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vendredi, octobre 02, 2026

langage en mouvement

le mot ne demeure pas




il passe
d’une bouche à l’autre
d’une langue à l’autre
d’un sens à l’autre



chaque phrase déplace ce qu’elle nomme














le langage avance
par glissements
bifurcations
écarts


il ne transporte pas
un sens intact

il le transforme
en chemin



et parfois
dans le mouvement du mot
quelque chose apparaît

que personne
n’avait voulu dire




éléments migratoires

le langage

arrive par vagues


un mot

déplace un autre


Voyelles

consonnes

fragments

débris

passent


rien ne demeure à sa place


la phrase

se forme

dans le déplacement


elle porte

des sédiments

d'autres langues



une vague

en recouvre une autre


puis se retire




ce qui reste n'est pas la langue

mais le mouvement

de ses éléments









murmuration

des centaines d’ailes


aucun chef

aucun centre


un mouvement

se transmet

d’un corps

à l’autre


la forme apparaît

puis disparaît

sans jamais

devenir fixe


chaque oiseau

ne sait rien

du dessin

et pourtant

le dessin existe



le monde

est cela

une intelligence

sans sujet

une pensée

sans penseur


un tout qui advient dans le mouvement de chacun












samedi, août 29, 2026

Le présent antérieur 
ne peut être représenté dans le présent sans que le présent lui-même soit représenté dans cette représentation. L'essence de la représentation n'est pas seulement de représenter quelque chose, mais de représenter sa propre représentativité. Le présent et le présent antérieur ne sont donc pas comme deux instants successifs sur la ligne du temps ; le présent contient nécessairement une dimension supplémentaire dans laquelle il représente le passé et se représente lui-même. Le présent n'est pas considéré comme l'objet futur d'un souvenir, mais comme ce qui se reflète en même temps qu'il forme le souvenir du présent antérieur. La synthèse active présente donc deux aspects corrélatifs, quoique non symétriques : reproduction et réflexion, souvenir et reconnaissance, mémoire et compréhension. On a souvent souligné que la réflexion implique plus que la reproduction : ce plus n'est autre que cette dimension supplémentaire dans laquelle chaque présent se reflète comme présent tout en représentant le passé. 





Mark Rothko, Yellow Band, 1956



« Tout état de conscience requiert une dimension supplémentaire à celle dont il implique le souvenir. » En conséquence, la synthèse active de la mémoire peut être considérée comme le principe de la représentation sous ce double aspect : reproduction du présent antérieur et réflexion du présent actuel.

Gilles Deleuze  Différence et Répétition







Le langage est donc toujours « legein ti kata tinos », c’est-à-dire dire quelque chose sur quelque chose ; il est par conséquent toujours un langage présuppositionnel et objectivant. La présupposition est la forme de la signification linguistique : « speaking kat’ hypokeimenou » , c’est-à-dire parler d’un sujet. L’avertissement que Platon adresse à l’Idée est donc que la dicibilité elle-même demeure indicible dans ce qui est dit et dans ce dont on parle, que la connaissance elle-même se perd dans ce qui est connu et dans ce dont on connaît .

Le problème spécifique soulevé dans la lettre, et qui est nécessairement celui de tout discours humain qui cherche à sujetter ce qui n'est pas sujet, est donc le suivant : comment est-il possible de parler sans supposer, sans hypothésier et subjectiviser ce dont on parle ? Comment est-il ainsi possible de parler non par présupposition, mais absolument ? Et puisque le champ des noms est… ce qui est essentiellement dit , le langage peut-il donner des raisons à ce qu'il nomme , peut-il dire ce que le nom a nommé ?

Giorgio Agamben , Potentialités : Recueil d'essais philosophiques




















lundi, août 24, 2026

une autre syntaxe serait moins une syntaxe du sens 
qu’une syntaxe du mouvement 

elle ne relie plus les choses par la grammaire ordinaire
mais par voisinage tension souffle reprise



il existe une autre syntaxe

sans sujet

sans objet

sans commencement















pierre

vent

corps

lumière


la phrase ne conduit plus

elle circule


un mot

touche

un autre mot

et déjà

quelque chose

se déplace


pas de liaison

mais des passages


pas d'explication

mais des intensités


la pierre

dans le vent

le vent

dans le corps

le corps

dans la marche

la marche

dans la pensée

la pensée

dans le silence

et le silence

dans tout


une autre syntaxe où le monde ne se raconte pas

mais se compose


où le verbe

n'est plus

faire

mais devenir


où être

ne signifie plus

demeurer

mais

passer


une syntaxe

sans clôture


une phrase 

qui respire et recommence avant même d'avoir 

fini



la lumière descend et se heurte à l'énigme toujours présente











le mot aime ôter      le mot est instable

cette formule touche à quelque chose de très profond 
dans la nature du langage  

un mot ne se contente pas de désigner 
il découpe le réel  et toute découpe est une soustraction


le mot aime ôter

nommer c'est sélectionner

dire  arbre  c'est déjà soustraire l'arbre singulier 
à son infinie richesse 

son odeur son âge la température de son écorce 
la lumière qui le traverse le bruit 
de ses feuilles sa place 
exacte dans 
la forêt

le mot simplifie pour rendre communicable
il gagne en netteté ce qu'il perd en totalité

























nommer c'est perdre quelque chose pour pouvoir 
montrer quelque chose

le mot  arbre  ôte l'arbre réel mais cette soustraction rend 
possible son apparition dans la pensée

il y a donc 
une étrange dialectique 

le mot retire le monde
et en le retirant le fait apparaître autrement

le mot est instable
parce qu'un mot n'a jamais un sens absolument fixe

il change avec 
celui qui le prononce
celui qui l'entend

la phrase où il apparaît
le rythme
le silence qui l'entoure
l'époque
l'expérience




le mot  amour  n'est pas le même dans une lettre
un traité de philosophie un poème ou 
une conversation intime

le mot est donc une sorte de particule sémantique 
il possède des états différents selon le champ 
de relations dans lequel il entre



se tromper sur le tempo d'une phrase 
c'est se tromper 
sur son 
sens


le mot n'est pas une chose immobile
il est événement



oter et instabilité

les deux propositions sont en réalité liées
le mot est instable parce qu'il ôte

à chaque fois qu'il nomme
il crée un manque

il ne peut jamais 
tout dire 

il laisse 
quelque chose hors de lui

mais ce reste absent revient 
hanter le mot



c'est peut-être pourquoi un grand poème paraît souvent 
plus riche qu'une définition

il permet au mot de conserver une partie 
de ce qu'il n'a pas réussi à dire

le mot ne ferme donc pas nécessairement le sens
il peut l'ouvrir


une petite phénoménologie 
du mot

on pourrait alors suivre quatre 
mouvements 

le mot montre
le mot cache
le mot retire
le mot rappelle ce qu'il a retiré

le langage devient ainsi une économie 
de présence et d'absence



chaque mot est une petite porte 

il ouvre quelque chose
et ferme autre chose

c'est pourquoi la poésie cherche souvent à rendre 
le mot instable 

déplacement syntaxique répétition silence rupture
voisinage inattendu

elle empêche le mot de se figer dans 
son sens lexical

elle le remet en mouvement






et 
peut-être 
la formule peut-elle 
finalement se condenser ainsi 


le mot aime ôter
parce qu'il ne peut montrer qu'en retirant

le mot est instable
parce que ce qu'il retire
continue de vibrer autour de lui

ou plus radicalement 

un mot n'est jamais seulement ce qu'il dit 
il est aussi ce qu'il a dû taire 
pour pouvoir 
le dire





***



une lecture est particulièrement féconde si on prend le langage des oiseaux  au sens de jeu phonétique et de décomposition des mots où l'on écoute le mot avant de chercher à le définir



dans :

M     aime 

O T  ôter

le mot aime ôter

il y a une véritable petite mécanique sonore

M aime O T peut être entendu comme 

M aime O T → M aime ôté → même aimé 

le mot se décompose et se recompose à l'oreille

les lettres deviennent des sons 

les sons deviennent des mots,

et le sens apparaît par glissement


surtout

aime  et  ôter 

se rencontrent dans une étrange opposition 


aimer =    rapprocher accueillir garder

ôter    =    retirer séparer soustraire

Et pourtant ton jeu dit :

M aime O T  M aime ôter

autrement dit

le  aime  contient déjà le geste d'ôter

on pourrait pousser le jeu 

M aime O T


→ M aime ôter
→ le mot aime ôter
→ le mot aime retirer
→ le mot aime soustraire


le langage devient alors une opération presque alchimique  

il retire des lettres au mot pour en faire 

apparaître un autre


et c'est précisément là que le  langage des oiseaux  devient intéressant philosophiquement  il ne cherche pas nécessairement une signification cachée derrière le mot  il écoute les possibilités contenues dans sa matière sonore

le mot devient instable.

il peut être :

lu
entendu
découpé
réassemblé
déplacé


ainsi dans la formule  

ôter 

ne signifie plus seulement enlever

quelque chose 

au réel


le mot lui-même s'ôte une partie de lui-même 

pour faire apparaître 

autre chose



on pourrait presque écrire 

M aime O T

M aime ôter

le mot s'ôte

et 

dans ce qu'il retire un autre mot apparaît

 

c'est une très belle définition du langage poétique 

le mot devient créateur 

lorsqu'il accepte de perdre sa stabilité



et peut-être que  

le mot aime ôter  

signifie finalement 



le langage 

ne cesse de se soustraire à lui-même 

pour produire du sens


le sens n'est donc pas toujours 

ce qui est ajouté 

au mot


il peut être 

ce qui apparaît lorsque quelque chose

en est retiré






















samedi, août 22, 2026

cette phrase peut se comprendre comme une thèse poétique 
sur le rapport entre rythme et signification


se tromper sur le tempo d'une phrase
c'est se tromper sur son sens



le sens n'est pas seulement contenu 
dans les mots

il naît aussi de leur vitesse de leurs pauses
de leurs accélérations de leurs reprises

de ce qui est retenu ou 
précipité















une phrase lue trop vite peut devenir affirmative 
alors qu'elle était hésitante

une phrase lue trop lentement peut devenir méditative 
alors qu'elle était tranchante

une pause déplacée peut transformer 
une relation entre deux mots

une accélération peut faire disparaître 
une nuance

le tempo est donc 
une grammaire invisible


on pourrait même dire 


le sens n'habite pas seulement ce que la phrase dit
mais la manière dont elle prend 
le temps de le dire


c'est particulièrement vrai en poésie

le blanc la coupure l'enjambement la répétition 
ne sont pas des ornements ajoutés au sens  
ils participent à sa constitution

chez un poète comme Celan par exemple une rupture 
dans le vers peut être une rupture 
de pensée

chez André du Bouchet l'espace entre les mots 
devient parfois une partie active 
de la proposition

chez Albiach la disposition typographique peut modifier 
la manière même dont la phrase est entendue

ainsi

le tempo n'est pas extérieur au sens
il est le sens en train de se produire



on pourrait prolonger la formule 

se tromper sur le tempo d'une phrase
c'est lui faire dire autre chose

car toute phrase possède 
une vitesse secrète
une respiration
une attente
un retard

parfois même 
un silence qui parle


lire
c'est retrouver cette vitesse

comprendre
c'est entrer dans son rythme





dans une formulation plus radicale 


une phrase n'a pas seulement un sens 
qu'il faudrait comprendre 

elle a un temps 
qu'il faut apprendre  à entendre





***



sans la musique la vie serait une erreur

car elle ne saurait plus

s'entendre


le monde

aurait encore

ses pierres

ses montagnes

ses corps

mais plus

le rythme

qui les relie



la musique ne corrige pas la vie

elle lui apprend

à danser

avec le hasard


à accueillir

la dissonance


à faire du silence

une partie

du chant


sans la musique le temps ne passerait plus

il tomberait


la musique

est peut-être

la grande affirmation

du devenir


un oui

qui ne demande pas

au monde

de s'arrêter


























dimanche, août 02, 2026


remonter vers l'état stable d'une langue élémentaire


avant

l'abondance

des mots

une syllabe

suffisait










une pierre

parlait

sans discours


le vent

portait

plus de sens

qu'une bibliothèque



remonter

ce n'est pas

retrouver

une langue perdue

c'est dépouiller

la parole

jusqu'à ce qu'elle

rejoigne

sa source



là

où chaque mot

porte encore

le poids

du monde

où le silence

n'est pas

l'absence

du langage

mais son origine





dans le langage en émulsion 
les mots sautent au hasard comme 
dans les marécages primitifs nos grenouilles 
d'ancêtres bondissaient selon les lois d'un sort aléatoire 


au commencement étaient les dés

non la loi

mais le lancer


la main

ouvre

ce qu'elle ne possède pas


chaque face

attendait

depuis toujours

de tomber



le hasard 

n'était peut-être 

qu'un autre nom de la nécessité


les dés

roulent encore

dans le silence

du monde



chaque naissance

chaque rencontre

chaque pensée

est le bruit

d'un dé

sur la pierre

avant que le destin

n'en recueille

la figure


















jeudi, décembre 18, 2025


la novlangue libérale
termes qui adoucissent masquent ou inversent 
des réalités sociales et économiques 



Plan de sauvegarde de l’emploi 

licenciements

Optimisation des ressources humaines 

suppressions de postes

Flexibilité du travail 

précarité


















Réformes structurelles 

réduction des droits sociaux

Modernisation 

dérégulation / privatisation

Compétitivité

baisse des salaires ou protections

Dialogue social 

décisions déjà actées

Mobilité professionnelle 

obligation de changer de poste ou de lieu

Responsabilisation des individus 

désengagement de l’État

Coût du travail 

salaire et protections des travailleurs

Adaptation au marché 

soumission aux logiques financières





cette novlangue 
transforme le langage en outil de neutralisation critique
en donnant une apparence positive ou technique 
à des mesures souvent violentes
socialement
























lundi, décembre 15, 2025


Une langue brisée soumise
une langue d’amour
une autre de vautour
et une de soupir


elles ne s’accordent pas
elles coexistent

















L’une rampe sous le poids du monde l’autre se donne sans calcul

une autre encore plane au-dessus des restes

attentive aux fractures

et la dernière s’échappe

à peine audible comme l’air quittant la poitrine






Ce ne sont pas des langues choisies mais des états

elles surgissent selon la pression

selon la fatigue

selon l’ouverture ou la peur


La langue soumise répète

La langue d’amour touche

La langue vautour nomme ce qui meurt

La langue soupir se tait presque



Écrire alors c’est les laisser passer sans hiérarchie

ne pas corriger leur conflit

ne pas chercher l’unité




la vérité ne parle jamais
dans une langue intacte
mais dans ce frottement instable
où plusieurs voix
tentent, ensemble
de respirer





















mercredi, décembre 03, 2025


il nous faut 

un langage 

pour trouver notre sol

et formuler 

la vie ...




non un système clos

mais une trame suffisamment ferme

pour que la pensée puisse s’y appuyer

sans s’y enfermer























le langage ne décrit pas la vie 

il lui offre une surface d’articulation

un lieu où ce qui se disperse

peut prendre forme même provisoire



trouver son sol c’est d’abord trouver ses mots

non ceux qui expliquent

mais ceux qui situent

qui donnent une orientation minimale



des mots qui ne prétendent pas saisir

mais simplement reconnaître

ce qui apparaît

ce qui insiste

ce qui demande à être nommé

ne serait-ce que pour ne pas se perdre


la vie 
elle, 
ne se formule 
jamais 
entièrement


elle accepte des fragments

des lignes brisées

des phrases incomplètes

qui suffisent pourtant

à établir un contact avec le réel



ainsi le langage n’est pas un outil

mais un sol en construction permanente

une manière d’habiter le monde

en rendant visible

la part de sens

qui sans lui resterait diffuse




formuler la vie

c’est tenter de donner à ce qui passe

une tenue légère

assez stable pour être partagée

assez souple pour ne pas trahir







le temps dans tous les sens 

non comme une ligne
mais comme une dispersion contrôlée
un champ où chaque direction
a sa propre logique

il avance bien sûr
mais il se replie aussi
il stagne il se dédouble
il se glisse dans les interstices
que la conscience laisse ouverts

il y a le temps mesuré
celui qui ordonne les gestes
et l’autre plus vaste
qui ne compte rien
et se contente d’être là
comme une pression subtile
au bord des choses

dans certains instants
le temps se concentre 
il se resserre autour d’un détail
d’un mot d’une respiration
rendant tout le reste secondaire

dans d’autres
il se déplie à l’infini
s’étire jusqu’à devenir
presque absent
laissant place à une continuité
sans repères



le temps dans tous les sens
c’est reconnaître que la durée
n’est pas un seul mouvement
mais un ensemble de directions
que l’esprit traverse
selon son degré de présence

et peut-être qu’habiter le temps
ne consiste pas à le maîtriser
mais à accepter que sa forme
change avec nous
à chaque pas
à chaque silence

































vendredi, novembre 07, 2025

 

tout ce que nous pouvons exprimer doit passer par les mots 

les mots deviennent un filtre entre notre regard et le monde ils façonnent ce que nous voyons et en même temps nous séparent de ce que nous voyons ils s’immiscent dans chaque perception chaque souffle chaque geste chaque mouvement de l’esprit ils nous rendent conscients de nous-mêmes en même temps qu’ils introduisent une distance une tension entre ce que nous sommes et ce que nous percevons les mots sont à la fois clés et barrières ils ouvrent des passages vers l’autre vers l’inconnu vers la complexité des choses mais ils créent aussi un espace vide un interstice où la vision pure flotte librement sans être totalement capturée par la langue ils sont des compagnons dans le jeu de l’existence des partenaires indépendants qui jouent leur rôle en décalage avec notre conscience et pourtant indispensables à la construction de notre monde intérieur et de notre compréhension de l’extérieur chaque mot est une respiration un éclat une vibration qui transforme la vision qui transforme la pensée et transforme le jour et la nuit et le rythme de nos vies et le murmure de nos sens et le vertige de notre présence au monde















lundi, novembre 03, 2025


le rapport 

signifiant / signifié 

est au cœur de la linguistique moderne et au-delà de toute réflexion sur le langage et la pensée  il exprime la double nature du signe  à la fois forme matérielle et contenu mental vibration sensible et concept invisible


le 
concept vient 
de 

Ferdinand de Saussure fondateur de la linguistique structurale




























le signe linguistique est une unité à deux faces 


le signifiant 
 
la forme sonore ou graphique du mot
sa matérialité par exemple les sons /aʁbʁ/ pour  arbre 

le signifié 

le concept mental que cette forme évoque 
l’idée d’un arbre non l’arbre réel

le signe unit ces deux faces comme les deux côtés d’une feuille de papier  
on ne peut les séparer sans détruire 
le signe lui-même






Saussure insiste 

le lien entre signifiant et signifié est arbitraire


Rien, dans le son  arbre  ne ressemble à l’objet qu’il désigne C’est la convention sociale l’usage d’une communauté linguistique qui fixe cette correspondance Autrement dit le langage est un système de différences  ce n’est pas la nature mais la structure des signes entre eux qui produit le sens


ce lien arbitraire n’est pas immobile Chaque époque chaque culture déplace la relation entre signifiant et signifié  Les poètes les mystiques les penseurs jouent de cette tension  le mot devient un champ d’énergie où le sens tremble se dérobe s’élargit C’est dans cet espace de glissement que naissent la métaphore le symbole la poésie Le mot n’est plus seulement un instrument mais une matière vivante qui réinvente le réel




développements philosophiques 


  • Jacques Derrida 

    la différence entre signifiant et signifié n’est jamais stable  le sens est toujours différé,jamais présent tout entier il parle de  différance    mouvement infini où chaque signe renvoie à d’autres signes

  • Lacan

    le signifiant structure l’inconscient   l’inconscient est structuré comme un langage  Le sujet est pris dans le réseau des signifiants avant même d’accéder à la parole

  • dans la mystique ou la poésie 

    au contraire certains cherchent à abolir cette distance à retrouver un mot originaire où le signe et la chose ne font qu’un  un langage adamique



Le rapport signifiant / signifié est la tension même du monde humain 


entre 

la chair du son et la lumière du sens


entre 

la matière du mot et la réalité qu’il évoque



c’est un pont fragile toujours à refaire entre l’esprit et le monde Chaque mot lorsqu’il est prononcé avec justesse réactualise cette union impossible  il fait scintiller un instant la coïncidence du visible et de l’invisible
















mercredi, octobre 29, 2025


poetry

syntaxe oblique et instabilité du sens

la phrase ne s’installe jamais dans une structure fixe 

 

elle 
glisse

se suspend
se replie sur elle-même


ce n’est pas la pierre mais le reste du mot qui s’incline





























on ne sait plus si la pierre est réelle métaphorique 
linguistique 

la phrase fabrique son propre champ de tension
sans clôture logique



lexique scientifique et poétique entremêlé

vocabulaire scientifique 
technique  
vision lyrique

pour désorienter la lecture 
tout en élargissant la portée du langage


mesure 
détournée des flux internes

le souffle calcule 
la distance entre deux absences



tension 
entre physique et métaphysique
entre calcul et souffle 

deux régimes du réel qui cohabitent sans hiérarchie




abstraction incarnée

le poème ne décrit rien mais fait advenir une matière verbale  
le langage devient expérience
les mots agissent comme des objets sonores ou des surfaces de contact


la structure se défait dans son propre rythme


décrit aussi bien la phrase que le monde qu’elle évoque




effacement du sujet

le je disparaît  

il n’y a plus de locuteur identifiable
seulement un champ de forces où le langage pense à travers lui même

cela crée un effet impersonnel
presque minéral 
la parole devient phénomène plutôt que confession



le sens comme vibration

au lieu d’un message
un événement linguistique  
le sens n’est jamais donné
il oscille se cherche

aucune origine seulement des variations de seuil

ce qui compte, ce n’est pas le contenu mais le mouvement du passage
la vibration du seuil où la pensée devient matière

















Ne désespérez jamais. Faites infuser davantage.
Henri Michaux , Face aux verrous.

Du "Dao" originel
du commencement du réel
des signes célestes
des formes terrestres
des règles saisonnières
de l'examen des choses obscures
des esprits essentiels
de la chaîne originelle
de l'art du maître
des évaluations fallacieuses
de l'équivalence des moeurs
des résonances du "Dao"
de l'inconstance des choses
des paroles probantes
de l'utilisation des armes
montagne de propos
forêt de propos
du monde des hommes
du devoir de se cultiver
de la synthèse ultime


"ô le plus violent paradis"

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E.O E.P. EA EAIO EB écart énigme Echenoz échos Echos L.A. Eckhart Tolle éclipse Eco Ecosse écoute écritures ED Eddas EDG EDJ EDLCDS EDLF Edmond Jabès EDO EIJS elle ELLEDIT ELLELL Elles Ellul EM Emerson Empédocle EN ENCORE encres et musique Encres et peintures Ennéade ennui EnSof Entre entrelacs environnement Eons EPE épiphanies épistémologie EPLA époché Eranos ère ERRER Escher ESE Eshleman Esnault ESPA Espace Espitallier essais EST ét été Etel Adnan ETLPDMP Etna étoile Etymologie Eucharistie Euler évangile éveil Eventail Exergue F F.A. F.EAA F.O F.Pirates FAA Fable Fadeur faits FAJ Fantasy Faune Fayçal fenêtre Fengliu feu Fiction Films FiniSol Finkielkraut FIVE FL Flore fmr FNAR Foligno Forest Formalisme Foucault Fourcade Fourier FP FQPCC Fractales fragm Fragme Fragments France François Cheng Frappat Frémon Fréquences Froid Fugue Fuji Futur G.C.L. G.Luca G.R.I Gary Snyder Gaza GB GDD GDLMC GDT GEGO Gelassenheit généalogie genese Genet Genji Géologie géométrie géophanie Géopoésie Germaneta Gervais Geulincx GIA Gif Giffard Giovannoni Girard Giraud Giroux Gizzi Gleize Glossaire GMH Gnoséologie Gobenceaux Godard Gödel Godwin Goethe Gombrowicz Gongora Goodman Nelson GOPC GPDB GR54 GR70 GR91 Graal Grâces Graeber Gramm gris Grothendieck Guerre Guesdon Guy Debord Guyau Guyotat GVDT GWFH Gygès H H.Corbin H.D. H.P Habitus Hadot Haenel haïku Hamant Hamish Fulton Hamon Harms Harrari Hart Crane Hausmann Havet HDT HE Heaney Hécate Hegel Heidegger Hello Henri Michaux Henri Thomas Herbes Herta Müller Hésiode Hesse Heures hexagrammes HFSR HHPC Hikmet Hillesum Hiroshi Yoshida Histoire HM HN HO Hocquard Hofmannsthal Hohl Hölderlin Hominidés homonymies Horace Houellebecq HR. HRC HS HSCDLAE HTH Hubin Hugo Ball Huguenin Hume HV Hymnes orphiques Hypérion hypertexte Hypnos i I remember I.P-B. IA ici idéogrammatique IDLR idole IFE Igitur il Illuminations illuminer illuminisme ILVLA ilya immédiat immédiatement Impensable impératif imperceptible Impresses incertitude Index individu Infini Infinitif initiales inquiétude Insectes installation instant Internet Interrompre invisible Irwin Ishihara Isidore Isis isolato Issa italiques Ivsic J-P Michel J.J.F.W. J.J.U. J.L.P Jaccottet jaime Jakobson Jankélévitch JANUS Jardin Jaspers JAZ JBE JCERDM JDLF JDS JE JE & Jean jean Daive Jean Michel Lou JELRLT Jesuis Jésus jeu JHN Jirgl Joan Mitchell John Cage Jouffroy jour jour17 Journal Jours jours17 Jousse JR Juarroz Jullien JYL K.G K.K Kabîr Kafka Kairos Kaplan Kapoor Kastrup Kathleen Raine Katué Kawara Kay Ryan KDCN KDICK Keats Kenneth White Kerouac Khazar Khlebnikov khôra Kiarostami Kingsley Kircher KK KLTDD koan Koons Koshkonong Kosuth KOUA Kral Kuhn Kundera Kunitz Kybalion Kyoto L.A.S L.D. L.R.des Forêts L.S L'EI là La Croix La parole de l'autre La vie de la montagne labyrinthe lac Lacs LADR lafabrique Laforgue Lagopède LALELES Lamantin LAME Lapiaz Laporte Roger Larry Eigner latin Laugier Laurent Margantin LBA LCC LCD LCDE LCDI LCDJ LCDP LCI LCR LCS LD LDB LDF LDLH LDM LDMC LDMH LDR LDS LDV Le Clézio Le Livre Le poème LEC LECDF LECLA Lectures LEDA LEDUI LEE Lee Ufan LEF légende légumes Leibniz Leibovici Leili Anvar Lely lensball lepoète Les eaux Les empereurs Les fils Les oiseaux lesoi Lespiau Lessing Lettres Lev Rubinstein Lex1 lex2 lex3 lex5 lex7 lex8 Lexie Lexique LFDH LFDLP LFDP LFDRT LFMR LFQ LGD LGDE LGDFASP LGDLM LGDP LGPDB LGS LGTDLP LGVDLH LHDD LHS LIDT lieux Lieux-source lièvre Ligne7 lignes Lionel André éclats Lionel André éditions Lionel André encres Lionel André photographies Lionel André randonnées LIQV Lisa Cairns list listes littéralité livrelit LJDP LLDLI LLDME LLDO LLDP LLDQ LLL LMDDDLH LMDF LMDLE LMDM LMV LO LOAN LODL LOGOS lois London Lorand Gaspar Lorenzo Menoud Louise Bourgeois Louise Glück LPC LPDLE LPDP LPDS LPI LPM LQDLE LRDD LRDP LRDR LRDT LRED LSDA LSDS LSDV LSMT LSNDLR LTDS LTO LTR LUELADC Lune Lupasco Lus & Mus Lux LV; LVB.TDSDC LVDDP LVDT LVESO LVLTDLO LVMDE Lyn Hejinian Lynn Schwartz M M.Caron M.Craig-Martin M.S.M M.Trinité Ma Macedonio Fernandez Machado Maestri Maggiore Maïakovski Mains maintenant Mais Mallarmé Malrieux Mandalas Mandelstam MANEKINEKO Manganelli Manifeste Manon mantra Manuel Joseph manuscrit Manzoni Map Marchand Marcheurs Marelle Marie Martin Ziegler Marx Masao Yamamoto masque Massera Matinaux Matsui Matta-Clarck Matton Mauguin Mavis Karn maximes MBK MBO MC McCord MCH McLuhan MDA MDC MDLADLE MDLF MDOU MEC Mécanisme Méditations Meillassoux Mélusine mémoire Memories Menus Meraviglia Merci Mercredi Mercure Merton Thomas messages Mesure Métamorphoses Métaphysique Métis Metro MFRC MG Michon micro microcosme mieux Millet Milton Mina Loy Misrahi Miura ori MJNYCR MK monade Mondo Monostiques Monosyllabes Montagnes et Glaciers Montagnes poèmes Montaigne Montale Monteiro Moore Morris mot mots Moving mp3 MPUSPM MSerres MTAS Mû murmure Murphy Murs et Fenêtres Muscle Musil musiq Musique MWLG Mystères MZD N N.M Nabokov Nadja Nagarjuna Nagori Nancy Napoli Narnia Nassim Haramein Nathaniel Tarn Nature Nauman NDBDP NDDP NDLT Néant Négation Neiges Neil Mills Némésis Nerval neuf Neutre Nice Niedecker Nietzsche Nihilisme Nirupana NLJNLH NOBUO noeuds Noguez Noir nOmbres Nonnos Norge NOTEPAD Notes-Book Notes-Rapides Notifications NOUS noûs Nouveautés Novae Novalis Novarina NP NPhS NRSNPEM Nuages Nuits O.Pé Oberland objets Objets d'Amérique Oblomov Ockham Octaèdre ODIN ODSI œil OELDT Ogadine Olivier Cadiot OLR OM ON ondes Onfray onthologie Opalka Oph. 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SDM Sel selon SELP Seneca Sénèque Sengaï SGM Shakespeare Shepherd Shitao Shiva Shônagon SI Sicard signal Signes Signets Sikelianos silenc SILENCE Silesius Silliman Simmel Simon Cutts Sinclair singularité Situation Sivan six SJDC Skalova Ski SLFDM société soleil solénoïde Solutré Sommeil Sonnets Sons Sor Juana Sôseki Soto Soufi Soufre Soulages Souligne Sous le Pas SP SPHS SPiced Spicer Spinoza Spira spirale sport SPRCGB SPSLSA Squires SSM Stéfan Stein Steiner steppe Stromboli Structure Suarès SUBHDLH Suchère Suel suite Sun Tzu sur Suso sutras Swensen Sydney Banks Synchronicité synonymes Synopsis T T.A T.C T.R T.S.Eliot Tabarini Takis Tanizaki tantôt TAOPY Tardy Tarkos TC Tchékhov TDQ TDUESDS TEL Temps Temps probable TeneT Tétralemme TEXTES Thalès Thaumazein Thé Théorie Tholomé Thoreau timbres TINTIN Tissu Titres TLP TN TNS Tocqueville Todtnauberg tomates TOPOS Torque Toscane Toujours TouT TP TP.BN Traces Tractatus Traduire Trail Trains Transe translucide TRICTRAC Triste époque Tsvetaeva TT TU Tumulte Tunnel Tweets Twillight Typoésie Tzara u.p.d.d.v UCCDC UCDD UDP UEAN UEAR UJAAB UJAJS Ukraine ULDL ULDLLA Ulysse UMO UMP UN UNM unmot UPDS UPSA usura UVD V V.E V.I. 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