la lumière s’y reflète
les couleurs se
densifient
mais aucune forme connue
ni aucun mot
ni signe
n’apparaissent en surface
pour venir à bout de son énigme intime-et-politique Mélisse procède à une autopsie de sa conscience
Lionel André / promenades / randonnées / arts / littératures / air du temps
la lumière s’y reflète
les couleurs se
densifient
mais aucune forme connue
ni aucun mot
ni signe
n’apparaissent en surface
pour venir à bout de son énigme intime-et-politique Mélisse procède à une autopsie de sa conscience
elle centre l’animal
mais
dédoublé inverse
dessin
symétrique
parfait
il se transfère
sur le fil
de l’eau plastiquée
toute méthode spéculaire mise
de côté une mine graphique et
du charbon frotté
dessinent
le grand calme longtemps attendu sur la rive
le lynx
est
droit
la poésie
trouve sa juste place
dans ces étendues vastes et généreuses qui
du point
de vue
de l’humain
d’ici
s’apparentent à
un désert
le soleil dur donne tout toute la saison
une lumière aride
mine
son calme
le calme pèse
sur les yeux
le sommeil
de trop
de lumière
on voit
des fantômes les sordides et somnolents figuiers
de barbarie
même pas attentifs
à leurs pauvres fleurs
les couleurs scintillantes
les joies atténuées
nos affaires étalées
sont pour les trains bruyants
qui arrivent
de loin
regardent anxieux
et repartent
devinant quelque alchimie
un hasard malicieux
rapproche
nos fêlures
effleurement
où surgit
le sens qui nous lie
dans notre étrangeté
décalque pur au regard fixe ne voit rien qu’un cône infini
de lumière ses pupilles rétractées y répondent
deux billes
une anse imaginée légères rives
en retrait
de Loon Lake
un lynx
dès que l’esprit se met en branle
le Tao est perdu
dès que l’esprit s’arrête
le Tao est visible
le passé est scories
le futur est imaginations
tous
deux forment le cadavre
du connu
lorsque le présent est vécu
dans la dimension
du connu le couvercle
du cercueil est
déjà refermé
le présent est inconnu et mystère
le bambou plie au vent
la rivière coule
le sage vit comme il advient
au mieux
sans conditions
dans l’ouverture à ce
sans conditions
réside
une joie subtile et pure nectar
du Tao
A l’occurrence
de chaque advenir au bien comme au mal il
dit
juste ce qu’il fallait