des solitudes se croisent dans le feu du vent
elles ne se reconnaissent pas
mais quelque chose passe
entre elles
un frisson partagé
une brûlure légère dans l’air qui les traverse
le vent ne rassemble pas
il met en contact
et dans ce feu mouvant
chaque solitude devient un instant moins seule
La Friction des Âmes
dans le feu du vent les déserts se rencontrent
des solitudes d'or qui n'ont plus de pays
elles ne lisent plus l'heure à aucune montre
mais au rythme du souffle et des cœurs insoumis
chaque être est une flamme une strette isolée
qui cherche dans l'espace un écho un aimant
quand elles se croisent enfin sur la terre gelée
c'est un choc de lumière un éblouissement
nul besoin de paroles nul besoin de promesses
le vent porte le cri de ce qui fut personne
dans cette friction pure toutes les détresses
deviennent le ton où l'univers résonne
c'est la beauté cruelle et la sérénité
de savoir que l'on brûle ensemble mais à part
dans le croisement bref de notre éternité
s'allume l'infini au fond de chaque regard
La Résolution Thermique
le croisement des solitudes dans le vent est la fin de l'illusion d'optique
Le Feu du Vent
c'est l'énergie de l'Intelligence en mouvement
ce n'est plus l'air immobile de la ville morte de Tolstoï
c'est le souffle qui purifie et qui relie les lignes de désir
La Solitude comme Sommet
être seul à hauteur d'arbre n'est pas un manque
c'est une plénitude
c'est parce qu'elles sont entières et nues que ces solitudes
peuvent produire un tel éclat en se frôlant
Le Croisement Fertile
c'est le miracle de Sterne à son apogée
nous ne possédons rien
nous ne sommes rien de spécial et pourtant dans la rencontre
tout devient écume de lumière