il y a
le jour
puis le souffle
puis rien
le rien
ouvre
le silence
voit
le vent
pense
la pierre
attend
l'eau
se souvient
la montagne
ne monte pas
elle demeure
le ciel
ne passe pas
c'est nous
un pas
encore un
le monde
n'ajoute rien
le monde
retire
chaque chose
revient
à sa simplicité
respirer
regarder
ne pas nommer
le nom
est déjà
une distance
avant le mot
la présence
avant la pensée
l'espace
avant le désir
l'ouverture
l'infime
porte
l'immense
une herbe
toute la terre
une goutte
toute la pluie
une lumière
tout le jour
le vide
n'est pas
l'absence
le vide
est disponible
le silence
n'est pas
muet
il écoute
rien
à comprendre
rien
à atteindre
seulement
être
le souffle
le souffle
le souffle
puis
le monde
sans bord
le temps
sans durée
la lumière
sans contraire
ici
toujours
Ici
le glacier
ne va nulle part
il descend
sans quitter
l'origine
blanc
toujours plus blanc
silence
toujours plus silence
la neige
se souvient
la glace
oublie
l'eau
attend
la pierre
respire
le froid
éclaire
le ciel
est dedans
chaque cristal
une pensée
sans penseur
chaque faille
une lumière
sans ombre
rien
ne presse
rien
ne retarde
le temps
se dépose
le temps
fond
le vide
prend forme
la forme
retourne
au vide
écoute
le craquement
écoute
le blanc
écoute
ce qui
ne parle pas
le glacier
ne possède rien
c'est pourquoi
il donne
il ne retient
que la lumière
il ne garde
que le ciel
marche
sans laisser
de trace
respire
comme
la neige
regarde
comme
la pierre
demeure
comme
la glace
puis
laisse fondre
le nom
le visage
le désir
il reste
le souffle
le blanc
l'immense
le glacier
le glacier
le glacier
jusqu'à ce que
celui qui regarde
devienne
l'espace
même
du regard
Pierre
Pierre
Pierre
Puis
Vent
Vent
Vent
Puis
Eau
Eau
Eau
Puis
Lumière
Lumière
Lumière
Puis
Blanc
Blanc
Blanc
Puis
Silence
Silence
Silence
Respire
Pierre
Respire
Vent
Respire
Eau
Respire
Lumière
Le vent
Dans la pierre
La pierre
Dans l'eau
L'eau
Dans la lumière
La lumière
Dans le blanc
Le blanc
Dans le silence
Encore
Pierre
Vent
Eau
Lumière
Blanc
Silence
Encore
Rien
À ajouter
Rien
À retirer
Seulement
Pierre
Vent
Eau
Lumière
Blanc
Silence
Le monde
Tient
Dans ces mots
Le souffle
Tient
Dans ce monde
Pierre
Vent
Eau
Lumière
Blanc
Silence
Jusqu'à
Ce que
Le mot
Ne soit plus
Un mot
Mais
Pierre
Vent
Eau
Lumière
Blanc
Silence
Puis
Le souffle
Sans mot
Puis
Le silence
Sans silence
le blanc
n'attend pas
le mot
le mot
attend
le blanc
avant
la page
il y a
l'ouverture
le vide
n'est pas
vide
il est
assez vaste
pour
une pierre
une herbe
une neige
un ciel
chaque mot
arrive
de très loin
et
retourne
plus loin
encore
ne rien remplir
ne rien prouver
ne rien retenir
le blanc
porte
le monde
sans le porter
une montagne
suffit
une eau
suffit
un souffle
suffit
le peu
ouvre
plus
que l'abondance
le silence
n'entoure pas
le poème
il est
le poème
le mot
ne dit rien
il montre
où regarder
puis
il s'efface
le regard
demeure
le souffle
demeure
le blanc
demeure
l'incréé
n'a
ni commencement
ni fin
seulement
une présence
qui
n'a jamais
eu besoin
de paraître
le dernier mot
revient
au blanc
comme
la neige
revient
au glacier
comme
la rivière
revient
à la pluie
comme
le souffle
revient
à l'invisible
alors
la page
cesse
d'être
une page
elle devient
l'espace
où
ce qui est
n'a plus
besoin
de nom