le cercle épuise l'image
à force de revenir
il ne reste
que le retour
l'image se retire
le cercle demeure
puis le cercle
s'efface à son tour
ont poussé la porte du monde
je croyais marcher seul mais quelque chose
depuis toujours marchait
Lionel André / promenades / randonnées / arts / littératures / air du temps
le cercle épuise l'image
à force de revenir
il ne reste
que le retour
l'image se retire
le cercle demeure
puis le cercle
s'efface à son tour
les blancs ne sont pas des silences ajoutés au poème
mais des lieux actifs
le sujet disparaît la syntaxe se brise
les fragments noirs semblent
revenir du blanc
la page
encore blanche
j'ai couru j'ai roulé
un signe noir
qui commence
puis manquele mot ne finit pas
il laisse
son absenceet dans cette absence
quelque chose
veille
j’écris
non
écritle corps absent
dans la phrase
la phrasequi continue sans lui
main
encre
déplacementplus personne pour dire
mais le dire
demeure
ce qui devait être dit
trouce qui devait suivre
blancentre deux mots
un espace assez grand
pour que le monde
disparaissepuis revienne
par un seul signe
le monde calme apparaît
noir sur blanc
noir
sur
blanc
la ligne se défait
un fragment touche l’autre
sans phrase
sans liaison
sans sujetla langue ne tombe pas
elle change de gravité
toujours sous la poussée du ciel
la phrase s’arrête
mais rien
ne finitdernier mot
presque mot
reste
au bord de
l’inexprimé
et ce bord
devient commencement
le vent a dressé l'échelle
mourir dans la phrase
un peu
seulement
assez pour que le mot
ne soit plus celui
qu’il était
le blanc reprend
une syllabe
un souffle
une présence
sans nom
s'agréger en une saisissante parole muette
il n’y a plus de sujet
il n’y a plus
de moiseulement cette encre
qui avance par fragments
et ces blancs
qui l’accueillent
la page n’est plus vide
elle respire
dans les endroits
où le langage
manque
dans l'immense maçonnerie blanche