Les poètes sont des monstres.Ils n'aiment pas vos machines.Ils ne les aimeront jamais.Une bouilloire- antique grosse pomme de fer talée- est toute la technologie qu'ils supportent. Ils aiment trop la vie pour prétendre " l'augmenter".
pourquoi des monstres
le titre peut surprendre venant d'un auteur connu pour sa douceur
pour Bobin le poète est un monstre
non pas par méchanceté mais par anomalie
le hors-norme
le poète est celui qui ne rentre pas dans les cases
de la société marchande et utilitaire
la vision
comme un monstre de foire
il attire le regard parce qu'il est différent
il voit ce que les autres ne voient plus
il s'arrête devant un détail minuscule
une goutte de rosée un reflet
alors que le monde court après le profit
la solitude et l'écart
Bobin explique que le poète vit dans un retrait nécessaire Ce n'est pas une misanthropie mais une condition pour entendre le murmure du monde Il est celui qui refuse de participer au vacarme général pour préserver une forme de pureté de l'attention
le refus de l'utilité
Dans notre société tout doit servir à quelque chose Le poète lui défend l'inutile Pour Bobin la poésie est ce qui ne sert à rien, mais sans quoi la vie ne vaudrait pas la peine d'être vécue C'est un acte de résistance contre la machine sociale
on rejoint ici d'une certaine manière la critique de la technique de Jean Vioulac mais par le biais de la grâce
la langue comme une effraction
Le poète est celui qui casse la langue banale pour retrouver le sens originel des mots Bobin décrit l'écriture comme une manière de forcer les portes du réel Le poète est un monstre car il manipule une matière dangereuse la vérité nue
La figure de l'enfant
pour Bobin le poète est un monstre de la même manière qu'un enfant peut l'être : par son exigence absolue de présence son absence de compromis et sa capacité à s'émerveiller de rien