en amont du temps le bleu
jamais
ne ralentit
il précède l'heure et la mémoire
sans commencement
sans fatigue
il traverse
le ciel
comme une pensée
qui n'appartient
à personne
le regard
n'y entre pas
il y est déjà
le bleu
ne passe pas
il ouvre
ce qui demeure
avant
que le temps
n'apprenne
à couler
tout aimer tout accueillir jusqu'au redoublement
des jours
ne rien retrancher
à la lumière
ni au vent
ni à la pluie
ni à la pierre
chaque retour
élargit
la première fois
chaque aurore vient sans répétition
l'accueil
ne choisit pas
il ouvre
le même espace
au proche
et au lointain
aimer
c'est laisser
le monde
revenir
sans jamais
l'épuiser
jusqu'à ce que
les jours
ne se succèdent plus
mais s'approfondissent
dans une seule
et même
clarté
*
aiguise la justesse retourne au minuit vivant
Zéno Bianu
chaque page ouvrira une voie que nul n’aura entièrement suivie
chaque silence contiendra une naissance encore en attente
il ne cherchera pas à conclure
mais à maintenir l’horizon ouvert
dans cette écriture de l’inaccompli
il dira
le réel n’est peut-être
que la plus patiente des possibilités
tout est d'une clarté étonnante
d'une acuité
absolue
l'air
a retiré
jusqu'au dernier voile
la pierre
est plus pierre
le ciel
plus ciel
chaque contour
tient
dans une précision
sans appel
le regard
n'ajoute rien
il reçoit
le monde
comme une lame
de lumière
tout est là
sans hésitation
et cette netteté
ne ferme rien
elle ouvre
plus loin
encore
l'inépuisable












