JE SUIS
navigateur
sur
une mer ignorée de moi-même
j'ai triomphé de tout
là où
je ne suis jamais allé
Lionel André / promenades / randonnées / arts / littératures / air du temps
JE SUIS
navigateur
sur
une mer ignorée de moi-même
j'ai triomphé de tout
là où
je ne suis jamais allé
Le livre de l'intranquillité est le journal que Pessoa a tenu pendant presque toute sa vie, en l'attribuant à un modeste employé de bureau de Lisbonne, Bernardo Soares.
Sans ambition terrestre, mais affamé de grandeur spirituelle, réunissant esprit critique et imagination déréglée, attentif aux formes et aux couleurs du monde extérieur mais aussi observateur de « l'infiniment petit de l'espace du dedans », Bernardo Soares, assume son "intranquillité" pour mieux la dépasser et, grâce à l'art, aller à l'extrémité de lui-même, à cette frontière de notre condition ou les mystiques atteignent la plénitude « parce qu'ils sont vidés de tout le vide du monde ».
Il se construit un univers personnel vertigineusement irréel, et pourtant plus vrai en un sens que le monde réel.
Le livre de l'intranquillité est considéré comme le chef-d'oeuvre de Fernando Pessoa.
la véritable compréhension de l'existence est émotionnelle
qu'est-ce donc
qui
dans toute émotion
nous fait
vibrer
?
voilà la question
ce questionnement continue d'errer sans fin sur la mer
l'émotion fondamentale
est
l'étonnement
l'émerveillement
c'est
la première qui nous porte tous
nous les êtres vivants
et particulièrement les humains
peu importe
les époques et les cultures
mais quelle est
la source bouillonnante
de tout émerveillement et de toute émotion
?
voilà
LA QUESTION
comme si
*
ne pas
railler
ne pas déplorer
ne pas
maudire
mais comprendre
comprendre est le commencement d'approuver
*
pour elle le but de la vie
était
une attirante énigme
un admirable casse-tête
où elle soupçonnait des merveilles
ne pas savoir
ce qu’on va dire à la seconde suivante
rend la seconde présente
terriblement
intense
dans les années sauvages
une seule fois
la première
tout est brûlé
par l'émerveillement qu'elle a connu autrefois
dans ce paradis
avant ses dix-sept ans
depuis c'est l'enfer
autrefois
le sens décrivait
un cercle
de Dieu
à l’homme
et de l’homme à Dieu
aujourd’hui
il est sans limite vers l’avant
elle éprouve
dans cette ouverture
la difficulté de l’infini
mémoire du Charmant Som
mémoire de l’ouvert
surgissement à travers des ponctuations
multiples
ce qui anime le lieu
ce qui le ranime
quand l'ampleur du paysage
donne l'impression d'aller à perte de vue
le regard éprouve
l'infini...
un sous-bois de hêtres
lieu des ombres qui tremblent
dans la lumière filtrée par le feuillage...
tout ici
est lieu de passage et non
d’arrêt
lieu
qui toujours appelle
un autre lieu
comme si
le volume visible des formes réfléchissait
le volume invisible des cœurs
et des têtes
toujours ce renversement
un espace
qui est celui de la circulation
grand arbre
nous voici verticaux sous le Capricorne
elle
ne sait plus
si
le regard est fait par le silence
ou la lumière
une ligne brisée
est
une présence
elle en est toute émue
mais de quoi
?
se dit-elle bientôt