même invisible encore même sans forme
arrêtée
une durée si dense
laisse toujours un dépôt
une lente architecture intérieure
un commencement silencieux que le temps prépare à mon insu
Lionel André / promenades / randonnées / arts / littératures / air du temps
l’axe est posé
le néant est nommé
la ligne traverse le vide
aucune matière ne l’occupe
le centre demeure absent
l’orientation persiste malgré le vide
le point se retire
l’espace reste ouvert
l’axe se maintient
le néant demeure
méandres et néant
je lis
la lecture avance par saccades
l’interruption survient
le livre reste ouvert
quelques pages sont lues
le mouvement reprend
le sens agit
l’attention bascule
quelques pages suffisent
je suis emporté
le hasard
une porte sans intention
dans son apparition imprévisible elle dira
le hasard est-il apparu par hasard
ou bien est-ce notre nom
pour ce qui échappe encore aux formes visibles
de la nécessité
question qui se replie sur elle-même
comme un miroir face à un autre miroir
où la pensée tourne se poursuit s’interroge sans fin
si le hasard a une origine,
alors quelque chose le précède
s’il n’en a pas
il devient peut-être la condition même
à partir de laquelle toute apparition peut advenir