fais honte à ceux qui courent s’oublier dans la foule
ne crains pas de te supporter toi-même
apprends à être seul
demeure en ta présence
ne te fuis pas
reste dans ta chambre
entre dans la cellule du recueillement
rappelle à toi-même les affolés
cesse de chercher le bonheur dans le mouvement
ne te disperse pas dans la foule
renonce à cette prostitution fraternitaire
retrouve en toi le lieu que tu fuis
apprends à demeurer immobile
fais
du retrait
une présence
du silence une demeure
vis l’âme fixée sur l’horloge
maintiens présent dans la chambre le temps qu’elle sonne
fais-en ta pâture
fais-en ta vie
épaissis les rideaux
assieds-toi face à la glace pour ne pas douter de toi
recueille précieusement les moindres atomes du temps
enveloppe-les dans des étoffes sans cesse épaissies
écoute l’horloge
laisse-la te faire du bien


