comme des éclats
dans ces percées brèves
tout semble momentanément plus vif plus proche
la poussière suspendue devient
les objets reprennent
la lumière
Lionel André / promenades / randonnées / arts / littératures / air du temps
Avant le lever du soleil
soleil noir
chaque être est un carré-soleil ambulant
de par son code édénique
inné
toute personne relie le ciel à la terre
et la terre au ciel
un motif secret
chacun abrite en son cœur
un soleil
fait pour alimenter et illuminer les quatre directions
à trois-cent-soixante degrés
à la ronde
ce dont témoignent les carrés-soleils
pour ceux qui
adorent
le soleil
il y a
des moments
d’extase que rien ne pourra
démentir
le vent
qui fait frissonner l'herbe à son gré
va et vient
certains
sont nés pour accueillir son message
d'autres pour le refuser.
chez ceux qui sont nés pour l'accueillir
on perçoit
un étrange
détachement
des consolations
d'ici-bas
le réel est un secret
ils le virent
de loin comme un feu simple et
droit parmi les bêtes
brutes
les falaises
contemplaient la mer avec compassion
je ne suis pas ici
pour bien ou mal faire ou pour
donner
des leçons
je suis ici
pour vivre
et j’ai
découvert où se cache le plaisir
de vivre
soliloques
d’
un ermite
les sens
plus que l'esprit ont
une intelligence qu'il sera utile
de
découvrir
*
instants
d'adorable silence
les hommes se sont tus
le chant
du monde s'élève et moi
enchaîné au fond
de la caverne
je suis comblé avant
d'avoir
désiré
l'éternité est là et moi je l'espérais
maintenant
je puis parler
je ne sais pas
ce que
je pourrais souhaiter
de mieux que cette continuelle présence
de moi-même à moi-même
le soleil n’est pas encore là
mais
il va venir
il viendra
beauté
soleil voix lumière écho des lumières soleil cœur lumière rouleau des lumières moi dessous dessous maintenant toujours plus dessous par-dessous toujours plus dérobé plus caché de plus en plus replié discret sans cesse en train d’écouter de s’en aller de couler de tourner monter s’imprimer voler soleil cœur point de cœur passant par le cœur… Sollers
je jouis de citer
allumer ses clairs
regarder
attentivement regarder avec attention
j'aime que ciel ait
deux pluriels
ciels
ciels bas et blancs ciels venteux
ciels gris
vastes ciels bleus fuyant au-dessus
de la terre et courbant les blés sous l'ombre portée
des nuages
ciels d'orage déchirés
d'éclairs
grands ciels clairs
des soirs d'été
entre
la mer et l'infini
ténèbres roses
de l'aube sur le Mont-Rose
brumes légères
du crépuscule
spacieuse immensité silencieuse
où le regard se perd
cieux ---
ces plafonds baroques
où
des dieux
dansent autour
de grand lustre
ou à l'inverse
ce lieu vide et sans âme
cet espace où seule se meut la pensée
je veux croire au bonheur
je veux m'efforcer
de toujours voir ce qu' il y a
de cieux
dans les ciels
de ciels dans les cieux
je veux
lever les yeux sur ce ciel-ci
qui change
approchez-vous d'
une étoile
et vous voilà au soleil
ne vous en approchez donc que si vous avez
l'âme et le corps assez humide
que si vous disposez d'
une certaine provision de larmes
si vous pouvez supporter
une certaine déshydratation momentanée
cela vous sera revalu en pluie
apaisante
le soleil placé en abîme