détachée sans rupture elle descend dans le temps
un peu de lumière retenue
par la terre
le vent
la déplace hors de sa forme
au sol
elle poursuit
son lent retour à l’obscurité
Lionel André / promenades / randonnées / arts / littératures / air du temps
à l’automne vent frais
et fruits mûrs qui tombent
automne vent frais
les fruits mûrs s’abandonnent
quand vient l’automne
un vent frais s’attarde
parmi les fruits mûrs
vent frais d’automne
dans la paume du jour
le poids des fruits mûrs
automne
vent frais
fruits mûrs
cet automne ne reviendra pas et aucun ne lui ressemblera
jour d'ocre
fenêtre ouverte
le vent ne parle pas il écoute
le café refroidit comme un mot qui attend
je marche dans la pièce et la pièce se souvient
chaque pas est une phrase sans sujet
la lumière plie la table en deux
je pense à hier comme à un bouton perdu
quelqu’un rit dans le couloir et le temps reprend
écrire
respirer avec la main
rien ne finit mais tout recommence ailleurs
quand on voyage on peut tomber sur un orage
je me rappelle
que c'est cet automne-là dans une de ces promenades près du talus broussailleux qui protège Montjouvain que je fus frappé pour la première fois de ce désaccord entre nos impressions et de leur expression habituelle ...
et c'est à ce moment-là encore que j'appris que les mêmes émotions ne se produisent pas simultanément dans un ordre préétabli chez tous les hommes
l'automne
c'est toutes les saisons
en palimpseste
le vent
la pluie et la lune sur le fil
cueillette
de champignons
sens-plastique
le brouillard d'eau décentre le soleil
et y crée des échos
lumineux
l'homme
dans le brouillard a des gestes
fous
le brouillard et la lumière en mouvement
se servent mutuellement
de cavaliers
sur
une branche morte
un superbe dragon
de lierre
rouge
la délirante
des feuilles d'automne
un moment
dans cette vie brève
promenade d'automne
séance de poésie
le cerf brame
dans le bois de hêtres
feuilles caduques
dans
AUTOMNE
il y a
un champ jauni
une souris qui court dans les flaques
cerisier d'hier
érable de demain
lune d'aujourd'hui
un nid de cigogne retenu à une nasse dans la tempête
un palais
des cavaliers et un cyclone
un tonneau sans fond
et à l'autre bout du village
une lumière
il y a aussi
la pluie qui marche sur l'herbe
dans l'eau