les notes sont posées le chevet est proche du lit le support tient
la main écrit le geste est bref
le papier reçoit les mots restent courts la lecture est immédiate
la note demeure le chevet garde
les notes de chevet ne racontent pas elles déposent
Sei Shônagon
un détail
une humeur
une liste
et cela suffit
rien n’est développé
tout est saisi
comme si écrire revenait à effleurer le monde
sans jamais l’alourdir
ce qui plaît
ce qui irrite
ce qui émeut sans raison
le trivial devient forme
l’instant devient matière
il n’y a pas de hiérarchie
seulement une attention
vive
mobile
précise
chaque fragment est complet
non parce qu’il explique
mais parce qu’il est juste
elles le laissent apparaître
dans la juxtaposition
dans le rythme discret des observations
comme une constellation de moments
où rien ne s’impose
mais tout persiste
écrire ainsi
c’est faire confiance à la nuance
à l’éphémère
à la légèreté
dans cette légèreté quelque chose demeure
une présence
fine
qui traverse le temps
elle recueillera l’instant sans le retenir
et dans ses fragments délicats elle dira
que la vie se révèle dans ce qui passe presque inaperçu
sous la plume de Sei Shônagon
le détail deviendra monde
et l’éphémère



