dolomie
la cryoclastie
l’eau entre dans la pierre
la nuit vient
le gel pousse
sans bruit
une fissure s’élargit
un fragment tombe
rien n’a bougé
pourtant la montagne
a changé de place
le froid travaille
dans ce qui paraît immobile
Lionel André / promenades / randonnées / arts / littératures / air du temps
dolomie
la cryoclastie
l’eau entre dans la pierre
la nuit vient
le gel pousse
sans bruit
une fissure s’élargit
un fragment tombe
rien n’a bougé
pourtant la montagne
a changé de place
le froid travaille
dans ce qui paraît immobile
l’Archéen
ou
le premier souffle de la Terre
l’ammoniaque
le CO₂
une atmosphère étouffante
une étreinte brûlante
Eiger Trail
Grimdelwald
août 2025
sa structure géologique est constituée principalement de roches sédimentaires et métamorphiques
la face nord particulièrement abrupte est formée de gneiss et de calcaire dolomitique témoignant de processus de plissement et de métamorphisme liés à la formation alpine
des fractures et failles sont présentes créées par les mouvements tectoniques et l’érosion glaciaire
les glaciers et névés situés sur ses pentes ont contribué à sculpter les parois provoquant l’érosion mécanique et la formation de moraines en contrebas
L’ensemble du massif est caractérisé par des arêtes affûtées et des couloirs rocheux résultat de l’action combinée de la gravité des températures extrêmes et des cycles de gel et dégel
L’Eiger constitue ainsi un exemple typique de relief alpin jeune en termes géologiques présentant des indices clairs de plissement de fracturation et d’érosion glaciaire continue
I
géologie du souffle
le sol travaille encore sous la peau du vent
il garde mémoire des anciennes pressions minérales
aucune faille ne s’ouvre
sans dire
quelque chose
dans la poussière lente s’organise
un code
donné non au regard mais à l’écoute
des roches
leurs vibrations calculent le passage du feu
chaque grain devient témoin d’une syntaxe enfouie
la pensée se sédimente
parfois
un mot fissure la surface
comme
une veine de quartz traverse le corps d’argile
ce n’est pas révélation
seulement affleurement
aucun centre ne tient
tout respire par diffusion
les frontières sont des illusions d’équilibre
la lumière s’infiltre dans les fractures
le souffle recommence sa lente géologie
II
sol qui murmure sous l’angle
du vent
pression ancienne
code
de poussière
rien ne s’ouvre sans
fracture
les roches pensent bas dans leur
densité muette
granule après granule
syntaxe d’argile
le feu se souvient
calcule
l’oubli
langue couchée dans
la durée
non dire seulement
dépôt
un mot fissure
la couche
lumière veineuse dans
aucun centre
diffusion
pure
frontière dissoute
souffle réparti
écoute le battement du
minéral
c’est la parole avant
le mot
le réel qui respire en dessous
III
roche qui se souvient
langue minérale du temps
le feu dort dans la poussière
un mot se forme sous la pression
le monde respire lentement
par les failles de sa propre chair