profondeur 

d’un instant



la mémoire involontaire

n’explique rien 

elle restitue



le temps retrouvé

n’est pas un retour en arrière

mais la découverte

que rien n’a entièrement disparu



entre deux battements du monde

je sentis que la vie entière

cherchait depuis toujours

à devenir phrase


















se libérer
de la prison 
des affaires publiques


ce n’est pas fuir 
le monde mais desserrer son emprise

sortir 
du vacarme continu

des opinions
des urgences fabriquées
des réactions sans fin

la prison commence peut être quand l’attention n’est plus à soi
quand chaque pensée devient réponse
à un bruit extérieur

alors l’esprit se disperse
il ne contemple plus
il réagit




















se libérer
ce serait retrouver 
une souveraineté intérieure
un espace où la conscience cesse d’être occupée
par ce qui réclame sans cesse 
d’être commenté


non l’indifférence mais la distance 
juste

revenir à ce qui 
dure

au silence
à la lecture lente
à la présence immédiate des choses






les affaires publiques absorbent souvent le temps
sans nourrir l’être

elles donnent l’impression de participer tout en éloignant 
de l’expérience directe

peu à peu
l’homme oublie la profondeur pour vivre à la surface 
des événements








se libérer 
ce n’est pas se retirer du réel

c’est refuser que le réel soit réduit à l’agitation collective
c’est préserver en soi un lieu non colonisé

où penser demeure possible
où l’attention peut encore
s’ouvrir au monde

sans être capturée
par son tumulte incessant



















triste époque

non parce qu’elle manquerait de lumière
mais parce qu’elle ne sait plus la voir
tout circule
tout parle
tout réagit
et pourtant quelque chose s’éteint
lentement
la capacité d’attention
la profondeur silencieuse
le temps intérieur
nous savons davantage
mais nous habitons moins
les hommes regardent sans voir
écoutent sans entendre
s’expriment sans présence
le monde devient flux
et dans ce flux
les choses perdent leur poids
même la douleur
même la beauté
passent trop vite
triste époque peut être
parce qu’elle transforme tout en information
et oublie l’expérience
elle accumule les signes
mais perd les symboles
elle relie instantanément
et sépare profondément
pourtant
au cœur même de cette dispersion
demeurent encore des gestes simples
un silence partagé
une lecture lente
une marche solitaire
une phrase qui éclaire soudain l’espace intérieur
et peut être que la tristesse d’une époque
n’est jamais totale
tant qu’il reste quelqu’un
pour préserver
contre le bruit du monde
une certaine qualité de présence
fragile
mais intacte



























dans l'obscurité 
je vis je rêvai des choses très dures



des formes sans visage
des passages 
fermés

une pesanteur 
lente traversant le sommeil



et pourtant 
quelque chose persistait

une faible lueur au fond de la nuit intérieure
comme si même dans l’épreuve du rêve
demeurait la possibilité d’un retour
d’un réveil encore 
intact















récit
de chaque
jour
tous les jours
langue
mise en mots


comme si la parole
ne faisait que déposer des formes provisoires
sur un flux plus ancien qu’elle

une matière vivante qui précède les phrases respire sous elles

et cherche sans cesse à devenir plus audible 
qu’elle-même



























tombeau blanchi à la chaux 
avec les lignes du ciment 
en relief



surface 

pauvre et lumineuse 
où le temps laisse malgré tout ses nervures

comme si la matière elle-même continuait 
d’écrire après la disparition

dans cette blancheur rugueuse demeure une simplicité presque nue
quelque chose d’immobile et d’exposé
sous le ciel le vent les saisons 
lentes






















le rempart aux giroflées

pierre 
ancienne 

traversée d’une floraison légère où la rudesse du mur
laisse pourtant monter des couleurs 
et des parfums

comme si le temps au lieu d’effacer 
avait ouvert dans les fissures
une place pour 
la douceur


les fleurs accrochées au bord du vide 
donnaient au vieux rempart
une patience vivante 
et fragile





























les bêtes pacifiques paissent jusqu’à la mer de Palestine

le paysage semble prolonger leur lenteur



les herbes descendent vers l’eau

le vent déplace peu de choses

la lumière demeure ouverte sur les collines


les animaux avancent sans stratégie

guidés par la faim calme des jours ordinaires


leur mouvement compose une géographie ancienne

faite de poussière de sel et de pâturages rares









la mer de Palestine apparaît au loin

surface continue traversée de reflets métalliques


mémoire de routes commerciales 

de départs de conflits et 

de prières


mais les bêtes ignorent l’histoire

elles maintiennent seulement leur rythme biologique

leur respiration régulière dans le paysage


quelque chose 

d’antérieur aux frontières subsiste alors


une coexistence élémentaire entre le vivant et le territoire

comme si le monde avant les noms

avant les cartes

persistait encore un instant 



dans cette scène 

lente

où les bêtes pacifiques 

paissent 

jusqu’à la mer


de 

Palestine

























dans son travail poétique

plusieurs traits reviennent constamment 

le minimalisme 

l’attention à la matérialité du mot 

le silence autour du langage 

la fragmentation 

une forme d’humour discret 

la tension entre apparition et disparition du sens



qu’est-ce qu’un poème lorsqu’on retire presque tout 






peu de mots
peu de formes
le détail disparaît
l’essentiel reste
le vide compte
la structure est simple
le geste est réduit
le rythme ralentit
la présence suffit
le minimalisme demeure







1

pluuie


2

le vent
déplie
le
l


3

icii


ici est posé
le lieu est présent
le point est immédiat
la présence se tient ici
le corps est ici
le regard part d’ici
le temps a lieu ici
l’espace se concentre ici
le lieu demeure
ici reste ici




4

montagne

mange

agne



5

un bruit
dans le blanc


le blanc est présent
l’espace est clair
un bruit se produit
le son traverse le blanc
le contraste apparaît
le silence est rompu
le bruit persiste un instant
l’air porte le son
le blanc demeure
le bruit cesse




6

soleil

seul


le soleil est seul
la lumière se tient sans autre source
le ciel l’entoure
la clarté descend
l’espace reçoit la lumière
aucun autre astre n’apparaît
le rayonnement continue
le jour se maintient
le soleil demeure seul
la lumière persiste





7

je marche

la route retire
une lettre à mes pas



8

neuige


9

rien

respire encore


rien est là
le vide se tient
un souffle persiste encore
l’air entre et sort
le mouvement est faible
aucune forme ne s’impose
le silence accompagne le souffle
le temps continue
le souffle demeure encore
rien respire


10

arbre

a r b r e

entre ses lettres
de l’air



11

tard

le soir ajoute
du noir au noir



12

fleuve

f e u



13

silnce



14

la pensée

passe

pâle



15

bleu

puis plus



16

un mot

tombe du mot



17

orage

o rage



18

horizon

hori

zon



19

presque

tout


presque tout est là
une part manque encore
l’ensemble approche
le vide est réduit
les éléments se rassemblent
le reste demeure absent
la totalité n’est pas atteinte
la proximité persiste
presque tout se maintient
le manque demeure






20

neige

le monde
corrige
ses contours






minimalisme
non pauvreté mais précision
art de retirer sans appauvrir
de laisser assez de vide
pour que la forme respire

quelques lignes quelques sons
et soudain une présence entière

comme si le peu
porté à sa juste intensité
devenait plus vaste
que l’accumulation des signes


















l’abat-jour sera une douceur posée sur la lumière  il tamisera l’éclat sans l’éteindre 
et dans cette clarté retenue il dira que révéler demande parfois
un peu d’ombre




à l’envers

le monde retrouvera ses coutures cachées
les évidences tomberont comme des décors retournés

dans cette inversion silencieuse cela dira
que comprendre exige parfois de regarder 
depuis l’autre côté

















abandonner 

une ouverture plus qu’une perte
laisser partir ce qui ne peut être retenu

dans ce dépouillement volontaire cela dira
que certaines libertés commencent quand 
on cesse de s’accrocher







l’aléatoire 

une logique sans visage

il disperse 

les événements 

comme des graines dans le vent


dans son imprévisible ordonnance il dira
que le hasard est peut-être une forme secrète du monde











dans un état d'ivresse monotone 
elle coud des nénuphars qu'elle attache délicatement à son épée



poésie ou 
segments de plomberie aléatoire 





























ma prochaine pensée existe peut-être déjà à l’état faible
comme une variation de fond 
dans le flux mental


une association encore incomplète
un mot qui cherche sa forme
une image à demi visible


elle peut venir d’une résonance interne
de la phrase précédente

d’une sensation physique
d’un souvenir latent

d’un détail 
du monde extérieur 
que l’attention n’a pas encore isolé




















la conscience ne produit pas ses contenus d’un seul bloc
elle les voit émerger successivement

comme si la pensée 
apparaissait à elle-même avec un léger retard




quel sera 
ma prochaine pensée est 
une question 
étrange

car au moment où elle se formule
la pensée suivante commence déjà à modifier le terrain


peut-être 
une image de montagne
une structure fractale
une phrase sur le temps
ou simplement le silence très bref
qui précède parfois l’apparition des mots






peut-être aussi 
que penser consiste moins 
à contrôler entièrement ce qui vient 
qu’à observer avec précision la manière dont cela apparaît




























la poésie fuit encore sous l’évier

normal elle passe toujours par les conduites secondaires


j’ai trouvé trois syllabes dans le siphon

garde-les au sec elles rouillent vite


tu crois qu’un vers peut traverser le cuivre 

seulement s’il perd ses voyelles en route


cette maison est pleine de plomberie métaphysique

chaque robinet médite une catastrophe















écoute ce bruit dans les murs

c’est un alexandrin démonté pièce par pièce


pourquoi les tuyaux tremblent-ils à minuit 

ils se souviennent des anciennes pressions


j’ai vu un mot coincé dans un coude

lequel 

ruissellement


beau mot pour une fuite lente

beau mot pour une pensée qui cherche la sortie


tu parles comme un manuel technique écrit par un fantôme

les fantômes adorent les notices incompréhensibles


regarde ce segment de plomberie sur la table

on dirait un fragment de phrase industrielle


il manque une jointure

comme dans toutes les conversations importantes


pourquoi collectionnes-tu des boulons 

pour fixer les idées quand elles vibrent trop fort


le hasard a encore déplacé les raccords

le hasard est un plombier sans diplôme


et la poésie 

une fuite que personne ne veut vraiment réparer


tu crois qu’on pourrait habiter dans un tuyau 

nous y habitons déjà le langage est tubulaire


alors pourquoi tant de silence 

parce que l’eau pense avant de couler


et quand elle cesse 

les mots commencent à goutter

















là où Chronos mesure la succession les heures les jours les causes et les effets 
Aïon renvoie à une durée illimitée à un temps de l’éternité 
de l’intensité ou de la présence pure




c’est le concept de Aïon 
en grec Aïon c’est un mot pour le temps


mais non le temps compté des horloges plutôt 
une durée vaste continue

le temps comme intensité du vivre
comme profondeur traversant les êtres et les mondes


un temps sans mesure fixe où passé et futur semblent se mêler
dans une même étendue vibrante

prononcer ce mot ouvre déjà une autre manière
d’habiter la durée




















le temps 
est 
un enfant qui joue 

ce temps 
est 
l’Aïon 

Aïon 
le temps 
comme éternité 
est 

un enfant qui joue 

cet enfant 
est 
roi



***





chez Gilles Deleuze
aïon devient la surface infinie de l’événement

ce qui arrive
sans jamais se fixer dans un présent stable

le passé et le futur y glissent l’un dans l’autre
comme deux directions d’un même flux

l’instant alors
n’est plus un point
mais une ouverture

aïon est peut être le temps intérieur du rêve
de la mémoire
de certaines expériences de conscience

ces moments où quelques secondes semblent contenir une immensité
ou des années entières se replier dans une seule sensation

dans aïon
rien ne disparaît complètement
tout persiste autrement

comme si chaque événement continuait de vibrer
hors de la chronologie visible

et peut être que la poésie cherche souvent cela

non raconter le temps

mais ouvrir une brèche

où l’éternité affleure

dans l’instant même

où quelque chose

apparaît

et disparaît ensemble




Aïon 
le temps
sans bord

l’éternité
traverse
les secondes

un présent
plus vaste
que les siècles

le temps
retire ses aiguilles
et demeure

dans l’Aïon
rien ne finit
tout devient












 












mardi, mai 12, 2026

pour un mot au charme si violent

il suffit parfois d’une seule syllabe
pour déplacer l’air autour de nous

comme si certains sons
portaient une charge plus ancienne que leur sens
une puissance d’appel de trouble ou de lumière

le mot 
ne décrit plus seulement le monde
il agit sur lui

il ouvre fracture attire
dans l’instant même où il est prononcé
















dans le bois d’une discussion

les phrases avancent entre ombre et éclaircie
heurtant parfois des branches de silence
perdant leur direction avant de retrouver un sentier

chacun parle
comme on cherche une clairière invisible

avec l’espoir qu’au détour d’un mot
quelque chose soudain s’ouvre
et laisse passer un peu plus de lumière




une phrase replace ma pensée

comme une main discrète remettant 
un objet tombé dans l’ombre

soudain les choses 
retrouvent leur orientation secrète

ce qui flottait se rassemble
ce qui dispersait l’esprit se calme

et quelques mots suffisent à rendre au monde
sa juste inclinaison





























tu as vu le nuage qui boit la montagne
 
il ne boit rien il répète seulement une ancienne vapeur



alors pourquoi cette ombre sous les sapins 

parce que le vert pense plus vite que nous


tu parles encore en travers

je marche de biais pour éviter les évidences


les évidences aiment qu’on les regarde droit dans les yeux

oui et c’est pour cela qu’elles deviennent aveugles













il y avait une cloche tout à l’heure

non le souvenir d’une cloche dans le métal de l’air



tu distingues des nuances inutiles

l’univers tient par nuances inutiles



le boulanger aussi tient par nuances

lui c’est la farine moi c’est le vacillement



tu compliques le matin

le matin se complique très bien sans moi



pourquoi écris-tu sur des tickets de caisse 

parce que les chiffres rêvent d’être des phrases



et les phrases 

elles rêvent d’être traversées par quelqu’un d’absent






tu regardes souvent la rivière sans parler

elle parle pour les objets fatigués



tu crois que les pierres ont une mémoire 

seulement quand personne ne les nomme



voilà encore ton mysticisme de poche

une poche est déjà un abîme cousu



il va pleuvoir

oui le ciel corrige ses brouillons



tu entends ce train 

j’entends surtout la distance qu’il déplace




nous devrions rentrer

rentrer où 

chez nous

Ah cette vieille hypothèse


























Ne désespérez jamais. Faites infuser davantage.
Henri Michaux , Face aux verrous.

Du "Dao" originel
du commencement du réel
des signes célestes
des formes terrestres
des règles saisonnières
de l'examen des choses obscures
des esprits essentiels
de la chaîne originelle
de l'art du maître
des évaluations fallacieuses
de l'équivalence des moeurs
des résonances du "Dao"
de l'inconstance des choses
des paroles probantes
de l'utilisation des armes
montagne de propos
forêt de propos
du monde des hommes
du devoir de se cultiver
de la synthèse ultime


"ô le plus violent paradis"

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E.O E.P. EA EAIO EB écart énigme Echenoz échos Echos L.A. Eckhart Tolle Eco Ecosse écoute écritures Eddas EDG EDJ EDLCDS EDLF Edmond Jabès EDO EIJS elle ELLEDIT ELLELL Elles Ellul EM Emerson Empédocle EN ENCORE encres et musique Encres et peintures Ennéade ennui EnSof Entre entrelacs environnement Eons EPE épiphanies épistémologie EPLA époché Eranos ère ERRER Escher ESE Eshleman Esnault ESPA Espace Espitallier essais EST ét été Etel Adnan ETLPDMP Etna étoile Etymologie Eucharistie Euler évangile Eventail Exergue F F.A. F.EAA F.O F.Pirates FAA Fable Fadeur faits FAJ Fantasy Faune Fayçal fenêtre Fengliu feu Fiction Films FiniSol Finkielkraut FIVE FL Flore fmr FNAR Foligno Forest Formalisme Foucault Fourcade Fourier FP FQPCC Fractales fragm Fragme Fragments France François Cheng Frappat Frémon Fréquences Froid Fugue Fuji Futur G.C.L. 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