l’être demeure
dans l’absence méprisé ou inconnu
il brûle
sans être lui-même
traverse
la veille le rêve le sommeil profond jusqu’à turīya
le quatrième état où les oppositions
se résorbent sans disparaître
laisse résonner OM depuis la rocaille
élargis
lentement l’espace de conscience jusqu’à ce que le un
ne soit plus séparé du multiple
ni le silence du monde
la voix
se défait dans la lumière
la fleur
répercute son écho
la cascade
jette son blanc dans le noir
le chanvre écorché retient les fibres
d’une trame déjà perdue
dès l’origine
ne cherche plus le fil
écoute ce qui persiste dans la déchirure
le soleil descend sous la voix la lumière se replie
dans l’écho des lumières
écoute ce qui se dérobe sous
ce qui se cache
avance par-dessous toujours plus loin
vers le discret vers l’inaperçu
demeure à l’écoute de ce qui s’en va
sans jamais cesser
de paraître
avance
dans le signe de l’éveilleur
accorde la cithare aux bruits
du monde
aligne
tes replis jusqu’à leur effacement
entre dans la nuit par
les oreilles
deviens
tympan pur
sans défense ni retrait
laisse
le monde vibrer en toi avant même
qu’un son ne devienne
parole
reste éveillé au cœur du cœur
écoute le battement
qui creuse et poursuit
sans attendre notre savoir
suis l’instinct
fibre la folie du muscle
renonce à coïncider avec lui
laisse le soleil germer dans la voix
le cœur passer dans le cœur
et la nuit continuer
son travail obscur
au plus profond
du vivant