il portera la terre encore sans visage
que toute origine
l’Archéen
ou
le premier souffle de la Terre
une boule de magma un cri silencieux dans le vide
Théia la frappe
l’océan bouillonne lourd de vapeur et de poison
pas un souffle d’oxygène
seulement le méthane
l’ammoniaque
le CO₂
une atmosphère étouffante
une étreinte brûlante
puis le calme
les premiers zircons
des îles de pierre émergent timides
Pilbara
les cratons
la Terre respire enfin
chaude acide salée
un berceau hostile
et pourtant…
dans l’ombre des sources hydrothermales
la vie s’essaye
des bulles de carbone
les stromatolithes
3,7 milliards d’années
pas encore de poumons pour respirer
seulement des cellules avides
qui dévorent le soufre l’hydrogène
et rêvent déjà de lumière
un murmure d’abord
un poison pour les anciens
une révolution pour les nouveaux
la Terre se réveille
l’archéen s’efface
le monde bascule
poussière d’étoiles enfants du feu et de l’eau
l’archéen n’est pas mort
il dort en nous
avant le nom
l’archéen
une chaleur
qui cherche
une forme
qui hésite
rien ne parle
mais tout insiste
une trace
puis une autre
comme si être
commençait
sans le savoir
et continue
encore
ici
