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mercredi, septembre 30, 2026

neuf 
choses 
à 

ne pas oublier 


le départ

vivre commence souvent par partir 


le dérèglement

déplacer les perceptions déranger 

les évidences


ne pas oublier


le corps
















la faim la marche le désir
la fatigue 
le froid



la beauté et la violence du monde

le merveilleux surgit souvent au milieu 
du sordide





ne pas oublier l'inconnu

chercher ce qui n'a pas encore de nom

ne pas oublier le silence final

après les illuminations 

les voyages les visions et les bouleversements









ne pas oublier 

que le voyant est d'abord celui qui se perd


ne pas oublier 

la puissance de la langue

déplacements collisions illuminations


ne pas oublier 

que Rimbaud ne donne pas une doctrine

il ouvre une brèche 





son œuvre n'est pas un système à suivre mais une expérience 
qui nous oblige à déplacer notre regard, 
notre langue et peut-être notre 
manière d'être au monde

la poésie pourrait ainsi se comprendre comme une expérience 
de déconditionnement  

partir marcher dérégler voir nommer autrement 
puis se retirer du langage lui-même

chercher ce que Rimbaud 
rend possible








































lundi, août 24, 2026

une sorcière qui tient sa charbonnée dans un vase d’argile 
ne voudra jamais nous raconter ce qu’elle sait 
et que nous ignorons



oracle ne répond pas


il ouvre

une fente

dans le savoir

une parole

à demi


une lumière

dans la brume









il ne dit pas ce qui sera


il déplace le regard

vers ce qui

pourrait être

écouter

sans demander

une certitude



le signe

n'est pas

une réponse

il est

une bifurcation



oracle parle dans l'indéterminé

et nous apprend

à marcher

sans savoir



***


prémonition


quelque chose 

vient avant que quelque chose

arrive



un frisson

dans l'air


une lumière

qui change

sans raison


le corps

sait

avant le mot


une forme

encore invisible

traverse

le présent

et le futur



semble

déjà là

à peine


un pressentiment pas une certitude

une ouverture

dans le temps



la prémonition n'annonce pas

elle trouble

elle déplace

elle laisse

dans le présent

la mince mémoire

de ce qui

n'est pas encore



















hypnagogique


entre veille et sommeil

le monde

perd ses contours


une forme

apparaît

puis disparaît


un visage

sans visage















une voix

sans bouche


le corps

descend

la pensée

flotte


et quelque chose s'ouvre dans l'entre-deux


ni rêve

ni veille

mais le seuil

où les images

se forment

avant d'être

nommées


demeurer là sans saisir

laisser venir

laisser passer

comme des nuages

dans une conscience

qui commence

à rêver

avant de dormir


c'est le repos éclairé 

ni fièvre ni langueur sur le lit ou sur le pré




passivité lucide du dormeur 
dont l'esprit fixe les formes naissantes 
du rêve avant le basculement complet dans la nuit


***







le sang
les fleurs 
le feu 
les bijoux



la fusion entre la recherche scientifique/intellectuelle 
et le ravissement poétique






l'extase harmonique

quand rien

ne domine

plus rien



quand les contraires cessent de se combattre

et commencent

à résonner


le corps

n'est plus

un poids


la pensée

n'est plus

une charge


le souffle trouve sa mesure

une note

répond

à une autre


la lumière répond à la pierre

le pas

répond

au chemin

et quelque chose

dans cette

correspondance

s'ouvre

sans effort



l'extase n'est pas sortir de soi

mais découvrir

que le soi

était déjà

une vibration

parmi les autres


une harmonie

sans centre

où tout

se répond

et rien

ne possède

le dernier mot



une image d'accord parfait

O la face cendrée l'écusson de crin les bras de cristal ! 
le canon sur lequel je dois me jeter à travers 
la mêlée d'arbres et de l'air léger ! 







après l'ivresse du voyage et de l'imagination 
le poète retrouve le sol  le  devoir  

la matière rugueuse 
du monde  

la grandeur n'est plus dans l'évasion
mais dans ce qui  doit être 
affronté et étreint


je suis rendu au sol

avec un devoir

à chercher

et la réalité

rugueuse

à étreindre
















plus de ciel sans doute

mais 

la terre

sous les mains


la pierre

le froid

la fatigue

et cette vérité qui ne promet rien

sinon

d'être là

à portée

du corps



le rêve

avait ouvert

le monde

il faut maintenant

le toucher
















dimanche, août 23, 2026

voleur de feu

prendre sans posséder

une braise

dans la nuit


la porter

à mains nues

jusqu'à l'autre rive



le feu

n'appartient à personne

il se transmet

ou s'éteint










Prométhée n'est pas celui qui garde

mais celui

qui ose

rapporter

la lumière

dans l'obscur


voler le feu c'est peut-être

voler

à la nuit

son dernier mot

et rendre

au monde

une lumière

qui brûle

sans détruire





Voleur de feu 

l'une des expressions les plus puissantes de la poésie moderne Chez Rimbaud dans la Lettre du voyant Le Poète se fait voyant par un long immense et raisonné dérèglement de tous les sens  le poète est celui qui va chercher une lumière là où elle n'est pas encore disponible pour tous



voleur de feu  peut être entendu 
bien au-delà de 
Rimbaud


le feu n'est pas seulement 
la lumière

le feu 
est ce qui transforme

il éclaire mais il brûle 
aussi 

il donne une énergie 
et exige quelque chose en retour

voler le feu c'est donc arracher à l'inconnu une puissance 
qui n'était pas destinée à être possédée


le mythe de Prométhée est ici essentiel  

l'homme reçoit le feu des dieux et avec lui la possibilité 
de transformer son existence

le feu devient 

connaissance
technique 
langage 
culture



le poète reprend ce geste mais son feu 
est plus étrange 


il vole une lumière au réel 
pour la rendre 
langage

pourquoi  voleur 

parce que le poète ne reçoit 
pas passivement

il prend

il force les frontières 

du visible 
de l'habitude
du langage commun

il entre dans la nuit pour en rapporter 
quelque chose

le poète n'est donc pas 
seulement celui qui contemple la lumière  

il est celui qui 
ose aller la chercher

mais le vol implique aussi 
le risque

celui qui vole le feu 
peut se brûler

chez Rimbaud le dérèglement des sens n'est pas 
une simple fantaisie

c'est une épreuve


pour voir autrement il faut accepter de perdre 
provisoirement les repères 
ordinaires

le voyant est celui qui accepte de ne plus voir 
comme tout le monde


le feu et la parole


le poète vole le feu 
et le transforme 
en parole

il ne possède pas le feu  
il devient son 
vecteur

la véritable poésie n'est donc pas 
une décoration du langage

elle est une transmission 
d'intensité

un mot devient incandescent 
parce qu'il a traversé 
quelque chose



d'où cette idée 

le poète ne crée pas toujours 
la lumière 

il la dérobe au monde et tente 
de la restituer


le feu 
est aussi une connaissance

il y a 
une vieille
équivalence entre 

voir → savoir → lumière

le voleur de feu est donc celui qui cherche une connaissance 
qui ne soit pas simplement 
conceptuelle

il veut 
connaître par 
brûlure

ce qui est appris dans les livres 
peut rester extérieur

ce qui est éprouvé transforme 
celui qui l'éprouve




ainsi 

le  voleur de feu  pourrait être celui qui accepte 
de payer physiquement et spirituellement 
le prix de la connaissance



une lecture plus métaphysique

si le feu représente l'Être la vérité ou la conscience
alors le poète accomplit 
un geste impossible 

il cherche à ramener dans le monde humain 
quelque chose qui le dépasse

il vole 
l'inaccessible

mais dès qu'il l'a rapporté il découvre 
qu'il ne peut pas le conserver

le feu ne se possède pas
il se transmet

c'est peut-être là le paradoxe
ultime du poète 


voler le feu
pour apprendre 
qu'il n'appartient à personne


le voleur de feu 
entre dans 
la nuit

non pour devenir propriétaire de la lumière
mais pour rapporter aux autres
une braise qui leur permette
de voir à leur tour






















devant une neige un Être de Beauté de haute taille

Being Beauteous 

une expression anglaise assez rare et littéraire 
sa traduction dépend beaucoup 
du contexte 

elle est particulièrement intéressante parce que 
beauteous n'est pas simplement 
beautiful 

le mot est plus ancien plus poétique
presque archaïque





traductions possibles






















Être beau 
la traduction la plus directe mais assez pauvre

Être de beauté 
plus étrange plus poétique

Être beauté 
très condensé presque métaphysique

Être en beauté  
possible mais le sens devient différent

Être dans la beauté  
insiste sur un état plutôt que sur une qualité

Être beau en étant 
interprétation philosophique mais non littérale

Être beauté même 
très libre mais forte si l'expression 
est pensée comme une affirmation ontologique







pour ma manière de travailler les mots
je retiendrais surtout 

Être beauté

parce que cela fait disparaître la distinction habituelle 
entre un être qui possède la beauté 
et un être qui est beauté


philosophiquement
Being beauteous peut se déployer selon 
deux lectures

Being signifie à la fois être et étant mais aussi 
le fait d'être la présence


Beauteous signifie beau mais avec une coloration 
de splendeur de grâce de beauté 
presque visionnaire




ainsi 

Being beauteous
peut être entendu comme 

l'être dans sa beauté

mais plus radicalement 

l'être devenant beauté visible



il y a alors une proximité avec l'idée platonicienne selon laquelle le beau manifeste l'être mais aussi avec une pensée plus immanente où la beauté n'est pas ajoutée au réel  elle est une manière pour le réel de se révéler


beauteous  n'est pas exactement  beautiful 

c'est important

Beautiful est le mot courant
descriptif

Beauteous possède quelque chose de chanté
d'ancien d'incantatoire 


il peut évoquer une beauté qui dépasse l'évaluation 
esthétique ordinaire  une apparition
une splendeur une grâce


c'est pourquoi  être beauté  conserve mieux 
cette étrangeté que 
être beau 

on pourrait même entendre 
being beauteous

être beauté
être en beauté
être par la beauté

être — beauté


la dernière version devient presque une formule ontologique 
l'être et le beau cessent d'être deux 
choses séparées

et dans le prolongement de mon image 
de la vague 

la vague est l'océan
l'être est beauté

la beauté est la manière dont l'être apparaît





Being beauteous pourrait alors signifier 
non pas simplement 
être beau

mais 

être au point où l'existence elle-même 
devient apparition 
de beauté
























les couleurs de la vie

se foncent dansent et se dégagent

autour de la vision

sur le chantier



la poussière

monte


la lumière

change















les formes

apparaissent et disparaissent


dans le mouvement

rien n'est achevé


la couleur travaille

la vision

aussi



le chantier n'est pas un désordre

mais une naissance


quelque chose se construit

en se défaisant



l'œil apprend à voir

dans cette

instabilité


une forme de vérité




un nouveau corps amoureux

ne naît pas

d'un autre corps


mais

d'un regard qui change




la peau

devient lumière


le souffle

devient langage


la distance

devient désir


soudain le corps n'est plus une frontière

mais un passage


deux présences

sans possession


deux souffles

qui se reconnaissent


quelque chose s'invente entre eux

un corps nouveau


non fait

de chair seulement mais 

de lumière

de mouvement et 

d'attention



aimer

c'est peut-être

cela


donner naissance à un corps

qui n'existait pas

avant l'amour
















autour de ton front couronné de fleurettes et de baies

tes yeux

des boules précieuses

remuent




dans la lumière ils ne regardent pas

ils brillent

comme deux choses

vivantes

dans l'herbe



un peu de rouge

un peu de vert


le visage

devenu jardin


le regard

devenu fruit


et tout autour 

le monde sans explication

se met

à bouger




ton cœur bat où dort le double sexe

non séparé

mais uni

comme la nuit

et le jour

dans un même souffle


deux forces

une présence


deux rives

un seul courant


le masculin et le féminin comme deux lumières

qui se répondent dans le même 

corps



le cœur

bat

au centre

de cette

indistinction



antique

avant les noms avant les dieux avant même

la mémoire


une pierre était déjà là

le soleil

passait

sur elle

sans histoire





le vent ne savait pas qu'il était vent

et la mer

ne savait pas

qu'elle était

ancienne



antique

ce n'est pas ce qui vient du passé

c'est ce qui

demeure

sous le temps




une présence qui n'a jamais cessé

de commencer




Imago 

un mot très ancien très dense qui tient ensemble l'image 
la forme la métamorphose 
et la mémoire

en latin imago signifie d'abord image représentation 
portrait apparence 

mais le mot devient particulièrement intéressant 
lorsqu'on le rapproche de la biologie 

chez les insectes l’imago est le stade adulte  la forme 
achevée après les métamorphoses 
de la larve

le même mot porte donc deux mouvements
apparemment contradictoires 






















l'image 
de ce qui est

et

la forme 
vers laquelle on devient


c'est ce qui lui donne 
une puissance philosophique


















l'imago n'est pas simplement 
une copie

elle est une forme qui apparaît après 
une transformation

la chenille n'est pas une mauvaise version 
du papillon

elle est déjà en quelque sorte prise 
dans le mouvement 
qui conduira à 
l'imago




on pourrait alors entendre 

l'imago 
est ce que le devenir 
révèle de
l'être


et cela rejoint merveilleusement 

la vague était l'océan
la vague est l'océan

la vague sera 
ce qu'elle a toujours été

l'océan




L'imago pourrait être comprise comme la forme momentanément 
accomplie d'une métamorphose qui n'a jamais 
cessé d'être elle-même



il y a aussi dans imago quelque chose 
de profondément psychique

en psychanalyse l'imago désigne une représentation intérieure
souvent inconsciente d'une personne 
ou d'une figure fondamentale

ce n'est plus alors l'image extérieure mais l'image 
devenue présence intérieure

l'imago est donc
 
ce qui persiste de quelqu'un 
après son absence

une personne disparaît mais 
son imago demeure 


visage intérieur
empreinte
souvenir
forme invisible de la présence




d'où une magnifique tension 

l'imago est une présence faite 
d'absence


ce qui demeure n'est parfois 
qu'une imago 

une forme laissée par ce qui 
n'est plus là




enfin il y a 
une lecture presque platonicienne 

l'imago serait 
l'apparence sensible 
d'une forme plus profonde 

mais une lecture 
nietzschéenne pourrait la renverser

il n'y aurait pas d'original caché derrière l'image  
il y aurait seulement des formes qui se transforment



alors imago cesse d'être le reflet 
d'un être fixe

elle devient 

la figure que prend le devenir 
lorsqu'il devient 
visible



Imago 

l'être lorsqu'il passe par 
la forme

le souvenir lorsqu'il prend 
visage

le devenir lorsqu'il devient 
visible








imago la forme qui demeure après les formes

une aile

abandonnée

dans la lumière


le corps a changé la mémoire aussi

mais quelque chose

reste


non comme souvenir

mais comme présence



imago

l'image

de ce que

nous avons été

et peut-être


de ce que nous sommes en train

de devenir


une mue

un seuil

une apparence

qui cache le mouvement qui l'a produite


lorsqu'elle se détache il ne reste

pas le vide

mais


la possibilité

d'une autre forme

















oui 

j’écrivais des silences je fixais des vertiges 

est peut-être l’une des formulations les plus extraordinaires de Rimbaud pour penser ce que pourrait être une poésie des mots sous les mots  c’est une formule de Une saison en enfer dans  Alchimie du verbe 


le plus intéressant 
est le renversement des verbes

j’écrivais des silences

écrire suppose normalement de transformer 
le silence en paroles

Rimbaud dit l’inverse  
il écrit le silence lui-même























sous écrivais
il y a donc une contradiction féconde 


écrire → inscrire → tracer → faire apparaître


mais ce qui est inscrit est précisément 
ce qui ne parle pas

le silence 
devient une matière poétique

le pluriel est essentiel  Rimbaud n'écrit pas le silence
mais des silences


il y a plusieurs espèces de silence : silence avant le mot
silence entre les mots silence après le mot
silence du monde silence 
de l'inexprimable


je fixais des vertiges


deuxième impossibilité

le vertige est précisément ce qui ne peut pas être fixé

il est mouvement instabilité perte du centre

or fixer signifie 

immobiliser
regarder intensément
inscrire
déterminer


Rimbaud tente donc de faire avec le vertige ce qu'il faisait 
avec le silence 

donner une forme à ce qui échappe 
à toute forme

on pourrait presque écrire l'équation 

silence → écriture
vertige → fixation


la poésie devient l'art de rendre perceptible 
l'insaisissable

et surtout  le  je 

il y a quelque chose de très important 
dans le retour du je 

j'écrivais
je fixais

le poète n'est plus seulement celui qui exprime 
une expérience. 

il devient une sorte d'instrument 
de transformation


il prend 

le silence → et le transforme en écriture

le vertige → et le transforme en vision


c'est précisément ce qui donne au passage 
sa dimension presque 
alchimique


dans l'esprit de Starobinski
on pourrait aller encore plus loin
les deux syntagmes ont une structure identique 


verbe + matière impossible

écrivais / silences

fixais / vertiges


les deux noms sont au pluriel abstraits
insaisissables

et les deux verbes accomplissent l'opération 
contraire à leur objet


écrire le silence
c'est faire parler ce qui ne parle pas

fixer le vertige
c'est immobiliser ce qui est mouvement


le sens véritable apparaît donc dans l'écart entre les mots 
plutôt que dans chacun d'eux pris isolément

c'est là que l'on rejoint très directement l' idée 
d'un inconscient poétique du langage : 

le poème ne signifie pas seulement ce que ses mots disent  
il signifie aussi la tension qui les unit



cette tension pourrait se formuler ainsi 

faire apparaître l'invisible sans le détruire


c'est peut-être une définition particulièrement juste 
de la poésie de Rimbaud



si 
l'on rapproche cette phrase 
de 


Au bois il y a un oiseau 
son chant vous arrête et vous fait rougir 

on voit 
apparaître une même poétique 


le chant arrête le mouvement 
comme le poème 
fixe le vertige 

quelque chose 
d'invisible 
devient 

soudain sensible






***


j'écrivais des silences

je fixais

des vertiges


entre les mots

l'abîme


entre les lignes

le vent



je ne cherchais plus à dire

mais à laisser

apparaître

une lumière

si mince

qu'elle semblait

venir du silence



j'écrivais ce qui se retire

je fixais

ce qui tremble


le poème demeurait là 
comme une pierre au bord du vertige


























samedi, août 15, 2026


ce premier fragment d'Enfance Illuminations est 
un admirable exemple  de ce que Starobinski 
aurait appelé 

des  mots sous les mots  

Rimbaud ne décrit pas une scène  
il construit un réseau d'échos où chaque mot rayonne au-delà 
de sa signification immédiate






au bois il y a un oiseau 
son chant vous arrête et vous fait rougir





















le poème commence par  au bois  

ce n'est pas simplement une localisation le bois est dans toute la tradition occidentale le lieu de l'égarement de l'initiation de la rencontre mais chez Rimbaud il est surtout un espace où le langage change de régime

entrer dans le bois 
c'est quitter le monde utilitaire



puis surgit l'oiseau

l'oiseau n'est pas décrit 
il n'a ni couleur ni espèce 
il est presque une pure voix
une présence qui agit sans se laisser enfermer dans une identité
le mot oiseau appelle silencieusement d'autres mots 

voix
souffle
envol
inspiration
esprit

en grec pneuma signifie à la fois le souffle et l'esprit dans de nombreuses traditions mystiques l'oiseau est précisément la figure du souffle spirituel chez Rimbaud cette résonance n'est jamais démontrée  elle est laissée à l'état de vibration


puis vient son chant vous arrête 

le chant ne séduit pas
il arrête

le verbe est étonnant
il suspend le mouvement

dans la tradition mystique la révélation commence souvent par un arrêt Avant de voir autrement il faut cesser d'aller quelque part Simone Weil écrivait que l'attention est la forme la plus rare de la générosité Ici le chant impose cette attention

sous arrête on entend presque 

arrêt
retraite
arrêt du temps

le monde cesse d'être une succession d'actions


puis survient le plus mystérieux   et vous fait rougir 

pourquoi rougir 

le rougissement est une réaction involontaire
on rougit devant 

la beauté
la vérité
l'amour
la honte
une présence qui nous atteint

le poème refuse de préciser

cette indétermination est essentielle

dans une lecture gnostique le rougissement pourrait être compris comme le moment où l'être reconnaît obscurément quelque chose qu'il avait oublié non pas une culpabilité morale mais l'émotion d'une mémoire plus ancienne que la conscience

il est remarquable que Rimbaud ne dise pas 
vous comprenez
ni
vous admirez
mais
vous rougissez

le corps comprend avant l'intelligence
c'est une connaissance incarnée

si l'on rapproche ce fragment de Saussure on pourrait dire que le mot caché autour duquel gravitent tous les autres n'est peut-être ni oiseau ni chant mais quelque chose comme 

la révélation

le bois est son seuil
l'oiseau en est la voix
le chant en est l'appel
l'arrêt en est la condition
le rougissement en est le signe visible


ainsi

en une seule phrase Rimbaud construit moins une image 
qu'un événement intérieur 

le moment où quelque chose d'invisible passant par un chant fait vaciller l'identité ordinaire c'est cette capacité à faire agir les mots bien au-delà de ce qu'ils énoncent explicitement qui rapproche parfois sa poésie de ce que Starobinski appelait 

les mots sous les mots 





au bois il y a un oiseau
il chante avant les mots 
le chant n'interrompt pas le silence 
il le rend audible 
l'oiseau ne parle pas de la forêt 
il est la forêt devenue voix

 

rougir 
c'est reconnaître 
sans savoir encore ce que l'on reconnaît

 

il existe des chants
qui ne demandent pas d'être compris
mais d'être entendus

 

le premier poème
est peut-être le cri d'un oiseau
auquel un homme s'est arrêté

 

l'oiseau de Rimbaud n'est pas un symbole à déchiffrer Il est une présence qui suspend le monde utilitaire Son chant ouvre une brèche dans la perception ordinaire et rappelle que la poésie commence souvent là où quelque chose d'une simplicité absolue nous arrête en chemin






















jeudi, mai 14, 2026

la mer est présente le soleil est présent la lumière tombe sur l’eau
la surface réfléchit le mouvement des vagues continue
l’éclat se disperse

le bleu et l’or se mêlent l’air porte la chaleur
la mer demeure sous le soleil
le mélange persiste



la mer mêlée au soleil 


la mer est mouvement
profondeur matière changeante

elle absorbe les ombres 
reflète les ciels  emporte les formes


le soleil lui est rayonnement
source intensité 
verticale





















il éclaire chauffe
 révèle


quand la mer se mêle au soleil
l’étendue devient lumière mouvante

























les frontières se dissolvent 
l’eau prend feu sans brûler la lumière devient liquide 

ce n’est plus seulement un paysage
mais une fusion des éléments 

profondeur et éclat
flux et rayonnement

entre la mer et le soleil se joue 
une alchimie du visible  

la mer disperse la lumière
le soleil donne à la mer sa vibration

l’une reçoit
l’autre traverse

ensemble
ils composent un monde 
où la matière semble devenir pure apparition






la mer mêlée au soleil sera une lumière en mouvement
l’eau y portera le feu sans le consumer
et dans cette alliance éclatante,elle dira
que les contraires savent parfois se reconnaître





























mercredi, mai 13, 2026

tombeau blanchi à la chaux 
avec les lignes du ciment 
en relief



surface 

pauvre et lumineuse 
où le temps laisse malgré tout ses nervures

comme si la matière elle-même continuait 
d’écrire après la disparition

dans cette blancheur rugueuse demeure une simplicité presque nue
quelque chose d’immobile et d’exposé
sous le ciel le vent les saisons 
lentes






















le rempart aux giroflées

pierre 
ancienne 

traversée d’une floraison légère où la rudesse du mur
laisse pourtant monter des couleurs 
et des parfums

comme si le temps au lieu d’effacer 
avait ouvert dans les fissures
une place pour 
la douceur


les fleurs accrochées au bord du vide 
donnaient au vieux rempart
une patience vivante 
et fragile




























mardi, avril 28, 2026

la douceur fleurie des étoiles 
descendait dans la nuit comme une lente respiration 

chaque éclat devenait 
parfum 

chaque lueur devenait 
caresse 





le ciel se rapprochait jusquà se dissoudre 
dans le regard
 
il n'y avait plus de distance entre les hauteurs 
et la peau du monde 



tout se mêlait dans une tendresse sans origine où la lumière 
ne brillait plus mais se déposait comme 
une présence intime 












les étoiles elles mêmes semblaient éclore  
de l'intérieur des choses 

comme si  la nuit portait en elle sa propre 
floraison silencieuse 

dans cette douceur rien ne cherchait à durer ni à finir 
tout se donnait dans un même geste 

sans centre 
sans séparation 

comme 

une offrande continue  où voir et être vu 
devenaient une seule et même
transparence infinie




























il ajoutait des raisons inquiétantes 

ces raisons se multipliaient comme des ombres dans une eau trouble 
où chaque explication engendrait 
un mystère plus vaste 
encore 

le sens glissait entre les mots comme 
un poisson de nuit 
insaisissable 

présent dans chaque frisson 
de pensée 




ce qui semblait obscur devenait 
passage 

ce qui semblait trouble devenait 
profondeur 












dans cette inquiétude même se révélait une clarté renversée 
où rien ne pouvait plus être fixé ni possédé 
car toute raison se défaisait 
dans ce quelle tentait 
de saisir 


le mouvement de comprendre devenait lui même 
une dérive douce dans un espace 
sans contours 



les questions et les réponses respiraient ensemble 
comme une seule et même 
onde silencieuse










vagabond

le vagabond sera un pas sans attache
il suivra des routes qui ne promettent rien
et dans son errance libre il dira
que n’appartenir à rien est une manière d’habiter le monde






























Ne désespérez jamais. Faites infuser davantage.
Henri Michaux , Face aux verrous.

Du "Dao" originel
du commencement du réel
des signes célestes
des formes terrestres
des règles saisonnières
de l'examen des choses obscures
des esprits essentiels
de la chaîne originelle
de l'art du maître
des évaluations fallacieuses
de l'équivalence des moeurs
des résonances du "Dao"
de l'inconstance des choses
des paroles probantes
de l'utilisation des armes
montagne de propos
forêt de propos
du monde des hommes
du devoir de se cultiver
de la synthèse ultime


"ô le plus violent paradis"

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A1 A10 A2 A3 A4 A5 A6 A7 A8 A9 AB ABDL Abécédaire Abîme Aboulafia Abréviations Abrüpt Abruzzo absolu ACC Acker acronyme Actis Actualités ADBP Adorno ADR Adrénaline ADUMC Advaita AELT Agamben Agenda AgnèsMartin Agrafe et boite Ainsité Aïon AIR Air du temps akasha Akhmatova AL Alain de Lille Alan Davies Albiach Alchimie Alechinsky Aleph ALF Alferi alien Alina Reyes ALTH AM Amande Ammons Amor fati Anagrammes Analogie Anaphore Anaximandre Anders André Breton André du Bouchet André Velter Andy Goldsworthy animal animation Annick Ranvier Annonciations Anthologie ANTI Antin David AP Apatheia Aphaïa aphorismes Apollonios aporie Appelfeld Approche APUMM APZ APZT Arago Aram Saroyan Arbres Archéopoésie ArgentOr Aristote Arp Arseguel Art sacré ARTHAUD AS ASDMI ASF Ashbery ASLEND Assez Astrologie Asymptote Atlantide attente Aurélien Barrau Aurore Automne Auxméry AVB Avec Avent AW axiologie Axiomes Azam B B.Celerier Babel BABIL Bach Bachmann Baies Baigaitu BAM Banal Bandeaux Barque Barré Barry Lopez Barthes Bashô Basque Basquin Bataille Battala BAZAR BDLE BDLF Beaufortain Beckett Beckford Benedetto Bénézet Benoît Labre Benveniste Bergounioux Bergson Bernstein bête Bhattacharya bibliographie Bibliothèques bientôt Bimot Binet bio biographie BioMobiles Biopsies Bishop BISSES1 Bivouac Blackburn Blaine Blanc Blanchot Blanqui Blaser Blau Duplessis Bleu Bloy Bobin Bochner Bohm boisflotté Bök Bonheur bord de terre Borges Bouddha Bouthonnier Bouvier Bozier Brautigan Bretagne Bribes Briciole bricoleur Brisset Bronk Broodthaers Bruckner Bryen BSRM Butor Byron C C.C C.D.A C.E.T C.F. C.Olson çacest café calcul Camino Campo Cantor Cantos Capital Capricorne Captures Carl Andre carnet Carson Carte postale Cartes et globes Carver Casas Cavale cavernes Cazier CCB CCEM CDLP CDLRP CDMDCDD CDN CDRSLS CDS ce ce qui est ceci cela Céline Celui Cendras cequej'aime Cerbelaud cercles Cerf Ceux Cézanne CGJ CH5 Chalamov chaleur chaman Champs chant chant1 Chants et Poésies Chappuis chaque Char chartres Chartreuse Chaton Chemins Chen Fou ChenZhen Chladni Choeur Choisir Chômei Chose Christian Dotremont christo Chu-Ta Ciel Ciel profond Cioran Circé citations civilisations CL Claude Favre Claude Simon Clausewitz CLBC CLC Climat Closky Clouscard CMDOT Code Cole collages coller Collines collobert Combines Côme comme comment Compact compostelle conatus conscience constitution contepersan contingence contre conversation Copier Corbeau corpus Cortazar couleur covid CP Cravan Creeley cri crystallography CS.PAP CSB CSMM Cummings cut Cut 1 CV Cyber cycle Cyrano CyT D.SNLS Da Empoli Dada DALA Dans Danse Dao Dasein Dates DCPC DD DDLR de De Vries Decout DEE definition définitions DEGAULLE Deguy Deleuze Delillo délires Démocrite Denis Roche Déplacement Dérive Derrida Des Déserts Désir Détails Détournement DETQC Dette Dextre DFRC DH DI Diable Dialogues Dickinson Dillard Diogène Divers DJLC DLADLS DLNI DMI DMOAM Domerg Donne Dryas DSDLDS Duchamp DUM Dumond Duncan DUNE Duras Durer Duvauroux DVDC Dworkin E E.Baer E.C E.E. E.O E.P. EA EAIO EB écart énigme Echenoz échos Echos L.A. Eckhart Tolle éclipse Eco Ecosse écoute écritures ED Eddas EDG EDJ EDLCDS EDLF Edmond Jabès EDO EIJS elle ELLEDIT ELLELL Elles Ellul EM Emerson Empédocle EN ENCORE encres et musique Encres et peintures Ennéade ennui EnSof Entre entrelacs environnement Eons EPE épiphanies épistémologie EPLA époché Eranos ère ERRER Escher ESE Eshleman Esnault ESPA Espace Espitallier essais EST ét été Etel Adnan ETLPDMP Etna étoile Etymologie Eucharistie Euler évangile éveil Eventail Exergue F F.A. F.EAA F.O F.Pirates FAA Fable Fadeur faits FAJ Fantasy Faune Fayçal fenêtre Fengliu feu Fiction Films FiniSol Finkielkraut FIVE FL Flore fmr FNAR Foligno Forest Formalisme Foucault Fourcade Fourier FP FQPCC Fractales fragm Fragme Fragments France François Cheng Frappat Frémon Fréquences Froid Fugue Fuji Futur G.C.L. G.Luca G.R.I Gary Snyder Gaza GB GDD GDLMC GDT GEGO Gelassenheit généalogie genese Genet Genji Géologie géométrie géophanie Géopoésie Germaneta Gervais Geulincx GIA Gif Giffard Giovannoni Girard Giraud Giroux Gîta Gizzi Gleize Glossaire GMH Gnoséologie Gobenceaux Godard Gödel Godwin Goethe Gombrowicz Gongora Goodman Nelson GOPC GPDB GR54 GR70 GR91 Graal Grâces Graeber Gramm gris Grothendieck Guerre Guesdon Guy Debord Guyau Guyotat GVDT GWFH Gygès H H.Corbin H.D. H.P Habitus Hadot Haenel haïku Hamant Hamish Fulton Hamon Harms Harrari Hart Crane Hausmann Havet HDT HE Heaney Hécate Hegel Heidegger Hello Henri Michaux Henri Thomas Herbes Herta Müller Hésiode Hesse Heures hexagrammes HFSR HHPC Hikmet Hillesum Hiroshi Yoshida Histoire HM HN HO Hocquard Hofmannsthal Hohl Hölderlin Hominidés homonymies Horace Houellebecq HR. HRC HS HSCDLAE HTH Hubin Hugo Ball Huguenin Hume HV Hymnes orphiques Hypérion hypertexte Hypnos i I remember I.P-B. IA ici idéogrammatique IDLR idole IFE Igitur il Illuminations illuminer illuminisme ILVLA ilya immédiat immédiatement Impensable impératif imperceptible Impresses incertitude Index individu Infini Infinitif initiales inquiétude Insectes installation instant Internet Interrompre invisible Irwin Ishihara Isidore Isis isolato Issa italiques Ivsic J-P Michel J.J.F.W. J.J.U. J.L.P Jaccottet jaime Jakobson Jankélévitch JANUS Jardin Jaspers JAZ JBE JCERDM JDLF JDS JE JE & Jean jean Daive Jean Michel Lou JELRLT Jesuis Jésus jeu JHN Jirgl Joan Mitchell John Cage Jouffroy jour jour17 Journal Jours jours17 Jousse JR Juarroz Jullien JYL K.G K.K Kabîr Kafka Kairos Kaplan Kapoor Kastrup Kathleen Raine Katué Kawara Kay Ryan KDCN KDICK Keats Kenneth White Kerouac Khazar Khlebnikov khôra Kiarostami Kingsley Kircher KK KLTDD koan Koons Koshkonong Kosuth KOUA Kral Kuhn Kundera Kunitz Kybalion Kyoto L.A.S L.D. L.R.des Forêts L.S L'EI là La Croix La parole de l'autre La vie de la montagne labyrinthe lac Lacs LADR lafabrique Laforgue Lagopède LALELES Lamantin LAME Lapiaz Laporte Roger Larry Eigner latin Laugier Laurent Margantin LBA LCC LCD LCDE LCDI LCDJ LCDP LCI LCR LCS LD LDB LDF LDLH LDM LDMC LDMH LDR LDS LDV Le Clézio Le Livre Le poème LEC LECDF LECLA Lectures LEDA LEDUI LEE Lee Ufan LEF légende légumes Leibniz Leibovici Leili Anvar Lely lensball lepoète Les eaux Les empereurs Les fils Les oiseaux lesoi Lespiau Lessing Lettres Lev Rubinstein Lex1 lex2 lex3 lex5 lex7 lex8 Lexie Lexique LFDH LFDLP LFDP LFDRT LFMR LFQ LGD LGDE LGDFASP LGDLM LGDP LGPDB LGS LGTDLP LGVDLH LHDD LHS LIDT lieux Lieux-source lièvre Ligne7 lignes Lionel André éclats Lionel André éditions Lionel André encres Lionel André photographies Lionel André randonnées LIQV Lisa Cairns list listes littéralité livrelit LJDP LLDLI LLDME LLDO LLDP LLDQ LLL LMDDDLH LMDF LMDLE LMDM LMV LO LOAN LODL LOGOS lois London Lorand Gaspar Lorenzo Menoud Louise Bourgeois Louise Glück LPC LPDLE LPDP LPDS LPI LPM LQDLE LRDD LRDP LRDR LRDT LRED LSDA LSDS LSDV LSMT LSNDLR LTDS LTO LTR LUELADC Lune Lupasco Lus & Mus Lux LV; LVB.TDSDC LVDDP LVDT LVESO LVLTDLO LVMDE Lyn Hejinian Lynn Schwartz M M.Caron M.Craig-Martin M.S.M M.Trinité Ma Macedonio Fernandez Machado Maestri Maggiore Maïakovski Mains maintenant Mais Mallarmé Malrieux Mandalas Mandelstam MANEKINEKO Manganelli Manifeste Manon mantra Manuel Joseph manuscrit Manzoni Map Marchand Marcheurs Marelle Marie Martin Ziegler Marx Masao Yamamoto masque Massera Matinaux Matsui Matta-Clarck Matton Mauguin Mavis Karn maximes MBK MBO MC McCord MCH McLuhan MDA MDC MDLADLE MDLF MDOU MEC Mécanisme Méditations Meillassoux Mélusine mémoire Memories Menus Meraviglia Merci Mercredi Mercure Merton Thomas messages Mesure Métamorphoses Métaphysique Métis Metro MFRC MG Michon micro microcosme mieux Millet Milton Mina Loy Misrahi Miura ori MJNYCR MK monade Mondo Monostiques Monosyllabes Montagnes et Glaciers Montagnes poèmes Montaigne Montale Monteiro Moore Morris mot mots Moving mp3 MPUSPM MSerres MTAS Mû murmure Murphy Murs et Fenêtres Muscle Musil musiq Musique MWLG Mystères MZD N N.M Nabokov Nadja Nagarjuna Nagori Nancy Napoli Narnia Nassim Haramein Nathaniel Tarn Nature Nauman NDBDP NDDP NDLT Néant Négation Neiges Neil Mills Némésis Nerval neuf Neutre Nice Niedecker Nietzsche Nihilisme Nirupana NLJNLH NOBUO noeuds Noguez Noir nOmbres Nonnos Norge NOTEPAD Notes-Book Notes-Rapides Notifications NOUS noûs Nouveautés Novae Novalis Novarina NP NPhS NRSNPEM Nuages Nuits O.Pé Oberland objets Objets d'Amérique Oblomov Ockham Octaèdre ODIN ODSI œil OELDT Ogadine Olivier Cadiot OLR OM ON ondes Onfray onthologie Opalka Oph. Oppen OR Oraison Orcia Orphée Orwell Oscar Oscarine Bosquet OSMH où oui ours Ovide P.A P.B.Shelley P.L. P.observatoire P.P. 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R.M.I R.M.T. Rachi Rae Armantrout Raison ram Ramanujan Range Raphoz Raven RBDBB RBLPDT RCETTM RCLSDF RD RDLB Recettes récits A Reclus Refuges et cabanes règles Renaud Camus René Daumal REPA Répétition résumé Rêve Revenir Reverdy Révillon Rexroth Rey Reznikoff Richard Long rien Rilke rimb Rimbaud RIP Ristat Rivières RL RL.P&J RLP RM.ACDLE Robert Barry Robert Filliou Robert Hainard Robert Lax Rocamadour rocher Rochery Roger Ackling Roman Rome Rose Ausländer Roses Rosset Rothenberg Rothko Roubaud Roud Routes Rouzier Royet-Journoud RPW RR RSG Rubâï Rueff Rûmî Rumney Runes Ruscha Russes Ruyer RVALP Ryner Ryoko Sekiguchi s S.Tesson sa vie sable Sade sagesse Saigyo Sakaki Saliens SALXI Sam Francis Samivel Sangral sans Sans Titre Santoka Sappho Sator Saturne Savelli Savitzkaya SBL1 SBLI Sbrissa Schlechter Schopenhauer Schurmann SCOT Sculptures Sculptures Photographies L.A. SDM Sel selon SELP Seneca Sénèque Sengaï SGM Shakespeare Shepherd Shitao Shiva Shônagon SI Sicard signal Signes Signets Sikelianos silenc SILENCE Silesius Silliman Simmel Simon Cutts Sinclair singularité Situation Sivan six SJDC Skalova Ski SLFDM société soleil solénoïde Solutré Sommeil Sonnets Sons Sor Juana Sôseki Soto Soufi Soufre Soulages Souligne Sous le Pas SP SPHS SPiced Spicer Spinoza Spira spirale sport SPRCGB SPSLSA Squires SSM Stéfan Stein Steiner steppe Stromboli Structure Suarès SUBHDLH Suchère Suel suite Sun Tzu sur Suso sutras Swensen Sydney Banks Synchronicité synonymes Synopsis T T.A T.C T.R T.S.Eliot Tabarini Takis Tanizaki tantôt TAOPY Tardy Tarkos TC Tchékhov TDQ TDUESDS TEL Temps Temps probable TeneT Tétralemme TEXTES Thalès Thaumazein Thé Théorie Tholomé Thoreau timbres TINTIN Tissu Titres TLP TN TNS Tocqueville Todtnauberg tomates TOPOS Torque Toscane Toujours TouT TP TP.BN Traces Tractatus Traduire Trail Trains Transe translucide TRICTRAC Triste époque Tsvetaeva TT TU Tumulte Tunnel Tweets Twillight Typoésie Tzara u.p.d.d.v UCCDC UCDD UDP UEAN UEAR UJAAB UJAJS Ukraine ULDL ULDLLA Ulysse UMO UMP UN UNM unmot UPDS UPSA usura UVD V V.E V.I. 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