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samedi, octobre 10, 2026


l'invisible

aussi beau que l'oxygène naissant

aussi simple

qu'une phrase musicale


un souffle se forme dans l'inaperçu

la lumière respire

sans apparaître
























l'air

est déjà là

avant le monde

avant le nom

avant même que quelque chose commence




les poèmes sont récits de physique

une masse

de silence

une vitesse

de lumière

des particules d'absence dans le vide






le mot

entre en collision

avec ce qui est


l'espace un instant se courbe sous le poids

de l'invisible














dimanche, septembre 27, 2026

l’idée d’être emporté à toute allure avec le Cosmos
dans l’espace infini
me rassure





rien ne demeure fixe

















la Terre nous emporte le Soleil nous emporte
la Galaxie nous emporte

nous ne tombons pas
dans l’immensité

nous sommes déjà dans son mouvement


la paix
commence là 

comprendre que nulle part
n’est immobile



*




la nuit noire m’a donné 

des yeux noirs

je m’en sers pour chercher 

la lumière



une belle formule 
fondée sur 

un 
paradoxe 

la nuit ne s’oppose pas à la lumière

elle devient la condition de sa recherche



la nuit donne des yeux noirs
non pour voir l’obscurité
mais pour y chercher
ce qui scintille

plus le regard descend
dans le noir

plus la moindre lumière
devient nécessaire




voir
n’est pas sortir de la nuit

mais apprendre
à regarder depuis elle







la montagne devient  la présence centrale 
massive, silencieuse, antérieure 
à tout 


le vent d’ouest fait rage

ciel immense
cris d’oies sauvages
lune d’un matin de givre

la montagne est là
entière
dressée dans le froid

ses arêtes prennent la lumière
ses combes gardent la nuit
ses forêts montent
jusqu’au silence

sur les pentes gelées
aucune trace
sinon celle du vent

les sommets
immobiles
regardent passer les nuages

un torrent sous la glace
une pierre noire
un sapin courbé
et tout autour
l’immensité



la montagne ne dit rien
elle demeure

dans son silence
nous marchons









*


la montagne comme masse et couleur 

monts bleutés comme l’océan
soleil couchant comme du sang

crêtes violettes
ombres longues dans les combes

neige rose aux sommets
forêts noires dans le soir

un dernier rayon
sur une paroi



le vent descend des cols
la montagne devient silence

là-haut
dans le ciel immense
une lune blanche



*


nuages blancs volant sur les neuf sommets
pentes vertes

lumière sur les crêtes

un aigle tourne
au-dessus des alpages

les rochers émergent
dans l’herbe haute

le vent passe
de sommet en sommet

la montagne
immense
respire sous le ciel




















cette formule peut être comprise comme 
une injonction épistémologique 

ce que nous appelons  réalité  ne représente qu’une infime 
partie de ce que les sciences physiques cherchent 
encore à comprendre


vous ne connaissez que 1 % de la matière observable 
cherchez cherchez
cherchez







































vous ne connaissez que la poussière visible
un éclat dans l’immensité de la matière
le reste demeure dans l’ombre

matière noire énergie noire
forces inconnues formes encore sans nom

cherchez
cherchez encore

le réel commence peut-être
là où nos instruments cessent de voir

chaque découverte
n’épuise pas le mystère
elle en ouvre un nouveau






une injonction épistémologique

ne pas croire ce qui apparaît
ne pas nier ce qui résiste
interroger la lumière
avant de nommer la chose
distinguer le savoir
de l’habitude de savoir
suspendre l’évidence
jusqu’à ce qu’elle devienne question
ne pas chercher seulement
ce qui est vrai
mais ce qui dans notre regard
rend le vrai possible



























constellations et ressemblances

nous ne rencontrons jamais les choses seules


entre elles
le regard institue des passages
des voisinages
des correspondances


une étoile ressemble à une autre
non parce qu’elles se ressemblent
mais parce qu’un regard
les rassemble


la constellation n’est pas dans le ciel

elle naît de l’écart
entre les choses
et de la pensée
qui refuse de laisser cet écart vide

















la ressemblance
n’est pas une propriété du monde
mais une puissance de liaison

elle fait apparaître
ce qui n’était pas encore visible


penser
serait alors
consteller le réel
sans jamais abolir
la distance qui sépare ses étoiles










The Sombrero Galaxy as seen in 1929
















samedi, septembre 05, 2026

celui qui marche 
avec sa maison sur la tête est le ciel 

renverse l’image ordinaire 
du monde 

ce n’est plus
l’homme qui habite sous le ciel 


mais le ciel qui devient lui-même un marcheur 
portant son propre espace 
comme une demeure


la formule fait du ciel une maison nomade 
et de la marche une manière 
d’habiter l’infini












Nout est dans le monde 

image qui inverse la représentation traditionnelle 
de la déesse égyptienne du ciel Nout 
qui arque son corps au-dessus 
de la terre




elle n’est plus seulement le ciel qui enveloppe le monde 
mais une présence cosmique inscrite 
dans le monde lui-même




le ciel 
dans la pierre
la nuit dans le corps

Nout partout
comme si le monde portait
sa propre voûte céleste






















mardi, août 04, 2026

 

tout corps pris dans l'azur vole de ses propres ailes

l'azur n'est pas seulement le ciel
il est le milieu de la liberté

le corps dès qu'il est  pris dans l'azur  cesse d'obéir 
uniquement à la pesanteur

le vol n'est pas un exploit physique  il devient 
une manière d'habiter l'espace

de ses propres ailes  signifie alors que chaque être possède 
en lui le principe de son élévation

le ciel ne donne pas les ailes
il révèle qu'elles existaient déjà

l'azur
ne soulève personne 

il rappelle au vivant
sa légèreté oubliée










nous regardons   l'autre Monde    sa spirale spectrale

l''autre Monde n'est pas nécessairement 
un au-delà religieux

il peut désigner cette part du réel qui demeure invisible 
à la perception ordinaire

la spirale est une figure de croissance
de retour et d'ouverture

le qualificatif spectrale ajoute une double résonance  le spectre 
comme apparition, mais aussi le spectre de la lumière

l'invisible n'est donc pas un néant
il est une diffraction du visible

ce que nous appelons
l'autre monde
est peut-être

la profondeur secrète
de celui-ci






deux astres aimantés s'octroient la diffraction

cette image est particulièrement originale

deux astres ne se contentent pas de s'attirer  ils se donnent 
mutuellement une diffraction

la diffraction est le phénomène par lequel une onde se déploie
se disperse révèle sa structure

poétiquement cela signifie 
que deux êtres ne se réfléchissent pas simplement

ils se transforment

leur proximité produit une lumière nouvelle

l'amour la rencontre ou la pensée deviennent ici 
des phénomènes optiques

chaque être révèle à l'autre une partie 
de son spectre




deux consciences
ne s'éclairent pas 

elles diffractent ensemble
une lumière

qu'aucune ne possédait 
seul






l'azur apprend au corps
sa propre altitude

l'autre monde apprend au regard
sa profondeur

l'autre être apprend à la lumière
sa dispersion créatrice






le ciel n'est pas un lieu
mais une qualité de l'être
toute spirale
est une droite
qui a découvert l'infini
les étoiles ne s'attirent pas seulement 
elles inventent entre elles
une lumière
qui n'appartient à aucune



























dimanche, août 02, 2026


cette phrase de Xavier de Maistre tirée de Expédition nocturne 
autour de ma chambre  est une magnifique méditation 
sur l'infini

après la dernière étoile j'en imagine encore une autre 
qui ne saurait non plus être 
la dernière




la pensée accomplit ici 

un geste que la raison ne peut achever

le regard croit atteindre une limite  la dernière étoile

mais l'imagination refuse cette clôture

dès qu'une frontière apparaît  elle ouvre un nouvel horizon




















l'infini ne se démontre pas 

il s'éprouve dans l'impossibilité même de penser 

une dernière limite



le paradoxe est simple 
 

si une étoile était réellement la dernière

il faudrait encore demander 

qu'y a-t-il après elle



cette seule question 

détruit l'idée d'une fin absolue de l'espace

mais Xavier de Maistre ne parle pas seulement du cosmos

il décrit le mouvement propre de la conscience



la pensée humaine ne se satisfait jamais d'un dernier mot

elle dépasse spontanément chaque borne qu'elle rencontre

elle est un pouvoir de franchissement



ainsi

l'infini n'est pas seulement dans le ciel

il est dans l'acte même de penser


chaque réponse 

devient une nouvelle question

chaque sommet 

révèle une autre chaîne de montagnes

chaque silence 

laisse pressentir un silence plus vaste



cette intuition rejoint les méditations de 

Blaise Pascal 

devant  

les espaces infinis 



mais elle possède une douceur particulière


chez Xavier de Maistre 

l'infini n'est pas vertige  il est invitation à poursuivre 

le voyage intérieur





j'aime prolonger sa pensée 


après la dernière montagne
j'imagine encore
une montagne invisible


le dernier horizon
est toujours
l'avant-dernier


l'infini commence
là où l'imagination
refuse d'obéir aux frontières


toute limite
est une invitation
à regarder plus loin


la pensée n'habite pas les bornes 
elle habite
ce qui les dépasse



il n'existe peut-être pas de dernière étoile
parce que le regard est lui-même
une constellation 
en marche





et peut-être cette pointe  qui résume 
l'esprit du passage 




l'infini n'est pas le nombre des étoiles  il est l'impossibilité 
pour l'esprit d'accepter qu'il y en ait
une dernière

























lundi, juillet 27, 2026

il est grand temps de rallumer les étoiles

le guetteur mélancolique 

Appolinaire


cette phrase 
est devenue un aphorisme autonome

sa force vient de ce qu'elle ne parle pas d'astronomie
mais d'une nécessité intérieure

rallumer les étoiles
ce n'est pas remettre de la lumière dans le ciel

les étoiles 
n'ont jamais cessé de brûler

c'est retrouver 
en nous la capacité de les voir






















les étoiles sont ici 
les grandes orientations 

l'émerveillement la patience le désir de connaître
la beauté la confiance dans ce qui dépasse l'immédiat

elles ne disparaissent pas 

elles sont 
seulement recouvertes par 

le bruit
la hâte
les lumières artificielles

il est grand temps 
signifie alors qu'une époque 
peut perdre ses constellations sans que le ciel change

ce qui demande à être rallumé 
n'est pas le monde
mais le regard








j'aime poursuivre ainsi 


il est grand temps
de rallumer les étoiles
non dans le ciel mais dans les yeux


les étoiles ne s'éteignent pas 
c'est notre attention qui baisse d'intensité


une seule étoile retrouvée
suffit à réorienter 
la nuit

rallumer les étoiles
c'est rendre à l'invisible son pouvoir de direction

il est grand temps
de rendre au silence sa lumière

les constellations attendent
moins des astronomes que des voyageurs

celui qui retrouve une étoile
retrouve déjà 
un chemin


les étoiles sont des montagnes vues de très loin 
les montagnes sont des étoiles
posées sur la terre



rallumer les étoiles
c'est recommencer à habiter l'infini
sans quitter le présent




























jeudi, avril 16, 2026



tout se fit ombre et aquarium ardent 
la lumière nageait dans la profondeur des formes 



chaque reflet devenait passage 
chaque vibration 
ouvrait un espace sans contours 
où le regard se perd et se retrouve 
dans la même transparence 

le feu devenait eau 
l'eau devenait souffle 
et le souffle 

se reconnaissait dans la lente dérive 
des mondes intérieurs 


















aucune frontière ne tenait dans cette clarté obscure 
où tout se transforme sans quitter sa source 

les corps flottaient comme des pensées calmes 
dans un vaste cristal vivant 

la nuit elle même brillait de l'intérieur 
comme une mémoire sans origine 

tout se fit ombre et aquarium ardent 



dans cet embrasement liquide 
toute chose cessait dêtre autre 
et se révélait comme une seule et même onde 
sans centre 
sans limite 

sans nom qui se déploie en silence 
dans la musique du réel



























la Sorcière veille 
la braise sait  ce que le feu ne dit pas



l’univers observable
est limité par la vitesse de la lumière

 

nous ne percevons que ce que le temps a permis 
d’atteindre jusqu’à nous

 



les galaxies se répartissent en filaments et en amas 
structurant la matière à grande échelle 
dans un réseau cosmique












 

 





le fond diffus cosmologique 
constitue une trace du passé thermique 
il correspond à l’époque où l’univers est devenu transparent

 



l’expansion de l’univers est décrite par la loi de Hubble 
les galaxies s’éloignent les unes des autres 
proportionnellement à leur distance


 

 

la matière baryonique 
ne représente qu’une faible fraction du contenu total 
la majeure partie reste attribuée à des composantes 
non directement observables 


 

les baryons sont des particules formées de trois quark 
comme les protons et les neutrons 

 

ils composent les atomes et les molécules et toutes les structures visibles 
dans l'univers observable étoiles galaxies amas de galaxies etc



le terme de  matière non baryonique  est fréquemment utilisé pour décrire toute forme de matière exotique autre que baryons leptons et photons  Il est plausible que des formes de matière non baryoniques existent dans l'Univers Plusieurs modèles proposent ainsi que la matière noire intervenant dans la structure et la dynamique des galaxies et des amas de galaxies  sans toutefois émettre de rayonnement, soit composée de matière non baryonique


 

 

les trous noirs résultent 
de l’effondrement gravitationnel extrême 
leur horizon des événements 
marque une limite causale irréversible

 



les étoiles se forment 
dans des nuages moléculaires froids et denses 
la gravité y surmonte les pressions internes pour initier 
la fusion nucléaire

 


 

les éléments lourds 
sont produits au cœur des étoiles et lors des supernovas 
ils sont ensuite dispersés dans le milieu 
interstellaire

 



l’énergie noire est invoquée 
pour expliquer l’accélération de l’expansion cosmique 
sa nature reste inconnue 
malgré les observations concordantes

 



l’observateur humain occupe 
une position locale dans cet ensemble 
ses instruments étendent sa perception mais restent soumis 
aux limites physiques






la Sorcière qui allume sa braise 
dans le pot de terre ne voudra jamais nous raconter 
ce qu'elle sait et que nous ignorons





son savoir ne se dit pas
il se garde dans la cendre tiède
et dans les gestes lents de la nuit
elle remue le feu comme on remue le monde
sans bruit
sans preuve
et nous passons
chargés de questions
devant la flamme qui répond sans parler







la braise 

sait
sans parole


le feu 

garde le secret
de la nuit



le pot de terre

une lueur veille
et se tait

 

 



 











mercredi, janvier 28, 2026

une méditation 
sur la permanence au cœur de la fuite du temps 



l'eau du pont s'écoule

les soleils tombent et renaissent

le témoin reste immobile


les jours s'en vont je demeure 

ce vers d'Apollinaire capture le paradoxe de la conscience : alors que tout ce qui nous entoure — nos cellules nos amours nos décors — est emporté par le flux du devenir il existe en nous un point fixe un  Je  qui observe la dérive sans être lui-même dissous 


demeurer 
n'est pas stagner 
c'est être le rocher qui donne 
son sens au mouvement de la rivière



















une envolée 
vers la Voie lactée 
cette traînée de lumière et de mystère 



poussière de nacre

le fleuve blanc fend l'ébène

nous voguons dans l'immense


Voie lactée ô soeur lumineuse

en l'appelant  sœur  on ramène l'infini à l'intime Elle est cette colonne vertébrale du ciel qui nous rappelle notre origine stellaire : nous ne sommes pas seulement des spectateurs de l'univers mais ses propres fragments qui ont appris à regarder leur source



elle est 
le chemin 
qui ne mène 
nulle part sinon 
à la contemplation 
de notre propre démesure






















mardi, décembre 30, 2025

 notes préparatoires brèves sur 

la constante de structure 

fine 

α


α ≈ 1/137 

un nombre sans dimension 

énigme pure

elle mesure la force du lien 

entre lumière et matière

ni masse ni longueur ni temps : 

rapport nu










α 

gouverne l’intensité de l’interaction électromagnétique

elle règle la finesse des spectres atomiques


trop grande 

les atomes s’effondrent

trop petite  

la chimie se dissout







α 

comme seuil de stabilité du monde visible

le nombre apparaît mais ne s’explique pas


question ouverte 

pourquoi cette valeur précise 

dirac soupçonne une variation cosmique

constante ou mémoire figée de l’univers jeune 

elle inscrit l’électron dans une danse mesurée


α 

lie charge vitesse de la lumière et quantification

nombre pur presque pythagoricien


elle fait tenir ensemble étoiles et molécules

frontière entre abstraction mathématique et réalité


α 

comme signature secrète du cosmos

une loi écrite sans langage

le monde tient peut-être à ce mince équilibre



















 α

≈

1 / 137

La constante de structure fine 

Le Nombre d'Or de l'Univers



elle est le chiffre pur sans unité ni maître

un rapport de forces gravé 

dans le cristal 

du ciel













α alpha est le sceau qui permet à l'être 

de ne pas s'effondrer en 

un chaos irréel


si ce nombre changeait d'un souffle d'un atome 

les étoiles s'éteindraient

le carbone fuirait

 

nous ne serions que l'ombre d'un lointain fantôme 

dans un cosmos muet qui jamais 

ne naîtrait


elle unit la lumière l'électron et le vide

dans une trame infime 

où tout se tient lié


c'est la mesure exacte le fil de fer lucide

qui fait que le réel n'est pas 

un texte oublié















mardi, décembre 16, 2025










Le cosmos 

n’est pas un théâtre où nous serions spectateurs 

mais un mouvement 

















dans lequel nous sommes pris 

la lumière voyage 

le temps se dilate 

l’espace se courbe et nous avec lui 

chaque horizon recule à mesure qu’on l’approche 

comme la tortue de Zénon 

comme le sens projeté dans l’avenir 

et les trous noirs marquent les lieux 

où la géométrie elle-même renonce 

où le temps cesse d’être une route 

et devient un puits 

et comprendre cosmologiquement 

ce n’est pas atteindre un point final 

mais reconnaître que l’univers est relation 

expansion tension rythme 

et que nous sommes 

une modulation locale de ce flux 

ni au centre ni à la périphérie 

mais dans le passage même 

là où le monde advient en se déployant 

et où exister revient à suivre 

le mouvement sans prétendre le clore


























lundi, décembre 15, 2025

écoute 
le souffle de l’univers 
écoute le vide qui respire 

























et TON 618 qui est abîme 
et lumière en même temps  une étoile qui n’existe pas 
et pourtant brille plus fort que mille soleils 
et Janus qui regarde de deux yeux l’invisible 
et le visible 

et qui trace dans l’espace  
des lignes de gravité que nous ne voyons pas 

et le yin 
et le yang qui se mêlent dans chaque mouvement 
et chaque silence 
et chaque trou noir devient une respiration 
et chaque galaxie un vers 
et chaque point de masse négative un murmure 
et la matière noire est la ponctuation qu’on devine 
et non ce qu’on touche 
et le temps lui-même se courbe autour de ce double univers 

et nos yeux 
sont comme des fenêtres 
sur une pièce que nous n’habitons pas  mais dont 
nous sentons la chaleur 

et le froid 
et l’attraction 
et la répulsion 
et tout est flux 
et tout est poésie 
et TON 618 attire 
et repousse 
et le souffle de Janus nous emporte 
et nous ne savons plus où finit le visible 
et où commence l’invisible 
et le vide n’est pas absence il est parole qui fait vibrer l’espace 
et chaque instant est un mot qui se tord 
et se replie 
et s’étire jusqu’à devenir lumière 
et silence 

et nous 
flottant dans ce flux 
nous sentons que le cosmos écrit un poème 
sans fin 

et que nous faisons partie de ses lignes invisibles 
et que comprendre c’est écouter le rythme sans nom 
et que le mystère n’est pas à résoudre mais à habiter 
et le flux continue 
et continue 

et chaque abîme chaque étoile  chaque souffle 
cosmique est une note 
dans la symphonie 
infinie 

et nous sommes à la fois lecteurs 
et vers nous-mêmes 
et TON 618 est un point noir 
et Janus un stylet double 
et le yin-yang la respiration du poème 

et l’univers lui-même se penche 
sur nous pour nous murmurer que tout ce qui existe 
n’est que la moitié de ce qui domine 

et le reste est vide 
et silence 
et éternel flux 
et nous glissons avec lui à travers l’invisible 
et le visible 
et rien ne cesse jamais de danser






















dimanche, décembre 14, 2025



TON 618 


n’est pas un objet 

c’est une absence qui a appris à briller



au bord du temps observable là où la lumière arrive essoufflée 

après dix milliards d’années de chute 

il existe un gouffre si massif 

que même les nombres y perdent leur voix


TON 618 



















un nom humain posé sur un vertige

un trou noir si vaste qu’il ne dévore pas seulement la matière 

mais aussi nos intuitions sur 

l’échelle la durée le sens


autour de lui

la réalité s’enroule comme un fleuve de feu



le gaz  

la poussière 

les étoiles défaites y tourbillonnent

chauffées jusqu’à devenir mémoire 

incandescente


avant de disparaître

la matière crie en lumière



c’est cela le quasar 

l’agonie lumineuse de l’univers 

un chant de mort si puissant qu’il traverse les âges 

pour atteindre nos yeux fragiles




TON 618 

ne se déplace pas 

c’est le cosmos qui glisse vers lui


son horizon n’est pas une frontière mais 

une question sans réponse



là

le temps ralentit 

s’étire puis abdique


ce qui franchit ce seuil ne meurt pas 

cela cesse simplement 

d’avoir un récit


il est plus massif que des milliards de soleils

et pourtant 

il est vide

 

Vide 

comme une idée ultime 

Vide 

comme le silence après la dernière pensée



dans son cœur

aucune explosion

aucun enfer flamboyant 

seulement une densité absolue

une gravité si pure qu’elle courbe l’être lui-même




TON 618 

est peut-être 

une métaphore cosmique 

la preuve que l’univers

malgré toute sa lumière est façonné par des abîmes 

que ce qui domine n’est pas ce qui existe

mais ce qui attire 




le centre n’est pas toujours 

un lieu

mais
 
une perte




et nous

poussières conscientes

regardons ce monstre lointain et l’appelons par un nom

comme pour nous rassurer

mais 


TON 618 


n’a que faire de nos mots 

il attend

il attend depuis toujours
































Ne désespérez jamais. Faites infuser davantage.
Henri Michaux , Face aux verrous.

Du "Dao" originel
du commencement du réel
des signes célestes
des formes terrestres
des règles saisonnières
de l'examen des choses obscures
des esprits essentiels
de la chaîne originelle
de l'art du maître
des évaluations fallacieuses
de l'équivalence des moeurs
des résonances du "Dao"
de l'inconstance des choses
des paroles probantes
de l'utilisation des armes
montagne de propos
forêt de propos
du monde des hommes
du devoir de se cultiver
de la synthèse ultime


"ô le plus violent paradis"

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A1 A10 A2 A3 A4 A5 A6 A7 A8 A9 AB ABDL Abécédaire Abîme Aboulafia Abréviations Abrüpt Abruzzo absolu ACC Acker acronyme Actis Actualités ADBP Adorno ADR Adrénaline ADUMC Advaita AELT Agamben Agenda AgnèsMartin Agrafe et boite Ainsité Aïon AIR Air du temps akasha Akhmatova AL Alain de Lille Alan Davies Albiach Alchimie Alechinsky Aleph ALF Alferi alien Alina Reyes ALTH AM Amande Ammons Amor fati Anagrammes Analogie Anaphore Anaximandre Anders André Breton André du Bouchet André Velter Andy Goldsworthy animal animation Annick Ranvier Annonciations Anthologie ANTI Antin David AP Apatheia Aphaïa aphorismes Apollonios aporie Appelfeld Approche APUMM APZ APZT Arago Aram Saroyan Arbres Archéopoésie ArgentOr Aristote Arp Arseguel Art sacré ARTHAUD AS ASDMI ASF Ashbery ASLEND Assez Astrologie Asymptote Atlantide attente Aurélien Barrau Aurore Automne Auxméry AVB Avec Avent AW axiologie Axiomes Azam B B.Celerier Babel BABIL Bach Bachmann Baies Baigaitu BAM Banal Bandeaux Barque Barré Barry Lopez Barthes Bashô Basque Basquin Bataille Battala BAZAR BDLE BDLF Beaufortain Beckett Beckford Benedetto Bénézet Benoît Labre Benveniste Bergounioux Bergson Bernstein bête Bhattacharya bibliographie Bibliothèques bientôt Bimot Binet bio biographie BioMobiles Biopsies Bishop BISSES1 Bivouac Blackburn Blaine Blanc Blanchot Blanqui Blaser Blau Duplessis Bleu Bloy Bobin Bochner Bohm boisflotté Bök Bonheur bord de terre Borges Bouddha Bouthonnier Bouvier Bozier Brautigan Bretagne Bribes Briciole bricoleur Brisset Bronk Broodthaers Bruckner Bryen BSRM Butor Byron C C.C C.D.A C.E.T C.F. 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E.O E.P. EA EAIO EB écart énigme Echenoz échos Echos L.A. Eckhart Tolle éclipse Eco Ecosse écoute écritures ED Eddas EDG EDJ EDLCDS EDLF Edmond Jabès EDO EIJS elle ELLEDIT ELLELL Elles Ellul EM Emerson Empédocle EN ENCORE encres et musique Encres et peintures Ennéade ennui EnSof Entre entrelacs environnement Eons EPE épiphanies épistémologie EPLA époché Eranos ère ERRER Escher ESE Eshleman Esnault ESPA Espace Espitallier essais EST ét été Etel Adnan ETLPDMP Etna étoile Etymologie Eucharistie Euler évangile éveil Eventail Exergue F F.A. F.EAA F.O F.Pirates FAA Fable Fadeur faits FAJ Fantasy Faune Fayçal fenêtre Fengliu feu Fiction Films FiniSol Finkielkraut FIVE FL Flore fmr FNAR Foligno Forest Formalisme Foucault Fourcade Fourier FP FQPCC Fractales fragm Fragme Fragments France François Cheng Frappat Frémon Fréquences Froid Fugue Fuji Futur G.C.L. G.Luca G.R.I Gary Snyder Gaza GB GDD GDLMC GDT GEGO Gelassenheit généalogie genese Genet Genji Géologie géométrie géophanie Géopoésie Germaneta Gervais Geulincx GIA Gif Giffard Giovannoni Girard Giraud Giroux Gîta Gizzi Gleize Glossaire GMH Gnoséologie Gobenceaux Godard Gödel Godwin Goethe Gombrowicz Gongora Goodman Nelson GOPC GPDB GR54 GR70 GR91 Graal Grâces Graeber Gramm gris Grothendieck Guerre Guesdon Guy Debord Guyau Guyotat GVDT GWFH Gygès H H.Corbin H.D. H.P Habitus Hadot Haenel haïku Hamant Hamish Fulton Hamon Harms Harrari Hart Crane Hausmann Havet HDT HE Heaney Hécate Hegel Heidegger Hello Henri Michaux Henri Thomas Herbes Herta Müller Hésiode Hesse Heures hexagrammes HFSR HHPC Hikmet Hillesum Hiroshi Yoshida Histoire HM HN HO Hocquard Hofmannsthal Hohl Hölderlin Hominidés homonymies Horace Houellebecq HR. HRC HS HSCDLAE HTH Hubin Hugo Ball Huguenin Hume HV Hymnes orphiques Hypérion hypertexte Hypnos i I remember I.P-B. IA ici idéogrammatique IDLR idole IFE Igitur il Illuminations illuminer illuminisme ILVLA ilya immédiat immédiatement Impensable impératif imperceptible Impresses incertitude Index individu Infini Infinitif initiales inquiétude Insectes installation instant Internet Interrompre invisible Irwin Ishihara Isidore Isis isolato Issa italiques Ivsic J-P Michel J.J.F.W. J.J.U. J.L.P Jaccottet jaime Jakobson Jankélévitch JANUS Jardin Jaspers JAZ JBE JCERDM JDLF JDS JE JE & Jean jean Daive Jean Michel Lou JELRLT Jesuis Jésus jeu JHN Jirgl Joan Mitchell John Cage Jouffroy jour jour17 Journal Jours jours17 Jousse JR Juarroz Jullien JYL K.G K.K Kabîr Kafka Kairos Kaplan Kapoor Kastrup Kathleen Raine Katué Kawara Kay Ryan KDCN KDICK Keats Kenneth White Kerouac Khazar Khlebnikov khôra Kiarostami Kingsley Kircher KK KLTDD koan Koons Koshkonong Kosuth KOUA Kral Kuhn Kundera Kunitz Kybalion Kyoto L.A.S L.D. L.R.des Forêts L.S L'EI là La Croix La parole de l'autre La vie de la montagne labyrinthe lac Lacs LADR lafabrique Laforgue Lagopède LALELES Lamantin LAME Lapiaz Laporte Roger Larry Eigner latin Laugier Laurent Margantin LBA LCC LCD LCDE LCDI LCDJ LCDP LCI LCR LCS LD LDB LDF LDLH LDM LDMC LDMH LDR LDS LDV Le Clézio Le Livre Le poème LEC LECDF LECLA Lectures LEDA LEDUI LEE Lee Ufan LEF légende légumes Leibniz Leibovici Leili Anvar Lely lensball lepoète Les eaux Les empereurs Les fils Les oiseaux lesoi Lespiau Lessing Lettres Lev Rubinstein Lex1 lex2 lex3 lex5 lex7 lex8 Lexie Lexique LFDH LFDLP LFDP LFDRT LFMR LFQ LGD LGDE LGDFASP LGDLM LGDP LGPDB LGS LGTDLP LGVDLH LHDD LHS LIDT lieux Lieux-source lièvre Ligne7 lignes Lionel André éclats Lionel André éditions Lionel André encres Lionel André photographies Lionel André randonnées LIQV Lisa Cairns list listes littéralité livrelit LJDP LLDLI LLDME LLDO LLDP LLDQ LLL LMDDDLH LMDF LMDLE LMDM LMV LO LOAN LODL LOGOS lois London Lorand Gaspar Lorenzo Menoud Louise Bourgeois Louise Glück LPC LPDLE LPDP LPDS LPI LPM LQDLE LRDD LRDP LRDR LRDT LRED LSDA LSDS LSDV LSMT LSNDLR LTDS LTO LTR LUELADC Lune Lupasco Lus & Mus Lux LV; LVB.TDSDC LVDDP LVDT LVESO LVLTDLO LVMDE Lyn Hejinian Lynn Schwartz M M.Caron M.Craig-Martin M.S.M M.Trinité Ma Macedonio Fernandez Machado Maestri Maggiore Maïakovski Mains maintenant Mais Mallarmé Malrieux Mandalas Mandelstam MANEKINEKO Manganelli Manifeste Manon mantra Manuel Joseph manuscrit Manzoni Map Marchand Marcheurs Marelle Marie Martin Ziegler Marx Masao Yamamoto masque Massera Matinaux Matsui Matta-Clarck Matton Mauguin Mavis Karn maximes MBK MBO MC McCord MCH McLuhan MDA MDC MDLADLE MDLF MDOU MEC Mécanisme Méditations Meillassoux Mélusine mémoire Memories Menus Meraviglia Merci Mercredi Mercure Merton Thomas messages Mesure Métamorphoses Métaphysique Métis Metro MFRC MG Michon micro microcosme mieux Millet Milton Mina Loy Misrahi Miura ori MJNYCR MK monade Mondo Monostiques Monosyllabes Montagnes et Glaciers Montagnes poèmes Montaigne Montale Monteiro Moore Morris mot mots Moving mp3 MPUSPM MSerres MTAS Mû murmure Murphy Murs et Fenêtres Muscle Musil musiq Musique MWLG Mystères MZD N N.M Nabokov Nadja Nagarjuna Nagori Nancy Napoli Narnia Nassim Haramein Nathaniel Tarn Nature Nauman NDBDP NDDP NDLT Néant Négation Neiges Neil Mills Némésis Nerval neuf Neutre Nice Niedecker Nietzsche Nihilisme Nirupana NLJNLH NOBUO noeuds Noguez Noir nOmbres Nonnos Norge NOTEPAD Notes-Book Notes-Rapides Notifications NOUS noûs Nouveautés Novae Novalis Novarina NP NPhS NRSNPEM Nuages Nuits O.Pé Oberland objets Objets d'Amérique Oblomov Ockham Octaèdre ODIN ODSI œil OELDT Ogadine Olivier Cadiot OLR OM ON ondes Onfray onthologie Opalka Oph. 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SDM Sel selon SELP Seneca Sénèque Sengaï SGM Shakespeare Shepherd Shitao Shiva Shônagon SI Sicard signal Signes Signets Sikelianos silenc SILENCE Silesius Silliman Simmel Simon Cutts Sinclair singularité Situation Sivan six SJDC Skalova Ski SLFDM société soleil solénoïde Solutré Sommeil Sonnets Sons Sor Juana Sôseki Soto Soufi Soufre Soulages Souligne Sous le Pas SP SPHS SPiced Spicer Spinoza Spira spirale sport SPRCGB SPSLSA Squires SSM Stéfan Stein Steiner steppe Stromboli Structure Suarès SUBHDLH Suchère Suel suite Sun Tzu sur Suso sutras Swensen Sydney Banks Synchronicité synonymes Synopsis T T.A T.C T.R T.S.Eliot Tabarini Takis Tanizaki tantôt TAOPY Tardy Tarkos TC Tchékhov TDQ TDUESDS TEL Temps Temps probable TeneT Tétralemme TEXTES Thalès Thaumazein Thé Théorie Tholomé Thoreau timbres TINTIN Tissu Titres TLP TN TNS Tocqueville Todtnauberg tomates TOPOS Torque Toscane Toujours TouT TP TP.BN Traces Tractatus Traduire Trail Trains Transe translucide TRICTRAC Triste époque Tsvetaeva TT TU Tumulte Tunnel Tweets Twillight Typoésie Tzara u.p.d.d.v UCCDC UCDD UDP UEAN UEAR UJAAB UJAJS Ukraine ULDL ULDLLA Ulysse UMO UMP UN UNM unmot UPDS UPSA usura UVD V V.E V.I. 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