au bord de la grande rivière
un pygargue à tête blanche
dernier être vivant au monde
prend son envol
tends l’oreille
quelque chose d’intemporel
te parle
Michel X Côté Alentours
Lionel André / promenades / randonnées / arts / littératures / air du temps
une description littérale
une vaste vallée le sud de la Forêt-Noire
une pente
1 150 mètres
un petit refuge pour skieurs
six mètres
sept mètres
un toit surbaissé
trois pièces
une cuisine
une chambre
un bureau minuscule
le fond étroit de la vallée
l’autre versant
une pente raide
des fermes
de larges étagements
des toits en surplomb
les prés les pâturages la pente
la vieille forêt
les sapins sombres les sapins montent
la montagne monte
au-dessus
le ciel d’été la lumière deux éperviers de larges cercles
l’espace radieux
je regarde les heures
les jours
les nuits
les saisons
la masse des montagnes la roche originelle
les sapins en croissance lente les prés en fleurs la lumière sur l’herbe
le ruisseau dans la nuit d’automne
la neige sur les pentes
la simplicité des hauteurs
tout avance
tout s’accumule
tout traverse la vie quotidienne
ici
dans les hauteurs
vert et bleu aimable et amusant
la grande image
la grande image n'a pas de forme elle embrasse
sans contour ce qui est proche
et ce qui s'éloigne
d'en haut le monde cesse d'être image
il devient étendue
un seul regard sans bord
où chaque point
est le centre
laisser entendre plutôt que dire
laisser la pierre à son
silence
le vent à son passage
un mot
à son bord
ne pas fermer ce qui s'ouvre
vous êtes un beau ciel d'automne clair et rose
le rêve d'un curieux
dire moins
pour que quelque chose
puisse encore
arriver
l'effet de surplomb
d'en haut la terre n'a plus de centre
les routes se défont
les frontières disparaissent