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mardi, décembre 16, 2025



Grand air superbe 
gloire à Dieu pour les choses bariolées

pour le monde tel qu’il s’offre
sans hiérarchie 
ni retenue






















Le Signal décembre 2025


Pour les ailes tachetées

les pierres veinées

les ciels lavés puis griffés de nuages

les voix dissonantes qui composent pourtant

une seule rumeur vivante



Gloire pour la langue brisée et la langue d’amour

pour la langue vautour qui guette

et la langue soupir qui s’efface

toutes nécessaires

à la respiration du réel



Le vide façonne la forme

et la forme remercie le vide 

creux des feuilles

intervalle des notes

silence entre deux regards


IVRESSE

non de l’excès mais de la profusion

de cette abondance sans calcul

où chaque chose est elle-même

jusqu’à l’éclat



Le monde bariolé n’est pas chaos

il est louange dispersée

une splendeur sans centre

où le sublime se cache

dans la simple persistance d’être







Grand air superbe  et nous dedans
passifs réceptifs
écrivant 
vite

pour ne pas trahir ce qui passe
et déjà recommence


























lundi, octobre 13, 2025

la chute dans le miroir 
le monde se penche sur son reflet
l’eau tremble 
le ciel tombe en elle
l’homme se regarde et se perd
il croit que le temps fuit alors qu’il tourne
les cités grandissent sur des rivières d’oubli.
les rois bâtissent des tours de sel
dans le bronze des armes résonne 
le cœur ancien des forges stellaires
sous les pierres 
les dieux s’endorment
leur nom gravé dans la poussière
l’homme parle à des ombres et les appelle  avenir 
mais le futur est un serpent
qui ramène la morsure au commencement





























samedi, octobre 11, 2025

Chant du Fleuve et du Vent

O limina fiorente Atlántica murmure
Typhon et Tlaloc dansent sur les ponts de Babel
Néron rîde gallo-sun éclabousse le fjord,
Leda se penche pour baiser le cygne solaire
Chimère et kraken s’emmêlent dans le codex du soir
Vesuvius-speaks volcans et samba dans l’air
Odin ricoche sur los Andes 
Pan souffle en bambou
le Nil fredonne à l’oreille des guaraníes
Écho-écho
les syllabes se torsadent
khôra-khôra le temps se plie et se replie
memento-omni chaque légende devient verbe
Lingua-mundi le monde parle et se dédouble
Cirque du soleil masque de Dionysos
samurai et pharaon s’inclinent devant l’éther
Laocoon giggle 
Achilles-slide

et la mer répète 
susurrus omnia vivunt































tout vit en murmure
tout vit en un souffle murmurant
















Vishnu-swirl  Anubis-slide cosmos en calypso
Machiavelli-whisper ricoche sur le Mount Fuji
Ra-emoji et Zeus-laser s’emmêlent dans le souffle
Odin-echo glisse sur le tango des pyramides
Atlantide-murmure Tenochtitlan pulse en 3D
Shiva-timbre et Quetzalcoatl-spell
les siècles se roulent comme parchemins en café
chaque lettre devient galaxie
chaque mot constellation
Héraclite-drift
le fleuve rit de sa propre marée
Fujiyama-clash
Nile-gurgle Amazonia-vibe
l’histoire se déroule et se tord dans la bouche des dieux
le monde chante  lingua-ficta omnia vivunt
Chaos et cosmos s’embrassent
le temps est un tambour multilingue
les mythes s’échangent
les légendes s’enlacent

et le vent du Fleuve répète
omnia unum unum omnia




tout est un
un est tout





























ni le jour ni l’heure
chant mystique

ni le jour
ni l’heure
ce qui est
n’entre pas dans le temps
l’Éternel ne se lève ni ne se couche
il respire à travers tout ce qui respire
et pourtant nul ne peut dire 
Le voici
le jour passe
l’heure s’efface
mais Lui demeure 
sans avant sans après
tu le cherches dans la lumière
et Il t’attend dans ton ombre
tu tends la main vers le ciel
Il se cache dans ton souffle
ce que tu nommes absence
est sa demeure la plus proche
ce que tu crois silence
est la parole avant toute parole
ne cherche pas l’heure 
elle ne sonnera pas
ne compte pas les jours 
ils ne mènent nulle part
demeure
là où tu es
dans ce simple battement de ton être.
écoute sans vouloir entendre
regarde sans vouloir voir.
le voile se déchirera sans bruit
tu comprendras 
que ce que tu appelais  venir 
était déjà là
ni jour,
ni heure
mais le feu sans forme
qui brûle au centre de tout ce qui est




























vendredi, octobre 10, 2025

80 

fleurs de montagne 
où chaque nom latin devient une image
un souffle de couleur 
et de hauteur 

signe amical à Louis Zukofsky




Aconitum napellus  casque bleu des sommets gardien des vents

Aquilegia alpina  colombe suspendue entre ciel et pierre

Gentiana acaulis  bleu profond du silence alpin
















Gentiana verna  éclat printanier entre les neiges

Primula auricula oreille dorée des rochers

Primula minima petite étoile qui défie le froid

Dryas octopetala  neige vivante sous le soleil

Leontopodium alpinum  flamme blanche des hauteurs

Rhododendron ferrugineum  rouge du feu au creux des pentes

Rhododendron hirsutum  velours hérissé de lumière

Soldanella alpina clochettes bleues tombées du ciel

Soldanella pusilla  minuscule joyau des herbes humides

Campanula barbata  barbe d’argent sur rocher sec

Campanula morettiana  violet tendre qui s’accroche au vent

Campanula scheuchzeri  l’ombre d’un rêve sur pierre nue

Eritrichium nanum diamant bleu sur la cime

Saxifraga oppositifolia  pourpre obstiné fleur des fissures

Saxifraga paniculata  grappes blanches neige suspendue

Saxifraga aizoides  éclat froid des torrents

Saxifraga caesia bleu ciel accroché à la roche

Androsace alpina coussin de lumière sous le vent

Androsace helvetica  étoile alpine minuscule et fière

Caltha palustris soleil jaune des marécages alpins

Ranunculus glacialis or glacé entre les pierres

Ranunculus alpestris éclat vif sur tapis vert

Dianthus glacialis rose fragile de la neige

Dianthus alpinus souffle rose des hauteurs

Leucanthemopsis alpina  marguerite de givre

Arnica montana  flamme orange des prés d’altitude

Hieracium alpinum étoile dorée sur rocher noir

Hieracium aurantiacum  soleil de montagne au bord du vent

Hypericum montanum   lumière capturée dans la tige

Soldanella montana clochettes suspendues aux brumes

Primula elatior violet doux dans la vallée

Primula farinosa  poudre de lune sur herbe humide

Pulsatilla alpina clochette blanche au souffle du froid

Pulsatilla vernalis violet tendre du printemps alpin

Polygonum viviparum vie qui renaît dans les pierres

Gentiana lutea or vert de la racine amère

Gentiana punctata  pois de soleil sur fond bleu

Eritrichium callianthemum  éclat du ciel tombé sur terre

Campanula alpina  voile bleu au vent

Campanula scheuchzeri clochettes entre ombre et lumière

Saxifraga bryoides mousse florale sur rocher froid

Saxifraga trifurcata   triade rose de pierre

Androsace villosa coussin velu des hauteurs

Androsace chamaejasme étoile vivace dans les éboulis

Leontodon helveticus dent de lion sur prairie sèche

Leontodon hispidus  éclat jaune hérissé par le vent

Aster alpinus astre violet au cœur de la pierre

Aster amellus  bleu tendre des cimes

Gentiana verna bleu vif qui revient au printemps

Primula farinosa  poudre douce sur marais clair

Primula hirsuta   velours poilu sur rochers ardus

Dianthus carthusianorum   rose des murets ensoleillés

Dianthus deltoides triangle de fleurs fines

Ranunculus montanus  soleil de montagne sur herbe verte

Ranunculus acris or sauvage dans les vallons

Arnica chamissonis flamme douce des clairières

Hieracium pilosella  étoile de poils au vent

Hieracium aurantiacum orange vif contre le ciel

Corydalis solida violet tendre des sous-bois

Corydalis cava coupe violette des ombres

Viola biflora  double violet sur tapis vert

Viola calcarata  pied d’éperon dans la neige fondue

Viola cenisia   violet discret parfum du rocher

Silene acaulis   coussin rose minuscule et tenace

Silene vulgaris flamme blanche dans la vallée

Campanula scheuchzeri  bleu qui défie le vertige

Campanula rotundifolia  clochette ronde et légère

Saxifraga moschata  parfum de mousse et de pierre

Saxifraga longifolia   rosette allongée fragile étoile

Androsace lactea  blanc laiteux sous le vent

Androsace chamaejasme  étoile minuscule hardie

Gentiana alpina  bleu pur des roches enneigées

Gentiana clusii  éclat froid sous soleil d’altitude

Primula hirsuta velours discret entre pierres

Primula elatior   violet tendre des prés

Ranunculus glaber  jaune vif sur rocher lisse

Ranunculus pyrenaeus éclat solaire des montagnes sauvages







chaque nom latin est une étoile
chaque souffle de couleur un rayon tombé du soleil
tu es plus qu’une liste 
tu es un jardin suspendu dans l’air glacé
un alphabet secret de vie et de lumière

O liste poétique
ton pouvoir est de rappeler que la vie même fragile
s’élève et se maintient
qu’un souffle de beauté peut suffire
à illuminer les hauteurs les plus austères




marche des fleurs de montagne

cantos

je marche sur les cimes
et les fleurs s’inclinent devant mes pas
chaque souffle de vent les anime
chaque rayon de soleil les fait frémir
Aconitum napellus se dresse casque bleu des vents
gardien silencieux des vallées suspendues
Gentiana verna éclat du printemps
sourit dans les fissures de la pierre
comme un secret que le ciel a laissé tomber
Leontopodium alpinum flamme blanche
respire la neige et la lumière
je passe près de Soldanella alpina
ses clochettes tombent dans la brume comme des étoiles
et Androsace alpina me tend ses coussins velus
accueillant mes mains dans un souffle chaud de vie
les Saxifraga oppositifolia s’accrochent aux rochers
leurs pourpres ténus me murmurent la mémoire des glaciers
et Primula auricula oreille dorée des pierres
écoute mes pas avec attention
chaque fleur est un esprit
chaque pétale une voix,
chaque couleur une lumière dans le vent
je ne marche plus seul 
le monde entier respire à travers elles
le miracle et la pierre le souffle et la vie
s’unissent en une symphonie fragile
les collines deviennent des sanctuaires
les torrents des chants
et moi, marcheur je deviens écho
vibrant dans le silence des sommets
où les fleurs gardent la mémoire du monde
et m’enseignent le souffle éternel
je m’incline devant Viola calcarata
violet tendre du rocher humide
et Eritrichium nanum diamant bleu
me rappelle que chaque vie même minuscule
porte la lumière d’un univers
ainsi je marche
dans l’air pur et l’ombre des cimes
et chaque fleur devient personnage gardien souffle et lumière
et la montagne entière devient
un temple vivant où le monde miraculeux et le monde réel
respirent ensemble dans le vent






































fragmentaire
lumineux
fait d’images qui s’appellent plus qu’elles ne s’expliquent 
la poésie remplace le discours


cantos de l’air azur

les dieux flottent dans l’air azur
leurs corps sont des souffles leurs yeux des éclats d’été
ils ne parlent pas  ils se rappellent
sous eux les collines bougent lentement
les oliviers tracent des lignes de feu sur la terre claire
tout a été dit mais le vent recommence
les dieux flottent 
non au-dessus du monde
mais dans la transparence qui le relie
leur chair est faite d’équilibre
leur pensée d’écho.
un berger s’arrête lève la tête 
dans le ciel rien
mais son cœur se dilate 
les dieux passent, invisibles
dans la respiration du jour
leur parole est lumière
et la lumière ne dit rien d’autre que ceci 
tout est encore possible
les temples se sont effacés
mais le ciel demeure 
voûte d’oubli mémoire d’or
immobile et mouvante
les dieux flottent dans l’air azur
et le monde une fois encore
se souvient d’avoir été jeune





une incarnation poétique
les dieux quittent l’air azur et descendent dans la matière
dans la pierre dans la mer dans la chair humaine
leur lumière devient densité et la terre se souvient d’eux

cantos descente des dieux

les dieux descendent
non dans la foudre
mais dans la lenteur de la poussière
ils prennent forme dans la pierre
dans la veine du marbre dans le grain du sel
la mer les accueille
dans l' écume un visage oublié
leur parole s’épaissit
se fait argile
battement d’aile sous la peau du monde
ils goûtent la lourdeur
ils s’allongent dans le corps des hommes
cherchent à respirer à travers leurs rêves
un regard une main une brûlure 
ainsi se souvient le divin.
l’or devient sang
le souffle devient parole
et la parole  silence.
les dieux fatigués d’éther
savent que la terre est plus vaste
ils entrent dans la matière
comme on entre dans la nuit
pour y retrouver la lumière






*

je passe un pacte avec toi Ezra Pound…


comme on tend la main à celui qui taille la langue
dans la pierre vive du monde

je t’accorde ce que tu cherchais 


la parole nue
le mot qui tranche
le rythme qui ouvre
le souffle qui dévie les fleuves du sens

je passe un pacte avec toi


pour entendre dans chaque syllabe
le martèlement ancien
des civilisations dressées puis dissoutes

un pacte pour que la poésie


ne soit plus seulement écrite
mais refondue,
martelée,
re-naissante à chaque vers

toi qui disais make it new


permet que je fasse à mon tour
de la langue un outil d’aurore
et que le monde,
sous nos gestes mêlés,
retrouve un tranchant plus clair.

























coda  vers l’Un

quand toute chose s’accorde
le nombre se tait
il n’y a plus de proportion
tout est équilibre.
les formes se replient dans la clarté qui les portait
comme les vagues rentrent dans la mer
ce qui fut cercle angle spirale
devient pure vibration
le monde respire sans géométrie
la lumière n’a plus besoin de cadre
tout est juste,
parce que rien n’a plus à être mesuré
alors le divin n’est plus trace
ni règle ni loi 
mais présence
une présence sans contours
éternelle et mouvante
où l’œil le cœur et le monde
ne sont plus que la même lumière
et dans cette lumière
le nombre d’or s’efface
comme un sourire dans l’aube




























chant de la proportion divine

au commencement la lumière se chercha une mesure
elle voulut se connaître se poser se diviser pour mieux rayonner
alors naquit la courbe
et dans la courbe la loi
le monde se mit à respirer selon une tension d’or 
ni tout à fait droite ni tout à fait libre
juste l’inclinaison qu’il faut
pour que l’équilibre tienne dans le mouvement
les astres s’ajustèrent à cette respiration
les fleurs y plièrent leurs pétales
les vagues leur crête
et le corps humain son geste
tout devint architecture.
mais non pas d’angles et de calculs 
plutôt une architecture du souffle
où chaque espace s’incline vers l’autre
comme deux âmes qui s’aiment en secret
le nombre d’or n’est pas loi,
il est compassion des formes 
le visible y trouve son juste poids
l’invisible son lieu d’apparition
ainsi l’univers s’équilibre
non dans la fixité mais dans la danse
dans ce léger désaccord
qui fait chanter la symétrie
l’homme lorsqu’il crée
ne fait que se souvenir de cette courbe initiale 
celle qui relie l’esprit à la matière
la respiration à la main
et quand il touche à la beauté
c’est que pour un instant
il a respiré selon la proportion divine





























jeudi, octobre 09, 2025

V

les mémoires du monde

la terre se souvient
les arbres murmurent leurs racines dans la nuit
chaque feuille est une étoile morte
qui retombe en silence dans le sol des songes
les fleuves se rappellent le premier orage
les montagnes le feu qu’elles furent
et le vent la mer dont il est né
tout est mémoire  même l’oubli
Le monde parle à voix basse :
rien ne se perd tout s’accomplit
je me répète pour me comprendre
je me réinvente pour demeurer

dans les grottes du temps
le chant des anciens refait surface 
lente musique du retour
murmure du feu dans la pierre du cœur





























VI

le retour et la lumière

tout revient
les dieux les hommes les bêtes les vents 
la même flamme aux mille visages
le monde respire et le cercle se ferme
mais ce n’est plus le même regard
l’homme maintenant sait
il a traversé la forme la perte la répétition
et dans le miroir du temps
il voit que tout est un
alors il dit 
oui que tout recommence
que la pierre retombe dans la rivière
que la graine retrouve la terre
que la lumière revienne dans la lumière

et dans ce consentement
le monde s’illumine de l’intérieur 
non par miracle
mais par reconnaissance
le temps se tait
il n’a plus besoin de parler 
chaque chose est à sa place
et le silence enfin respire





























VII

le silence du centre

tout ce qui fut revient
et dans ce retour s’efface la distance
le temps ne roule plus  il tient immobile
dans un point sans avant ni après
au cœur du cercle
plus rien ne commence
plus rien ne finit
l’être se regarde et se reconnaît
sans image sans nom
les montagnes ne sont plus montagnes
ni les fleuves des chemins d’eau 
tout respire dans l’unité profonde
là où le feu et la pierre sont une même pensée
l’homme lui aussi s’y dissout
il devient ce qu’il contemple
la vibration sans lieu
la source sans origine
alors il comprend 
que vivre mourir revenir
n’étaient qu’un seul et même mouvement
le battement du monde en soi-même
le temps ferme ses paupières
et la lumière reste ouverte
dans ce silence
tout chante




























le monde se répète et se rêve à travers les âges 

Cantos du temps qui revient



au commencement rien que la résonance 
un battement sans source
lumière sans direction




























le temps dort dans le feu
encore sans nom
le vent se souvient d’un souffle plus ancien
tout s’élève
tout retombe 
les dieux mesurent le monde à la paume de leurs songes
les montagnes se dressent puis s’inclinent 
elles aussi se souviennent d’avoir été vagues
l’homme paraît porteur d’éclats et de poussière
il cherche le centre trouve le cercle
chaque pas qu’il avance l’amène au point de départ
l’histoire s’écrit à l’encre de sa propre cendre
les empires sont des secondes dans la respiration du ciel
les cités s’effondrent 
se relèvent se répètent
comme un rêve qui refuse de finir
les pierres parlent 
toujours la même parole
le temps s’enroule sur lui-même
serpent qui se mord la queue
roue sans fin du devenir
le jour recommence avant même de mourir.
dans le cœur un souvenir du futur 
le visage qu’on n’a pas encore aimé
la chute déjà vécue
le présent fragile se déchire entre deux éternités
alors l’homme comprend 
il n’y a ni hier ni demain 
seulement le retour du même souffle
le monde respirant à travers lui
les saisons tournent 
lentes et inévitables
comme des prières qu’on répète sans y penser
chaque fleur sait qu’elle a déjà fleuri
chaque mort a déjà vécu
tout revient
les astres les pas les gestes les voix
tout recommence 
et pourtant tout est neuf à chaque recommencement
le temps rit dans le miroir
son visage est celui du feu
et dans la flamme l’homme se reconnaît 
éphémère éternel flammigère





























dimanche, juin 22, 2025

le système métaphysique de 
Spinoza appartient 
au type inauguré 
par 


Parménide

il n’y a qu’une seule substance

Dieu ou la nature 

rien de fini ne subsiste en soi 


les choses finies 
sont définies par leurs limites physiques ou logiques 
c’est-à-dire par ce qu’elles 
ne sont pas 

toute détermination est une négation 





























il ne peut y avoir 

qu’un seul Être qui soit entièrement positif 
il doit être absolument 
infini. 





ici, 
Spinoza 
est amené 
au panthéisme 
complet et
pur



***




Cantos du Traité théologico-politique

Dans le matin encore brumeux des écritures antiques

Spinoza avance calme

et touche du doigt les prophètes

Non pas des rois de la vérité

mais des hommes en proie aux images

où la voix de Dieu s’habille de songes

où la certitude est une braise qui chauffe le cœur

non une lumière géométrique




Il dit  

Nul peuple n’est élu pour l’éternité

seulement appelé un temps

à vivre sous une même tente politique



Les lois qu’on nomme divines ne sont que des chemins vers la justice

tandis que les rites lourds d’encens

ne sont que les coutures qui tiennent un peuple ensemble



La véritable piété est simple nue 

elle tient toute dans la justice et l’amour



Puis vient le livre 

la grande fresque de mots transmis de main en main

de siècle en siècle

où Moïse n’est plus le scribe unique

mais l’ombre noble d’une multitude d’auteurs

La Bible dit-il est un parchemin cousu

un fleuve formé de mille sources

les unes claires les autres troubles

et son autorité n’est pas celle du marbre

mais celle d’une mémoire humaine

fragile vibrante parfois fautive


Les miracles — oh, les miracles !

ces éclats qu’on croit venus d’un doigt céleste

Spinoza les rend à la nature

à son ordre immuable

à son rythme sans rupture



Rien ne rompt le fil de Dieu

car Dieu n’est rien d’autre que ce fil infini


Ce que l’on nomme miracle

n’est que l’ignorance surprise par la puissance du réel



La révélation elle-même

murmure-t-il

n’est pas une fenêtre ouverte sur l’absolu 

seulement un langage adressé aux imaginaires

adapté aux peuples aux temps

aux cœurs tremblants



Ainsi la raison demeure reine dans son royaume

incorruptible droite

et aucune écriture ne peut enchaîner sa marche



De la foi et de la raison

il trace deux lignes parallèles 

l’une cherche l’obéissance juste

l’autre la vérité nue


Et lorsque leurs domaines se chevauchent

la confusion engendre la tyrannie



Il faut donc pour que l’esprit respire

que la philosophie s’exprime sans crainte

que la foi se tienne à son propre office

douce gardienne des humbles


Vient alors le cœur politique 

ce moment où l’homme

animal de puissance

sort des ténèbres naturelles pour construire la cité



Chacun apporte sa force

comme on jette des pierres pour bâtir un rempart commun


Le droit naît de cette puissance rassemblée

et l’État pour durer

doit gouverner les actes

non les consciences


L’ancien Israël apparaît comme un mirage d’histoire

une théocratie fragile où la liberté brillait par instants

où le pouvoir était une balance délicate

toujours prête à rompre


Puis les régimes se succèdent

monarchie aux ailes lourdes

aristocratie aux mains froides 

tous vacillent si la liberté manque



Enfin se lève la voix du chapitre ultime

comme un vent clair dans la gorge du monde 

L’homme est né pour penser


On peut lui prendre sa maison sa vigne son manteau

mais jamais son jugement intime



Et c’est dans la démocratie

ce partage vivant du pouvoir

que l’esprit respire le plus large

que la parole s’élève sans trembler

que la paix naît de la clarté

et non de la peur



Ainsi s’achève le cantos de Spinoza 

un chant pour ceux qui cherchent la liberté

non dans les éclairs du ciel

mais dans la force tranquille de l’intelligence humaine

dans la lumière égale de la nature

et dans la cité où l’on peut enfin

penser sans se cacher


























dimanche, février 24, 2019





On connaît 
le principe de composition 
des Cantos 


la juxtaposition selon la méthode idéogrammatique  que Pound avait tirée de la description  par Fenollosa du caractère chinois comme matériau poétique. 

Un idéogramme est formellement composé d’éléments signifiants qui  séparément renvoient chacun à un signifié particulier et qui organisés de façon à former un signe nouveau et complexe créent également un signifié nouveau

Les lignes de sens des Cantos ont une signification en elles-mêmes  mais c’est par accumulation  par mise en parallèle et avancée constantes  qu’elles parviennent à composer un objet poétique de nature nouvelle  et dont les implications élargissent leur angle de lecture 

ainsi 













un vers de Dante 
trouvera son écho dans 
une allusion à Joyce  

un morceau de vers de l’Odyssée 
télescopera 
un apologue 
se rapportant aux idéologues 
fondateurs de l’Empire américain moderne 

une référence à Confucius 
viendra croiser 
une citation d’homme politique 
de notre temps de guerres et de désastres 

ou bien encore

des considérations sur le système d’expropriation économique qui régit le monde et détruit la beauté, se verront rapprochées de tel souvenir de l’église Saint-Hilaire Canto XLV et contribuer à la diatribe exaltée de Pound contre l’Usure
































samedi, juillet 07, 2018





Il est difficile 
d’envisager une œuvre plus 
éclatée, 


plus ouverte, plus disparate, 
dans son contenu comme dans son 
expression, que 

Les Cantos d’Ezra Pound









et pourtant cet ensemble est considéré comme le recueil poétique le plus important du XXe siècle. Rédigés entre 1915 et 1966, les poèmes qui le composent chantent l’épopée de « la tribu humaine », tout en acclimatant l’objectivisme et le concrétisme en poésie.


Pour aider le lecteur français à s’orienter dans cette œuvre immense, Jonathan Pollock replace Les Cantos dans le mouvement vorticiste. À la veille de la première guerre mondiale, cette avant-garde londonienne avait fait du tourbillon, ou vortex, le principe central de son esthétique. De fait, si la réunion de tous les canti en un seul volume peut donner l’illusion d’une construction unifiée, en réalité aucune armature structurelle ne fait tenir Les Cantos : ils se maintiennent eux-mêmes à travers la dispersion de leurs éléments, à la manière d’un cyclone, en détruisant toute l’histoire de la poésie sur leur passage…

Lire les Cantos d'Erza Pound

Jonathan Pollock

Essais Hermann
































samedi, septembre 30, 2017

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Les Cantos d'Ezra Pound (1885-1972) 

sont l'une des œuvres poétiques les plus marquantes - et 
les plus déconcertantes - du XXe 
siècle. 









Ce récit autobiographique de sa fille - regard limpide porté sur la poésie réputée difficile d'un être de génie autant que document irremplaçable - éclaire les choix (politiques, littéraires, existentiels) de l'écrivain américain. Incarcéré pendant treize ans pour avoir dit haut et fort que le monde est gouverné par les fabricants d'armes et les pseudo-lois de la finance, il dénonçait la disparition de la culture matérielle et intellectuelle, et proposait, dans tous les domaines, des idées prophétiques. Mais il s'est exprimé à un moment qui le rendait inaudible. L'heure est venue de mieux le comprendre, loin des sirènes de la vulgate idéologique. 

On juge l'arbre à son fruit : éduquée d'abord dans une ferme du Tyrol, puis par son père, Mary, de par son courage, son discernement, sa culture généreuse, son écriture discrète et sans complaisance, est une preuve vivante de la beauté et de la viabilité des intuitions d'Ezra Pound : 

"Une petite lumière, comme une chandelle à mèche de roseau / pour guider à nouveau vers la splendeur" (Canto CXVI).


*


Alors qu'il fut peut-être le plus grand poète du XXe siècle, Ezra Pound est aujourd'hui traité comme un chien crevé. Il eut en effet le tort de se trouver du côté des perdants de l'histoire suite à son soutient au régime fasciste italien.

Que reste-t-il aujourd'hui de son oeuvre ? 

Qu'est ce que sa vie -mouvementée!- peut encore nous enseigner ?

Évoquer Ezra Pound. 
Avec Pierre-Guillaume de Roux et François Bousquet 
chez Emmanuel Ratier sur Radio Courtoisie.































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vendredi, juillet 12, 2013

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Erich Buchwal















Zinnwald,
 Landschaft mit Regenbogen, 1916







XVII



Vint une barque,
un homme  en tenant seul la voile,
la  guidant d'une rame jetée sur le plat-bord
disant :





Là, dans la forêt de marbre,
les arbres de pierre  - issus de l'eau  -
les charmilles de pierre  -
feuille de marbre sur feuille,
argent, acier sur acier,
becs d'argent dressés entrecroisés,
proue collée à proue,
pierre, pli sur pli,
les poutres dorées s'embrassent d'un soir
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mercredi, juillet 10, 2013

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La force génésique















Selon
la Bâskala-mantra Upanishad
sous la métamorphose d'un Bélier
que le sage Indra enseigne la doctrine de





l'unicité du Principe Suprême






Je me suis changé en bélier pour ton
bonheur.

Tu es parvenu au chemin de la Loi, pour
ton bien-être.

Accède donc à ma véritable nature
unique.

Je suis la bannière, je suis l'immortalité,
Je suis le lieu du monde,
ce qu'il fut,
est et sera.

VEDV 428





L.A.Photographie, Pise juin 2013
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vendredi, mars 22, 2013

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vendredi, août 31, 2012

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Ne désespérez jamais. Faites infuser davantage.
Henri Michaux , Face aux verrous.

Du "Dao" originel
du commencement du réel
des signes célestes
des formes terrestres
des règles saisonnières
de l'examen des choses obscures
des esprits essentiels
de la chaîne originelle
de l'art du maître
des évaluations fallacieuses
de l'équivalence des moeurs
des résonances du "Dao"
de l'inconstance des choses
des paroles probantes
de l'utilisation des armes
montagne de propos
forêt de propos
du monde des hommes
du devoir de se cultiver
de la synthèse ultime


"ô le plus violent paradis"

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A1 A10 A2 A3 A4 A5 A6 A7 A8 A9 AB ABDL Abécédaire Abîme Aboulafia Abréviations Abrüpt Abruzzo absolu ACC Acker acronyme Actis Actualités ADBP Adorno ADR Adrénaline ADUMC Advaita AELT Agamben Agenda AgnèsMartin Agrafe et boite Ainsité Aïon AIR Air du temps akasha Akhmatova AL Alain de Lille Alan Davies Albiach Alchimie Alechinsky Aleph ALF Alferi alien Alina Reyes ALTH AM Amande Ammons Amor fati AN Anagrammes Analogie Anaphore Anaximandre Anders André Breton André du Bouchet André Velter Andy Goldsworthy animal animation Annick Ranvier Annonciations Anthologie ANTI Antin David AP Aphaïa aphorismes Apollonios aporie Appelfeld Approche APUMM APZ APZT Arago Aram Saroyan Arbres Archéopoésie ArgentOr Aristote Arp Arseguel Art sacré ARTHAUD AS ASDMI ASF Ashbery ASLEND Assez Astrologie Asymptote Atlantide attente Aurélien Barrau Aurore Automne Auxméry AVB Avec Avent AW axiologie Axiomes Azam B B.Celerier Babel BABIL Bachmann Baies Baigaitu BAM Banal Bandeaux Barque Barré Barry Lopez Barthes Bashô Basque Basquin Bataille Battala BAZAR BDLE BDLF Beaufortain Beckett Beckford Benedetto Bénézet Benoît Labre Benveniste Bergounioux Bergson Bernstein bête Bhattacharya bibliographie Bibliothèques bientôt Bimot Binet bio biographie BioMobiles Biopsies Bishop BISSES1 Bivouac Blackburn Blaine Blanc Blanchot Blanqui Blaser Blau Duplessis Bleu Bloy Bobin Bochner Bohm boisflotté Bök bord de terre Borges Bouddha Bouthonnier Bouvier Bozier Brautigan Bretagne Bribes Briciole bricoleur Brisset Bronk Broodthaers Bruckner Bryen BSRM Butor Byron C C.C C.D.A C.E.T C.F. 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E.O E.P. EA EAIO EB écart énigme Echenoz échos Echos L.A. Eckhart Tolle Eco Ecosse écoute écritures Eddas EDG EDJ EDLCDS EDLF Edmond Jabès EDO EIJS elle ELLEDIT ELLELL Elles Ellul EM Emerson Empédocle EN ENCORE encres et musique Encres et peintures Ennéade ennui EnSof Entre entrelacs environnement Eons EPE épiphanies épistémologie EPLA époché Eranos ère ERRER Escher ESE Eshleman Esnault ESPA Espace Espitallier essais EST ét été Etel Adnan ETLPDMP Etna étoile Etymologie Eucharistie Euler évangile Eventail Exergue F F.A. F.EAA F.O F.Pirates FAA Fable Fadeur faits FAJ Fantasy Faune Fayçal fenêtre Fengliu feu Fiction Films FiniSol Finkielkraut FIVE FL Flore fmr FNAR Foligno Forest Formalisme Foucault Fourcade Fourier FP FQPCC Fractales fragm Fragme Fragments France François Cheng Frappat Frémon Fréquences Froid Fugue Fuji Futur G.C.L. 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IA ici idéogrammatique IDLR IFE Igitur il Illuminations illuminer illuminisme ILVLA ilya immédiat immédiatement Impensable impératif imperceptible Impresses Index individu Infini Infinitif initiales inquiétude Insectes installation instant Internet Interrompre invisible Irwin Ishihara Isidore Isis isolato Issa italiques Ivsic J-P Michel J.J.F.W. J.J.U. J.L.P Jaccottet jaime Jakobson Jankélévitch JANUS Jardin JAZ JBE JCERDM JDLF JDS JE JE & Jean jean Daive Jean Michel Lou JELRLT Jesuis Jésus jeu JHN Jirgl Joan Mitchell John Cage Jouffroy jour jour17 Journal Jours jours17 Jousse JR Juarroz Jullien JYL K.G K.K Kabîr Kafka Kairos Kaplan Kapoor Kastrup Kathleen Raine Katué Kawara Kay Ryan KDCN KDICK Keats Kenneth White Kerouac Khazar Khlebnikov khôra Kiarostami Kingsley Kircher KK KLTDD koan Koons Koshkonong Kosuth KOUA Kral Kuhn Kundera Kunitz Kybalion Kyoto L.A.S L.D. 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Oppen OR Oraison Orcia Orphée Orwell Oscar Oscarine Bosquet OSMH oui ours Ovide P.A P.B.Shelley P.L. P.observatoire P.P. 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