le livre ouvert la lumière entre
une page puis une autre le vent tourne les feuilles rien à comprendre rien à conquérir lire comme on marche comme on respire laisser venir laisser passer les mots dans le jour le jour dans les mots il fait lecture le ciel est là et cela suffit
une limite puis une autre
chaque chose son contour chaque forme sa séparation mais le monde déborde il rassemble ce qui ne se ressemble pas pierre eau vent lumière autant de mondes dans un seul monde la clôture se multiplie l'espace s'ouvre et le regard passe entre les formes sans chercher à les réunir le pluriel n'est pas la dispersion il est l'immense dans ses différences
la terre retient la pierre pèse le corps descend
et pourtant
quelque chose monte
une poussée obscure au fond de la matière
la racine descend
pour que l'arbre s'élève
le poids
est peut-être
la condition de l'envol
porter la terre
dans son ascension
porter le sol
dans la lumière
ne pas fuir la pesanteur
mais la traverser
s'élever
avec tout ce qui
nous retient

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire