dimanche, août 23, 2026

voleur de feu

prendre sans posséder

une braise

dans la nuit


la porter

à mains nues

jusqu'à l'autre rive



le feu

n'appartient à personne

il se transmet

ou s'éteint










Prométhée n'est pas celui qui garde

mais celui

qui ose

rapporter

la lumière

dans l'obscur


voler le feu c'est peut-être

voler

à la nuit

son dernier mot

et rendre

au monde

une lumière

qui brûle

sans détruire





Voleur de feu 

l'une des expressions les plus puissantes de la poésie moderne Chez Rimbaud dans la Lettre du voyant Le Poète se fait voyant par un long immense et raisonné dérèglement de tous les sens  le poète est celui qui va chercher une lumière là où elle n'est pas encore disponible pour tous



voleur de feu  peut être entendu 
bien au-delà de 
Rimbaud


le feu n'est pas seulement 
la lumière

le feu 
est ce qui transforme

il éclaire mais il brûle 
aussi 

il donne une énergie 
et exige quelque chose en retour

voler le feu c'est donc arracher à l'inconnu une puissance 
qui n'était pas destinée à être possédée


le mythe de Prométhée est ici essentiel  

l'homme reçoit le feu des dieux et avec lui la possibilité 
de transformer son existence

le feu devient 

connaissance
technique 
langage 
culture



le poète reprend ce geste mais son feu 
est plus étrange 


il vole une lumière au réel 
pour la rendre 
langage

pourquoi  voleur 

parce que le poète ne reçoit 
pas passivement

il prend

il force les frontières 

du visible 
de l'habitude
du langage commun

il entre dans la nuit pour en rapporter 
quelque chose

le poète n'est donc pas 
seulement celui qui contemple la lumière  

il est celui qui 
ose aller la chercher

mais le vol implique aussi 
le risque

celui qui vole le feu 
peut se brûler

chez Rimbaud le dérèglement des sens n'est pas 
une simple fantaisie

c'est une épreuve


pour voir autrement il faut accepter de perdre 
provisoirement les repères 
ordinaires

le voyant est celui qui accepte de ne plus voir 
comme tout le monde


le feu et la parole


le poète vole le feu 
et le transforme 
en parole

il ne possède pas le feu  
il devient son 
vecteur

la véritable poésie n'est donc pas 
une décoration du langage

elle est une transmission 
d'intensité

un mot devient incandescent 
parce qu'il a traversé 
quelque chose



d'où cette idée 

le poète ne crée pas toujours 
la lumière 

il la dérobe au monde et tente 
de la restituer


le feu 
est aussi une connaissance

il y a 
une vieille
équivalence entre 

voir → savoir → lumière

le voleur de feu est donc celui qui cherche une connaissance 
qui ne soit pas simplement 
conceptuelle

il veut 
connaître par 
brûlure

ce qui est appris dans les livres 
peut rester extérieur

ce qui est éprouvé transforme 
celui qui l'éprouve




ainsi 

le  voleur de feu  pourrait être celui qui accepte 
de payer physiquement et spirituellement 
le prix de la connaissance



une lecture plus métaphysique

si le feu représente l'Être la vérité ou la conscience
alors le poète accomplit 
un geste impossible 

il cherche à ramener dans le monde humain 
quelque chose qui le dépasse

il vole 
l'inaccessible

mais dès qu'il l'a rapporté il découvre 
qu'il ne peut pas le conserver

le feu ne se possède pas
il se transmet

c'est peut-être là le paradoxe
ultime du poète 


voler le feu
pour apprendre 
qu'il n'appartient à personne


le voleur de feu 
entre dans 
la nuit

non pour devenir propriétaire de la lumière
mais pour rapporter aux autres
une braise qui leur permette
de voir à leur tour






















la marche est la thermodynamique de la pensée

la formule est très forte parce qu'elle fait de la marche 
non pas un simple déplacement du corps 
mais une physique du devenir 
intérieur

la thermodynamique étudie 
les transformations 

échanges d'énergie dissipation équilibre
irréversibilité

or la pensée lorsqu'elle marche semble obéir à 
une dynamique analogue 

elle se transforme 
parce qu'elle circule

marcher
c'est mettre la pensée hors équilibre
























une pensée immobile tend à se refermer 
sur elle-même

elle répète ses propres formes tourne autour 
des mêmes certitudes

le pas introduit une perturbation

un pas 

déplacement du corps → 
déplacement de l'attention → déplacement de la pensée


la marche produit ainsi une sorte 
de déséquilibre fécond

elle empêche la pensée de rester 
dans son état initial


on pourrait presque dire 

penser en marchant
c'est fournir de l'énergie à la pensée



la marche dissipe

une partie de ce qui encombre l'esprit 
se dissipe dans le mouvement

l'inquiétude la rumination l'excès de tension 
ne sont pas nécessairement 
résolus 

 ils sont 
transformés par le rythme


le pas régulier fait ce que la pensée seule 
ne parvient pas toujours à faire  

il redistribue les forces

la marche ne supprime pas le désordre intérieur
elle lui permet de circuler



le pas comme unité élémentaire

il y a aussi une belle correspondance 
entre le pas et la pensée


une marche est composée d'innombrables 
gestes minuscules

aucun ne constitue à lui seul 
le voyage

de même 
une pensée → une autre → une autre

et soudain 
une intuition apparaît

le sens n'était pas nécessairement contenu dans 
un pas particulier

il est produit par la succession 
organisée des pas

la marche est donc une pensée séquentielle
mais une séquence qui ne connaît pas 
nécessairement 
sa destination


et surtout 
l'irréversibilité

la thermodynamique 
introduit la flèche du temps

la marche aussi

chaque pas accompli appartient 
désormais au passé

on peut revenir sur le chemin mais on ne peut pas refaire 
exactement le même instant avec le même corps 
la même lumière le même 
état intérieur

la marche est donc 
une expérience physique de la durée 

le corps 
avance dans l'espace

tandis que le temps avance 
dans le corps



c'est peut-être là que la formule 
rejoint Bergson 

la pensée n'est pas une série d'états immobiles mais une durée 
qui se transforme en se parcourant 
elle-même

la marche 
comme entropie créatrice



on pourrait pousser le paradoxe 

la marche dépense de l'énergie produit de la chaleur
fatigue le corps 

elle est donc 
un processus dissipatif

mais cette dissipation peut produire 
quelque chose de nouveau 

une idée

une dépense physique devient 
une économie mentale

le corps perd de l'énergie et la pensée 
gagne parfois 
de la clarté


ainsi 

la marche brûle des calories
et libère des pensées

mais la pensée ne devient pas claire parce que le marcheur
aurait atteint un équilibre définitif

elle devient claire parce que certaines tensions 
ont trouvé une nouvelle distribution

c'est pourquoi la formule peut finalement 
se condenser en une véritable 
poétique 




la marche est la thermodynamique de la pensée 
elle met le corps en mouvement
dissipe les anciennes formes
redistribue les forces
produit du désordre
et parfois dans ce désordre même
fait apparaître une forme nouvelle


la phrase 
la plus simple 
serait 



marcher
c'est laisser la pensée 
changer 
d'état









thermodynamique


la pensée est une chaleur qui cherche

son passage



le corps marche

le sang circule


le souffle transforme l'énergie

en mouvement


rien ne demeure

immobile


la forêt

respire


la montagne

échange


le soleil disperse sa lumière

et nous avançons

dans cette grande

circulation

de matière

de chaleur

de hasard



la marche

est la thermodynamique

de la pensée


un pas

dissipe

un peu d'ordre


un autre

ouvre

un possible



penser

c'est peut-être

cela


transformer la chaleur du monde en chemin


























 

la marche 
à pied dans la forêt 
est une cérémonie de purification


la phrase peut être entendue 
comme une petite liturgie sans religion 

où le corps accomplit par le déplacement 
ce que  la pensée chercherait 

vainement à accomplir par 
la seule volonté



























la forêt ne purifie pas au sens où elle enlèverait 
magiquement quelque chose

elle purifie parce qu'elle déplace 
les proportions

en entrant dans la forêt l'homme cesse 
momentanément d'être 
le centre du 
monde


l'arbre est plus ancien
la roche est plus lente

le ruisseau ignore nos préoccupations
le vent ne connaît pas nos projets

La marche remet ainsi 
le marcheur dans une échelle qui le dépasse




le premier geste  quitter

toute purification commence par une séparation

quitter la maison
quitter les écrans
quitter les conversations
quitter les habitudes du moi


le premier pas dans la forêt est déjà 
un pas hors 
de soi





le deuxième geste  ralentir

la forêt impose naturellement une autre vitesse


on ne marche plus selon l'horloge 
mais selon le terrain 

une racine une pierre une pente une flaque 
une branche basse

le corps retrouve une temporalité élémentaire
le pas devient mesure

peu à peu 
le mental perd son excès de vitesse




le troisième geste  regarder


la purification consiste 
alors moins à enlever  qu'à désencombrer le regard


une feuille
une écorce
une lumière
une ombre

un oiseau invisible


le monde recommence à apparaître parce que le regard 
cesse de demander au monde 
quelque chose

c'est une véritable ascèse 
de l'attention




le quatrième geste  respirer

la marche transforme la respiration en rythme

pas après pas
souffle après souffle

le corps retrouve 
une musique antérieure aux pensées

on pourrait dire 

la forêt ne parle pas au marcheur
elle lui apprend à respirer avec ce qui ne parle pas




enfin  revenir

la purification n'est pas 
une fuite définitive du monde

on ressort de la forêt
mais quelque chose a changé dans la manière 
d'habiter le monde ordinaire

le bruit est redevenu bruit
la vitesse est redevenue vitesse
les objets sont redevenus objets

mais le regard 
porte encore quelque chose 
de la forêt


c'est pourquoi  cérémonie  
est peut-être le mot le plus beau de la phrase


une cérémonie est une action répétée selon un rythme 
qui transforme celui qui l'accomplit

la marche devient alors 

entrée → ralentissement → attention → 
respiration → silence → 
retour


une liturgie sans autel dont les éléments 
sont le chemin 
l'arbre 

le souffle et le temps




la purification 
pourrait finalement être définie 
très simplement 






marcher dans la forêt
jusqu'à ce que le bruit que l'on porte en soi
devienne moins fort que le silence qui nous entoure


la forêt ne purifie pas le marcheur du monde 
elle le purifie de l'idée 
qu'il en est 
séparé









en marche l'enfant dans la forêt

un pas

sur la mousse

un rayon

entre les branches


il ne sait pas

encore

où mène

le chemin

et c'est pourquoi

il avance



le monde

n'est pas encore

séparé


les arbres

le ciel

la terre

le souffle

tout vient

à lui

sans explication



l'enfant marche et la forêt marche en lui

quelque chose

commence

à chaque pas























la marche et le rêve 


la marche 

est l’inscription du corps dans le monde

elle avance par contact par poids par alternance

un pied quitte la terre pendant que l’autre y revient

elle est rythme direction résistance 


marcher

c’est accepter le réel à chaque pas






















le rêve

lui délie le corps de la nécessité 

il ouvre des passages que la géographie ignore

rapproche ce qui est séparé

fait surgir des lieux sans coordonnées


le rêve ne marche pas 

il dérive 

bondit

traverse



entre marche et rêve se tient une tension entre 

ancrage et envol

pesanteur et possibilité

chemin et apparition


la marche donne au rêve 

un sol 


le rêve donne à la marche 

un horizon


le marcheur rêve avec 

ses pieds

le rêveur marche avec 

ses images




peut-être que la véritable marche commence lorsque 
le chemin visible rencontre 
le chemin intérieur


avancer dans le paysage 
tout en laissant le paysage avancer en soi







la marche et le rêve


le pied 

dans la terre

la tête

dans le ciel


un pas réveille un songe

un autre

le défait


marcher

c'est rêver

avec le corps


rêver

c'est marcher

sans sol


entre les deux une même respiration


la route

avance

dans le paysage


le paysage avance dans l'esprit

jusqu'à ce que

je ne sache plus

qui marche

du chemin

ou de moi



























 
ce n'est pas la faute du soleil 
s'il éclaire tout ce 
qu'il touche

cette phrase a la simplicité d'une évidence et la profondeur 
d'une petite théologie de la lumière



















le mot décisif est 
faute 

il introduit immédiatement 
une question 
morale 

peut-on reprocher à une chose d'être 
ce qu'elle est 

le soleil n'a pas choisi d'éclairer
il éclaire par nature

sa lumière n'est ni intentionnelle 
ni coupable



















il y a là 
une idée presque spinoziste  

une chose ne doit pas être jugée selon les conséquences 
que nous lui attribuons mais comprise 
selon sa nature et sa puissance 
d'agir



le soleil 
ne demande pas 

ceci mérite-t-il d'être 
éclairé 

il éclaire


la pierre la fleur le visage la boue
le palais la blessure 

tout entre 
dans son rayonnement

la lumière ne sélectionne pas selon 
nos catégories morales

elle révèle


et c'est justement 
ce qui peut devenir inconfortable 


éclairer c'est aussi rendre visible 
ce que nous aurions préféré 
maintenir  dans 
l'ombre


le soleil ne crée pas la saleté qu'il révèle

il ne crée pas la fissure du mur

il ne crée pas la cicatrice

il les rend visibles



ainsi 

ce n'est pas la faute du soleil 

pourrait être une méditation 
sur la différence entre causer et révéler

la lumière n'est pas 
responsable de ce qu'elle montre





la phrase 
peut devenir plus 
intérieure


si le soleil représente 
la conscience

alors 

ce n'est pas la faute de la conscience 
si elle éclaire  tout ce 
qu'elle touche

elle découvre le désir la peur la contradiction 
la beauté la faiblesse

elle ne peut pas décider arbitrairement 
de n'éclairer que ce qui 
lui convient




c'est peut-être même une définition 
de la lucidité 

voir sans choisir préalablement 
ce qui mérite 
d'être vu


il y a une dimension éthique 
très forte 

la lumière n'est pas morale 
parce qu'elle juge

elle est morale parce qu'elle 
ne dissimule pas


on peut enfin entendre dans cette phrase 
quelque chose 
de 

profondément 
poétique




le soleil est innocent parce qu'il est généreux 
sans intention

il donne sans calculer

il touche et éclaire

il ne possède rien de ce qu'il illumine

il n'exige pas de retour

il ne dit pas 

 
je t'éclaire parce que tu le mérites 

mais simplement 

je suis lumière donc je rayonne



c'est pourquoi la phrase pourrait presque devenir 
une maxime de vie 


ce n'est pas la faute du soleil

s'il révèle la beauté comme la laideur


ce n'est pas sa faute

si rien ne peut lui rester caché


il ne fait que suivre 

sa nature





dans 
une formulation  plus 
radicale 


la lumière ne choisit pas ce qu'elle révèle 
elle révèle parce qu'elle 
est lumière

peut-être est-ce aussi 
une définition de l'amour véritable 

éclairer sans sélectionner voir sans condamner 
laisser apparaître 
sans posséder




























devant une neige un Être de Beauté de haute taille

Being Beauteous 

une expression anglaise assez rare et littéraire 
sa traduction dépend beaucoup 
du contexte 

elle est particulièrement intéressante parce que 
beauteous n'est pas simplement 
beautiful 

le mot est plus ancien plus poétique
presque archaïque





traductions possibles






















Être beau 
la traduction la plus directe mais assez pauvre

Être de beauté 
plus étrange plus poétique

Être beauté 
très condensé presque métaphysique

Être en beauté  
possible mais le sens devient différent

Être dans la beauté  
insiste sur un état plutôt que sur une qualité

Être beau en étant 
interprétation philosophique mais non littérale

Être beauté même 
très libre mais forte si l'expression 
est pensée comme une affirmation ontologique







pour ma manière de travailler les mots
je retiendrais surtout 

Être beauté

parce que cela fait disparaître la distinction habituelle 
entre un être qui possède la beauté 
et un être qui est beauté


philosophiquement
Being beauteous peut se déployer selon 
deux lectures

Being signifie à la fois être et étant mais aussi 
le fait d'être la présence


Beauteous signifie beau mais avec une coloration 
de splendeur de grâce de beauté 
presque visionnaire




ainsi 

Being beauteous
peut être entendu comme 

l'être dans sa beauté

mais plus radicalement 

l'être devenant beauté visible



il y a alors une proximité avec l'idée platonicienne selon laquelle le beau manifeste l'être mais aussi avec une pensée plus immanente où la beauté n'est pas ajoutée au réel  elle est une manière pour le réel de se révéler


beauteous  n'est pas exactement  beautiful 

c'est important

Beautiful est le mot courant
descriptif

Beauteous possède quelque chose de chanté
d'ancien d'incantatoire 


il peut évoquer une beauté qui dépasse l'évaluation 
esthétique ordinaire  une apparition
une splendeur une grâce


c'est pourquoi  être beauté  conserve mieux 
cette étrangeté que 
être beau 

on pourrait même entendre 
being beauteous

être beauté
être en beauté
être par la beauté

être — beauté


la dernière version devient presque une formule ontologique 
l'être et le beau cessent d'être deux 
choses séparées

et dans le prolongement de mon image 
de la vague 

la vague est l'océan
l'être est beauté

la beauté est la manière dont l'être apparaît





Being beauteous pourrait alors signifier 
non pas simplement 
être beau

mais 

être au point où l'existence elle-même 
devient apparition 
de beauté
























les couleurs de la vie

se foncent dansent et se dégagent

autour de la vision

sur le chantier



la poussière

monte


la lumière

change















les formes

apparaissent et disparaissent


dans le mouvement

rien n'est achevé


la couleur travaille

la vision

aussi



le chantier n'est pas un désordre

mais une naissance


quelque chose se construit

en se défaisant



l'œil apprend à voir

dans cette

instabilité


une forme de vérité




un nouveau corps amoureux

ne naît pas

d'un autre corps


mais

d'un regard qui change




la peau

devient lumière


le souffle

devient langage


la distance

devient désir


soudain le corps n'est plus une frontière

mais un passage


deux présences

sans possession


deux souffles

qui se reconnaissent


quelque chose s'invente entre eux

un corps nouveau


non fait

de chair seulement mais 

de lumière

de mouvement et 

d'attention



aimer

c'est peut-être

cela


donner naissance à un corps

qui n'existait pas

avant l'amour
















autour de ton front couronné de fleurettes et de baies

tes yeux

des boules précieuses

remuent




dans la lumière ils ne regardent pas

ils brillent

comme deux choses

vivantes

dans l'herbe



un peu de rouge

un peu de vert


le visage

devenu jardin


le regard

devenu fruit


et tout autour 

le monde sans explication

se met

à bouger




ton cœur bat où dort le double sexe

non séparé

mais uni

comme la nuit

et le jour

dans un même souffle


deux forces

une présence


deux rives

un seul courant


le masculin et le féminin comme deux lumières

qui se répondent dans le même 

corps



le cœur

bat

au centre

de cette

indistinction



antique

avant les noms avant les dieux avant même

la mémoire


une pierre était déjà là

le soleil

passait

sur elle

sans histoire





le vent ne savait pas qu'il était vent

et la mer

ne savait pas

qu'elle était

ancienne



antique

ce n'est pas ce qui vient du passé

c'est ce qui

demeure

sous le temps




une présence qui n'a jamais cessé

de commencer




Imago 

un mot très ancien très dense qui tient ensemble l'image 
la forme la métamorphose 
et la mémoire

en latin imago signifie d'abord image représentation 
portrait apparence 

mais le mot devient particulièrement intéressant 
lorsqu'on le rapproche de la biologie 

chez les insectes l’imago est le stade adulte  la forme 
achevée après les métamorphoses 
de la larve

le même mot porte donc deux mouvements
apparemment contradictoires 






















l'image 
de ce qui est

et

la forme 
vers laquelle on devient


c'est ce qui lui donne 
une puissance philosophique


















l'imago n'est pas simplement 
une copie

elle est une forme qui apparaît après 
une transformation

la chenille n'est pas une mauvaise version 
du papillon

elle est déjà en quelque sorte prise 
dans le mouvement 
qui conduira à 
l'imago




on pourrait alors entendre 

l'imago 
est ce que le devenir 
révèle de
l'être


et cela rejoint merveilleusement 

la vague était l'océan
la vague est l'océan

la vague sera 
ce qu'elle a toujours été

l'océan




L'imago pourrait être comprise comme la forme momentanément 
accomplie d'une métamorphose qui n'a jamais 
cessé d'être elle-même



il y a aussi dans imago quelque chose 
de profondément psychique

en psychanalyse l'imago désigne une représentation intérieure
souvent inconsciente d'une personne 
ou d'une figure fondamentale

ce n'est plus alors l'image extérieure mais l'image 
devenue présence intérieure

l'imago est donc
 
ce qui persiste de quelqu'un 
après son absence

une personne disparaît mais 
son imago demeure 


visage intérieur
empreinte
souvenir
forme invisible de la présence




d'où une magnifique tension 

l'imago est une présence faite 
d'absence


ce qui demeure n'est parfois 
qu'une imago 

une forme laissée par ce qui 
n'est plus là




enfin il y a 
une lecture presque platonicienne 

l'imago serait 
l'apparence sensible 
d'une forme plus profonde 

mais une lecture 
nietzschéenne pourrait la renverser

il n'y aurait pas d'original caché derrière l'image  
il y aurait seulement des formes qui se transforment



alors imago cesse d'être le reflet 
d'un être fixe

elle devient 

la figure que prend le devenir 
lorsqu'il devient 
visible



Imago 

l'être lorsqu'il passe par 
la forme

le souvenir lorsqu'il prend 
visage

le devenir lorsqu'il devient 
visible








imago la forme qui demeure après les formes

une aile

abandonnée

dans la lumière


le corps a changé la mémoire aussi

mais quelque chose

reste


non comme souvenir

mais comme présence



imago

l'image

de ce que

nous avons été

et peut-être


de ce que nous sommes en train

de devenir


une mue

un seuil

une apparence

qui cache le mouvement qui l'a produite


lorsqu'elle se détache il ne reste

pas le vide

mais


la possibilité

d'une autre forme

















oui 

j’écrivais des silences je fixais des vertiges 

est peut-être l’une des formulations les plus extraordinaires de Rimbaud pour penser ce que pourrait être une poésie des mots sous les mots  c’est une formule de Une saison en enfer dans  Alchimie du verbe 


le plus intéressant 
est le renversement des verbes

j’écrivais des silences

écrire suppose normalement de transformer 
le silence en paroles

Rimbaud dit l’inverse  
il écrit le silence lui-même























sous écrivais
il y a donc une contradiction féconde 


écrire → inscrire → tracer → faire apparaître


mais ce qui est inscrit est précisément 
ce qui ne parle pas

le silence 
devient une matière poétique

le pluriel est essentiel  Rimbaud n'écrit pas le silence
mais des silences


il y a plusieurs espèces de silence : silence avant le mot
silence entre les mots silence après le mot
silence du monde silence 
de l'inexprimable


je fixais des vertiges


deuxième impossibilité

le vertige est précisément ce qui ne peut pas être fixé

il est mouvement instabilité perte du centre

or fixer signifie 

immobiliser
regarder intensément
inscrire
déterminer


Rimbaud tente donc de faire avec le vertige ce qu'il faisait 
avec le silence 

donner une forme à ce qui échappe 
à toute forme

on pourrait presque écrire l'équation 

silence → écriture
vertige → fixation


la poésie devient l'art de rendre perceptible 
l'insaisissable

et surtout  le  je 

il y a quelque chose de très important 
dans le retour du je 

j'écrivais
je fixais

le poète n'est plus seulement celui qui exprime 
une expérience. 

il devient une sorte d'instrument 
de transformation


il prend 

le silence → et le transforme en écriture

le vertige → et le transforme en vision


c'est précisément ce qui donne au passage 
sa dimension presque 
alchimique


dans l'esprit de Starobinski
on pourrait aller encore plus loin
les deux syntagmes ont une structure identique 


verbe + matière impossible

écrivais / silences

fixais / vertiges


les deux noms sont au pluriel abstraits
insaisissables

et les deux verbes accomplissent l'opération 
contraire à leur objet


écrire le silence
c'est faire parler ce qui ne parle pas

fixer le vertige
c'est immobiliser ce qui est mouvement


le sens véritable apparaît donc dans l'écart entre les mots 
plutôt que dans chacun d'eux pris isolément

c'est là que l'on rejoint très directement l' idée 
d'un inconscient poétique du langage : 

le poème ne signifie pas seulement ce que ses mots disent  
il signifie aussi la tension qui les unit



cette tension pourrait se formuler ainsi 

faire apparaître l'invisible sans le détruire


c'est peut-être une définition particulièrement juste 
de la poésie de Rimbaud



si 
l'on rapproche cette phrase 
de 


Au bois il y a un oiseau 
son chant vous arrête et vous fait rougir 

on voit 
apparaître une même poétique 


le chant arrête le mouvement 
comme le poème 
fixe le vertige 

quelque chose 
d'invisible 
devient 

soudain sensible






***


j'écrivais des silences

je fixais

des vertiges


entre les mots

l'abîme


entre les lignes

le vent



je ne cherchais plus à dire

mais à laisser

apparaître

une lumière

si mince

qu'elle semblait

venir du silence



j'écrivais ce qui se retire

je fixais

ce qui tremble


le poème demeurait là 
comme une pierre au bord du vertige


























Ne désespérez jamais. Faites infuser davantage.
Henri Michaux , Face aux verrous.

Du "Dao" originel
du commencement du réel
des signes célestes
des formes terrestres
des règles saisonnières
de l'examen des choses obscures
des esprits essentiels
de la chaîne originelle
de l'art du maître
des évaluations fallacieuses
de l'équivalence des moeurs
des résonances du "Dao"
de l'inconstance des choses
des paroles probantes
de l'utilisation des armes
montagne de propos
forêt de propos
du monde des hommes
du devoir de se cultiver
de la synthèse ultime


"ô le plus violent paradis"

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A1 A10 A2 A3 A4 A5 A6 A7 A8 A9 AB ABDL Abécédaire Abîme Aboulafia Abréviations Abrüpt Abruzzo absolu ACC Acker acronyme Actis Actualités ADBP Adorno ADR Adrénaline ADUMC Advaita AELT Agamben Agenda AgnèsMartin Agrafe et boite Ainsité Aïon AIR Air du temps akasha Akhmatova AL Alain de Lille Alan Davies Albiach Alchimie Alechinsky Aleph ALF Alferi alien Alina Reyes ALTH AM Amande Ammons Amor fati Anagrammes Analogie Anaphore Anaximandre Anders André Breton André du Bouchet André Velter Andy Goldsworthy animal animation Annick Ranvier Annonciations Anthologie ANTI Antin David AP Apatheia Aphaïa aphorismes Apollonios aporie Appelfeld Approche APUMM APZ APZT Arago Aram Saroyan Arbres Archéopoésie ArgentOr Aristote Arp Arseguel Art sacré ARTHAUD AS ASDMI ASF Ashbery ASLEND Assez Astrologie Asymptote Atlantide attente Aurélien Barrau Aurore Automne Auxméry AVB Avec Avent AW axiologie Axiomes Azam B B.Celerier Babel BABIL Bach Bachmann Baies Baigaitu BAM Banal Bandeaux Barque Barré Barry Lopez Barthes Bashô Basque Basquin Bataille Battala BAZAR BDLE BDLF Beaufortain Beckett Beckford Benedetto Bénézet Benoît Labre Benveniste Bergounioux Bergson Bernstein bête Bhattacharya bibliographie Bibliothèques bientôt Bimot Binet bio biographie BioMobiles Biopsies Bishop BISSES1 Bivouac Blackburn Blaine Blanc Blanchot Blanqui Blaser Blau Duplessis Bleu Bloy Bobin Bochner Bohm boisflotté Bök Bonheur bord de terre Borges Bouddha Bouthonnier Bouvier Bozier Brautigan Bretagne Bribes Briciole bricoleur Brisset Bronk Broodthaers Bruckner Bryen BSRM Butor Byron C C.C C.D.A C.E.T C.F. C.Olson çacest café calcul Camino Campo Cantor Cantos Capital Capricorne Captures Carl Andre carnet Carson Carte postale Cartes et globes Carver Casas Cavale cavernes Cazier CCB CCEM CDLP CDLRP CDMDCDD CDN CDRSLS CDS ce ce qui est ceci cela Céline Celui Cendras cequej'aime Cerbelaud cercles Cerf Ceux Cézanne CGJ CH5 Chalamov chaleur chaman Champs chant chant1 Chants et Poésies Chappuis chaque Char chartres Chartreuse Chaton Chemins ChenZhen Chladni Choeur Choisir Chômei Chose Christian Dotremont christo Chu-Ta Ciel Ciel profond Cioran Circé citations civilisations CL Claude Favre Claude Simon Clausewitz CLBC CLC Climat Closky Clouscard CMDOT Code Cole collages coller Collines collobert Combines Côme comme comment Compact compostelle conatus conscience constitution contepersan contingence contre conversation Copier Corbeau corpus Cortazar couleur covid CP Cravan Creeley cri crystallography CS.PAP CSB CSMM Cummings cut Cut 1 CV Cyber cycle Cyrano CyT D.SNLS Dada DALA Dans Danse Dao Dasein Dates DCPC DD DDLR de De Vries Decout DEE definition définitions DEGAULLE Deguy Deleuze Delillo délires Démocrite Denis Roche Déplacement Dérive Derrida Des Déserts Désir Détails Détournement DETQC Dextre DFRC DH DI Diable Dialogues Dickinson Dillard Diogène Divers DJLC DLADLS DLNI DMI DMOAM Domerg Donne Dryas DSDLDS Duchamp DUM Dumond Duncan DUNE Duras Durer Duvauroux DVDC Dworkin E E.Baer E.C E.E. E.O E.P. EA EAIO EB écart énigme Echenoz échos Echos L.A. Eckhart Tolle éclipse Eco Ecosse écoute écritures ED Eddas EDG EDJ EDLCDS EDLF Edmond Jabès EDO EIJS elle ELLEDIT ELLELL Elles Ellul EM Emerson Empédocle EN ENCORE encres et musique Encres et peintures Ennéade ennui EnSof Entre entrelacs environnement Eons EPE épiphanies épistémologie EPLA époché Eranos ère ERRER Escher ESE Eshleman Esnault ESPA Espace Espitallier essais EST ét été Etel Adnan ETLPDMP Etna étoile Etymologie Eucharistie Euler évangile éveil Eventail Exergue F F.A. F.EAA F.O F.Pirates FAA Fable Fadeur faits FAJ Fantasy Faune Fayçal fenêtre Fengliu feu Fiction Films FiniSol Finkielkraut FIVE FL Flore fmr FNAR Foligno Forest Formalisme Foucault Fourcade Fourier FP FQPCC Fractales fragm Fragme Fragments France François Cheng Frappat Frémon Fréquences Froid Fugue Fuji Futur G.C.L. G.Luca G.R.I Gary Snyder Gaza GB GDD GDLMC GDT GEGO Gelassenheit généalogie genese Genet Genji Géologie géométrie géophanie Géopoésie Gervais Geulincx GIA Gif Giffard Giovannoni Girard Giraud Giroux Gizzi Gleize Glossaire GMH Gnoséologie Gobenceaux Godard Gödel Godwin Goethe Gombrowicz Gongora Goodman Nelson GOPC GPDB GR54 GR70 GR91 Graal Grâces Gramm gris Grothendieck Guerre Guesdon Guy Debord Guyau Guyotat GVDT GWFH Gygès H H.Corbin H.D. H.P Habitus Hadot Haenel haïku Hamant Hamish Fulton Hamon Harms Harrari Hart Crane Hausmann Havet HDT HE Heaney Hécate Hegel Heidegger Hello Henri Michaux Henri Thomas Herbes Herta Müller Hésiode Hesse Heures hexagrammes HFSR HHPC Hikmet Hillesum Hiroshi Yoshida Histoire HM HN HO Hocquard Hofmannsthal Hohl Hölderlin Hominidés homonymies Horace Houellebecq HR. HRC HS HSCDLAE HTH Hubin Hugo Ball Huguenin Hume HV Hymnes orphiques Hypérion hypertexte Hypnos i I remember I.P-B. IA ici idéogrammatique IDLR idole IFE Igitur il Illuminations illuminer illuminisme ILVLA ilya immédiat immédiatement Impensable impératif imperceptible Impresses incertitude Index individu Infini Infinitif initiales inquiétude Insectes installation instant Internet Interrompre invisible Irwin Ishihara Isidore Isis isolato Issa italiques Ivsic J-P Michel J.J.F.W. J.J.U. J.L.P Jaccottet jaime Jakobson Jankélévitch JANUS Jardin Jaspers JAZ JBE JCERDM JDLF JDS JE JE & Jean jean Daive Jean Michel Lou JELRLT Jesuis Jésus jeu JHN Jirgl Joan Mitchell John Cage Jouffroy jour jour17 Journal Jours jours17 Jousse JR Juarroz Jullien JYL K.G K.K Kabîr Kafka Kairos Kaplan Kapoor Kastrup Kathleen Raine Katué Kawara Kay Ryan KDCN KDICK Keats Kenneth White Kerouac Khazar Khlebnikov khôra Kiarostami Kingsley Kircher KK KLTDD koan Koons Koshkonong Kosuth KOUA Kral Kuhn Kundera Kunitz Kybalion Kyoto L.A.S L.D. L.R.des Forêts L.S L'EI La Croix La parole de l'autre La vie de la montagne labyrinthe lac Lacs LADR lafabrique Laforgue Lagopède LALELES Lamantin LAME Lapiaz Laporte Roger Larry Eigner latin Laugier Laurent Margantin LBA LCC LCD LCDE LCDI LCDJ LCDP LCI LCR LCS LD LDB LDF LDLH LDM LDMC LDMH LDR LDS LDV Le Clézio Le Livre Le poème LEC LECDF LECLA Lectures LEDA LEDUI LEE Lee Ufan LEF légende légumes Leibniz Leibovici Leili Anvar Lely lensball lepoète Les eaux Les empereurs Les fils Les oiseaux lesoi Lespiau Lessing Lettres Lev Rubinstein Lex1 lex2 lex3 lex5 lex7 lex8 Lexie Lexique LFDH LFDLP LFDP LFDRT LFMR LFQ LGD LGDE LGDFASP LGDLM LGDP LGPDB LGS LGTDLP LGVDLH LHDD LHS LIDT lieux Lieux-source lièvre Ligne7 lignes Lionel André éclats Lionel André éditions Lionel André encres Lionel André photographies Lionel André randonnées LIQV Lisa Cairns list listes littéralité livrelit LJDP LLDLI LLDME LLDO LLDP LLDQ LLL LMDDDLH LMDF LMDLE LMDM LMV LO LOAN LODL LOGOS lois London Lorand Gaspar Lorenzo Menoud Louise Bourgeois Louise Glück LPC LPDLE LPDP LPDS LPI LPM LQDLE LRDD LRDP LRDR LRDT LRED LSDA LSDS LSDV LSMT LSNDLR LTDS LTO LTR LUELADC Lune Lupasco Lus & Mus Lux LV; LVB.TDSDC LVDDP LVDT LVESO LVLTDLO LVMDE Lyn Hejinian Lynn Schwartz M M.Caron M.Craig-Martin M.S.M M.Trinité Ma Macedonio Fernandez Machado Maestri Maggiore Maïakovski Mains maintenant Mais Mallarmé Malrieux Mandalas Mandelstam MANEKINEKO Manganelli Manifeste Manon mantra Manuel Joseph manuscrit Manzoni Map Marchand Marcheurs Marelle Marie Martin Ziegler Marx Masao Yamamoto masque Massera Matinaux Matsui Matta-Clarck Matton Mauguin Mavis Karn maximes MBK MBO MC McCord MCH McLuhan MDA MDC MDLADLE MDLF MDOU MEC Mécanisme Méditations Meillassoux Mélusine mémoire Memories Menus Meraviglia Merci Mercredi Mercure Merton Thomas messages Mesure Métamorphoses Métaphysique Métis Metro MFRC MG Michon micro microcosme mieux Millet Milton Mina Loy Misrahi Miura ori MJNYCR MK monade Mondo Monostiques Monosyllabes Montagnes et Glaciers Montagnes poèmes Montaigne Montale Monteiro Moore Morris mot mots Moving mp3 MPUSPM MSerres MTAS murmure Murphy Murs et Fenêtres Muscle Musil musiq Musique MWLG Mystères MZD N N.M Nabokov Nadja Nagarjuna Nagori Nancy Napoli Narnia Nassim Haramein Nathaniel Tarn Nature Nauman NDBDP NDDP NDLT Néant Négation Neiges Neil Mills Némésis Nerval neuf Nice Niedecker Nietzsche Nihilisme Nirupana NLJNLH NOBUO noeuds Noguez Noir nOmbres Nonnos Norge NOTEPAD Notes-Book Notes-Rapides Notifications NOUS noûs Nouveautés Novae Novalis Novarina NP NPhS NRSNPEM Nuages Nuits O.Pé Oberland objets Objets d'Amérique Oblomov Ockham Octaèdre ODIN ODSI œil OELDT Ogadine Olivier Cadiot OLR OM ON ondes Onfray onthologie Opalka Oph. 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SDM Sel selon SELP Seneca Sénèque Sengaï SGM Shakespeare Shitao Shiva Shônagon SI Sicard signal Signes Signets Sikelianos silenc SILENCE Silesius Silliman Simmel Simon Cutts Sinclair singularité Situation Sivan six SJDC Skalova Ski SLFDM société soleil solénoïde Solutré Sommeil Sonnets Sons Sor Juana Sôseki Soto Soufi Soufre Soulages Souligne Sous le Pas SP SPHS SPiced Spicer Spinoza Spira spirale sport SPRCGB SPSLSA Squires SSM Stéfan Stein Steiner steppe Stromboli Structure Suarès SUBHDLH Suchère Suel suite Sun Tzu sur Suso sutras Swensen Sydney Banks Synchronicité synonymes Synopsis T T.A T.C T.R T.S.Eliot Tabarini Takis Tanizaki tantôt TAOPY Tardy Tarkos TC Tchékhov TDQ TDUESDS TEL Temps Temps probable TeneT Tétralemme TEXTES Thalès Thamazein Thé Théorie Tholomé Thoreau timbres TINTIN Tissu Titres TLP TN TNS Tocqueville Todtnauberg tomates TOPOS Torque Toscane Toujours TouT TP TP.BN Traces Tractatus Traduire Trail Trains Transe translucide TRICTRAC Triste époque Tsvetaeva TT TU Tumulte Tunnel Tweets Twillight Typoésie u.p.d.d.v UCCDC UCDD UDP UEAN UEAR UJAAB UJAJS Ukraine ULDL ULDLLA Ulysse UMO UMP UN UNM unmot UPDS UPSA usura UVD V V.E V.I. 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