63
Hoener
choisira la part qu'il voudra
les enfants des deux frères bâtirons le vaste
Yindhen
me comprenez-vous
oui ou non
?
Lionel André / promenades / randonnées / arts / littératures / air du temps
un sentiment de liberté de légèreté d’insouciance
une impression d’ivresse passagère
un nuage de poussière
une exploration esthétique
une chose
un objet
un élément du monde
un monde du monde
un rayon de soleil
une boisson fraîche quand on a soif
une caresse quand on se sent seul
un exemple rare de singularité
je
voudrais
m’envoler
un sourire
un éclat de rire
une explosion salutaire
un tambour géant sa musique cadencée envahit tout l’espace
je suis sûr que vous finirez par l’entendre
jamais la Terre ou le soleil ne s'arrêtent
la ruse ne peut entraver le courant de l'air
il m’emporte
me comprenez-vous
?
64
elle voit
un palais plus beau que le soleil
et couvert d'or
sur Gilme-la-Haute
les races bonnes
y seront heureuses éternellement
*
la poésie est avant tout affaire de forme...
elle refuse le mot propre en lui substituant...
une périphrase ou métaphore...
elle laisse toute liberté à l'agencement des mots...
au mépris de la syntaxe...
elle permet ainsi des combinaisons infinies...
j'avance sur ma route
elle n'existe que par ma marche
jamais
je n'ai tant pensé
tant existé
tant été moi si j'ose dire
que dans les voyages que j'ai fais seul
et à pied
cloître de l'abbayes Saint-Pierre de Moissac
16ème examen
laisse les fous agir
et sans but et sans cause
tu dois
dans le présent contempler
l'avenir
c'est à dire tu dois considérer quels seront les résultats de telle ou telle action et songer que ces résultats sont dépendants de ta volonté tandis que l'action demeure en suspens et libres tandis qu'ils sont encore à naître deviendront le domaine de la Nécessité à l'instant où l'action sera exécutée et croissant dans le passé une fois qu'ils auront pris naissance concourront à former le canevas d'un nouvel avenir
remarquons bien ceci
l'avenir se compose du passé
c'est-à-dire que la route que l'homme parcourt dans le temps, et qu'il modifie au moyen de la puissance libre de sa volonté il l'a déjà parcourue et modifiée de la même manière, pour me servir d'une image sensible que la terre décrivant son orbite annuelle autour du soleil selon le système moderne parcourt les mêmes espaces et voit se déployer autour d'elle à peu près les mêmes aspects :
en sorte que suivant de nouveau une route qu'il s'est tracée l'homme pourrait non seulement y reconnaître l'empreinte de ses pas, mais prévoir d'avance les objets qu'il va y rencontrer puisqu'il les a déjà vus si sa mémoire en conservait l'image et si cette image n'était point effacée par une suite nécessaire de sa nature et des lois providentielles qui le régissent
le principe par lequel on posait que l'avenir n'est qu'un retour du passé ne suffisait donc pas pour en connaître même le canevas
on avait besoin d'un second principe, et ce principe annoncé ouvertement dans les Vers dorés, ainsi que nous le verrons plus loin était celui par lequel on établissait que la Nature est semblable partout et par conséquent que son action étant uniforme dans la plus petite sphère comme dans la plus grande dans la plus haute comme dans la plus basse, on peut inférer de l'une à l'autre, et prononcer par analogie
ce principe découlait du dogme antique sur l'animation de l'Univers tant en général qu'en particulier dogme consacré chez toutes les Nations et d'après lequel on enseignait que non seulement le Grand Tout mais les Mondes innombrables qui en sont comme les membres les Cieux et le Ciel des Cieux les Astres et tous les Êtres qui les peuplent jusqu'aux plantes mêmes et aux métaux, sont pénétrés par la même âme et mus par le même Esprit