une chose se donne naissance à elle-même
elle revient de demain
pour apparaître hier
elle porte en elle
la trace de sa propre origine
ni commencement
ni fin
seulement une boucle
où la cause rencontre
son propre effet
les Dolomites septembre 2026
écrire pour disparaître
et laisser derrière soi
une trace
se retirer du monde
pour mieux le laisser entrer
chercher le silence
avec des mots
plus il efface sa présence
plus quelque chose
demeure de lui
le paradoxe de l’écrivain est d’écrire pour disparaître de se retirer dans les mots pour laisser entrer le monde une pierre une lumière un visage le bruit d’une eau lointaine et plus il s’efface derrière ce qu’il regarde plus sa présence revient non comme une signature mais comme une façon de voir une respiration dans la phrase jusqu’à ce que la main qui écrit se perde dans ce qu’elle a fait apparaître car écrire serait peut-être cela construire sa propre absence et laisser après soi non pas un homme ni une intention mais une trace sans propriétaire quelques mots qui continuent seuls comme une pierre gardant encore la chaleur d’un corps disparu
