les gestes pour aller plus vite
ton métaphorique
les gestes les plus lourds
ton métaphorique
les gestes les plus lents
ton métaphorique
Lionel André / promenades / randonnées / arts / littératures / air du temps
ton métaphorique
ton métaphorique
ton métaphorique
j’aime le froid vif pur de pluie ou de brume
j’aime la gelée blanche sur les toits
la lumière très crue
j’aime le matin qui ne promet rien
le vent qui mord les doigts
et nettoie la pensée
j’aime la buée sur la bouche des chevaux
les flaques où le ciel se fatigue
les arbres qui grincent comme des portes anciennes
j’aime le silence avant le pas
le souffle des cheminées dans l’air figé
le linge qui durcit au fil du gel
j’aime la lenteur des jours pâles
la nudité des champs
le gris qui ne cherche pas à plaire
j’aime quand le monde semble en veille
et que tout respire bas
j'aime une beauté sans témoin
j'aime la liberté
j'aime l'air sur la terre fraîche
il lui faut aller à l'air libre
loin de toutes les chambres empoussiérées
j'aime
une œuvre
ancienne pour sa nouveauté
il n'y a
que le contraste
qui nous relie au passé
chaque ombre
à son âme reconnaît la lumière
le temps soudain
aux vitres du sommeil
s’éveille
j’aime ceux qui sont tournés vers le sol
j’aime le sol
je cherche l’or du temps
cet or n’a pas d’âge
aucun trafic financier ne peut l’utiliser ni l’user
Giacometti
lorsqu’il prépara le décor de
En attendant Godot
la pièce de son ami Samuel Beckett
proposa
une figure proche de ses sculptures
un arbre maigre solitaire
toute son œuvre
ne renvoie l’artiste
qu’à sa propre solitude et à son effort
pour la rompre
ne croyez pas que le Destin
soit plus que la densité
de l’Enfance...
ce que
j'ai aimé
que
je l'aie gardé ou non
je l'aimerai
toujours
aspirations vagues...
enthousiasmes...
pensées après le déjeuner...
pulsions émotionnelles...
sentiments qui suivent la satisfaction
des besoins naturels...
éclairs de génie...
agitation
du processus digestif...
apaisement
d'une bonne digestion...
joies inexplicables...
problèmes circulatoires...
souvenirs d'amour...
parfum de jasmin dans la baignoire du matin...
rêves d'amour...
mes goûts particuliers...
chocolat bonbons...
boissons glacées...
cigares somnolents...
cigarettes endormies...
joies de la lenteur...
douceur d'être assis...
excellence
de dormir dans l'obscurité totale....
grande poésie des choses banales...
actualités voyages...
promenades à pieds...
pluie sur la mer...
délire
des nuits fiévreuses
seul avec quelques livres...
montées et descentes
de température et de tempérament...
moments récurrents d'un autre vie...
souvenirs ...
prophéties....
splendeurs de la vie commune et de l'habituel ...
ceci et cela...
Replanté de mes propres mains
Il garde encore le vert que reflétait le ruisseau
Il est encore voilé de la brume humide de la montagne
Je l’ai replanté au soir de mon âge
Il mettra longtemps à grandir
Vivre soixante-dix ans est bien rare
J’aime
votre ténacité devant l’hiver
Et j’aime
votre droiture
Pour vous voir chaque jour
Je vous ai planté devant mes marches
Si la mort ne vous en empêche
Je sais que vous atteindrez les nuages
Pai Chu Yi Bai Juyi) 772-846