dimanche, mai 03, 2026

la limpidité d’eau 

n’est pas seulement une transparence mais une manière 

d’effacer ce qui regarde 


on croit voir à travers mais ce qui se révèle c’est l’absence d’obstacle 

une clarté qui ne retient rien 


l’eau limpide ne garde pas la trace elle laisse passer le monde 

comme si le monde n’avait jamais pesé 


elle ne possède pas la lumière elle 

la laisse être













dans cette offrande silencieuse tout devient 

plus précis 


non parce que quelque chose s’ajoute mais parce que 

rien ne résiste


la limpidité d’eau est une leçon sans voix


être là sans retenir

laisser apparaître sans s’interposer


elle ne cherche pas à être pure elle est pure parce qu’elle 

ne cherche pas


dans cette absence d’effort elle touche à une forme de justesse 

presque invisible


comme si la transparence était une manière de disparaître 

sans quitter


dans cette disparition tout devient présent 

sans épaisseur


une clarté simple

où voir et être vu cessent de se distinguer

comme si le monde passait à travers lui même sans 

jamais se troubler















le bleu est

la couleur fluctue
la surface ondule

aucune rive n’est présente

la limite n’apparaît pas
l’étendue se déploie

le mouvement varie
le regard suit
le bleu persiste

l’absence de rive demeure














la clarté est


la lumière est forte
l’espace est inondé
les formes sont nettes
les contours tranchent

l’éclat se produit

la vision est directe
la lumière persiste
la clarté domine


l’éclat demeure







la nuit est imminente 


la lumière diminue le jour se retire
l’ombre avance le ciel 
s’assombrit


les formes se fondent le contraste baisse 
le silence s’étend la nuit arrive
l’obscurité 
se pose


























le sucre d’améthyste 

tache l’eau du robinet 

comme le jet d’encre d’une imprimante


sur le papier mouillé 

les mots  


mais la poussière s’est dissoute

laissant un liquide à peine perceptible


peut se transmuer

au tintement de la petite cuillère

en une peinture de raisin en sursaturation
















alogon

l’alogon sera une présence sans raison
il échappera aux cadres du sens
dérivera hors des lois
et dans son étrangeté nue il dira



que tout 
n’est pas fait 
pour être compris





l’alogon est posé

















le logos est absent
la raison n’est pas engagée
la parole ne structure pas
le sens n’est pas formulé
la pensée ne se fixe pas
l’ordre ne s’établit pas
l’état reste sans discours
l’alogon persiste


l’absence demeure






alogon ne se comprend pas 

il se tient au bord de ce qui échappe


ce n’est pas l’absence de logique 

mais 

un dehors de la logique 

un lieu où les raisons cessent de se suivre et commencent

à se dissoudre



le logos cherche à relier à ordonner à dire pourquoi

l’alogon laisse être sans pourquoi


il n’est pas chaos au sens d’un désordre 

il est plutôt

une antériorité 

une zone où le sens n’a pas encore pris forme 

ou a déjà cessé d’en avoir besoin


dans l’alogon les choses ne signifient pas 

elles apparaissent

elles ne renvoient pas 

elles insistent



c’est un espace 

où la pensée ne progresse plus 

mais s’ouvre comme si comprendre 

devenait secondaire face au simple fait d’être en présence



peut être que l’alogon est ce qui subsiste 

quand toute explication 

s’épuise



une nudité du réel 

sans médiation sans justification


dans cette nudité il n’y a ni erreur ni vérité seulement 

une évidence brute qui ne se laisse ni saisir ni traduire


comme un silence qui ne manque de rien

comme une présence qui n’a pas besoin 

d’être comprise pour être

totale











la philosophie classique 
fonctionne souvent comme ça 

un problème 

une origine → une démonstration → une conclusion



version rhizomatique 

pas d’origine unique
pas de centre
pas d’ordre imposé


tu peux commencer n’importe où 


une intuition
une phrase
une image
une expérience vécue

et ensuite tu connectes




















penser par connexions et non par déductions

au lieu de dire 
donc → conclusion logique

essaie 
ça me fait penser à → connexion inattendue



exemple 

un concept philosophique → une scène de film → 
une sensation → une idée politique

le but n’est pas d’être
rigoureux au sens classique mais productif 

créer des idées nouvelles
suivre les lignes de fuite

quand une idée devient trop stable trop évidente 
ne la solidifie pas
fais-la fuir

pose-toi 

où ça pourrait aller autrement 
qu’est-ce que ça exclut 
quelle variation la transformerait complètement 





penser
ce n’est pas stabiliser 

c’est faire varier

écrire 
comme une carte pas comme un système

au lieu d’un plan classique 
introduction / développement / conclusion

essaie 

fragments
blocs
entrées multiples

ton texte devient 
une carte qu’on explore
pas une démonstration qu’on suit



accepter la multiplicité et même la contradiction

dans une pensée rhizomatique 

tu peux tenir plusieurs idées en tension
sans les résoudre immédiatement

ce n’est pas un défaut — c’est une richesse

expérimenter 
philosopher = tester


pour Deleuze 
philosopher ce n’est pas seulement analyser 
c’est expérimenter des concepts


concrètement 

prends une idée
déplace-la
teste-la dans d’autres contextes

comme un laboratoire mental





penser 
de manière rhizomatique 
c’est 




commencer n’importe où

créer des connexions multiples

suivre des lignes de fuite

écrire comme une cartographie vivante

privilégier la création à la démonstration






















le rhizome 

n’est pas seulement une pensée qui refuse la ligne droite 

c’est une manière d’exister 


sans centre 

sans hiérarchie 

sans origine unique


chez Gilles Deleuze et Félix Guattari 

le rhizome ne pense pas le monde 

il pousse dedans














il avance par voisinages imprévus par bifurcations 

qui ne cherchent pas à converger 

il relie ce qui n’était pas destiné 

à se rencontrer


une idée y touche une autre 

non parce qu’elle la suit mais parce qu’elle la croise


il n’y a pas de début seulement des points d’entrée

pas de fin seulement 

des intensités qui varient


le sens ne se développe pas 

il circule


comme une racine souterraine qui n’obéit à aucun plan 

mais qui explore 

insiste dévie 

revient ailleurs


penser en rhizome 

c’est accepter que la cohérence

 ne soit pas donnée d’avance 

mais qu’elle émerge des connexions elles mêmes


c’est une pensée qui ne construit pas un arbre 

mais qui prolifère


une cartographie sans modèle 

une dérive fertile où chaque point peut devenir centre 

sans jamais le rester


dans ce mouvement la pensée 

cesse d’expliquer 

pour commencer à relier


non pas comprendre une chose

mais sentir comment elle se branche à d’autres

et à d’autres encore

sans fin

sans sommet

sans repos




le rhizome 
sera une pensée sans centre

il se déploiera sous la surface
multipliant les passages

dans son réseau sans hiérarchie il dira
que croître c’est se relier plutôt que s’élever



le rhizome est


la tige est souterraine
les racines s’étendent
les points se connectent


la croissance est horizontale
aucun centre n’est fixé


les lignes se multiplient
les nœuds apparaissent
le réseau se développe


le rhizome demeure

















lignes de fuite

tentative expérimentale fragmentée à la limite du lisible


ça file  

sans sujet  sans départ

ligne déjà là 

avant le point


fissure dans l’habitude  

pas vue 

opérante  















agencement  ça tient


non
ça glisse














corps 


non  surface de passage 

intensités 

collées-décollées


micro-déviation  

monde qui bascule imperceptible 


pas fuir
mais faire fuir
le système par lui-même


ça perce  


territoire = ralentissement

rien de stable


flux  coupure  

reprise  

flux  



un mot trébuche


sens déraille
autre circuit


pas de centre  

seulement des seuils qui propagent  


ligne de fuite 


ni droite
ni fuite
mais vitesse


devenir sans forme  


ça insiste
ça insiste encore



sans mémoire 

sans fin


quelque chose passe  

personne  




lignes de fuite

vers le bruit pur presque au bord de la dissolution 


ça 
pas ça

déjà déplacé  


ligne 

non
traînée


ça file ça file 

ça file  

rupture sans point  



corps 

( )

se traverse

intensité

↑  

chute  

reprise  


rien tient  

ça insiste  


////
////
////


micro-coupure = prolifération  


sens 
court-circuit
rebranche ailleurs



pas de dedans  

pas de dehors  

seulement passage  


ça perce  

sans trou  




territoire 
ralentir
cède



fuite 

non  

vitesse pure  


dé- / re- / dé- / re-  


seuil seuil seuil  


quelque chose  

pas quelqu’un

passe  


disparaît   

mais non  


ça continue
sans ligne
sans fin
sans origine


~~~~~~~~~  


















lignes de fuite 
comme pures intensités sans récit ni sujet stable 



ça ne commence pas  ça prend

une ligne ne fuit pas  elle trace une consistance ailleurs

le point craque devient vecteur




aucune origine seulement des variations de vitesse

un agencement se tend  une fuite le traverse

ce qui s’organise se défait déjà dans ses propres bords

















il n’y a pas de dehors  seulement des sorties

une intensité glisse hors de ses coordonnées

le territoire n’est qu’un ralentissement provisoire



déterritorialiser  non pas partir mais changer de régime

ça bifurque sans prévenir sans sujet pour dire je

les seuils ne séparent pas  ils propagent



une ligne de fuite n’est pas individuelle  elle est machinique

le réel se distribue en flux coupures reprises

un corps n’est pas un corps  c’est une zone de passage



le sens ne précède rien  il circule ou se bloque

l’événement n’arrive pas  il insiste

ce qui fuit ne manque pas  ça produit




une carte se déplie là où il n’y avait qu’un tracé

rien ne s’échappe sans reconfigurer tout l’agencement




























lignes de fuite 
comme micro-événements de pensée et de devenir 


le quotidien ne se répète jamais 
il insiste mais chaque fois autrement

dans l’habitude quelque chose dévie 
et c’est là que commence 
une pensée

le geste automatique contient 
une bifurcation invisible



on ne quitte pas une situation  
elle se fissure de l’intérieur

ce qui semblait stable révèle 
une vitesse cachée

un détail 
arrache le réel à son évidence



















le temps ne passe pas 
il se plie se disperse s’échappe par fragments

une contrainte trop forte 
engendre sa propre ligne de fuite





on ne choisit pas toujours de partir  
parfois c’est le monde qui cesse de tenir


l’identité ne tombe pas d’un coup 
elle se délite par petites variations



ce qui déborde n’est pas un excès
mais une autre organisation possible

une rencontre n’ajoute rien  
elle reconfigure tout un champ




penser 
c’est suivre 
une ligne qui n’existait pas encore


le sens ne se découvre pas 
il se produit dans la dérive


chaque situation porte en elle 
sa propre échappée





























lignes de fuite brèves du quotidien


le café du matin déborde légèrement 

et soudain la journée ne suit plus le programme


dans le métro

quelqu’un lit à voix basse 

les mots s’échappent et redessinent tout le wagon



une rue inconnue prise par erreur 

devient 

un territoire à explorer















le mail urgent reste sans réponse 

à la place

une idée naît et s’obstine



un rire inattendu 

au milieu d’une conversation sérieuse 

fissure les rôles établis


le téléphone s’éteint 

le monde ne disparaît pas

il change de rythme



une chanson entendue au hasard 

transforme le trajet 

en film intérieur



le regard croisé d’un inconnu 

suspend un instant toutes les identités



un geste répété mille fois 

fermer une porte lacer une chaussure 

devient soudain étrange



la fatigue pousse à s’arrêter 

et dans cet arrêt autre chose commence



un enfant pose une question absurde 

qui rend le réel instable


un objet oublié au fond d’un tiroir 

ouvre une mémoire imprévue


la pluie oblige à ralentir 

la ville devient autre presque étrangère


un plan annulé libère un temps sans forme 

disponible à l’imprévu


un mot mal prononcé crée un sens nouveau

involontaire mais juste


















Les lignes de fuite 

un concept central 
dans la pensée de Gilles Deleuze 
souvent avec Félix Guattari notamment dans leur livre 

Mille Plateaux








qu’est-ce qu’une ligne de fuite

contrairement à ce que le mot fuite pourrait suggérer
il ne s’agit pas simplement de s’échapper 
lâchement ou de fuir 
une situation


















chez Deleuze 
une ligne de fuite désigne plutôt 

un mouvement de transformation
une rupture avec un cadre établi social psychique politique
une ouverture vers quelque chose de nouveau


c’est  une dynamique créatrice 
on quitte une structure rigide pour inventer 
autre chose

une idée 
liée au désir et au devenir

les lignes de fuite sont liées 
à la manière dont Deleuze conçoit 
le désir 

le désir n’est pas un manque 
comme chez Sigmund Freud

mais 
une force productive qui crée 
des réalités

une ligne de fuite
c’est le moment où ce désir trouve une issue et produit
un devenir

devenir autre
devenir libre autrement
devenir imprévisible



imagine 
quelqu’un coincé 
dans 

un travail très normé
une identité sociale rigide


une ligne de fuite pourrait être 
changer radicalement de mode de vie

créer 
une œuvre

s’engager 
dans une pratique artistique ou politique


attention 
ce n’est pas juste partir

c’est inventer une nouvelle manière d’exister



dans la pensée de Deleuze et Guattari
il y a toujours tension entre 

les structures 
ordre règles institutions

les lignes de fuite 
déterritorialisation mouvement création



les lignes de fuite 
permettent de désorganiser 
les systèmes 
figés

mais 

elles peuvent être libératrices
ou parfois dangereuses 

elles peuvent mener 
au chaos ou à l’autodestruction





une ligne de fuite

c’est 

une sortie hors d’un système
une force de création et de transformation


un processus de devenir 
plutôt qu’un simple 
départ
















































la conscience thétique  
un acte qui pose le monde


elle affirmera l’être en le désignant
sans détour ni retrait

dans ce geste d’évidence
elle dira


penser
c’est faire apparaître ce qui 
se tient 



















la conscience thétique n’est pas un objet de pensée mais 
le geste même par lequel quelque chose 
est posé comme 
étant



elle n’ajoute rien au monde elle l’affirme silencieusement 
elle dit oui sans mot à ce qui apparaît


dans cet acte rien ne se détache encore il n’y a pas de distance 
entre voir et ce qui est vu seulement 
une présence qui se tient


c’est une lumière sans commentaire une évidence 
avant toute réflexion où le réel est 
simplement là offert sans 
justification



la conscience thétique ne doute pas elle ne compare pas 
elle ne cherche pas 
elle pose



elle pose le monde comme présence et dans ce geste
elle se pose elle même 
sans se regarder



il n’y a pas encore de retour sur soi pas de division seulement 
une coïncidence immédiate 
avec ce qui se donne



dans cette simplicité tout est contenu la possibilité du recul
de la question du doute comme 
des plis encore invisibles



la conscience thétique est ce premier seuil où être et apparaître 
ne font qu’un où le réel n’est pas interprété 
mais simplement affirmé


un oui originaire sans voix une adhésion sans effort 
qui laisse le monde être là


dans ce là il n’y a rien à expliquer seulement à reconnaître 
comme si voir suffisait à faire exister


peut être que toute pensée n’est ensuite qu’un détour 
qui tente de retrouver cette première évidence
sans jamais pouvoir l’épuiser




la conscience se pose


l’acte est thétique
la chose est visée
la présence est affirmée
l’objet est constitué
le sens est posé


l’attention se fixe
la position se maintient
la conscience demeure


l’acte persiste















la vie est dite nouvelle


le commencement a lieu
l’état change

une forme commence


le passé s’écarte
le présent se pose
le mouvement s’ouvre
la vie se renouvelle
le processus continue


la vie demeure nouvelle





Vita Nova 








n’est pas une vie nouvelle au sens d’un recommencement mais 
un déplacement du regard une manière d’habiter 
le même monde comme s’il venait 
d’apparaître


le réel ne change pas et pourtant tout s’allège comme si 
ce qui pesait n’était pas les choses mais 
la manière de les porter


dans cette vie là chaque instant n’est plus un passage mais 
une ouverture une naissance qui ne s’accumule pas 
mais se donne entièrement puis se retire


le passé cesse d’être un poids il devient une profondeur 
le futur cesse d’être une attente il devient 
une disponibilité


vita nova est une simplicité retrouvée non pas naïve mais
traversée comme une clarté qui a connu l’ombre 
et n’a plus besoin de la fuir


on ne cherche plus à devenir on commence à être 
sans justification sans projet nécessaire 
comme si exister suffisait
à lui même


dans cette suffisance il n’y a ni fermeture ni inertie mais 
une fluidité calme une manière d’aller 
sans vouloir arriver


chaque chose y est plus précise non parce qu’elle est expliquée 
mais parce qu’elle est laissée 
à sa propre évidence


vita nova 
est peut être cela 

une fidélité à l’instant qui ne retient rien 
mais qui accueille tout 
sans résistance


une naissance continue qui ne fait pas de bruit mais 
qui transforme tout ce qu’elle touche 
en présence simple


dans cette présence il n’y a rien à ajouter rien à retrancher 
seulement à demeurer là où la vie cesse d’être 
un problème et devient un fait lumineux 
sans commentaire











La Vita Nova 
une naissance au cœur de la vie


elle s’ouvrira comme une seconde aube dans l’âme
et dans ce recommencement intime elle dira
que vivre peut toujours commencer 
autrement




























le voyage à vélo est un art

non pas parce qu’il produit des œuvres visibles 

mais parce qu’il transforme 

celui qui le pratique



c’est un art 

sans galerie

sans spectateurs

dont la matière première est le monde et dont l’atelier

est le mouvement lui-même
















sur un plan ontologique 

le voyage à vélo modifie notre manière 

d’être au monde 


contrairement aux moyens de transport motorisés 

il ne nous arrache pas à l’espace  

il nous y inscrit pleinement




le cycliste n’est ni tout à fait dedans 

ni tout à fait dehors 


il est exposé

traversé par le vent

la lumière

les odeurs



il n’habite pas le monde comme un décor

mais comme 

une continuité




chaque coup de pédale est une affirmation d’existence

une preuve incarnée que le corps et l’espace 

ne sont pas séparés mais liés 

par un effort vivant




le vélo abolit la distance abstraite pour la rendre sensible 
 

les kilomètres deviennent fatigue

chaleur

souffle 


être ici c’est avancer



philosophiquement

ce type de voyage engage 

une éthique de la lenteur et de la mesure




il s’oppose 

à la logique de l’instantané 

et de la consommation rapide du monde




à vélo on ne fait pas un pays

on le traverse réellement

c’est-à-dire qu’on accepte 

sa durée

ses résistances 

ses reliefs





il y a 

une humilité dans cette pratique 


gravir une côte rappelle les limites du corps

descendre une vallée rappelle 

la gratuité du plaisir




le cycliste apprend à composer avec ce qui est 

plutôt qu’à le dominer


en cela

le voyage à vélo est 

une école de patience et d’attention

presque une ascèse douce




une dimension existentielle 

pédaler

c’est entrer dans un rythme qui finit par dissoudre 

le tumulte intérieur


les pensées deviennent cycliques 

comme 

les tours de roue


le monde extérieur et le monde intérieur 

se mettent à l’unisson 


on ne cherche plus forcément une destination  

on habite le trajet



le sens ne se trouve plus au bout

mais dans la répétition même du geste


cette expérience touche 

une forme de méditation en mouvement


le sujet 

cesse de se percevoir comme centre pour devenir 

flux parmi les flux



poétiquement 

le voyage à vélo 

est 

une écriture sans mots



le paysage défile

mais pas comme un film 

comme une phrase longue ponctuée de silences

de montées

de haltes



le corps devient 

instrument de perception fine 



une variation de vent 

est

une nuance


une odeur de terre humide 

est 

une image


une route sinueuse 

est 

une métaphore



le cycliste compose avec ce qu’il ne maîtrise pas

il improvise avec la pluie 

dialogue avec la route

épouse les lignes du territoire




c’est un art de la relation


et puis il y a cette beauté particulière 

celle de l’effort inutile au regard du monde productif


aller quelque part lentement

par ses propres moyens

sans autre justification que l’expérience elle-même 

c’est déjà une forme de résistance poétique



le voyage à vélo 

ne produit rien d’autre que de la présence


cette présence est pleine

dense

presque lumineuse



ainsi

dire que le voyage à vélo est un art

c’est reconnaître qu’il engage 

une manière d’être

une manière de penser

une manière de sentir
 






un art discret

fragile

mais profondément transformateur  

celui de se déplacer 

sans se fuir




























un pas de philosophe 
sera une lenteur choisie

il avancera moins 
pour atteindre que pour interroger

dans son hésitation féconde il dira
que penser c’est apprendre à marcher sans certitude




















le pas est posé


le philosophe marche
le pied touche le sol
le mouvement est lent
le regard observe
la pensée accompagne
le pas se répète
le trajet se forme
le pas continue


le philosophe avance



***








les rives du silence ne sont pas des limites 

mais des approches 


des zones où le monde ralentit assez 

pour se laisser entendre 

sans bruit



ce n’est pas l’absence de son 

mais une densité plus fine 

où chaque chose cesse de se dire 

pour simplement être



on y arrive sans marche 

comme si quelque chose en nous 

se déposait avant même d’avoir compris





là le temps ne passe plus il s’étale 

il devient surface calme 

où les pensées perdent leur contour et se fondent 

dans une présence plus vaste





les rives du silence sont peut être cet endroit intérieur 

où rien n’est séparé 

où le regard n’a plus besoin de saisir 

pour reconnaître



ce qui était extérieur devient proche 

ce qui semblait vide devient plein d’une attention 

sans objet



dans cette proximité sans forme 

il n’y a plus de question à poser 

seulement une écoute qui ne vise rien

comme si le monde cessait d’être monde 

pour devenir simple apparition sans commentaire



et nous avec lui 

moins définis moins insistants 

presque transparents 

à ce qui est



peut être que les rives du silence ne sont pas un lieu 

mais un passage une manière d’être au seuil de tout 

sans chercher à entrer




un équilibre fragile 

où exister suffit sans avoir à se nommer




dans cet équilibre 

quelque chose demeure intact 

une paix sans origine qui ne dépend de rien et pourtant 

soutient tout


























Ne désespérez jamais. Faites infuser davantage.
Henri Michaux , Face aux verrous.

Du "Dao" originel
du commencement du réel
des signes célestes
des formes terrestres
des règles saisonnières
de l'examen des choses obscures
des esprits essentiels
de la chaîne originelle
de l'art du maître
des évaluations fallacieuses
de l'équivalence des moeurs
des résonances du "Dao"
de l'inconstance des choses
des paroles probantes
de l'utilisation des armes
montagne de propos
forêt de propos
du monde des hommes
du devoir de se cultiver
de la synthèse ultime


"ô le plus violent paradis"

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E.O E.P. EA EAIO EB écart énigme Echenoz échos Echos L.A. Eckhart Tolle Eco Ecosse écoute écritures Eddas EDG EDJ EDLCDS EDLF Edmond Jabès EDO EIJS elle ELLEDIT ELLELL Elles Ellul EM Emerson Empédocle EN ENCORE encres et musique Encres et peintures Ennéade ennui EnSof Entre entrelacs environnement Eons EPE épiphanies épistémologie EPLA époché Eranos ère ERRER Escher ESE Eshleman Esnault ESPA Espace Espitallier essais EST ét été Etel Adnan ETLPDMP Etna étoile Etymologie Eucharistie Euler évangile Eventail Exergue F F.A. F.EAA F.O F.Pirates FAA Fable Fadeur faits FAJ Fantasy Faune Fayçal fenêtre Fengliu feu Fiction Films FiniSol Finkielkraut FIVE FL Flore fmr FNAR Foligno Forest Formalisme Foucault Fourcade Fourier FP FQPCC Fractales fragm Fragme Fragments France François Cheng Frappat Frémon Fréquences Froid Fugue Fuji Futur G.C.L. 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IA ici idéogrammatique IDLR IFE Igitur il Illuminations illuminer illuminisme ILVLA ilya immédiat immédiatement Impensable impératif imperceptible Impresses Index individu Infini Infinitif initiales inquiétude Insectes installation instant Internet Interrompre invisible Irwin Ishihara Isidore Isis isolato Issa italiques Ivsic J-P Michel J.J.F.W. J.J.U. J.L.P Jaccottet jaime Jakobson Jankélévitch JANUS Jardin JAZ JBE JCERDM JDLF JDS JE JE & Jean jean Daive Jean Michel Lou JELRLT Jesuis Jésus jeu JHN Jirgl Joan Mitchell John Cage Jouffroy jour jour17 Journal Jours jours17 Jousse JR Juarroz Jullien JYL K.G K.K Kabîr Kafka Kairos Kaplan Kapoor Kastrup Kathleen Raine Katué Kawara Kay Ryan KDCN KDICK Keats Kenneth White Kerouac Khazar Khlebnikov khôra Kiarostami Kingsley Kircher KK KLTDD koan Koons Koshkonong Kosuth KOUA Kral Kuhn Kundera Kunitz Kybalion Kyoto L.A.S L.D. L.R.des Forêts L.S L'EI La Croix La parole de l'autre La vie de la montagne labyrinthe lac Lacs LADR lafabrique Laforgue Lagopède LALELES Lamantin LAME Lapiaz Laporte Roger Larry Eigner latin Laugier Laurent Margantin LBA LCC LCD LCDI LCDJ LCDP LCI LCR LCS LD LDB LDF LDLH LDM LDMC LDMH LDR LDS LDV Le Clézio Le Livre Le poème LEC LECDF LECLA Lectures LEDUI LEE Lee Ufan LEF légende légumes Leibniz Leibovici Leili Anvar Lely lensball lepoète Les eaux Les empereurs Les fils Les oiseaux lesoi Lespiau Lessing Lettres Lev Rubinstein Lex1 lex2 lex3 lex5 lex7 lex8 Lexie Lexique LFDH LFDLP LFDP LFDRT LFMR LFQ LGD LGDE LGDFASP LGDLM LGDP LGPDB LGS LGTDLP LGVDLH LHDD LHS LIDT lieux Lieux-source lièvre Ligne7 lignes Lionel André éclats Lionel André éditions Lionel André encres Lionel André photographies Lionel André randonnées LIQV Lisa Cairns list listes littéralité livrelit LJDP LLDLI LLDME LLDO LLDP LLDQ LLL LMDDDLH LMDF LMDLE LMDM LMV LO LOAN LODL LOGOS lois London Lorand Gaspar Lorenzo Menoud Louise Bourgeois Louise Glück LPC LPDLE LPDP LPDS LPI LPM LQDLE LRDD LRDP LRDR LRDT LRED LSDA LSDS LSDV LSMT LSNDLR LTDS LTO LTR LUELADC Lune Lupasco Lus & Mus Lux LV; LVB.TDSDC LVDDP LVDT LVESO LVLTDLO LVMDE Lyn Hejinian Lynn Schwartz M M.Caron M.Craig-Martin M.S.M M.Trinité Ma Macedonio Fernandez Machado Maestri Maggiore Maïakovski Mains maintenant Mais Mallarmé Malrieux Mandalas Mandelstam MANEKINEKO Manganelli Manifeste Manon mantra Manuel Joseph manuscrit Manzoni Map Marchand Marcheurs Marelle Marie Martin Ziegler Marx Masao Yamamoto masque Massera Matinaux Matsui Matta-Clarck Matton Mauguin Mavis Karn maximes MBK MBO MC McCord MCH McLuhan MDA MDC MDLADLE MDLF MDOU MEC Mécanisme Méditations Meillassoux Mélusine mémoire Memories Menus Meraviglia Merci Mercredi Mercure Merton Thomas messages Mesure Métamorphoses Métaphysique Métis Metro MFRC MG Michon micro microcosme mieux Millet Milton Mina Loy Misrahi Miura ori MJNYCR MK monade Mondo Monostiques Monosyllabes Montagnes et Glaciers Montagnes poèmes Montaigne Montale Monteiro Moore Morris mot mots Moving mp3 MPUSPM MSerres MTAS murmure Murphy Murs et Fenêtres Muscle Musil Musique MWLG Mystères MZD N N.M Nabokov Nadja Nagarjuna Nagori Nancy Napoli Narnia Nassim Haramein Nathaniel Tarn Nature Nauman NDBDP NDDP NDLT Néant Négation Neiges Neil Mills Némésis Nerval neuf Nice Niedecker Nietzsche Nirupana NLJNLH NOBUO noeuds Noguez Noir nOmbres Nonnos Norge NOTEPAD Notes-Book Notes-Rapides Notifications NOUS noûs Nouveautés Novae Novalis Novarina NP NPhS NRSNPEM Nuages Nuits O.Pé Oberland objets Objets d'Amérique Oblomov Ockham Octaèdre ODIN ODSI œil OELDT Ogadine Olivier Cadiot OLR OM ON ondes Onfray onthologie Opalka Oph. 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SDM Sel selon SELP Seneca Sénèque Sengaï SGM Shakespeare Shitao Shiva Shônagon SI Sicard signal Signes Signets Sikelianos silenc SILENCE Silesius Silliman Simmel Simon Cutts Sinclair singularité Situation Sivan six SJDC Skalova Ski SLFDM soleil solénoïde Solutré Sommeil Sonnets Sons Sor Juana Sôseki Soto Soufi Soufre Soulages Souligne Sous le Pas SP SPHS SPiced Spicer Spinoza Spira spirale sport SPRCGB SPSLSA Squires SSM Stéfan Stein Steiner steppe Stromboli Structure Suarès SUBHDLH Suchère Suel suite Sun Tzu sur Suso sutras Swensen Sydney Banks Synchronicité synonymes Synopsis T T.A T.C T.R T.S.Eliot Tabarini Takis Tanizaki tantôt TAOPY Tardy Tarkos TC Tchékhov TDQ TDUESDS TEL Temps Temps probable TeneT Tétralemme TEXTES Thalès Thé Théorie Tholomé Thoreau timbres TINTIN Tissu Titres TLP TN TNS Tocqueville Todtnauberg tomates TOPOS Torque Toscane Toujours TouT TP TP.BN Traces Tractatus Traduire Trains Transe translucide TRICTRAC Triste époque Tsvetaeva TT TU Tumulte Tunnel Tweets Twillight Typoésie u.p.d.d.v UCCDC UCDD UDP UJAAB UJAJS Ukraine ULDL ULDLLA Ulysse UMO UMP UN UNM unmot UPDS UPSA usura UVD V V.E V.I. 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