question radicale
l’être humain ne veut pas seulement
cette pensée
Lionel André / promenades / randonnées / arts / littératures / air du temps
question radicale
le futur agit comme une cause silencieuse
effet d’avance
l’événement appelle sa propre origine
le temps n’est pas une flèche mais une boucle souple
20 notes préparatoires brèves
entre poème et essai
sur la géologie d’une chaîne de montagnes imaginaire
dans un ton poétique à légère dérive
fantastique
La chaîne est née d’un malentendu entre deux plaques l’une voulait fuir l’autre se souvenir
Les roches les plus anciennes gardent la chaleur d’un soleil antérieur à toute chronologie
Certaines strates ne correspondent à aucun âge connu elles semblent déposées par anticipation
Le schiste y se fend comme une pensée trop longtemps contenue
On trouve des fossiles d’animaux qui n’ont jamais existémais dont l’absence est attestée
Les sommets ne culminent pas ils hésitent oscillant légèrement dans l’air froid
Une veine de quartz traverse la chaîne comme une phrase inachevée brillante et muette
La montagne centrale est creuse elle résonne lorsque le vent y entre, comme un instrument lent
Les éboulis récents contiennent des pierres déjà usées comme si elles avaient chuté plusieurs fois
À l’aube la géologie semble mobile les lignes de faille se déplacent à peine mais assez pour être senties
Certains minéraux ne réfléchissent pas la lumière ils la retiennent puis la rendent la nuit
Les glaciers fossiles sont faits de sel et de silence compacté
On a mesuré une lente montée verticale du massif corrélée à l’intensité du regard humain
Les cartes géologiques vieillissent plus vite que le terrain qu’elles décrivent
Des roches volcaniques froides portent des inscriptions naturelles lisibles seulement en marchant
Les sources thermales émergent là où la montagne rêve le plus intensément
Une couche de basalte noir absorbe les pensées trop lourdes les marcheurs y repartent plus légers
Les failles ne séparent pas elles relient des temps incompatibles
À grande profondeur la montagne n’est plus solide mais attentive
L’érosion finale ne détruira pas la chaîne elle la rendra enfin lisible
pourtant sans les autres il n’y a pas de vie
est-on là où dire
plus rien
ne sera comme
après
la valeur d'usage
est
l'utilité concrète du bien
elle est donnée par la nature et la quantité
de la marchandise
la valeur d'échange
est
une propriété de la marchandise
qui permet de la confronter avec d'autres marchandises
sur le marché en vue de l'échange
la liberté
c'est-à-dire
dans le fait de supporter de n'avoir pas choisi
et aussi
n'est que dans le choixde ne pas pouvoir choisir les autres
si
l’artiste
t’oblige à franchir
un Sahara
pour atteindre à ce qu’il te donne
c’est lui
le coupable
vivre
signifie se confirmer dans sa forme
en ce sens
la mort est l'action dernière.
en littérature
le courant de conscience ou flux de conscience est une technique d'écriture qui cherche à transmettre le point de vue cognitif d'un individu en donnant l'équivalent écrit du processus de la pensée
le terme initialement anglophone stream of consciousness a été introduit par le philosophe et psychologue William James dans l'ouvrage The Principles of Psychology 1890
il est associé à la littérature moderniste Virginia Woolf Andreï Biély James Joyce William Faulkner et Claude Simon où il apparaît pour la première fois sous la plume de la romancière Dorothy Richardson
sens moral inné qui inciterait les gens simples à bien agir
la décence ordinaire
traduction de l’expression
common decency
créée par George Orwell désigne l’ensemble des règles de comportement vertueux que pratiquent spontanément dans la vie quotidienne les gens ordinaires afin de rendre la vie sociale plus confiante
elles concernent toujours au moins les gens de peu ceux qui sont éloignés de la compétition pour l’élévation sur l’échelle sociale ce sont des règles qui sont orientées vers la bienveillance envers autrui et vers la prévention des comportements excessifs dangereux pour la vie sociale surtout comme le montre Michéa elles ne sont pas totalement dépourvues de fondement puisqu’elles sont toujours adossées à la pratique de l’échange symbolique lequel est l’immémoriale et universelle manière de faire société en sachant donner recevoir et rendre
l’art de l’interview fut inventé par Socrate
pratiqué par Denise Glaser par Pierre Dumayet il reste une maïeutique
l’auditeur entre en un cercle intime de confiance et de confidence
il est l’invité le tiers convive l’hôte l’égal
Jean Rousselot considérait Bernard Pivot comme un chef de rayon de grande surface
son job : la promo.
il a fait vendre des livres n’a jamais plongé quiconque dans une lecture..... FrançoisHuglot
je veux le monde et le veux
TEL QUEL
et le veux encore le veux éternellement
et je crie insatiablement
Bis et non seulement pour moi seul mais pour toute la pièce et pour tout le spectacle et non pour tout le spectacle seul mais au fond pour moi parce que le spectacle m’est nécessaire parce que je lui suis nécessaire et parce que je le rends nécessaire
ainsi s’exprimait Nietzsche
*
le cœur humain est beau comme un sismographe
*
nous avons appris de nos parents à mesurer ce que l'oisiveté
nous fait perdre non ce qu'elle
nous fait gagner
la matinée à l'anglaise
qu’est-ce que cette matinée à l’anglaise
un moment de calme partagé
tout est affaire de patience au fil des jours
mes pieds savent ce qu'ils font
à minuit
j'investirai la fontaine
l'essentiel intelligible
demain ne tardera pas sur la voie
dans la constellation des pléiades
l'impatient Minotaure
s'éveille
le chemin du retour n'est que rayures et pointillés
plein d'ombre
l'écriture prête ainsi des formes à ce qui n'est d'abord que de l'informe et du furtif voire du grossier du frivole du décoratif du routinier de l'illusoire du ruineux du saugrenu du périlleux etc... bref appelons cela tout simplement matière humaine... et c'est en y mettant les formes que le poète dessine une trajectoire verbale parmi turbulences et indécisions
qu'il est doux
quand les vents lèvent la mer immense
d'assister du rivage au combat
des marins
non que l'on jouisse alors des souffrances d'autrui
mais parce qu'il nous plaît de voir
qu'on y échappe
Lucrèce
l'otium
un terme latin remontant au milieu du IIe siècle av. J.-C. qui recouvre une variété de formes et de significations dans le champ du temps libre
c'est le temps durant lequel une personne profite du repos pour s'adonner à la méditation au loisir studieux
c'est aussi le temps de la retraite à l'issue d'une carrière publique ou privée, par opposition à la vie active, à la vie publique
c'est un temps sporadique ou prolongé de loisir personnel aux implications intellectuelles vertueuses ou morales avec l'idée d'éloignement du quotidien des affaires negotium = neg-otium et d'engagement dans des activités valorisant le développement artistique ou intellectuel éloquence écriture philosophie
l'otium revêt une valeur particulière pour les hommes d'affaires les diplomates les philosophes ou les poètes
de nos jours cette période de temps libre éloignée du quotidien consacrée à des activités intellectuelles ou créatives est devenue un enjeu social pour certains sociologues Elle apparaît nécessaire et donc rémunérée pour certaines professions chercheurs universitaires elle s'étend maintenant dans certaines entreprises à des cadres et devient une revendication de nombreux salariés
commentaires
sans socles de défense
une liaison
en secret sous cette page
lettre démise puis déplacée dans
les roches de signes
une étuve
le puits d’
un acide noir
le trou d’
un hémisphère plaqué retourné
cartographie
des obligations nées au sol des pas habités
ciselés comme motifs et petits chaos de relations
un mirage
***
selon
Thierry de Duve
la maxime de l'art contemporain
c'est
Fais n'importe quoi
comme il ne fait guère plus de distinction entre moderne et contemporain qu'entre moderne et postmoderne cette maxime est aussi celle de l'art moderne
c'est un devoir qui prescrit d'agir sans règle un ordre auquel il est facile d'obéir mais impossible de désobéir car si j'applique des règles je le décide librement
que faire alors pour être artiste
?
rien d'autre que ce qui est obligatoire pour tout le monde
il faut que l'homme soit libre
l'impératif
est
esthétique mais l'enjeu
est
politique
paradoxalement le n'importe quoi a
une histoire
plus les normes les canons les critères se diluent plus s'étend le n'importe quoi jusqu'au moment où il n'y a plus de quoi transgresser
on en constate les effets mais on a du mal à admettre l'existence d'
un tel commandement
on à tendance à l'atténuer le justifier le finaliser
fais n'importe quoi afin de...