connaître
sa chance et la recevoir avec gratitude
réveillé par le soleil
journée radieuse
comme
coupe de cristal débordant d'une lumière
bleue et dorée
les montagnes
découpées dans le pétale d'un cyclamen
Lionel André / promenades / randonnées / arts / littératures / air du temps
longues promenades
collines avec la mer
soleil délicat
buissons des églantines blanches
fleurs sirupeuses aux pétales violets
douceur de l'amitié
sourires
plaisanteries et projets
jeu
le monde sourit aux apparences
pas de fausses notes
confiance
soleil et maisons blanches
bonheurs intacts
*
c'est d'être beaux
si
le temps coule
si vite
c'est qu'on n'y répand pas
de points
de repères
ainsi
de la lune au zénith et à l'horizon
c'est pourquoi ces années
de jeunesse sont si longues parce que si pleines les années
de vieillesse si courtes parce que
déjà constituées
remarquer par exemple qu'il est presque impossible
de regarder
une aiguille
tourner cinq minutes sur
un cadran tant la chose est longue
et exaspérante
ce qu'on voit et entend est comme
magie et taie sur l’œil
ce qu'on sait et ressent produit
l'être vivant
l'apaisement des mobiles est la prospérité
de la voie
de la marche héroïque
pour ceux qui
adorent
le soleil
il y a
des moments
d’extase que rien ne pourra
démentir
le vent
qui fait frissonner l'herbe à son gré
va et vient
certains
sont nés pour accueillir son message
d'autres pour le refuser.
chez ceux qui sont nés pour l'accueillir
on perçoit
un étrange
détachement
des consolations
d'ici-bas
le réel est un secret
ils le virent
de loin comme un feu simple et
droit parmi les bêtes
brutes
les falaises
contemplaient la mer avec compassion
je ne suis pas ici
pour bien ou mal faire ou pour
donner
des leçons
je suis ici
pour vivre
et j’ai
découvert où se cache le plaisir
de vivre
soliloques
d’
un ermite
les sens
plus que l'esprit ont
une intelligence qu'il sera utile
de
découvrir
*
instants
d'adorable silence
les hommes se sont tus
le chant
du monde s'élève et moi
enchaîné au fond
de la caverne
je suis comblé avant
d'avoir
désiré
l'éternité est là et moi je l'espérais
maintenant
je puis parler
je ne sais pas
ce que
je pourrais souhaiter
de mieux que cette continuelle présence
de moi-même à moi-même
ce qui fait le prix du voyage
c’est la peur
c’est qu’à un certain moment si loin
de notre pays
de notre langue
un journal français
devient
d’un prix inestimable
Cahier I 1936 Aux Baléares L’été passé. 23 ans
*
déguster les trois tomes des Carnets de Camus c’est affronter les deux faces de son soleil invincible: l’or et le noir tout au long d’un défilé d’aphorismes et de pensées brillantes anecdotiques ou hermétiques
c’est également l’émotion de voir vieillir un homme de cœur ambivalent et évoluant dans toute l’Europe avant pendant et après la guerre de retrouver les bribes dialogues corrections et commentaires des œuvres qu’il crée parallèlement
on parcourt alors avec lui les années le cœur serré de voir se rapprocher la date fatidique de son accident regrettant de devoir laisser partir plus qu’un grand homme du siècle un confident un compagnon capable de parler à l’enfant l’adolescent et l’adulte réunis en nous
l’eau glacée
des bains
de printemps
les méduses mortes sur la plage
une gelée qui rentre peu à peu
dans le sable.
les immenses
dunes
de sable pâle
la mer et le sable ces
deux
déserts
*
je sais
ce qu’est le dimanche pour un homme pauvre
qui travaille
je sais
surtout ce qu’est le dimanche soir
et si
je pouvais
donner un sens et une figure à ce que
je sais
je pourrais faire
d’un dimanche pauvre
une œuvre d’humanité
Baléares
un baiser et la chaîne
des causes et
des effets
soudain s'emberlificote
en événements
du crépuscule
la nuit tiendra-t-elle les promesses
tel est le souci
d’Eros
scrutant l'ombre
d'un sourire elle le mena
du Portique au Jardin
*
journée traversée
de nuages et
de soleil
un froid pailleté
de jaune
je
devrais faire un cahier
du temps
de chaque jour
dans les chemins ...