cercle sans fin
cercles
perpétuellement recommencés d'une nouvelle scène
sol théâtre jeu
où s'apprend à voir quelque chose
un livre dans lequel une pensée ouvre la porte
207/208
Lionel André / promenades / randonnées / arts / littératures / air du temps
le travail
de la répétition
amène le corps corrigé rééquilibré
vers la voix
l'intervalle de temps qui sépare ces respirations
pourrait être
immense ou très petit
l'engendrement de la voix
la voix est posée
à l'angle du corps et du plateau
c'est le plateau vertical qui règle le souffle
la grammaire la syntaxe
règlent le déplacement perpétuel
des porteurs de masques
et de voix
ils organisent
le déplacement du corps
à l'intérieur des phrases prononcées
la dissémination est sonorisée
la pensée
perçue dans la disparition mate du corps
elle-même aplanie
l'arbre-temps
blanc avant la première phrase
perfection de son antériorité
lettre
une question qui ne m'appartenait pas
absence de pas
myriade et bourdonnement
effet d'éblouissement
scintillation
de la neige par éparpillement des lettres
élément vague
la simplicité noie l'obscurité
elle l'avale en jouant
la renverse
grammaire = squelette
tout le monde se ressemble
encore en deçà
le blanc comme squelette du poème
blanc de l'os des morts
dans mes os
les mots
se mirent
absence et poudre
magie pure du mot nadir entre nada dire désir
lu dans l'autre temps
zénith au-dessus de l'observateur
le symétrique sur la même verticale et de l'autre côté de la terre
point absent à la vue
une pesée
un point d'ombre
comment me débarrasserais-je de moi-même
blanc tournant
si seulement
j'étais
n'importe qui d'autre
soupire ce regard
mais c'est sans espoir
je suis qui je suis
fictions
lettres comme corps
données figures personnages
une ligne
mots comme groupes
chœurs
ligne-scène
transformation du corps et de la pensée
transformation de l'énonciation
une pesée
en l'absence d'ombre
neutre
glissée abstraite
toute entière suspension
arithmétique géométrique
chaque page
est
un instant
un plan d'accueil
des possibles des essais
des entrées
des thèmes
des motifs
des analogies
des interrogations
des méthodes d’analyses
des tonalités de lecture
des perspectives de recherche
des points d’accroche
des moments de perte
des micro-aventures du langage
écrire
dégage la vue
lire
corrige le langage
des phrases
commencent dans le silence
des phrases
se meuvent lentement
la phrase est
un chat
le signe est
un singe
un plongeur
tombe devant
un mur de lait
il existerait
un plateau vertical
prenez
conscience de votre respiration
sentez
le mouvement de l'air qui entre et sort de vos poumons
ressentez
le champ énergétique en vous
tout
ce que vous aurez
jamais à affronter et à envisager
dans la vie réelle c'est
cet instant
un paysage de lectures incomplet
un réseau de hasard et de contraintes
un attrait
une clé dérisoire de cheminement
une bibliothèque
couvertures-miroirs
257
serrées les unes contre les autres
dans l'absence de distance
et de lumière
un reflet
le seul fait d'écrire ré-articule de toute façon toute la réalité pour le plaisir d'additionner des miroirs de découper en morceaux un fond sans tain d'une mémoire épisodique tour à tour réfléchissante ou transparente fonctionnant comme masque ou calque épousant ou réfutant
*
toute l'infinie légèreté du lecteur affirme la légèreté nouvelle du livre devenu livre sans auteur sans le sérieux le travail les lourdes angoisses la pesanteur de toute une vie qui s'y est déversée expérience parfois terrible toujours redoutable que le lecteur efface et dans sa légèreté providentielle considère comme rien
traces de pattes d'oiseau dans l'encre
le voyage est court
condensé-éclair
un texte bref
longe ces vues
une élégie
au sortir du sommeil
?
s'affranchir
du stock
du passé
de la mémoire infinie en cycle
pour parvenir à l'épure
au trait
dans le noir
moi aussi j'ai peur
la pensée est à abstraire de tout
Nemotechnique 186/187
début suspension
suspension du souffle
point rejeté le plus loin possible
pour laisser aller à son terme le déroulement complet
de la pensée prononcée
phrase-paragraphe
souvent longue de plusieurs pages ...
une phrase mentale pure ....
la ligne mélodique...
la mise en suspension de la langue...
un mouvement circulaire ...
histoire d'amour dans la solitude ...
cinq pages quatre phrases paragraphes ...
passion
vingt trois pages
quatre phrases paragraphes plus longues ...
sans nom
phrase unique de quinze pages
un tiret ...
une incise ...
un effet d'écho ... de déploiement non achevé
?
quel espace jeu
syntaxiquement sémantiquement visuellement
faut-il agencer entre chaque mot
pour que quelque chose se passe
se mette en place
que le lecteur pourra vivre comme
expérience esthétique
?
dans tous les cas
un
et
des
tombaient dans le ruisseau
avec tous les signes de la phrase
deux virgules dans le courant
bordure d'herbe
petits cailloux
lettres et idéogrammes répétés
jusqu'à plus grave
l'océan
c'est
une surface plutôt grande n'est-ce pas
s'il n'y a pas de composition
il n'y a pas de décomposition possible
c'est vivant
c'est tremblé
98/99
**
?
apparemment
il est mouvement et lumière mais
ultimement
il n'est que conscience
le discours sans respiration
crawl apnée
dite d'
elle m'échappe
cependant me marque
sans que j'y puisse grand-chose
poésie
idéologiquement c'est la même chose
elle m'échappe
échappe à toute définition
mais laisse dans mon esprit et sur ce papier des traces
des taches informes
fausses sorties permanentes de texte
légers déplacements
circulation sémantique
sonore
rythmique
au cœur d'un réseau d'analogies
répétées
tissées
croisées
paraît-île
soit 440 il paraît
sortes de
je me souviens sociaux instantanés plus latéraux
ils sont d'abord apparus
ensuite c'est
une sorte d'oreille
qui s'est constituée permanente à la perpendiculaire
des yeux
ceux qui justement visent dans l'appareil
145
il paraît que
c'est Nostradamus qui a écrit le premier livre
sur le sucre
il paraît que
nous perdons trois grammes de peau
par jour
angle mort
on peut essayer de nettoyer le savon
de Francis Ponge
réecrire
un livre aujourd'hui
avec la plupart de ses mots
recommencer
différemment le travail autour de cette
sorte de pierre
pour essayer de comprendre par où ce texte
est passé exactement
299
non-leçons
un savoir
concernant l'écriture-poétique
?
et comment la transmettre
?
283
l'esprit du vent
elle découvre l'idée que si nous pouvions rejouer l'histoire
elle ne dépendrait pas seulement de nos choix
mais aussi
des choix des objets inertes
extraits de journal infinitif
ne pas se crisper
attendre
une sorte de sérénité
varier le travail
laisser venir
écrire
la lumière montante du jour
les points du circuit sont
le soleil
l'arbre
la forêt
la montagne
l'Est
la lumière
l'obscurité
soleil dans les branchages...
103/105
la grande partie de sa vie
une vie
elle l'aura vécue comme
une galaxie
un joli plateau verdoyant
une haute falaise
qui surplombe les gorges
le gué de la finalité
elle découvre
quelques conseils pour bien configurer son futur
comme
savoir relever des défis
suivre le chemin du cœur
avoir la foi et
rester à l'écoute de ses intuitions
l'homme cosmique
l'âme intérieure
de la dimension du pouce
réside toujours
dans
le cœur des hommes
il faut l'extraire de son corps fermement comme
la hampe du roseau
on doit le connaître comme
le pur
l'éternel
on doit le reconnaître comme
le pur
l'éternel
un petit traité
serein et sec assez désespérément drôle
sur l'immensité systématique
de nos incompétences
d'économie
?
d'organisation
?
têtu
naïf
étrangement confiant
je sais très bien
où
j'habite
je saurais toujours
le dire et on me ramènerait
peut-être
Faits maints 93
une logique de la dérivation
?
la mécanique des fluides
?
des méthodes de contamination
?
dedans
il y a quelqu'un
qui hurlerait au centre de sa bibliothèque-forêt
mais
le film est muet
Amour n 83
tremblement de terre
il s'agirait toujours de la même trame
avec
différents indices de projection
une trame mentale
devenue trame écrite recommencée
soit :
tranche
calque
disque
cartes calligraphiées
sur-imprimées de taches corporelles et sonores
une tache
qui se plaque sur la toile
géométrie mémorielle 200
temps et lumière font le lien
le livre
immobile
l'ensemble replié
par l'auteur qui apparaît
dans l'image et dans le texte
journal immobile 191
comme
un fleuve
Soma Pavamana
a fait trembler la vague de la parole
les chants et les réflexions
traversée
ici se trame via sa très grande déconstruction
une histoire
une araignée
émet et rétracte son fil
l'impérissable se manifeste en tant qu'univers
quiconque demeure tranquille et regarde vraiment c'est-à-dire avec passion peut-être saisi par l'évidence de ce qui en nous est intemporel et sans contraire ce qui est au-delà de toute forme de catégorie et donc inconcevable....
***
LA TRANSPARENCE
n'est pas l'absence de sens
c'est la vitesse de la lumière du sens