ce balancement que l'on observe souvent de manière inconsciente est un phénomène fascinant qui touche à la fois à la physiologie à la psychologie et même à une certaine forme de philosophie du corps
sur le plan purement physique la marche humaine
est souvent décrite comme
une chute contrôlée
le pendule inversé
lorsque nous marchons
notre centre de gravité
oscille
le balancement des bras et du buste sert à compenser
la rotation du bassin
ce mouvement de balancier permet
de réguler l'élan
sans ce rythme oscillatoire
le corps dépenserait
beaucoup plus
d'énergie
pour
rester
stable
c'est une recherche de fluidité
plutôt que de rigidité
le balancement a une fonction
d'autorégulation
souvent appelée
stimming dans certains contextes
mais présente chez tout le monde
à des degrés divers
l'effet berceau
le balancement
rappelle les rythmes primordiaux
le rythme cardiaque maternel le bercement de l'enfance
il aide
à apaiser le système nerveux
on se balance souvent davantage quand on est
perdu dans ses pensées
le rythme répétitif du corps libère l'esprit permettant
une réflexion plus profonde
c'est le principe des philosophes péripatéticiens
qui pensaient en marchant
d'un point de vue philosophique ce balancement peut être vu
comme l'expression de notre nature
intermédiaire
entre ciel et terre
l'homme n'est pas un bloc statique il est une oscillation
entre sa volonté de s'élever et le poids
de la gravité
se balancer c'est accepter de ne pas être
parfaitement
droit ou
rigide
c'est épouser le mouvement de la vie
plutôt que de lui résister
comme le suggérait Nietzsche avec l'image du danseur
la sagesse réside dans la souplesse du corps
qui répond au rythme
du monde
notre démarche et son balancement
sont une forme de langage
non-verbal
il peut exprimer l'assurance
un balancement ample et décontracté
il peut trahir une hésitation ou au contraire
une grande détermination
c'est
en quelque sorte
la musique visuelle que nous produisons
en nous déplaçant
dans l'espace