dans la perspective du Ma et du Metaxu
Alphée devient presque
un fleuve de l'entre-deux
ce qui disparaît n'est pas nécessairement perdu
cela peut continuer son chemin dans l'invisible
symboliquement
Alphée est le fleuve qui connaît l'ailleurs
Lionel André / promenades / randonnées / arts / littératures / air du temps
dans la perspective du Ma et du Metaxu
Alphée devient presque
un fleuve de l'entre-deux
ce qui disparaît n'est pas nécessairement perdu
cela peut continuer son chemin dans l'invisible
symboliquement
Alphée est le fleuve qui connaît l'ailleurs
une dilatation du passage
une concentration du dehors
une architecture du hasard
un effondrement sans ruines
une circulation interrompue
un seuil sans entrée
une géométrie de l’égarement
une mémoire minérale du sol
une bifurcation sans retour
une occupation provisoire du vide
paradoxe du regard
ce qui est toujours visible finit par devenir
invisible
par excès de familiarité
la présence absolue
devient une forme d’absence
à force d’être là
un retrait du monde et de soi-même où la mémoire
cesse un instant de retenir
les choses
être assis
sans passé
sans attente
et laisser le monde
oublier qu’on le regarde
être assis dans l'oubli
une pensée qui ne cherche pas à tout dire mais
à laisser apparaître ce que
les mots recouvrent
le silence n’est pas l’absence de parole
il est ce qui organise
la parole autour de l’indicible
logique du silence
l’ironie
sait que toute forme
est provisoire
et que le chaos
ne cesse jamais de devenir
le dernier des Atlantes
la pensée est un acte
l’éternité est sûrement retrouvée
puisque
comme toujours
la mer est mêlée au soleil
cette formule de Rimbaud
fait de la mer et du soleil les signes
d’un éternel recommencement
mathématiques
sévères
comme
onde
rafraîchissante
les sens
éclaircissent
la raison
par des apparences
vraies
l’existence est une illusion d’optique
la littérature est là pour la renverser
un simple passager de l’éternel
retour
du salut
mais oui
du salut comme santé
du retour comme guérison
de la vie qui revient
et qui dit
encore
oui
l'amande ou l'épreuve
de la prophétie au bord de l'eau
d’abord on ressent ensuite on tombe
Joyce
dans cette veine
d’abord on tremble ensuite on comprend
d’abord
on désire ensuite on s’égare
on écoute ensuite on entend
on s’approche ensuite on franchit
on regarde ensuite on voit
d’abord
on doute ensuite on cherche
on respire ensuite on existe
on dérive ensuite on découvre la rive
on s’éloigne ensuite on disparaît
on se tait ensuite le silence arrive
on brûle ensuite on devient cendre
d’abord on rêve ensuite le monde commence
d’abord
on lâche prise ensuite on tombe
on perd le chemin ensuite on rencontre le paysage
quelque chose nous appelle ensuite nous partons
la fissure apparaît ensuite le mur tombe
la lumière vacille ensuite la nuit entre
d’abord le corps sait ensuite l’esprit invente une raison
d’abord
la vague se soulève ensuite
elle retourne
à l’océan
d’abord
on naît au monde
ensuite on comprend
qu’on en faisait déjà partie
Allez là où la chance peut vous trouver
Max Ernst. La mer aux oiseaux .
1925/1926
il existe deux espèces d'ignorance
la première sait qu'elle ignore
la seconde s'ignore elle-même
la première demeure ouverte
la seconde se ferme dans ses certitudes
le véritable danger n'est pas l'obscurité
le danger est de croire que l'on distingue des formes
lorsque la nuit est encore entière
ce consentement n'est pas une défaite
il est une ascèse
la métaphysique rencontre ici la science
le mystique agit de même
il ne remplit pas le silence avec des images de Dieu
il habite le silence
le poète connaît également cette fidélité
il ne force pas le sens
le courage de suspendre son jugement
le courage de dire
je ne sais pas encore
car l'inconnu n'est pas un vide à remplir
il est une profondeur à respecter
elle en devient la condition
la nuit n'est pas ce qui empêche de voir
elle est parfois ce qui apprend à attendre l'aube
car toute vérité authentique possède ce privilège singulier
elle n'a jamais besoin d'être précipitée