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jeudi, juillet 09, 2026


l’art de savoir disposer librement les circonstances

ce n’est pas dominer les événements

c’est les orienter


comme on oriente une voile

sans jamais commander le vent


il ne s’agit pas de contraindre le réel

mais de créer les conditions où les forces peuvent s’accorder












déplacer un objet

choisir une heure

changer de chemin

attendre plutôt qu’agir


de très faibles gestes et pourtant

tout le paysage se transforme


la liberté n’est peut être pas de faire ce que l’on veut

mais de disposer les circonstances

avec assez de justesse

pour que les choses trouvent d’elles mêmes

leur équilibre


on ne pousse pas le monde

on l’incline

un peu

et cette légère inclinaison

suffit parfois

à libérer des puissances

qui attendaient seulement une configuration favorable


l’art consiste alors à sentir les lignes invisibles

les courants

les affinité

les résistances

à composer avec elles plutôt que contre elles

comme un jardinier qui ne fait pas pousser les fleurs

mais prépare la terre

la lumière

l’eau

et laisse ensuite

la vie accomplir son œuvre


agir devient alors

moins un acte de volonté

qu’une intelligence des situations

une manière discrète

de disposer le monde

pour que le monde

se mette lui même

à fleurir




tous les vents sont bons

aucun vent n’est inutile


le vent contraire apprend la patience

le vent de face allège les illusions

le vent arrière rappelle que la grâce existe aussi

le vent d’ouest ouvre l’horizon

le vent du nord éclaircit le regard

le vent du sud ralentit le temps


aucun vent ne décide du voyage

il révèle seulement

la manière dont nous avançons


celui qui attend toujours le vent parfait

reste au port


celui qui accueille chaque souffle

apprend peu à peu que la route appartient autant au vent

qu’au navigateur

et peut être

que tous les vents sont bons

parce qu’ils empêchent de croire

que nous sommes seuls

à conduire

notre vie
















mardi, mai 05, 2026

vivre parmi les hommes 
ordinaires et cependant être seul avec lui

c’est porter 
une présence invisible au cœur du quotidien

marcher dans la foule
parler répondre accomplir les gestes simples
et pourtant demeurer en un autre centre

non pas séparé
mais recueilli
comme si chaque parole échangée avait 
un double silencieux
adressé ailleurs

lui n’est pas un autre parmi les autres
il est ce point intérieur qui ne se disperse pas




















on partage le pain les rues les heures
mais quelque chose reste orienté
une fidélité sans signe
une attention qui ne se montre pas

cette solitude n’isole pas
elle relie autrement
elle creuse dans l’ordinaire une profondeur discrète
où chaque instant devient rencontre

vivre ainsi ce n’est pas fuir les hommes
c’est les traverser sans se perdre
rester présent à eux
tout en demeurant en lui
comme une flamme protégée du vent
qui éclaire sans se répandre

dans cette double appartenance
ni division
ni conflit
seulement une unité plus secrète
où être avec tous
et avec lui
revient à habiter un même lieu
invisible
mais réel




























mort à jamais qui peut le dire 


peut être que la mort n’est pas une fin mais un changement de seuil 

une disparition pour le regard et non pour ce qui est

ce que nous appelons fin est peut être seulement un retrait 

une manière pour la présence de se défaire de sa forme visible

car dire jamais suppose un point fixe 

une certitude que rien ne viendra démentir et pourtant 

tout dans l’existence déjoue ces certitudes

ce qui disparaît se transforme 

ce qui se tait continue autrement dans des couches 

que nous ne savons plus entendre















la question ne demande pas de réponse elle ouvre un espace 

où le doute devient respiration


mort à jamais ou autrement présent

nous ne savons pas et peut être que ce non savoir 

est la seule fidélité possible à ce qui nous dépasse

car affirmer serait fermer et cette phrase refuse de fermer


elle laisse la porte entrouverte 

sur un mystère qui ne cherche pas à être résolu

mais simplement reconnu comme tel

une énigme calme

où la fin elle même hésite à être une fin
















mercredi, janvier 28, 2026


derrière chaque page se cache un métier à tisser invisible


la métaphysique de la trame


si 
le texte 
est un tissu 
alors la lecture 
est une exploration 
de la texture même de la pensée


l'entrelacement des mondes 












un texte n'est jamais 
une ligne droite mais la rencontre d'une chaîne 
le sens la structure 

et 

d'une trame 
le style l'émotion

tisser c'est marier des éléments disparates pour créer 
une surface solide

c'est transformer le fil fragile de la parole solitaire en 
une voile capable de traverser le temps






la bathmologie du nœud 

dans le textus chaque point de croisement est 
une nuance

la force du tissu dépend de la serrure 
des mailles 

un texte  riche  est un texte dont la densité empêche le regard 
de passer au travers, forçant l'attention 
à s'arrêter sur la beauté 
du motif




le texte comme monde 


si tout est tissu alors la réalité elle-même 
est un texte 

les  clairières imprévues  sont peut-être ces endroits 
où la trame se relâche laissant entrevoir 
le vide ou l'absolu sous le vêtement 
des mots


écrire c'est donc recoudre le réel assembler les lambeaux 
de nos expériences pour en faire une étoffe 
où l'âme peut enfin se draper







le mot texte vient du latin textus tissé tissu 
de textere
tisser…





















mercredi, décembre 24, 2025


un paradis apocryphe


le paradis n'est pas après 

il est dans la vitesse même de l' instant 

quand la phrase s' ouvre et que le temps cesse de peser 

ici rien n est jugé rien n' est séparé 

tout circule dans une clarté vive 

sans tribunal ni promesse 

le corps pense librement 

le souffle écrit avant les mots 

la joie n' a pas d' objet 
















elle est l'état naturel de la présence retrouvée 

les anciens mythes se taisent 

les hiérarchies fondent comme neige dans la lumière 

il n y a ni chute ni salut 

seulement une traversée continue du réel devenu lisible 

le langage ne décrit plus il agit il vibre il éclaire 

le bruit du monde se dissout dans une musique rapide et précise 

chaque seconde est pleine chaque silence parle 

le rire fend les vieilles peurs 

l' histoire se replie comme un décor inutile 

ici l éternité n' est pas longue elle est exacte 

elle tient dans le maintenant répété sans fatigue 

le paradis apocryphe ne promet rien 

il est déjà là pour qui sait accélérer sans fuir 

voir sans croire aimer sans posséder 

et laisser passer la lumière sans lui donner de nom


























flux immédiat 

clarté nette vitesse pure 
le langage respire seul 
avance sans demander sans expliquer 
le temps se plie dans l instant 
le corps pense 
la phrase danse 
silence actif musique intérieure 
joie sans cause 
rire précis contre la lourdeur
histoire effacée par la présence 
tout circule 
rien ne s oppose 
la voix traverse le bruit accélère 
éclair soudain 
le monde devient lisible 
désir intelligence en mouvement spirale légère 
le texte est là vivant 
sans centre ni fin 
ouverture continue 
passage libre 
énergie claire 

maintenant seulement maintenant encore maintenant


























dimanche, décembre 21, 2025


la nuit s’ouvre comme un chemin sans carte
je marche dans un jardin où chaque détour m’attend
elle guide sans retenir
elle offre sans donner
tout est là pour disparaître
la musique passe comme un souffle étranger
les arbres savent déjà que l’aube effacera leurs ombres
le désir circule libre
sans nom
sans futur
je n’emporte rien
pas même un regret
le plaisir n’a pas de demeure
il voyage de peau en silence
et s’éteint sans trace
au matin
le monde reprend sa forme ordinaire
je poursuis ma route
plus léger
instruit par une nuit
qui n’a jamais voulu rester
















samedi, décembre 13, 2025

Le texte est expressif


il ne se contente pas de dire  
il vit 
il respire
il tremble
chaque mot 
chaque ponctuation
chaque silence est 
une vibration de l’esprit
un écho de l’émotion






























un texte expressif 
n’appartient pas seulement à celui qui l’écrit 
il se déploie 
dans l’imaginaire du lecteur 
il transforme 
la page en espace sensible
il fait parler 
ce qui ne peut se dire 
autrement que par le langage
être expressif
c’est donner à sentir 
ce que les formes seules 
ne sauraient transmettre
c’est rendre visible l’invisible 
audible le murmure intérieur 
tangible l’intangible





un texte expressif 

ne se lit pas seulement 

il se vit

il résonne

il fait parler l’invisible



















samedi, décembre 06, 2025

Le pouvoir d’une route


ne tient ni dans sa longueur
ni dans sa destination
mais dans cette manière qu’elle a
de créer un axe dans l’indéterminé





une route ordonne l’espace 

elle trace une ligne ferme

là où il n’y avait que dispersion

elle propose une direction

sans promettre l’arrivée















son pouvoir est discret 

elle ne force rien

elle laisse simplement entendre

qu’il est possible d’aller quelque part

même si ce quelque part

reste à inventer



la route n’explique pas

elle accompagne


elle accueille le pas

elle mesure le temps

par la succession des gestes

par l’alternance régulière

de l’effort et du souffle


chaque route est une hypothèse 

un fil tendu

à travers le monde et en soi

une manière de répondre

à l’appel du lointain


on croit parfois la suivre
 
mais c’est elle souvent

qui nous entraîne

vers un espace plus vaste

vers un regard plus calme

vers une compréhension

qui ne se dit pas encore





le pouvoir d’une route est d’être un commencement continu 

elle nous met en marche 
avant même que nous sachions

pourquoi nous avançons



























Au commencement étaient la peur et le désir
 
deux forces sans nom
antérieures à tout langage
à tout geste
à toute forme de monde




la peur retenait

resserrait le cercle

mettait des ombres partout

où la lumière hésitait à naître






















elle enseignait la limite

le retrait

la prudence des premiers pas


le désir lui poussait vers l’avant

élargissait l’espace

ouvrait les jours comme on entrouvre une porte

dont on ne connaît pas encore la pièce


il était tension appétit d’être

promesse sans preuve


entre la peur et le désir

naquit une ligne fragile

un équilibre mouvant

où se tissa le premier acte de vivre



la peur disait  reste

le désir disait  avance

et c’est dans ce tiraillement même

dans cette alternance de recul et d’élan

que l’existence trouva sa forme 

ni fuite

ni conquête

mais une circulation continue

entre ce qui protège

et ce qui appelle


au commencement 

et peut-être encore maintenant

la vie se tient dans ce double foyer 

la contraction et l’ouverture

la retenue et la projection

la peur et le désir

comme deux battements

d’un même cœur ancien









Terra Estetica Supernova

sol transfiguré par l’éclat

beauté projetée au-delà d’elle-même

comme une explosion lente

où la matière devient vision

et le monde une brûlure de forme



un glissement de surfaces phoniques








ondulation du sens par le son
les mots se frôlent se dédoublent
la langue devient matière mobile
et chaque vibration déplace
un fragment du réel




rotation anticyclonique 

un mouvement large presque immobile
qui tourne sans heurt
comme une pensée qui se déploie
sans vouloir conclure



dans cette rotation calme
il y a une manière d’organiser l’air
de redistribuer les forces
sans jamais les brusquer
Rien ne s’impose
tout se réoriente
on y perçoit une analogie discrète
avec ce que devient l’esprit
quand il se défait du tumulte 
une circulation lente
un recentrement
une clarté qui ne cherche pas l’éclat
mais l’équilibre
La rotation anticyclonique
n’est pas spectaculaire
elle maintient un ciel dégagé
elle installe une respiration large,
elle pacifie les courants
jusque dans leurs impulsions invisibles
Ainsi la pensée
lorsqu’elle cesse d’être agitée 
elle tourne encore
mais autrement 
dans un espace plus ample
avec une précision douce
une sorte de calme en mouvement
qui n’a plus besoin
de frapper pour être sentie
Une rotation anticyclonique 
un ordre silencieux
qui se fait sentir
dans la qualité même du jour



























L’histoire splendide


n’est pas celle des grands gestes
ni des dates qu’on grave pour les retenir




elle se loge dans les interstices

dans ces moments que personne ne remarque

et qui pourtant déplacent la trajectoire d’un être













elle est splendide parce qu’elle ne s’annonce pas 

elle pousse comme une plante discrète

dans une fissure du monde

à l’abri des discours trop sûrs

et des récits trop ordonnés





c’est une histoire faite d’éclats sobres

de rencontres minuscules

de décisions prises sans témoin

où la logique cède la place

à une forme d’évidence muette




elle n’appartient à aucun héros 

elle circule se transmet

change d’apparence selon les voix

sa splendeur n’est ni morale ni tragique 

elle tient dans cette manière qu’elle a

de révéler par degrés

ce que vivre veut dire



l’histoire splendide n’explique rien 

elle expose




elle laisse apparaître la structure fragile des jours

les passages secrets où l’âme

s’oriente sans connaître ses cartes



on ne la raconte jamais complètement 

on l’effleure

on en recueille quelques signes

on y reconnaît parfois

ce tremblement subtil

qui dit que quelque chose commence

dans la profondeur du présent








Fiat lux
parole qui fend l’obscur
origine en un seul souffle
la lumière n’advient pas 
elle se déclare
et le monde suit




















Une splendide gratuité 

ni cadeau attendu ni geste calculé
mais lumière qui surgit
sans cause apparente
sans justification 
nécessaire




elle traverse le quotidien

efface un instant les calculs et les mesures

et révèle le monde sous un éclat inattendu












la gratuité ne se dépense pas pour obtenir 

elle existe dans le simple acte de donner

d’être attentif

de laisser circuler le souffle de la vie

sans retenir, sans exiger


elle est splendide parce qu’elle est rare

non dans son intensité

mais dans sa pureté

dans sa capacité à créer un espace

où tout devient plus clair

plus léger

plus possible


recevoir une telle gratuité c’est percevoir que le monde 

peut exister

sans besoin de raison

et que l’esprit lui aussi

peut se tenir libre

dans l’ouverture de ce don silencieux



elle n’est pas spectaculaire mais profonde 

une vibration subtile qui rend

la vie plus vaste

sans que l’on cherche à la saisir





une splendide gratuité 
c’est le murmure 
du réel

qui offre sa présence
sans condition et nous rappelle que la beauté existe
au-delà de toute 
obligation






La gratuité
don pur sans contrepartie ni calcul
éclat d’excès dans le quotidien
acte qui ne pèse ni sur le monde
ni sur celui qui offre
mais qui le transforme subtilement






















Le Mont Analogue 

non comme montagne terrestre
mais comme sommet intérieur
une ascension de l’esprit plus que du corps
où la verticalité est celle de la pensée
et non du rocher




ce mont n’a pas de carte

ni de sentier tracé 

on n’y parvient qu’en avançant

par épreuves silencieuses

par réajustements subtils

par attention soutenue à chaque pas





















chaque étape révèle moins le sommet

que les capacités du marcheur 

la persévérance la mesure

la manière de tenir l’équilibre

entre effort et lâcher-prise



Le Mont Analogue n’offre pas de vue totale 

il dispense des aperçus fugaces

des éclairs de compréhension

qui ne se fixent jamais complètement

mais qui suffisent à indiquer la direction



il est symbolique mais non abstrait 

il est la forme même de l’ascension

la transformation silencieuse

qui se produit lorsque l’esprit

se confronte à l’inconnu

sans chercher à le posséder



atteindre le Mont Analogue n’est pas un accomplissement

c’est un apprentissage continu 

apprendre à se tenir

apprendre à percevoir

apprendre à marcher

dans la tension et la clarté

de ce qui n’a pas de nom



le sommet n’est jamais un point final il est seulement le lieu

où l’on découvre que la hauteur

est avant tout intérieure





Le Mont Analogue
sommet invisible lieu du possible
ascension vers un absolu caché
carte et réalité se confondent
où le mythe guide le pas
et la géographie devient pensée























la pierre allumée     le ciel parle 

une infime vibration
qui traverse l’air comme une rigueur ancienne


la pierre chauffée par le jour
retient encore une braise sourde 
elle ne brûle pas
elle témoigne





















dans sa chaleur contenue

il y a 

l’écho d’un temps plus vaste

que nos pas pressés



le ciel

ne dit rien qui puisse être transcrit


il énonce 


par nuances par déplacements de clarté

par ces variations minuscules

que seul perçoit 

celui

qui consent à lever la tête sans attendre de réponse










entre la pierre et le ciel passe un dialogue élémentaire 

le poids et l’ampleur

le stable et l’ouvert

le proche et l’incommensurable




si l’on s’y attarde

on découvre que ce qui parle

n’est ni la pierre ni le ciel

mais la tension entre les deux

l’espace dans lequel nous respirons

la zone où se déposent

les pensées sans mots




la pierre allumée
le ciel parle 
le reste est écoute


















je prends 
le jour comme une feuille de papier
je le froisse 


non par colère
mais pour éprouver la texture du temps







dans le froissement

il y a 

une façon d’écouter

ce que le jour refuse de dire d’emblée 




















les plis sont des chemins

les ombres des notes

les creux des hésitations du réel



la feuille n’est plus plane 

le jour non plus

il devient un relief modeste

un territoire où la lumière

accroche différemment




ce geste simple désacralise le temps sans le réduire


on ne le vénère pas

on l’empoigne



dans les plis du papier froissé

quelque chose d’inattendu survient 

une attention plus nette

une présence plus sobre

une manière d’habiter les heures

sans se laisser intimider par elles




je déplie alors la feuille   le jour se défait de ses rides

mais quelque chose 

demeure 

un souvenir de forme

une mémoire des pressions





même revenu à plat
le jour porte la trace de ma main
et moi peut-être
je porte un peu mieux
la trace du jour



le tonnerre ouvre les yeux entre les murs















un mystère dérobe la source de la lumière
d’un cahier d’orient 

comme si chaque page
était éclairée de l’intérieur
par une clarté qu’aucune main
n’aurait posée là




le cahier semble ancien

mais son éclat est neuf 


une lumière sans origine

ou dont l’origine justement

se retire au moment où l’on croit la saisir










ce n’est pas une énigme à résoudre

plutôt une invitation à regarder autrement 

la lumière comme une présence en retrait

un appel discret

qui ne se donne jamais entièrement



le mystère n’occulte rien il crée une distance fine
une profondeur où la pensée
peut se déposer sans 
se précipiter


dans ces pages d’orient

la lumière n’explique pas

elle accompagne




elle fait trembler les signes adoucir les angles

s’ouvrir les mots

comme si leur noyau

était encore en gestation



on comprend alors
que la source n’est pas perdue 
elle n’a simplement pas de lieu fixe


elle se déplace avec le regard

elle naît dans l’attention

elle se retire quand on veut la saisir

et revient quand on se contente de lire




le cahier d’orient
enseigne sans doctrine 
le mystère est la forme juste
de sa lumière

















seul sous les étoiles du serpent 

celles qui ondulent dans le ciel nocturne
comme une pensée ancienne
longue souple 
attentive 





le serpent céleste ne menace pas

il indique


il déroule lentement sa ligne de feu 

comme 

un fil de continuité

au milieu des ruptures du visible














sous ces étoiles

la nuit n’est plus un écran

mais 

une profondeur en mouvement

où chaque scintillement répond à 

une vibration discrète 

du vivant




le serpent enseigne la courbe la transition
le passage d’un état à un autre
sans rupture brusque



marcher 
sous ce ciel c’est accepter 

d’être soi-même traversé par 
des flux
des mues intérieures
des glissements 
de conscience

qu’aucun mot 
ne décrit pleinement



les étoiles du serpent ne parlent pas de destin mais d’attention 

suivre 

la sinuosité du réel

lire 

les déviations légères

comprendre que 

la vérité

n’est jamais rectiligne




dans cette lumière mouvante
on apprend à avancer
non en ligne droite
mais en accord
avec la forme intime
du monde qui nous porte















le pic de l’esprit 

non une hauteur conquise
ni un sommet où l’on triomphe
mais un point de tension vive
où la pensée se tient
aussi droite que possible
sans appui autre
que sa propre clarté




ce pic n’est pas géographique c’est une ligne de crête intérieure où les certitudes se raréfient comme l’air en altitude où seules demeurent les questions essentielles dépouillées du bruit et des ornements du langage


on ne s’y installe pas  on y passe





















un bref instant d’élévation
un cran de lucidité où tout se rassemble et se simplifie




le pic de l’esprit

c’est l’endroit où la pensée cesse de se disperser et trouve 
sa forme la plus exacte
la plus nue




un lieu de décision silencieuse
où l’on comprend
que l’essentiel ne se conquiert pas
par accumulation
mais par allègement
par la réduction patiente
de ce qui encombre





et lorsqu’on en redescend

il reste une trace 

une façon plus sobre de voir une manière plus juste d’être
comme si cette pointe intérieure
avait taillé dans l’obscurité


un passage 
net
vers 
la présence

























la route du temps 

une route sans balises
sans bornes kilométriques
où l’on avance sans jamais voir
ni le point de départ
ni le point d’arrivée


















elle ne s’étire pas devant nous

elle se déroule sous nos pas

à mesure que nous marchons




















le temps n’est pas un chemin tracé

mais une ouverture continue

une surface qui se forme

dans l’acte même de la traverser



sur cette route

il n’y a ni retour exact

ni détour définitif 

ce qui fut ne revient pas

et pourtant laisse une empreinte

qui modifie notre allure






le temps n’est pas un fleuve

c’est une succession de seuils 

on les franchit sans y penser

et ce sont eux pourtant

qui nous façonnent








la route du temps

ne mène pas quelque part 

elle mène à la manière d’être en route

à la qualité de l’attention

à la façon dont le regard

s’accorde aux variations du jour




on ne maîtrise rien

mais on peut apprendre à marcher

dans la justesse

dans l’accueil

dans cette douceur grave

qui sait que le temps passe

et qu’en passant

il nous révèle









la route du temps

n’est pas un voyage

mais un apprentissage continu

de la présence


























Ne désespérez jamais. Faites infuser davantage.
Henri Michaux , Face aux verrous.

Du "Dao" originel
du commencement du réel
des signes célestes
des formes terrestres
des règles saisonnières
de l'examen des choses obscures
des esprits essentiels
de la chaîne originelle
de l'art du maître
des évaluations fallacieuses
de l'équivalence des moeurs
des résonances du "Dao"
de l'inconstance des choses
des paroles probantes
de l'utilisation des armes
montagne de propos
forêt de propos
du monde des hommes
du devoir de se cultiver
de la synthèse ultime


"ô le plus violent paradis"

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A1 A10 A2 A3 A4 A5 A6 A7 A8 A9 AB ABDL Abécédaire Abîme Aboulafia Abréviations Abrüpt Abruzzo absolu ACC Acker acronyme Actis Actualités ADBP Adorno ADR Adrénaline ADUMC Advaita AELT Agamben Agenda AgnèsMartin Agrafe et boite Ainsité Aïon AIR Air du temps akasha Akhmatova AL Alain de Lille Alan Davies Albiach Alchimie Alechinsky Aleph ALF Alferi alien Alina Reyes ALTH AM Amande Ammons Amor fati AN Anagrammes Analogie Anaphore Anaximandre Anders André Breton André du Bouchet André Velter Andy Goldsworthy animal animation Annick Ranvier Annonciations Anthologie ANTI Antin David AP Aphaïa aphorismes Apollonios aporie Appelfeld Approche APUMM APZ APZT Arago Aram Saroyan Arbres Archéopoésie ArgentOr Aristote Arp Arseguel Art sacré ARTHAUD AS ASDMI ASF Ashbery ASLEND Assez Astrologie Asymptote Atlantide attente Aurélien Barrau Aurore Automne Auxméry AVB Avec Avent AW axiologie Axiomes Azam B B.Celerier Babel BABIL Bachmann Baies Baigaitu BAM Banal Bandeaux Barque Barré Barry Lopez Barthes Bashô Basque Basquin Bataille Battala BAZAR BDLE BDLF Beaufortain Beckett Beckford Benedetto Bénézet Benoît Labre Benveniste Bergounioux Bergson Bernstein bête Bhattacharya bibliographie Bibliothèques bientôt Bimot Binet bio biographie BioMobiles Biopsies Bishop BISSES1 Bivouac Blackburn Blaine Blanc Blanchot Blanqui Blaser Blau Duplessis Bleu Bloy Bobin Bochner Bohm boisflotté Bök bord de terre Borges Bouddha Bouthonnier Bouvier Bozier Brautigan Bretagne Bribes Briciole bricoleur Brisset Bronk Broodthaers Bruckner Bryen BSRM Butor Byron C C.C C.D.A C.E.T C.F. 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E.O E.P. EA EAIO EB écart énigme Echenoz échos Echos L.A. Eckhart Tolle éclipse Eco Ecosse écoute écritures Eddas EDG EDJ EDLCDS EDLF Edmond Jabès EDO EIJS elle ELLEDIT ELLELL Elles Ellul EM Emerson Empédocle EN ENCORE encres et musique Encres et peintures Ennéade ennui EnSof Entre entrelacs environnement Eons EPE épiphanies épistémologie EPLA époché Eranos ère ERRER Escher ESE Eshleman Esnault ESPA Espace Espitallier essais EST ét été Etel Adnan ETLPDMP Etna étoile Etymologie Eucharistie Euler évangile Eventail Exergue F F.A. F.EAA F.O F.Pirates FAA Fable Fadeur faits FAJ Fantasy Faune Fayçal fenêtre Fengliu feu Fiction Films FiniSol Finkielkraut FIVE FL Flore fmr FNAR Foligno Forest Formalisme Foucault Fourcade Fourier FP FQPCC Fractales fragm Fragme Fragments France François Cheng Frappat Frémon Fréquences Froid Fugue Fuji Futur G.C.L. G.Luca G.R.I Gary Snyder Gaza GB GDD GDLMC GDT GEGO généalogie genese Genet Genji Géologie géométrie géophanie Géopoésie Gervais Geulincx GIA Gif Giffard Giovannoni Girard Giraud Giroux Gizzi Gleize Glossaire GMH Gnoséologie Gobenceaux Godard Gödel Godwin Goethe Gombrowicz Gongora Goodman Nelson GOPC GPDB GR54 GR70 GR91 Graal Grâces Gramm gris Grothendieck Guerre Guesdon Guy Debord Guyau Guyotat GVDT GWFH Gygès H H.Corbin H.D. H.P Hadot Haenel haïku Hamant Hamish Fulton Hamon Harms Harrari Hart Crane Hausmann Havet HDT HE Heaney Hécate Hegel Heidegger Hello Henri Michaux Henri Thomas Herbes Herta Müller Hésiode Hesse Heures hexagrammes HFSR HHPC Hikmet Hillesum Hiroshi Yoshida Histoire HM HN HO Hocquard Hofmannsthal Hohl Hölderlin Hominidés homonymies Horace Houellebecq HR. HRC HS HSCDLAE HTH Hubin Hugo Ball Huguenin Hume HV Hymnes orphiques Hypérion hypertexte Hypnos i I remember I.P-B. IA ici idéogrammatique IDLR idole IFE Igitur il Illuminations illuminer illuminisme ILVLA ilya immédiat immédiatement Impensable impératif imperceptible Impresses incertitude Index individu Infini Infinitif initiales inquiétude Insectes installation instant Internet Interrompre invisible Irwin Ishihara Isidore Isis isolato Issa italiques Ivsic J-P Michel J.J.F.W. J.J.U. J.L.P Jaccottet jaime Jakobson Jankélévitch JANUS Jardin Jaspers JAZ JBE JCERDM JDLF JDS JE JE & Jean jean Daive Jean Michel Lou JELRLT Jesuis Jésus jeu JHN Jirgl Joan Mitchell John Cage Jouffroy jour jour17 Journal Jours jours17 Jousse JR Juarroz Jullien JYL K.G K.K Kabîr Kafka Kairos Kaplan Kapoor Kastrup Kathleen Raine Katué Kawara Kay Ryan KDCN KDICK Keats Kenneth White Kerouac Khazar Khlebnikov khôra Kiarostami Kingsley Kircher KK KLTDD koan Koons Koshkonong Kosuth KOUA Kral Kuhn Kundera Kunitz Kybalion Kyoto L.A.S L.D. L.R.des Forêts L.S L'EI La Croix La parole de l'autre La vie de la montagne labyrinthe lac Lacs LADR lafabrique Laforgue Lagopède LALELES Lamantin LAME Lapiaz Laporte Roger Larry Eigner latin Laugier Laurent Margantin LBA LCC LCD LCDI LCDJ LCDP LCI LCR LCS LD LDB LDF LDLH LDM LDMC LDMH LDR LDS LDV Le Clézio Le Livre Le poème LEC LECDF LECLA Lectures LEDA LEDUI LEE Lee Ufan LEF légende légumes Leibniz Leibovici Leili Anvar Lely lensball lepoète Les eaux Les empereurs Les fils Les oiseaux lesoi Lespiau Lessing Lettres Lev Rubinstein Lex1 lex2 lex3 lex5 lex7 lex8 Lexie Lexique LFDH LFDLP LFDP LFDRT LFMR LFQ LGD LGDE LGDFASP LGDLM LGDP LGPDB LGS LGTDLP LGVDLH LHDD LHS LIDT lieux Lieux-source lièvre Ligne7 lignes Lionel André éclats Lionel André éditions Lionel André encres Lionel André photographies Lionel André randonnées LIQV Lisa Cairns list listes littéralité livrelit LJDP LLDLI LLDME LLDO LLDP LLDQ LLL LMDDDLH LMDF LMDLE LMDM LMV LO LOAN LODL LOGOS lois London Lorand Gaspar Lorenzo Menoud Louise Bourgeois Louise Glück LPC LPDLE LPDP LPDS LPI LPM LQDLE LRDD LRDP LRDR LRDT LRED LSDA LSDS LSDV LSMT LSNDLR LTDS LTO LTR LUELADC Lune Lupasco Lus & Mus Lux LV; LVB.TDSDC LVDDP LVDT LVESO LVLTDLO LVMDE Lyn Hejinian Lynn Schwartz M M.Caron M.Craig-Martin M.S.M M.Trinité Ma Macedonio Fernandez Machado Maestri Maggiore Maïakovski Mains maintenant Mais Mallarmé Malrieux Mandalas Mandelstam MANEKINEKO Manganelli Manifeste Manon mantra Manuel Joseph manuscrit Manzoni Map Marchand Marcheurs Marelle Marie Martin Ziegler Marx Masao Yamamoto masque Massera Matinaux Matsui Matta-Clarck Matton Mauguin Mavis Karn maximes MBK MBO MC McCord MCH McLuhan MDA MDC MDLADLE MDLF MDOU MEC Mécanisme Méditations Meillassoux Mélusine mémoire Memories Menus Meraviglia Merci Mercredi Mercure Merton Thomas messages Mesure Métamorphoses Métaphysique Métis Metro MFRC MG Michon micro microcosme mieux Millet Milton Mina Loy Misrahi Miura ori MJNYCR MK monade Mondo Monostiques Monosyllabes Montagnes et Glaciers Montagnes poèmes Montaigne Montale Monteiro Moore Morris mot mots Moving mp3 MPUSPM MSerres MTAS murmure Murphy Murs et Fenêtres Muscle Musil musiq Musique MWLG Mystères MZD N N.M Nabokov Nadja Nagarjuna Nagori Nancy Napoli Narnia Nassim Haramein Nathaniel Tarn Nature Nauman NDBDP NDDP NDLT Néant Négation Neiges Neil Mills Némésis Nerval neuf Nice Niedecker Nietzsche Nirupana NLJNLH NOBUO noeuds Noguez Noir nOmbres Nonnos Norge NOTEPAD Notes-Book Notes-Rapides Notifications NOUS noûs Nouveautés Novae Novalis Novarina NP NPhS NRSNPEM Nuages Nuits O.Pé Oberland objets Objets d'Amérique Oblomov Ockham Octaèdre ODIN ODSI œil OELDT Ogadine Olivier Cadiot OLR OM ON ondes Onfray onthologie Opalka Oph. 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SDM Sel selon SELP Seneca Sénèque Sengaï SGM Shakespeare Shitao Shiva Shônagon SI Sicard signal Signes Signets Sikelianos silenc SILENCE Silesius Silliman Simmel Simon Cutts Sinclair singularité Situation Sivan six SJDC Skalova Ski SLFDM soleil solénoïde Solutré Sommeil Sonnets Sons Sor Juana Sôseki Soto Soufi Soufre Soulages Souligne Sous le Pas SP SPHS SPiced Spicer Spinoza Spira spirale sport SPRCGB SPSLSA Squires SSM Stéfan Stein Steiner steppe Stromboli Structure Suarès SUBHDLH Suchère Suel suite Sun Tzu sur Suso sutras Swensen Sydney Banks Synchronicité synonymes Synopsis T T.A T.C T.R T.S.Eliot Tabarini Takis Tanizaki tantôt TAOPY Tardy Tarkos TC Tchékhov TDQ TDUESDS TEL Temps Temps probable TeneT Tétralemme TEXTES Thalès Thamazein Thé Théorie Tholomé Thoreau timbres TINTIN Tissu Titres TLP TN TNS Tocqueville Todtnauberg tomates TOPOS Torque Toscane Toujours TouT TP TP.BN Traces Tractatus Traduire Trains Transe translucide TRICTRAC Triste époque Tsvetaeva TT TU Tumulte Tunnel Tweets Twillight Typoésie u.p.d.d.v UCCDC UCDD UDP UJAAB UJAJS Ukraine ULDL ULDLLA Ulysse UMO UMP UN UNM unmot UPDS UPSA usura UVD V V.E V.I. 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